Les joueurs et Julien Stéphan le répètent à l'envie : les supporters leur manquent depuis le début de saison. Mais qu'apporte le public à la performance des joueurs ? On a posé ces questions (et d'autres) à un préparateur mental et psychologue du sport.
"Nous sommes à la recherche d'un déclic, que nous n'avons pas la possibilité d'aller chercher dans des éléments extérieurs en ce moment", a expliqué Julien Stéphan en conférence de presse ce lundi, avant le match contre Chelsea en Ligue des champions. Son équipe est en difficulté, notamment au niveau de l'état d'esprit sur certains de ses derniers matchs disputés. "On a déjà eu une phase délicate l'année dernière, on avait su se reposer sur l'aide des supporters, et là on doit aller chercher ça ailleurs", appuie Benjamin Bourigeaud.
C'est une rengaine qu'on entend souvent chez les joueurs et le coach depuis le début de saison, qui ont rappelé à de nombreuses reprises l'importance de leur public. Et ce n'est pas que de la communication : la saison dernière, Rennes a gagné neuf points dans les toutes dernières minutes des matchs disputés au Roazhon Park, bien souvent aidés par des supporters incandescents. Devant 5 000 abonnés, Rennes avait renversé Monaco dans les dix dernières minutes lors de la 4e journée de cet exercice 2020/2021.
Le public va apporter un regain sur l'attitude
Mais cette année, l'équipe a joué devant au maximum 5 000 supporters, dans une enceinte qui peut en contenir plus de 29 000, et doit jouer dans un stade vide depuis la fin octobre. Alors, quelle incidence concrète a l'appui du public sur les performances des joueurs ? Mathieu Carrer, préparateur mental et psychologue du sport nous répond : "Il va permettre aux joueurs de favoriser les efforts nécessaires pour être performant, de maintenir l'engagement, sa persistance et sa persévérance sur le long terme, jusqu'à la fin du match. Les joueurs mettent aussi davantage d'intensité s'ils se sentent soutenus par le public. Et au-delà de la performance pure du match, le public va apporter un regain sur l'attitude, le comportement, pour permettre aussi d'aller chercher cette énergie que les joueurs n'avaient pas forcément à l'origine."
Mais le public n'a pas qu'une influence sur les joueurs, selon le préparateur mental et psychologue du sport : "Sur un plan secondaire, des études montrent aussi l'impact du public sur les décisions arbitrales, qui, inconsciemment, vont avantager l'équipe à domicile." Un soutien qui permet également d'atténuer la perception de la fatigue, ajoute Mathieu Carrer.
"Il faut jouer sur la cohésion"
Revenir sur les matchs récents de Rennes en arguant que le public aurait forcément changé la donne reviendrait à faire du foot fiction. Qu'il ait eu une incidence, au regard du manque de caractère parfois affiché, est une certitude. Alors comment compenser ce manque de public ? Mathieu Carrer : "Il faut jouer sur la cohésion, mettre en évidence des règles collectives au sein du groupe. Pourquoi ne pas favoriser aussi des échanges avec les supporters ? Sans qu'ils soient présents au match, on peut organiser un retour avec eux après les rencontres, par visio notamment, pour garder le lien et ne pas perdre le sentiment d'appartenance."
En conférence avant la rencontre contre Chelsea, Julien Stéphan expliquait justement que le déclic était recherché "en interne." Avec lucidité sur les manques, "sans tout noircir, mais en allant relever le niveau de confiance de certains joueurs, en étant plus féroces, plus engagés dans ce qu'on va proposer." Des valeurs qui rendraient fiers leurs supporters, même s'ils seront obligés d'en juger devant leur écran ou leur poste de radio ce mardi soir.
Une Coupe Intertoto 2.0
La commission de discipline de l’instance européenne a infligé au Stade Rennais une amende globale de 32 000 €, dont 10 000 € pour "violation du protocole sanitaire" à l’occasion de la réception de Krasnodar (1-1), le 20 octobre, match auquel 5 000 spectateurs avaient assisté malgré la pandémie de Covid-19.
L’UEFA n’a pas caché il y a un mois qu’elle travaille sur plusieurs scénarios pour l’organisation de l’Euro l’été prochain alors que la crise sanitaire se poursuit. Même si le président de l’instance européenne Aleksander Ceferin s’affiche confiant sur le maintien du format à 12 pays hôtes, d’autres pistes seraient à l’étude qui engageraient moins de pays voire un seul. Récemment, le quotidien français Le Parisien évoquait l’option de la Russie, qui vient tout juste d’organiser la Coupe du monde en 2018. On apprend désormais qu’un autre pays pourrait se présenter comme seul organisateur.
Contre les Russes, les hommes de Julien Stéphan avaient concédé le match nul (1-1), à domicile, la semaine dernière.
Préoccupé par les nouvelles blessures de Daniele Rugani et Benjamin Bourigeaud à Séville faisant suite au pépin musculaire d'Eduardo Camavinga et au cas de Covid-19 de Flavien Tait, Julien Stéphan aurait en tête de faire largement tourner son effectif samedi (17 heures) à l'occasion de la réception du Stade Brestois.
L’addition aurait pu être bien plus salée. Mais c’est avec zéro point que les Rennais repartent de Séville. Mercredi 28 octobre 2020, pour leur deuxième match de Ligue des champions, ils ont été battus (0-1) par une équipe espagnole d’un niveau nettement supérieur au leur.
GOMIS (7/10). Le gardien rennais a vu d’entrée son but assiégé et n’a, dans un premier temps, pas rassuré en se trouant sur un corner et en enchaînant quelques mauvaises relances lointaines. Mais on retiendra son festival car le portier sénégalais a ensuite sorti le grand jeu, aidé aussi à deux reprises par sa barre. S’il a autant brillé, il faut dire qu’il en a eu l’opportunité, tant les situations se sont succédé devant son but tout au long de la rencontre. Bien sorti devant Ocampos (26’), présent sur la frappe lointaine de Koundé (28’), puis déterminant face à De Jong (63’), pour ne citer que ces occasions. Il a été déterminant et permis aux siens d’y croire jusqu’au bout.
"À quel type de match vous attendez-vous à Séville ?
L'apprentissage continue : pour le deuxième match de Ligue des champions de son histoire, Rennes, sans ses cadres Steven Nzonzi (suspendu) et Eduardo Camavinga (diminué), a longtemps résisté avant de céder 1-0 mercredi à Séville dans le cadre de la deuxième journée de C1. Symptomatique : c'est sur une longue passe de Fernando pour Marcos Acuña, et un centre de l'Argentin pour Luuk de Jong (55’), que Rennes a fini par rompre sous les assauts répétés des vainqueurs en titre de la Ligue Europa.
"Vous ne m'avez pas beaucoup interrogé sur Rennes. C'est une grande équipe, une très grande équipe. Ils ont terminé deuxièmes (troisièmes, NDLR), l'année passée. C'est le premier match chez nous contre un très bon adversaire. Ils ont recruté beaucoup de joueurs à l'intersaison, ils vont nous obliger à faire un grand match pour gagner. Il faut bien évidemment respecter l'adversaire", a déclaré le coach breton face à la presse, ce mardi.
En plus de Flavien Tait, le Stade Rennais se présentera demain sans Eduardo Camvinga au stade Sanchez-Pizjuan (21h). Comme hier, le milieu international était absent de la séance d’entraînement du jour. Julien Stéphan devrait confirmer la nouvelle lors de sa conférence de presse à venir. La raison n'est pas sportive, Mohamed Toubache-Ter affirme qu'il s'agit d'une béquille.
Julien Stéphan pourrait avoir des maux de tête pour construire son milieu de terrain contre le FC Séville mercredi (21 h). Après Eduardo Camavinga, absent du groupe, c’est Steven Nzonzi, suspendu, qui manquera le 2e match de l’histoire de la Ligue des champions du Stade Rennais.


