Une joueuse de Saint-Lô a été hospitalisée après avoir été frappée par des spectatrices, samedi, lors d’une demi-finale de Coupe de Normandie U18 féminine.

Un score déjà scellé, une pause fraîcheur, un ballon à aller chercher derrière les barrières. Rien, dans cette fin de demi-finale, ne laissait présager le drame. Et pourtant. Samedi 13 juin, au stade Pelé du Havre, une gardienne de 16 ans du FC Saint-Lô aurait été prise à partie puis frappée par un groupe de jeunes femmes. Hospitalisée pour une fracture du nez et un traumatisme crânien, l’adolescente est rentrée chez elle, marquée. Une plainte a été déposée. Récit d’un épisode qui interroge tout le football amateur.
Ce qui s’est passé à la 75e minute
D’après l’entraîneur des U18 saint-loises, Pierre Bong, l’agression serait survenue alors qu’il n’y avait plus rien à jouer. Son équipe était menée 8-0 et l’arbitre venait de siffler une pause fraîcheur, a-t-il expliqué à ICI Cotentin.
C’est en allant récupérer un ballon sorti des limites du terrain, près des barrières, que la gardienne aurait été interpellée. Selon plusieurs témoignages rapportés par la presse régionale, elle aurait ensuite été bousculée, mise à terre, puis frappée à plusieurs reprises par un groupe de jeunes femmes positionnées derrière son but.
Des blessures et un choc qui dépasse le terrain
Les blessures décrites sont sérieuses. La joueuse souffrirait d’une fracture du nez et d’un traumatisme crânien, et aurait perdu connaissance, selon les éléments communiqués par son club. Prise en charge par les pompiers, elle a été conduite à l’hôpital avant de pouvoir regagner son domicile.
Au-delà de l’aspect physique, c’est le choc psychologique qui inquiète son entourage. Le président du FC Saint-Lô, Denis Lavalley, a dit son incompréhension face à des faits survenus dans une rencontre de jeunes, sans enjeu sportif. "Le score était établi, il n’y avait pas d’enjeu… que signifie cette violence ?", s’est-il interrogé au micro de France 3 Normandie.
Des spectatrices, pas le club du havre
Un point fait l’unanimité parmi les acteurs du dossier : les personnes mises en cause n’auraient aucun lien avec le Havre Athletic Club. La Ligue de Normandie l’a confirmé à ICI Cotentin, et le président saint-lois lui-même n’a pas pointé du doigt le club adverse.
Le HAC a d’ailleurs réagi par un communiqué. Le club havrais y condamne fermement les comportements ayant conduit à l’agression de la jeune gardienne et apporte son soutien à la joueuse, à sa famille et au FC Saint-Lô. Une convergence rare entre deux adversaires d’un jour.
La justice et la commission saisies
Deux procédures avancent en parallèle. La famille de la joueuse a porté plainte, et le dossier suit désormais son cours judiciaire. À ce stade, les responsables présumées n’auraient pas encore été formellement identifiées.
Côté sportif, la Ligue de Normandie a indiqué que l’affaire serait examinée en commission régionale de discipline le mardi 22 juin. Dans ce cadre, des sanctions peuvent être prononcées. La décision de cette instance reste susceptible d’appel.
Un fait rare dans le football féminin
Ce qui frappe, c’est le contexte. Les débordements de ce type restent peu fréquents dans le football féminin, et plus encore dans les catégories de jeunes. La Ligue de Normandie a elle-même souligné le caractère surprenant de l’épisode.
L’instance régionale a par ailleurs rappelé que les faits de violence recensés sur les terrains normands seraient en diminution cette saison. Une statistique qui rend l’événement d’autant plus choquant pour celles et ceux qui font vivre le sport amateur chaque week-end.
Et maintenant ?
Le rendez-vous du 22 juin dira si des sanctions tombent côté disciplinaire, tandis que l’enquête cherchera à identifier les auteures des coups. Pour la jeune gardienne, le chemin sera d’abord celui de la reconstruction, physique et morale.
Reste une question, posée par tout un club et bien au-delà : comment protéger des adolescentes venues simplement jouer au football, jusque dans une rencontre sans enjeu ? Les suites de l’affaire apporteront, peut-être, un début de réponse.
















