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Valentin Rongier, le milieu et capitaine de Rennes, en pleine forme à l'image de son équipe, pense déjà à l'après-carrière. Il pourrait naturellement se diriger vers le métier d'entraîneur.
Il est arrivé dans un salon du centre d'entraînement de la Piverdière serein et déterminé, un peu comme le Stade Rennais depuis quelques semaines. « Il y a une force collective. Quand on a cette mentalité-là, avec la qualité qu'on a, on peut continuer à croire à beaucoup de choses », a confié Valentin Rongier, jeudi, alors que les Bretons reçoivent Lille ce dimanche (20 h 45). Et d'ajouter dans la foulée, en bon capitaine : « Les remplaçants - je n'aime pas ce terme - font vraiment un boulot énorme. » Altruisme, empathie et capacité de communication ont toujours escorté le milieu de 31 ans depuis le début de sa carrière. Au point de penser déjà à l'après ? La porte semble ouverte.
Quand vous lacez vos chaussures dans le vestiaire, vous arrive-t-il de penser à devenir entraîneur ?
J'espère qu'il me reste encore de belles années, mais j'y pense de plus en plus. Je pense rester dans cet écosystème. J'ai d'ailleurs commencé une formation en début d'année, avec l'UEFA, le Certificate Football Management, en anglais, elle dure neuf mois. C'est pour apprendre vraiment les bases de tous les métiers dans l'industrie foot. De la stratégie, du management, comment protéger les joueurs, l'aspect financier... Mais pour l'instant c'est pour apprendre. J'ai encore un peu de temps. On est une quarantaine de joueurs à la faire. Je crois que ça donne accès à l'équivalent d'une licence, et derrière on peut avoir l'équivalent d'un master.
On vous demande car Habib Beye vous avait qualifié de « joueur-coach ». On vous décrit aussi comme un « joueur d'équilibre ». Qu'est-ce que cela signifie ?
Pas la même chose. Le joueur d'équilibre doit voir et s'adapter en fonction de la situation de jeu. Anticiper et observer pour comprendre d'où le danger peut survenir. Ça s'y prête beaucoup pour les milieux. C'est se dire : « Ouais, c'est bien, on attaque, mais attention, là ils sont 3 contre 3, il faut peut-être que je reste avec eux parce qu'on aura une supériorité défensive. » « Joueur-coach », c'est comprendre ce que le coach demande, le système, l'animation, et relayer sur le terrain en direct à ses coéquipiers. Guider, tout simplement. Et c'est aussi lire le match en temps réel, s'adapter. Si je suis pris en individuel, de 1, c'est à moi de faire la différence sur mon adversaire direct. Et de 2, mes déplacements vont ouvrir le jeu. Quand tes partenaires le comprennent aussi, que tout le monde parle le même langage, ça devient cool.
« Je vois le football comme un jeu. Essayer de mettre en difficulté l'adversaire, c'est là que ça devient intéressant parce que c'est un jeu d'échecs. Une équation, quoi. Et c'est tout ça que j'aime »
Valentin Rongier
Pouvez-vous avoir une influence tactique ?
Les entraîneurs que j'ai connus étaient ouverts. Après, quand tu es jeune, tu n'as peut-être pas le courage pour te dire : « OK, je vais aller voir le coach, j'aime bien quand on fait ça. » Et avec l'expérience, c'est quelque chose qui est... Pas fascinant, c'est peut-être un peu trop, mais je vois le football comme un jeu. Essayer de mettre en difficulté l'adversaire, c'est là que ça devient intéressant parce que c'est un jeu d'échecs. Une équation, quoi. Et c'est tout ça que j'aime.
Si vous vous projetiez comme entraîneur, ce serait avec des enfants ou des adultes ?
On a tendance à oublier le travail des éducateurs, essentiel. Et d'un autre côté, je me dis que cette adrénaline va beaucoup me manquer. Je pense que l'unique moyen de la retrouver, c'est en étant coach d'une équipe au haut niveau. D'ailleurs, je me dis que le jour où je ne ressentirai plus cette adrénaline, ce sera le moment d'arrêter. Car c'est un bon stress. J'essaie en amont d'identifier des choses, de faire des phases de jeu dans ma tête. Et ça arrive que ça se reproduise en fonction des choses qu'on analyse la semaine. Par exemple, je visualise mon latéral qui reçoit le ballon, je me déplace à tel moment, j'anticipe la course de mon attaquant ou de mon milieu qui vient de décrocher pour que je lui mette en une touche, des choses comme ça.
Gardez-vous quand même de la spontanéité dans votre jeu ?
Tu n'as pas le choix au haut niveau, ça va tellement vite que tu es obligé de faire à l'instinct. Mais il y a forcément des phases de jeu. Quand vous regardez le FC Barcelone de l'époque, avec Xavi, Iniesta et Sergio Busquets, ils avaient tellement d'automatismes. C'est plus plaisant de jouer ce football-là. Un exercice que j'aime bien, mais les autres pas trop, c'est un circuit de passes avec un timing à respecter. Si tu veux que la circulation soit fluide, il faut répéter, répéter. Après, beaucoup d'équipes jouent la possession mais manquent de verticalité. Il faut trouver le juste milieu, en ayant plus le ballon sans trop jouer à la baballe.
Quelle importance aurait l'intelligence de jeu avec vous ?
Ça pour moi, ça se développe. Mais c'est inné et en fonction des profils. Un milieu est plus dans la réflexion qu'un ailier, qui est dans l'insouciance et l'instinct. Je serais incapable de jouer ailier car je n'ai pas la qualité de dribble ni de percussion, et car je pense trop. Je me dis : "merde, si je perds le ballon dans cette zone, on va devoir courir vers l'arrière, etc." Alors qu'eux, ils ne s'arrêtent pas à ça, ils recommencent, ils essayent en permanence.
Accorderiez-vous de l'importance à la data ?
Après le match, les données sur notre performance physique ne me dérangent pas. Mais il ne faut pas que ça contrôle tout. Moi, je regarde mon nombre de ballons perdus, mon nombre de récupérations, et mon nombre de passes vers l'avant.
« Dans le souci du détail et de la tactique, personne ne peut égaler Roberto De Zerbi »
Valentin Rongier
Vous avez connu près de 20 entraîneurs. Sur le plan du management, qui vous a le plus marqué ?
J'ai beaucoup aimé l'approche d'Igor Tudor à Marseille. Au même titre que Sergio Conceiçao à Nantes. Le discours qu'ils ont tenu, c'est : "Il n'y a plus aucun statut dans l'équipe, celui qui me donnera satisfaction jouera. "Igor a sorti Dim' (Payet) du 11, un joueur exceptionnel qui avait survolé le Championnat l'année d'avant. Il voulait un foot hyper agressif, offensif, avec du marquage un pour un, homme à homme. Pas la qualité première de Dim'. Il l'a sorti de l'équipe, a assumé, et ça lui a donné raison parce qu'on a eu des bons résultats. Je ne sais pas si je me serais passé de Dim', ce n'est pas ça que je dis, mais faire des choix forts et garder le cap, ça me parle. Après, le plus dur dans le foot pour moi, c'est de s'adapter au mec en face de toi. Untel va être tétanisé si on lui rentre dedans parce qu'il a raté une passe, pas l'autre. C'est vraiment difficile. Mais s'il y a une chose sur laquelle je ne pourrais rien laisser passer, c'est l'état d'esprit global. Ceux qui ne l'ont pas se mettent sur le côté tout seuls.
16+3
Valentin Rongier a connu 16 entraîneurs et 3 intérimaires depuis le début de sa carrière : Der Zakarian, Girard, Conceiçao, Ranieri, Cardoso, Halilhodzic, Gourcuff (Nantes), Villas-Boas, Larguet, Sampaoli, Tudor, Marcelino, Abardonado, Gattuso, Gasset, De Zerbi (OM), Beye, Tambouret et maintenant Haise (Rennes).
Et footballistiquement ?
Dans le souci du détail et de la tactique, personne ne peut égaler Roberto De Zerbi. Il est marquant pour tous les joueurs qui travaillent avec lui. Il vit foot, en fait. Il ne fait que ça, que ça, que ça. Exemple : à l'entraînement, on va travailler un circuit de passes, il demande à ses milieux de décrocher dans le bon timing et dans une zone très précise. Si tu es en retard d'une demi-seconde et qu'au lieu d'être ici, tu es là, il va stopper le jeu. Ça se joue à 30 centimètres. Parfois, c'est vraiment exagéré. Mais ça va avec son personnage. Je n'ai jamais vu un mec aussi passionné.
« Si jamais je devenais entraîneur, j'aimerais qu'on me laisse du temps. Ça m'effraie un petit peu, parce que j'aime bien avoir mes repères »
Valentin Rongier
Quelle consigne a-t-elle le plus évolué depuis vos débuts ?
Demander aux défenseurs de jouer énormément. Il y a dix ans, ils étaient là pour défendre. On leur demandait limite de jeter le ballon. À l'OM, sous Roberto, ce sont eux qui en touchaient le plus, parce qu'ils devaient être un point de fixation. Énormément de défenseurs sont devenus des joueurs de ballon.
Que vous inspire l'instabilité des bancs ?
Ce n'est pas très positif, parce que, pour avoir de la performance, il faut une stabilité. Si jamais je devenais entraîneur, j'aimerais qu'on me laisse du temps. Ça m'effraie un petit peu, parce que j'aime bien avoir mes repères. Autre chose : même si le football est ma passion, même si on a énormément de chance, on a une vie à part. La famille suit et elle n'a limite pas son mot à dire. Et le métier d'entraîneur, ce sont ces mêmes contraintes de temps en deux fois plus... Mais ma femme me dit : tu es fait pour être coach. Ça dépendra de ma fin de carrière. Pour l'instant, je kiffe encore.
Et pourquoi pas directeur sportif ?
C'est l'autre métier avec lequel j'hésite. Tu es dans les discussions tactiques avec ton coach. Tu continues de pratiquer ce jeu-là, ce jeu d'échecs. Et à côté de ça, tu es dans la gestion humaine, sans compter le choix des joueurs. J'ai dit à Loïc (Désiré, DS de Rennes) que je voulais le voir pour discuter un peu... »
Victime de son succès et en rupture de stock, le maillot collector des 125 ans du Stade Rennais est revendu en ligne, ce jeudi, par des particuliers qui comptent faire une plus-value. Les prix sont exorbitants et atteignent les 400 euros.

Pour les supporters du Stade Rennais, c'est la douche froide, deux fois de suite. Le maillot collector des 125 ans du club, mis en vente en ligne et en boutique au Roazhon Park à Rennes (Ille-et-Vilaine) mardi, s'est vendu comme des petits pains. Sur le site du SRFC, seuls les maillots juniors sont toujours disponibles. Puis, deuxième coup dur, ce jeudi 12 mars, quand certains ont trouvé la pièce rare revendue jusqu'à 400 euros sur Vinted, une plateforme de seconde main, et sur Leboncoin. Des prix très élevés qui font grincer des dents.
Maxime fait partie des déçus qui n'ont pas eu la chance d'obtenir le maillot : "La rupture de stock est arrivée très vite sur le site du club", se désole le supporter qui vit près de Vannes (Morbihan). "Malheureusement, je vois des reventes sur des plateformes externes. C'est très compliqué d'en trouver un au juste prix." Sur la boutique officielle, les maillots collector couleur bordeaux et noir étaient vendus à 100 euros. La version manches longues à 110 euros. Le tarif peut grimper jusqu'à 140 euros si l'on choisit de floquer le vêtement au nom d'un joueur.
Des prix fous
"Là, j'en vois à 300-400 euros sur des sites externes", note-t-il. "C'est des prix fous. Je trouve ça dégueulasse, c'est pas normal ! Ce sont des gens qui profitent de la passion des supporters et des collectionneurs. Ça pénalise tout le monde, surtout quand on connait le coût de la vie en ce moment, c'est pas facile. Ça reste des achats-plaisirs qu'on fait en économisant. C'est dommage." Maxime avait déjà vécu pareil phénomène lors du maillot anniversaire des 120 ans du Stade Rennais, sauf qu'à cette époque, il avait pu l'acheter au prix du club. "Ce sont juste des profiteurs, ce ne sont pas de vrais supporters", affirme-t-il.
C'est le jeu
Pourtant, des passionnés se cachent bien derrière les comptes anonymes de revente sur Vinted. C'est le cas d'Oscar, "supporter du Stade Rennais depuis dix ans." Le jeune homme a pu acheter deux maillots en boutique mardi 10 mars, "un manches courtes et un manches longues". "Il y avait une queue de dingue. Il fallait attendre une heure pour payer." Oscar va garder son maillot manches courtes et revendre l'autre, floqué Jérémy Jacquet, à 350 euros. Un tarif fixé "en se basant sur les prix de Vinted, je suis dans la moyenne."
La motivation pécuniaire est clairement assumée : "Si j'ai des sous à faire et que je peux en faire, c'est comme ça. Les temps sont durs, je viens d'être diplômé en double master à Rennes et je cherche encore un emploi." Il comprend néanmoins les critiques :"Je me rends compte de la frustration des gens, mais il faut qu'ils comprennent que parfois il faut sacrifier son temps et aller directement en boutique. On ne peut pas avoir un produit limité quand on veut, au prix qu'on veut. C'est le jeu."
Des insultes, voire "des menaces de mort"
Martin*, supporter du SRFC aussi, a acheté le maillot collector mardi en boutique. La version manches longues floquée Jérémy Jacquet. Après coup, il reconnait un achat impulsif, et estime qu'il ne le portera pas tant que ça. "Je me suis dit que c'est une grosse dépense, que finalement d'autres gens seraient plus intéressés pour l'avoir. J'ai vu les prix sur Vinted et j'ai tenté de le mettre à 400 euros."
Conscient que le prix est élevé, Martin songe à le baisser et reste ouvert aux offres. Elles se font rares pour le moment, et les sollicitations prennent surtout la forme d'insultes : "C'est de bonne guerre, mais entre recevoir des insultes et des menaces de mort, il y a une différence." Le jeune homme de 25 ans dénonce aussi le deux poids, deux mesures : "Moi je n'en ai pris qu'un, et les gens n'ont pas l'air de s'indigner de ceux qui en prennent quinze ou vingt, ou de comment ça a été géré par le Stade Rennais. (...) Certains me disent que je n'ai pas les valeurs du club, mais est-ce qu'insulter d'autres fans du club ça fait partie des valeurs ?" Si jamais il ne parvient pas à revendre le maillot, Martin assure qu'il le gardera pour le porter au Roazhon Park.
La LFP a décidé de ne plus faire figurer les couleurs arc-en-ciel, symboles de la lutte contre l'homophobie, sur les maillots des joueurs dans le cadre d'une journée dédiée en Ligue 1.
Chaque année, la journée dédiée à la lutte contre l'homophobie était gâchée par une poignée de joueurs qui refusaient de s'y associer. Certains allaient même jusqu'à refuser de jouer et de porter le maillot aux couleurs arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBTQIA+. Il y a d'abord eu Idrissa Gueye et Abdou Diallo avec le PSG en 2022, puis Mostafa Mohamed avec Nantes dès 2023 (l'international égyptien a refusé de jouer lors des trois dernières saisons), ainsi que les anciens Toulousains Saïd Hamulic, Moussa Diarra et Zakaria Aboukhlal, toujours en 2023.
À partir de 2024, Mohamed Camara (Monaco), ainsi qu'Ahmed Hassan (Le Havre) et Nemanja Matic (OL) la saison passée, avaient caché ces couleurs pour montrer leur désapprobation. L'attaquant de Nantes, le seul à évoluer toujours en Ligue 1, n'aura donc pas de raison de boycotter la dernière journée du Championnat.
La LFP assure travailler à un nouveau dispositif
Selon nos informations, une réunion s'est tenue mercredi, au cours de laquelle l'abandon des couleurs arc-en-ciel a été annoncé par la LFP à ses associations partenaires. Il y a deux ans, la Ligue avait déjà reculé sur la question, en abandonnant les maillots avec les numéros des joueurs aux couleurs de la communauté LGBTQIA+. Une décision qui avait entraîné le départ et la fin du partenariat de deux associations, SOS Homophobie et le PanamBoyz & Girlz United (devenu depuis le PanamPride Football Club).
La difficile lutte contre l'homophobie dans les clubs pros
Dans notre enquête consacrée à la difficile lutte contre l'homophobie dans les effectifs des clubs professionnels, nous révélions déjà que la Ligue envisageait de réunir le combat contre le racisme, l'antisémitisme et l'homophobie en un seul message et sur une seule journée.
Contactée mercredi soir, la LFP nous a confirmé « travailler à un nouveau dispositif de communication qui mêlera la lutte contre les discriminations ». Et de développer : « De la même manière que nous développons des ateliers de lutte contre le racisme et l'homophobie, nous voulons en faire de même en matière de sensibilisation. Le travail est en cours et il est encore trop tôt pour communiquer. » La Ligue assure « avoir le soutien de [ses] associations, qui ont bien compris le sens de [sa] démarche ».
Les dirigeants du Stade Rennais ont présenté ce mercredi les festivités prévues pour les 125 ans du club. En marge de ce rendez-vous, plusieurs prises de parole importantes ont eu lieu de la part des représentants de la famille Pinault.

Après avoir dévoilé deux nouveaux maillots "anniversaire" ce mardi pour célébrer ses 125 ans d'existence, le Stade Rennais a présenté ce mercredi à la presse le programme des festivités et le résultat de ses travaux engagés depuis l'été dernier autour de son identité à l'occasion de cet anniversaire. Fait rare : Louis Roger-Boutbien, petit-fils de François Pinault et membre du conseil d'administration du club, s'est exprimé publiquement au nom de l'actionnariat du club en présentation de ce temps de questions-réponses, pour réaffirmer notamment l'attachement de sa famille au Stade Rennais. Son cousin Pierre Tronson, lui aussi membre du conseil d'administration en tant que censeur, était également présent.
"Avec Pierre et au nom de toute notre famille, on voulait vous redire à quel point le Stade Rennais est un club qui compte pour nous", a assuré Louis Roger-Boutbien au micro, avant de poursuivre : "Ce club, c'est une émotion, une part de notre histoire à nous aussi, et on est tous très fiers de faire partie de cette magnifique aventure qui a marqué tout un territoire, et qui, on l'espère, continuera à le faire encore un long moment."
Le club s'engage pour une nouvelle gouvernance du football en France
La famille Pinault était également représentée par Guillaume Cerutti, président du conseil d'administration du club depuis octobre dernier, et très impliqué dans les affaires du club depuis sa nomination, et récent signataire au nom du club, en compagnie de six autres dirigeants (Paris FC, OL, OM, Lens, Le Havre, Metz) d'une tribune appelant à une nouvelle gouvernance pour le football français. Un acte lui aussi peu habituel de la part d'un dirigeant rennais, le club s'étant plutôt signalé ces dernières années par sa discrétion dans le débat entourant la crise du football professionnel en France.
"On pousse pour qu'une proposition de loi soit inscrite rapidement par le gouvernement à l'Assemblée et qu'elle devienne une loi, et permette de réformer les instances afin que l'on passe d'une Ligue de football professionnel, qui est une association, à une Ligue qui soit une société de clubs", a détaillé Guillaume Cerutti. Le président du conseil d'administration et la famille Pinault souhaitent "professionnaliser l'approche de certains sujets, comme les droits audiovisuels" afin de "rebâtir de la valeur pour la diffusion audiovisuelle du championnat".
Plusieurs temps forts autour des 125 ans, un nouveau chant au Roazhon Park
Les joueurs porteront le nouveau maillot anniversaire dès ce dimanche pour la réception de Lille. Le club a aussi annoncé l'instauration d'un nouveau "chant populaire" qui sera diffusé en avant-match à partir de la réception de Metz le 22 mars, fruit des réflexions des participants à l'atelier "musicologie" organisé le 10 décembre dernier à l'ancienne prison Saint-Michel de Rennes. Ce chant sera soutenu par une musique "historique" liée au club, revisitée, avec les paroles suivantes :
"Allez les rouge et noir
Allez les rouge et noir
Il faut pousser on va gagner
Tous ensemble nous allons chanter
Allez allez allez Rennes
Allez allez allez Rennes
Oh Rennes depuis tant d’années
Tous nos coeurs ont vibré
Pour toi nous allons chanter
Dans la joie ou dans la peine
Rouge et noir à jamais
Ensemble nous allons chanter
Sur les bords de vilaine
Deux hermines gravées
Pour toi nous allons chanter
La capitale va vibrer
Sous nos chants effrénés
Ensemble nous allons gagner"
L'ancien rennais et actuel consultant Ligue 1 + Paul-Georges Ntep a également été sollicité pour animer une vidéo "Bureau des Légendes" où l'ancien ailier du SRFC recevra des légendes et acteurs actuels du club avec "une approche décalée, fraîche et complice". Elle paraîtra le 17 mars prochain. Enfin, plus d'une centaine d'anciens joueurs seront conviés à Rennes le temps d'un week-end les 21 et 22 mars prochain, où ils seront notamment célébrés quelques minutes avant le coup d'envoi de Rennes-Metz le dimanche.
Ce match sera également l'occasion pour le club de révéler le nouveau design du tunnel qui mène les joueurs du vestiaire à la pelouse du Roazhon Park.
Le Stade Rennais a joué un rôle moteur dans la signature d’une tribune avec six autres clubs de Ligue 1 pour appeler les pouvoirs publics à une réforme rapide du football français. Les dirigeants du club breton ont justifié mercredi leur prise de position face à la crise qui frappe le championnat.
Déjà à l'initiative avec trois autres clubs de Ligue 1 (Lens, Marseille et le Havre) il y a un mois d'une tribune exigeant une refonte totale de la gouvernance du foot professionnel, le Stade Rennais a récidivé ce mercredi en compagnie cette fois de six clubs (Paris FC, Marseille, Lyon, Lens, Le Havre, Metz) en demandant à nouveau "une réforme urgente" et en appelant à l'intervention rapide de l'Assemblée nationale et du gouvernement.
En marge d'une conférence de presse pour fêter les 125 ans du club, les dirigeants rennais ont justifié cette nouvelle mobilisation car "il faut accélérer" déclare Guillaume Cerutti le président du Conseil d'administration et représentant de la famille Pinault. "Il y a une proposition de loi qui a été votée au Sénat. On pousse le gouvernement à l'inscrire rapidement à l'Assemblée pour que cette proposition devienne une loi et permette de passer d'une LFP qui est une association à une LFP qui deviendrait une société de clubs.
Avant de préciser: "Cela permettrait de professionnaliser l'approche de certains sujets comme les droits TV, de se donner de la durée dans la stratégie qu'on met en œuvre et de rebâtir de la valeur pour la diffusion audiovisuelle du championnat de Ligue 1."
Pourquoi Rennes a quitté son habituelle discrétion
Longtemps assez discret sur ces questions institutionnelles, le Stade Rennais a donc ces dernières semaines décidé de hausser le ton alors que le club breton, grâce à son actionnaire fait partie des clubs forts de la Ligue 1 encore plus en cette période de crise financière.
"Rennes est un club qui par son histoire, par son impact et ses résultats, a vocation à faire partie de ce groupe de clubs qui porte la voix de la Ligue 1 pour changer les choses", a encore détaillé Guillaume Cerutti. "C'est un souhait manifesté par la famille Pinault au-delà des intérêts égoïstes du Stade Rennais mais pour l'avenir du foot français."
"On s'est exprimé et on continuera de s'exprimer et de parler aux autorités."
Les clubs sont des acteurs importants au plan économique et au plan social et ils doivent être soutenus pour ça
Pour Arnaud Pouille, le président du Stade Rennais, représentant du club à la LFP, la situation "n'avance pas assez vite" et nécessite donc une véritable refonte du système.
"On voit qu'au niveau national, il y a un mouvement un peu de suspension des choses. Il y a eu un rapport, une enquête sénatoriale, une proposition de loi. Maintenant, on voudrait que ça avance un peu plus vite mais on voit bien qu'au niveau politique, on ne reste que du foot. On a tous vu sur l'adoption d'un budget en fin d'année dernière, il y a eu un décalage", a ainsi jugé le patron du club breton. "Il faut l'accepter mais ça n'empêche que la décision du club, de son propriétaire et de tous ses dirigeants, c'est d'essayer d'agir et d'essayer de sensibiliser. On est un club acteur pour faire bouger les choses car on ne peut pas passer de quasi 800 millions d'euros de droits TV à 150 millions en continuant à juste faire la comptabilité".
Intégralité des matchs, déplacement du multiplex...à quoi pourrait ressembler la programmation de la Ligue 1 la saison prochaine?
Et Guillaume Cerutti de conclure: "L'idée de cette tribune, c'est de montrer que les clubs sont des acteurs importants au plan économique et au plan social et qu'ils doivent être soutenus pour ça au-delà de la performance sportive qu'on veut tous. Ce sont des entreprises qui génèrent de la valeur pour tout le monde qui sont au cœur de la passion et de l'activité de beaucoup de gens. Donc il faut faire le maximum. On a bon espoir d'y arriver et de faire bouger les lignes".
Membres actifs du conseil d’administration du Stade Rennais depuis 2024, Louis Roger-Boutbien et Pierre Tronson, petits-fils du propriétaire François Pinault, se sont présentés face aux médias ce mercredi 11 mars, à l’occasion de l’anniversaire des 125 ans du club. Louis Roger-Boutbien s’est exprimé au micro, chose rare pour un membre de la famille, afin notamment de réaffirmer l’engagement des Pinault dans l’actionnariat du SRFC.
Ils étaient là, aux côtés du président exécutif Arnaud Pouille et du président du conseil d’administration Guillaume Cerutti, pour célébrer ce mercredi 11 mars face aux médias l’anniversaire des 125 ans du Stade Rennais.
Ils, ce sont les deux petits-fils Pinault, Louis Roger-Boutbien et Pierre Tronson, membres actifs du conseil d’administration du SRFC, passionnés par le club depuis leur plus jeune âge, intronisés par Pinault père et fils en juin 2024.
Le premier, Louis, a même assuré le propos liminaire au micro, ce qui n’est pas du tout anodin : un membre de la famille qui s’exprime directement devant les journalistes, quelle que soit l’occasion, c’est très rare.
Le message porté, au-delà des mots, est clair : il diffuse l’idée de la pérennité future de l’engagement de la famille Pinault, plus ancien actionnaire français (depuis 1998) d’un club de L1, où les fonds étrangers sont devenus dominants. C’est un jour très spécial, avec Pierre (Tronson) et au nom de toute notre famille, on tenait à vous dire à quel point le club tenait pour nous, a dit Louis Roger-Boutbien, qui est le fils de feu Florence Roger-Pinault, l’une des filles de François Pinault. Ce club, c’est une émotion, une part de notre histoire à nous aussi. On est très fier de faire partie de cette longue histoire qui a marqué aussi notre territoire, et on espère le faire encore pour un long moment. Notre ambition reste la même pour le club, continuer à le faire grandir, le faire rayonner pour la ville, la région.
Les souvenirs de Paris ou de Leicester
Le petit-fils Pinault a aussi évoqué son histoire personnelle avec le Stade Rennais, qui est d’abord celle d’un supporter. On a tous des souvenirs d’enfance liés aux Rouge et Noir, et ces liens qui se créent sont très précieux. Pour ma part, au-delà de la victoire en Coupe de France 2019, je citerais la victoire à Paris en 2012, à neuf contre onze : je jouais gardien chez les amateurs, et le match de Ndiaye ce jour-là avait été incroyable, je ne me souviens pas avoir revu pareille prestation par la suite ! Plein d’ambiances au Roazhon Park m’ont aussi marqué, comme celle contre Leicester en 2022 (8e de finale retour de la Ligue Europa Conférence), je ne pense pas avoir vu un stade aussi incandescent que ce soir-là ! Le Stade Rennais, ce sont des grandes émotions, des belles victoires, mais ça peut aussi être des désillusions, qui doivent être suivies de rebonds. Il faut toujours avoir l’objectif en tête d’aller plus haut pour ce club.
À ce sujet, Louis Roger-Boutbien s’est exprimé aussi sur l’une des questions qui taraudent les fans : pourquoi Rennes n’est-il jamais parvenu à accrocher dans ses 125 ans d’histoire un titre de champion de France, au contraire de clubs comme Montpellier (2012), Lens (1998), Auxerre (1996) ou Strasbourg (1979) ?
D’autres clubs ont été champions sans y être prédestinés, donc on peut se dire qu’une anomalie est possible. Mais si on regarde sur le long terme, si on découpe ces 30 ans d’actionnariat de la famille par tranche de 5 ou 10 ans, on voit une belle évolution. À une époque, c’était exceptionnel d’être qualifié en Coupe d’Europe, encore avant, c’était inespéré, et encore avant, on jouait le maintien ! Puis c’est devenu normal d’aller en Europe, et on a été très triste de ne pas y être ces deux dernières saisons. Quand je vois cette évolution globale, je suis plutôt optimiste pour l’avenir.
Jusqu’à imaginer qu’il puisse s’écrire aussi avec lui, par exemple, dans la gestion opérationnelle du club ?
Ce mercredi, en conférence de presse, le président du Stade Rennais, Arnaud Pouille, a rappelé combien la qualification en Coupe d’Europe à la fin de cette saison était importante pour le club bretillien, après deux ans de disette.

En marge d’un rendez-vous médiatique consacré aux 125 ans du club, la direction du Stade Rennais a également fait le point sur les ambitions sportives de cette fin de saison en Ligue 1. Si les Rouge et Noir pointent actuellement à la 5e place du classement, synonyme de qualification en Ligue Europa en 2026-2027, il reste encore 9 journées pour valider cet objectif, voire faire encore mieux. "Tout va très vite, on le sait, et en ce moment on pense surtout à poursuivre la bonne dynamique enclenchée depuis l’arrivée de Franck Haise sur le banc", a d’abord tempéré Arnaud Pouille, le président-directeur général du SRFC.
Ce mercredi 11 mars 2026, le Stade Rennais a annoncé une série d’événements liés au 125e anniversaire du club, qui seront partagés avec les supporters et le grand public lors des deux prochains matchs à domicile.

Cent ans et un quart de siècle, cela se fête. Au lendemain du 10 mars, date de sa création en 1901, le Stade Rennais a dévoilé plusieurs surprises, à destination de ses supporters et des suiveurs du club, qui seront présentées au public lors des prochaines semaines.
Un clip retraçant l’histoire sportive des Rouge et Noir, sur le thème générique "Il était une foi" est déjà visible en ligne, tout comme le maillot collector, déjà disponible à la boutique officielle. "Ce maillot vintage met à l’honneur notre blason originel et nos anciens grands joueurs, il est le fruit d’un travail de fond, en 13 ateliers, sur notre identité et sur la passion intergénérationnelle autour du Stade Rennais", explicite Arnaud Pouille, son président directeur général.
Un nouvel hymne en tribunes ?
Autre nouveauté évoquée ce mercredi face à la presse : un hymne en forme de chant populaire, dont l’air sera révélé ultérieurement, et qui pourra désormais être entonné par les supporters bretilliens lors des matchs de son équipe fétiche. "Oh Rennes depuis tant d’années, tous nos cœurs ont vibré, Pour toi nous allons chanter, Dans la joie ou dans la peine, Rouge et Noir à jamais, Ensemble nous allons chanter", contient notamment l’un des couplets.
Différentes animations sont programmées lors des deux prochains matchs de Ligue 1 au Roazhon Park, contre Lille (15 mars) puis contre Metz (22 mars). À ces deux occasions, le SRFC jouera avec un maillot collector de couleur rouge bordeaux, tandis qu’il arborera l’autre version, tout en noir, lors du derby face à au Stade Brestois, le 5 avril, à Francis-Le Blé.
"Nous sommes le troisième club le plus ancien du championnat et le sixième en termes de performance sur les 20 dernières années, c’est une histoire fantastique que nous voulons valoriser aujourd’hui, en espérant que le meilleur soit encore à venir", synthétise Guillaume Cerutti, président du conseil d’administration.
La France ne doit pas perdre ce match ! Voilà comment se conclut la longue tribune ouverte publiée ce mercredi et cosignée par les présidents de sept clubs de Ligue 1 : Rennes, Lens, Marseille, Le Havre, Metz, Lyon et le Paris FC. À travers leur missive, ils appellent à une réforme "nécessaire et urgente" de la gouvernance du football professionnel français.

Selon eux, celle-ci passera par un changement du statut de la LFP. De simple association, un modèle jugé inadapté, elle devrait être remplacée par une société de clubs, sur le modèle de ce qui existe déjà dans plusieurs grands championnats européens.
Des mots sur des maux
Cette tribune se base sur le récent rapport de l’UEFA relatif aux finances et investissements des clubs européens en 2026 et qui, selon ses auteurs, met en lumière une réalité préoccupante : l’affaiblissement économique du football professionnel français et son décrochage croissant avec les quatre ligues dominantes du continent (Angleterre, Espagne, Allemagne et Italie)", qui condamner[ait] les clubs hexagonaux à jouer les seconds rôles en Europe.
Une illustration de ce déclin est à chercher du côté de la crise des droits télé qui n’en finissent plus de plomber cette pauvre Ligue 1 et les investissements de ses clubs (à l’exception du Paris Saint-Germain évidemment) : Jusqu’au début de la décennie, les droits de la Ligue 1 représentaient environ 700 millions d’euros par an en moyenne. Ils sont aujourd’hui près de trois fois moindres, soulignent les signataires.
Passer la deuxième au plus vite
Par conséquent, il est nécessaire de réagir, en réformant donc le statut de la LFP pour professionnaliser la gestion des droits audiovisuels et repenser la stratégie de valorisation de notre championnat auprès du public et des diffuseurs. Une révolution amorcée par le Sénat et dont les clubs signataires espèrent qu’elle sera reprise par le gouvernement, en inscrivant ce texte fondamental à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, et ce, dès ce printemps afin de permettre d’aborder la prochaine saison professionnelle avec une gouvernance renouvelée.
Gagner ça coûte cher, mais rêver c’est gratuit.
Entre harcèlement, concurrence, camaraderie, échec et réussite, Cyprien Junior Kouakam-Dubois se livre sur son quotidien dans le centre de formation du Stade Rennais.
Valentin Rongier, le milieu et capitaine de Rennes, en pleine forme à l'image de son équipe, pense déjà à l'après-carrière. Il pourrait naturellement se diriger vers le métier d'entraîneur.
Il est arrivé dans un salon du centre d'entraînement de la Piverdière serein et déterminé, un peu comme le Stade Rennais depuis quelques semaines. « Il y a une force collective. Quand on a cette mentalité-là, avec la qualité qu'on a, on peut continuer à croire à beaucoup de choses », a confié Valentin Rongier, jeudi, alors que les Bretons reçoivent Lille ce dimanche (20 h 45). Et d'ajouter dans la foulée, en bon capitaine : « Les remplaçants - je n'aime pas ce terme - font vraiment un boulot énorme. » Altruisme, empathie et capacité de communication ont toujours escorté le milieu de 31 ans depuis le début de sa carrière. Au point de penser déjà à l'après ? La porte semble ouverte.
Quand vous lacez vos chaussures dans le vestiaire, vous arrive-t-il de penser à devenir entraîneur ?
J'espère qu'il me reste encore de belles années, mais j'y pense de plus en plus. Je pense rester dans cet écosystème. J'ai d'ailleurs commencé une formation en début d'année, avec l'UEFA, le Certificate Football Management, en anglais, elle dure neuf mois. C'est pour apprendre vraiment les bases de tous les métiers dans l'industrie foot. De la stratégie, du management, comment protéger les joueurs, l'aspect financier... Mais pour l'instant c'est pour apprendre. J'ai encore un peu de temps. On est une quarantaine de joueurs à la faire. Je crois que ça donne accès à l'équivalent d'une licence, et derrière on peut avoir l'équivalent d'un master.
On vous demande car Habib Beye vous avait qualifié de « joueur-coach ». On vous décrit aussi comme un « joueur d'équilibre ». Qu'est-ce que cela signifie ?
Pas la même chose. Le joueur d'équilibre doit voir et s'adapter en fonction de la situation de jeu. Anticiper et observer pour comprendre d'où le danger peut survenir. Ça s'y prête beaucoup pour les milieux. C'est se dire : « Ouais, c'est bien, on attaque, mais attention, là ils sont 3 contre 3, il faut peut-être que je reste avec eux parce qu'on aura une supériorité défensive. » « Joueur-coach », c'est comprendre ce que le coach demande, le système, l'animation, et relayer sur le terrain en direct à ses coéquipiers. Guider, tout simplement. Et c'est aussi lire le match en temps réel, s'adapter. Si je suis pris en individuel, de 1, c'est à moi de faire la différence sur mon adversaire direct. Et de 2, mes déplacements vont ouvrir le jeu. Quand tes partenaires le comprennent aussi, que tout le monde parle le même langage, ça devient cool.
« Je vois le football comme un jeu. Essayer de mettre en difficulté l'adversaire, c'est là que ça devient intéressant parce que c'est un jeu d'échecs. Une équation, quoi. Et c'est tout ça que j'aime »
Valentin Rongier
Pouvez-vous avoir une influence tactique ?
Les entraîneurs que j'ai connus étaient ouverts. Après, quand tu es jeune, tu n'as peut-être pas le courage pour te dire : « OK, je vais aller voir le coach, j'aime bien quand on fait ça. » Et avec l'expérience, c'est quelque chose qui est... Pas fascinant, c'est peut-être un peu trop, mais je vois le football comme un jeu. Essayer de mettre en difficulté l'adversaire, c'est là que ça devient intéressant parce que c'est un jeu d'échecs. Une équation, quoi. Et c'est tout ça que j'aime.
Si vous vous projetiez comme entraîneur, ce serait avec des enfants ou des adultes ?
On a tendance à oublier le travail des éducateurs, essentiel. Et d'un autre côté, je me dis que cette adrénaline va beaucoup me manquer. Je pense que l'unique moyen de la retrouver, c'est en étant coach d'une équipe au haut niveau. D'ailleurs, je me dis que le jour où je ne ressentirai plus cette adrénaline, ce sera le moment d'arrêter. Car c'est un bon stress. J'essaie en amont d'identifier des choses, de faire des phases de jeu dans ma tête. Et ça arrive que ça se reproduise en fonction des choses qu'on analyse la semaine. Par exemple, je visualise mon latéral qui reçoit le ballon, je me déplace à tel moment, j'anticipe la course de mon attaquant ou de mon milieu qui vient de décrocher pour que je lui mette en une touche, des choses comme ça.
Gardez-vous quand même de la spontanéité dans votre jeu ?
Tu n'as pas le choix au haut niveau, ça va tellement vite que tu es obligé de faire à l'instinct. Mais il y a forcément des phases de jeu. Quand vous regardez le FC Barcelone de l'époque, avec Xavi, Iniesta et Sergio Busquets, ils avaient tellement d'automatismes. C'est plus plaisant de jouer ce football-là. Un exercice que j'aime bien, mais les autres pas trop, c'est un circuit de passes avec un timing à respecter. Si tu veux que la circulation soit fluide, il faut répéter, répéter. Après, beaucoup d'équipes jouent la possession mais manquent de verticalité. Il faut trouver le juste milieu, en ayant plus le ballon sans trop jouer à la baballe.
Quelle importance aurait l'intelligence de jeu avec vous ?
Ça pour moi, ça se développe. Mais c'est inné et en fonction des profils. Un milieu est plus dans la réflexion qu'un ailier, qui est dans l'insouciance et l'instinct. Je serais incapable de jouer ailier car je n'ai pas la qualité de dribble ni de percussion, et car je pense trop. Je me dis : "merde, si je perds le ballon dans cette zone, on va devoir courir vers l'arrière, etc." Alors qu'eux, ils ne s'arrêtent pas à ça, ils recommencent, ils essayent en permanence.
Accorderiez-vous de l'importance à la data ?
Après le match, les données sur notre performance physique ne me dérangent pas. Mais il ne faut pas que ça contrôle tout. Moi, je regarde mon nombre de ballons perdus, mon nombre de récupérations, et mon nombre de passes vers l'avant.
« Dans le souci du détail et de la tactique, personne ne peut égaler Roberto De Zerbi »
Valentin Rongier
Vous avez connu près de 20 entraîneurs. Sur le plan du management, qui vous a le plus marqué ?
J'ai beaucoup aimé l'approche d'Igor Tudor à Marseille. Au même titre que Sergio Conceiçao à Nantes. Le discours qu'ils ont tenu, c'est : "Il n'y a plus aucun statut dans l'équipe, celui qui me donnera satisfaction jouera. "Igor a sorti Dim' (Payet) du 11, un joueur exceptionnel qui avait survolé le Championnat l'année d'avant. Il voulait un foot hyper agressif, offensif, avec du marquage un pour un, homme à homme. Pas la qualité première de Dim'. Il l'a sorti de l'équipe, a assumé, et ça lui a donné raison parce qu'on a eu des bons résultats. Je ne sais pas si je me serais passé de Dim', ce n'est pas ça que je dis, mais faire des choix forts et garder le cap, ça me parle. Après, le plus dur dans le foot pour moi, c'est de s'adapter au mec en face de toi. Untel va être tétanisé si on lui rentre dedans parce qu'il a raté une passe, pas l'autre. C'est vraiment difficile. Mais s'il y a une chose sur laquelle je ne pourrais rien laisser passer, c'est l'état d'esprit global. Ceux qui ne l'ont pas se mettent sur le côté tout seuls.
16+3
Valentin Rongier a connu 16 entraîneurs et 3 intérimaires depuis le début de sa carrière : Der Zakarian, Girard, Conceiçao, Ranieri, Cardoso, Halilhodzic, Gourcuff (Nantes), Villas-Boas, Larguet, Sampaoli, Tudor, Marcelino, Abardonado, Gattuso, Gasset, De Zerbi (OM), Beye, Tambouret et maintenant Haise (Rennes).
Et footballistiquement ?
Dans le souci du détail et de la tactique, personne ne peut égaler Roberto De Zerbi. Il est marquant pour tous les joueurs qui travaillent avec lui. Il vit foot, en fait. Il ne fait que ça, que ça, que ça. Exemple : à l'entraînement, on va travailler un circuit de passes, il demande à ses milieux de décrocher dans le bon timing et dans une zone très précise. Si tu es en retard d'une demi-seconde et qu'au lieu d'être ici, tu es là, il va stopper le jeu. Ça se joue à 30 centimètres. Parfois, c'est vraiment exagéré. Mais ça va avec son personnage. Je n'ai jamais vu un mec aussi passionné.
« Si jamais je devenais entraîneur, j'aimerais qu'on me laisse du temps. Ça m'effraie un petit peu, parce que j'aime bien avoir mes repères »
Valentin Rongier
Quelle consigne a-t-elle le plus évolué depuis vos débuts ?
Demander aux défenseurs de jouer énormément. Il y a dix ans, ils étaient là pour défendre. On leur demandait limite de jeter le ballon. À l'OM, sous Roberto, ce sont eux qui en touchaient le plus, parce qu'ils devaient être un point de fixation. Énormément de défenseurs sont devenus des joueurs de ballon.
Que vous inspire l'instabilité des bancs ?
Ce n'est pas très positif, parce que, pour avoir de la performance, il faut une stabilité. Si jamais je devenais entraîneur, j'aimerais qu'on me laisse du temps. Ça m'effraie un petit peu, parce que j'aime bien avoir mes repères. Autre chose : même si le football est ma passion, même si on a énormément de chance, on a une vie à part. La famille suit et elle n'a limite pas son mot à dire. Et le métier d'entraîneur, ce sont ces mêmes contraintes de temps en deux fois plus... Mais ma femme me dit : tu es fait pour être coach. Ça dépendra de ma fin de carrière. Pour l'instant, je kiffe encore.
Et pourquoi pas directeur sportif ?
C'est l'autre métier avec lequel j'hésite. Tu es dans les discussions tactiques avec ton coach. Tu continues de pratiquer ce jeu-là, ce jeu d'échecs. Et à côté de ça, tu es dans la gestion humaine, sans compter le choix des joueurs. J'ai dit à Loïc (Désiré, DS de Rennes) que je voulais le voir pour discuter un peu... »
Victime de son succès et en rupture de stock, le maillot collector des 125 ans du Stade Rennais est revendu en ligne, ce jeudi, par des particuliers qui comptent faire une plus-value. Les prix sont exorbitants et atteignent les 400 euros.

Pour les supporters du Stade Rennais, c'est la douche froide, deux fois de suite. Le maillot collector des 125 ans du club, mis en vente en ligne et en boutique au Roazhon Park à Rennes (Ille-et-Vilaine) mardi, s'est vendu comme des petits pains. Sur le site du SRFC, seuls les maillots juniors sont toujours disponibles. Puis, deuxième coup dur, ce jeudi 12 mars, quand certains ont trouvé la pièce rare revendue jusqu'à 400 euros sur Vinted, une plateforme de seconde main, et sur Leboncoin. Des prix très élevés qui font grincer des dents.
Maxime fait partie des déçus qui n'ont pas eu la chance d'obtenir le maillot : "La rupture de stock est arrivée très vite sur le site du club", se désole le supporter qui vit près de Vannes (Morbihan). "Malheureusement, je vois des reventes sur des plateformes externes. C'est très compliqué d'en trouver un au juste prix." Sur la boutique officielle, les maillots collector couleur bordeaux et noir étaient vendus à 100 euros. La version manches longues à 110 euros. Le tarif peut grimper jusqu'à 140 euros si l'on choisit de floquer le vêtement au nom d'un joueur.
Des prix fous
"Là, j'en vois à 300-400 euros sur des sites externes", note-t-il. "C'est des prix fous. Je trouve ça dégueulasse, c'est pas normal ! Ce sont des gens qui profitent de la passion des supporters et des collectionneurs. Ça pénalise tout le monde, surtout quand on connait le coût de la vie en ce moment, c'est pas facile. Ça reste des achats-plaisirs qu'on fait en économisant. C'est dommage." Maxime avait déjà vécu pareil phénomène lors du maillot anniversaire des 120 ans du Stade Rennais, sauf qu'à cette époque, il avait pu l'acheter au prix du club. "Ce sont juste des profiteurs, ce ne sont pas de vrais supporters", affirme-t-il.
C'est le jeu
Pourtant, des passionnés se cachent bien derrière les comptes anonymes de revente sur Vinted. C'est le cas d'Oscar, "supporter du Stade Rennais depuis dix ans." Le jeune homme a pu acheter deux maillots en boutique mardi 10 mars, "un manches courtes et un manches longues". "Il y avait une queue de dingue. Il fallait attendre une heure pour payer." Oscar va garder son maillot manches courtes et revendre l'autre, floqué Jérémy Jacquet, à 350 euros. Un tarif fixé "en se basant sur les prix de Vinted, je suis dans la moyenne."
La motivation pécuniaire est clairement assumée : "Si j'ai des sous à faire et que je peux en faire, c'est comme ça. Les temps sont durs, je viens d'être diplômé en double master à Rennes et je cherche encore un emploi." Il comprend néanmoins les critiques :"Je me rends compte de la frustration des gens, mais il faut qu'ils comprennent que parfois il faut sacrifier son temps et aller directement en boutique. On ne peut pas avoir un produit limité quand on veut, au prix qu'on veut. C'est le jeu."
Des insultes, voire "des menaces de mort"
Martin*, supporter du SRFC aussi, a acheté le maillot collector mardi en boutique. La version manches longues floquée Jérémy Jacquet. Après coup, il reconnait un achat impulsif, et estime qu'il ne le portera pas tant que ça. "Je me suis dit que c'est une grosse dépense, que finalement d'autres gens seraient plus intéressés pour l'avoir. J'ai vu les prix sur Vinted et j'ai tenté de le mettre à 400 euros."
Conscient que le prix est élevé, Martin songe à le baisser et reste ouvert aux offres. Elles se font rares pour le moment, et les sollicitations prennent surtout la forme d'insultes : "C'est de bonne guerre, mais entre recevoir des insultes et des menaces de mort, il y a une différence." Le jeune homme de 25 ans dénonce aussi le deux poids, deux mesures : "Moi je n'en ai pris qu'un, et les gens n'ont pas l'air de s'indigner de ceux qui en prennent quinze ou vingt, ou de comment ça a été géré par le Stade Rennais. (...) Certains me disent que je n'ai pas les valeurs du club, mais est-ce qu'insulter d'autres fans du club ça fait partie des valeurs ?" Si jamais il ne parvient pas à revendre le maillot, Martin assure qu'il le gardera pour le porter au Roazhon Park.
La LFP a décidé de ne plus faire figurer les couleurs arc-en-ciel, symboles de la lutte contre l'homophobie, sur les maillots des joueurs dans le cadre d'une journée dédiée en Ligue 1.
Chaque année, la journée dédiée à la lutte contre l'homophobie était gâchée par une poignée de joueurs qui refusaient de s'y associer. Certains allaient même jusqu'à refuser de jouer et de porter le maillot aux couleurs arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBTQIA+. Il y a d'abord eu Idrissa Gueye et Abdou Diallo avec le PSG en 2022, puis Mostafa Mohamed avec Nantes dès 2023 (l'international égyptien a refusé de jouer lors des trois dernières saisons), ainsi que les anciens Toulousains Saïd Hamulic, Moussa Diarra et Zakaria Aboukhlal, toujours en 2023.
À partir de 2024, Mohamed Camara (Monaco), ainsi qu'Ahmed Hassan (Le Havre) et Nemanja Matic (OL) la saison passée, avaient caché ces couleurs pour montrer leur désapprobation. L'attaquant de Nantes, le seul à évoluer toujours en Ligue 1, n'aura donc pas de raison de boycotter la dernière journée du Championnat.
La LFP assure travailler à un nouveau dispositif
Selon nos informations, une réunion s'est tenue mercredi, au cours de laquelle l'abandon des couleurs arc-en-ciel a été annoncé par la LFP à ses associations partenaires. Il y a deux ans, la Ligue avait déjà reculé sur la question, en abandonnant les maillots avec les numéros des joueurs aux couleurs de la communauté LGBTQIA+. Une décision qui avait entraîné le départ et la fin du partenariat de deux associations, SOS Homophobie et le PanamBoyz & Girlz United (devenu depuis le PanamPride Football Club).
La difficile lutte contre l'homophobie dans les clubs pros
Dans notre enquête consacrée à la difficile lutte contre l'homophobie dans les effectifs des clubs professionnels, nous révélions déjà que la Ligue envisageait de réunir le combat contre le racisme, l'antisémitisme et l'homophobie en un seul message et sur une seule journée.
Contactée mercredi soir, la LFP nous a confirmé « travailler à un nouveau dispositif de communication qui mêlera la lutte contre les discriminations ». Et de développer : « De la même manière que nous développons des ateliers de lutte contre le racisme et l'homophobie, nous voulons en faire de même en matière de sensibilisation. Le travail est en cours et il est encore trop tôt pour communiquer. » La Ligue assure « avoir le soutien de [ses] associations, qui ont bien compris le sens de [sa] démarche ».
Les dirigeants du Stade Rennais ont présenté ce mercredi les festivités prévues pour les 125 ans du club. En marge de ce rendez-vous, plusieurs prises de parole importantes ont eu lieu de la part des représentants de la famille Pinault.

Après avoir dévoilé deux nouveaux maillots "anniversaire" ce mardi pour célébrer ses 125 ans d'existence, le Stade Rennais a présenté ce mercredi à la presse le programme des festivités et le résultat de ses travaux engagés depuis l'été dernier autour de son identité à l'occasion de cet anniversaire. Fait rare : Louis Roger-Boutbien, petit-fils de François Pinault et membre du conseil d'administration du club, s'est exprimé publiquement au nom de l'actionnariat du club en présentation de ce temps de questions-réponses, pour réaffirmer notamment l'attachement de sa famille au Stade Rennais. Son cousin Pierre Tronson, lui aussi membre du conseil d'administration en tant que censeur, était également présent.
"Avec Pierre et au nom de toute notre famille, on voulait vous redire à quel point le Stade Rennais est un club qui compte pour nous", a assuré Louis Roger-Boutbien au micro, avant de poursuivre : "Ce club, c'est une émotion, une part de notre histoire à nous aussi, et on est tous très fiers de faire partie de cette magnifique aventure qui a marqué tout un territoire, et qui, on l'espère, continuera à le faire encore un long moment."
Le club s'engage pour une nouvelle gouvernance du football en France
La famille Pinault était également représentée par Guillaume Cerutti, président du conseil d'administration du club depuis octobre dernier, et très impliqué dans les affaires du club depuis sa nomination, et récent signataire au nom du club, en compagnie de six autres dirigeants (Paris FC, OL, OM, Lens, Le Havre, Metz) d'une tribune appelant à une nouvelle gouvernance pour le football français. Un acte lui aussi peu habituel de la part d'un dirigeant rennais, le club s'étant plutôt signalé ces dernières années par sa discrétion dans le débat entourant la crise du football professionnel en France.
"On pousse pour qu'une proposition de loi soit inscrite rapidement par le gouvernement à l'Assemblée et qu'elle devienne une loi, et permette de réformer les instances afin que l'on passe d'une Ligue de football professionnel, qui est une association, à une Ligue qui soit une société de clubs", a détaillé Guillaume Cerutti. Le président du conseil d'administration et la famille Pinault souhaitent "professionnaliser l'approche de certains sujets, comme les droits audiovisuels" afin de "rebâtir de la valeur pour la diffusion audiovisuelle du championnat".
Plusieurs temps forts autour des 125 ans, un nouveau chant au Roazhon Park
Les joueurs porteront le nouveau maillot anniversaire dès ce dimanche pour la réception de Lille. Le club a aussi annoncé l'instauration d'un nouveau "chant populaire" qui sera diffusé en avant-match à partir de la réception de Metz le 22 mars, fruit des réflexions des participants à l'atelier "musicologie" organisé le 10 décembre dernier à l'ancienne prison Saint-Michel de Rennes. Ce chant sera soutenu par une musique "historique" liée au club, revisitée, avec les paroles suivantes :
"Allez les rouge et noir
Allez les rouge et noir
Il faut pousser on va gagner
Tous ensemble nous allons chanter
Allez allez allez Rennes
Allez allez allez Rennes
Oh Rennes depuis tant d’années
Tous nos coeurs ont vibré
Pour toi nous allons chanter
Dans la joie ou dans la peine
Rouge et noir à jamais
Ensemble nous allons chanter
Sur les bords de vilaine
Deux hermines gravées
Pour toi nous allons chanter
La capitale va vibrer
Sous nos chants effrénés
Ensemble nous allons gagner"
L'ancien rennais et actuel consultant Ligue 1 + Paul-Georges Ntep a également été sollicité pour animer une vidéo "Bureau des Légendes" où l'ancien ailier du SRFC recevra des légendes et acteurs actuels du club avec "une approche décalée, fraîche et complice". Elle paraîtra le 17 mars prochain. Enfin, plus d'une centaine d'anciens joueurs seront conviés à Rennes le temps d'un week-end les 21 et 22 mars prochain, où ils seront notamment célébrés quelques minutes avant le coup d'envoi de Rennes-Metz le dimanche.
Ce match sera également l'occasion pour le club de révéler le nouveau design du tunnel qui mène les joueurs du vestiaire à la pelouse du Roazhon Park.
Le Stade Rennais a joué un rôle moteur dans la signature d’une tribune avec six autres clubs de Ligue 1 pour appeler les pouvoirs publics à une réforme rapide du football français. Les dirigeants du club breton ont justifié mercredi leur prise de position face à la crise qui frappe le championnat.
Déjà à l'initiative avec trois autres clubs de Ligue 1 (Lens, Marseille et le Havre) il y a un mois d'une tribune exigeant une refonte totale de la gouvernance du foot professionnel, le Stade Rennais a récidivé ce mercredi en compagnie cette fois de six clubs (Paris FC, Marseille, Lyon, Lens, Le Havre, Metz) en demandant à nouveau "une réforme urgente" et en appelant à l'intervention rapide de l'Assemblée nationale et du gouvernement.
En marge d'une conférence de presse pour fêter les 125 ans du club, les dirigeants rennais ont justifié cette nouvelle mobilisation car "il faut accélérer" déclare Guillaume Cerutti le président du Conseil d'administration et représentant de la famille Pinault. "Il y a une proposition de loi qui a été votée au Sénat. On pousse le gouvernement à l'inscrire rapidement à l'Assemblée pour que cette proposition devienne une loi et permette de passer d'une LFP qui est une association à une LFP qui deviendrait une société de clubs.
Avant de préciser: "Cela permettrait de professionnaliser l'approche de certains sujets comme les droits TV, de se donner de la durée dans la stratégie qu'on met en œuvre et de rebâtir de la valeur pour la diffusion audiovisuelle du championnat de Ligue 1."
Pourquoi Rennes a quitté son habituelle discrétion
Longtemps assez discret sur ces questions institutionnelles, le Stade Rennais a donc ces dernières semaines décidé de hausser le ton alors que le club breton, grâce à son actionnaire fait partie des clubs forts de la Ligue 1 encore plus en cette période de crise financière.
"Rennes est un club qui par son histoire, par son impact et ses résultats, a vocation à faire partie de ce groupe de clubs qui porte la voix de la Ligue 1 pour changer les choses", a encore détaillé Guillaume Cerutti. "C'est un souhait manifesté par la famille Pinault au-delà des intérêts égoïstes du Stade Rennais mais pour l'avenir du foot français."
"On s'est exprimé et on continuera de s'exprimer et de parler aux autorités."
Les clubs sont des acteurs importants au plan économique et au plan social et ils doivent être soutenus pour ça
Pour Arnaud Pouille, le président du Stade Rennais, représentant du club à la LFP, la situation "n'avance pas assez vite" et nécessite donc une véritable refonte du système.
"On voit qu'au niveau national, il y a un mouvement un peu de suspension des choses. Il y a eu un rapport, une enquête sénatoriale, une proposition de loi. Maintenant, on voudrait que ça avance un peu plus vite mais on voit bien qu'au niveau politique, on ne reste que du foot. On a tous vu sur l'adoption d'un budget en fin d'année dernière, il y a eu un décalage", a ainsi jugé le patron du club breton. "Il faut l'accepter mais ça n'empêche que la décision du club, de son propriétaire et de tous ses dirigeants, c'est d'essayer d'agir et d'essayer de sensibiliser. On est un club acteur pour faire bouger les choses car on ne peut pas passer de quasi 800 millions d'euros de droits TV à 150 millions en continuant à juste faire la comptabilité".
Intégralité des matchs, déplacement du multiplex...à quoi pourrait ressembler la programmation de la Ligue 1 la saison prochaine?
Et Guillaume Cerutti de conclure: "L'idée de cette tribune, c'est de montrer que les clubs sont des acteurs importants au plan économique et au plan social et qu'ils doivent être soutenus pour ça au-delà de la performance sportive qu'on veut tous. Ce sont des entreprises qui génèrent de la valeur pour tout le monde qui sont au cœur de la passion et de l'activité de beaucoup de gens. Donc il faut faire le maximum. On a bon espoir d'y arriver et de faire bouger les lignes".
Membres actifs du conseil d’administration du Stade Rennais depuis 2024, Louis Roger-Boutbien et Pierre Tronson, petits-fils du propriétaire François Pinault, se sont présentés face aux médias ce mercredi 11 mars, à l’occasion de l’anniversaire des 125 ans du club. Louis Roger-Boutbien s’est exprimé au micro, chose rare pour un membre de la famille, afin notamment de réaffirmer l’engagement des Pinault dans l’actionnariat du SRFC.
Ils étaient là, aux côtés du président exécutif Arnaud Pouille et du président du conseil d’administration Guillaume Cerutti, pour célébrer ce mercredi 11 mars face aux médias l’anniversaire des 125 ans du Stade Rennais.
Ils, ce sont les deux petits-fils Pinault, Louis Roger-Boutbien et Pierre Tronson, membres actifs du conseil d’administration du SRFC, passionnés par le club depuis leur plus jeune âge, intronisés par Pinault père et fils en juin 2024.
Le premier, Louis, a même assuré le propos liminaire au micro, ce qui n’est pas du tout anodin : un membre de la famille qui s’exprime directement devant les journalistes, quelle que soit l’occasion, c’est très rare.
Le message porté, au-delà des mots, est clair : il diffuse l’idée de la pérennité future de l’engagement de la famille Pinault, plus ancien actionnaire français (depuis 1998) d’un club de L1, où les fonds étrangers sont devenus dominants. C’est un jour très spécial, avec Pierre (Tronson) et au nom de toute notre famille, on tenait à vous dire à quel point le club tenait pour nous, a dit Louis Roger-Boutbien, qui est le fils de feu Florence Roger-Pinault, l’une des filles de François Pinault. Ce club, c’est une émotion, une part de notre histoire à nous aussi. On est très fier de faire partie de cette longue histoire qui a marqué aussi notre territoire, et on espère le faire encore pour un long moment. Notre ambition reste la même pour le club, continuer à le faire grandir, le faire rayonner pour la ville, la région.
Les souvenirs de Paris ou de Leicester
Le petit-fils Pinault a aussi évoqué son histoire personnelle avec le Stade Rennais, qui est d’abord celle d’un supporter. On a tous des souvenirs d’enfance liés aux Rouge et Noir, et ces liens qui se créent sont très précieux. Pour ma part, au-delà de la victoire en Coupe de France 2019, je citerais la victoire à Paris en 2012, à neuf contre onze : je jouais gardien chez les amateurs, et le match de Ndiaye ce jour-là avait été incroyable, je ne me souviens pas avoir revu pareille prestation par la suite ! Plein d’ambiances au Roazhon Park m’ont aussi marqué, comme celle contre Leicester en 2022 (8e de finale retour de la Ligue Europa Conférence), je ne pense pas avoir vu un stade aussi incandescent que ce soir-là ! Le Stade Rennais, ce sont des grandes émotions, des belles victoires, mais ça peut aussi être des désillusions, qui doivent être suivies de rebonds. Il faut toujours avoir l’objectif en tête d’aller plus haut pour ce club.
À ce sujet, Louis Roger-Boutbien s’est exprimé aussi sur l’une des questions qui taraudent les fans : pourquoi Rennes n’est-il jamais parvenu à accrocher dans ses 125 ans d’histoire un titre de champion de France, au contraire de clubs comme Montpellier (2012), Lens (1998), Auxerre (1996) ou Strasbourg (1979) ?
D’autres clubs ont été champions sans y être prédestinés, donc on peut se dire qu’une anomalie est possible. Mais si on regarde sur le long terme, si on découpe ces 30 ans d’actionnariat de la famille par tranche de 5 ou 10 ans, on voit une belle évolution. À une époque, c’était exceptionnel d’être qualifié en Coupe d’Europe, encore avant, c’était inespéré, et encore avant, on jouait le maintien ! Puis c’est devenu normal d’aller en Europe, et on a été très triste de ne pas y être ces deux dernières saisons. Quand je vois cette évolution globale, je suis plutôt optimiste pour l’avenir.
Jusqu’à imaginer qu’il puisse s’écrire aussi avec lui, par exemple, dans la gestion opérationnelle du club ?
Ce mercredi, en conférence de presse, le président du Stade Rennais, Arnaud Pouille, a rappelé combien la qualification en Coupe d’Europe à la fin de cette saison était importante pour le club bretillien, après deux ans de disette.

En marge d’un rendez-vous médiatique consacré aux 125 ans du club, la direction du Stade Rennais a également fait le point sur les ambitions sportives de cette fin de saison en Ligue 1. Si les Rouge et Noir pointent actuellement à la 5e place du classement, synonyme de qualification en Ligue Europa en 2026-2027, il reste encore 9 journées pour valider cet objectif, voire faire encore mieux. "Tout va très vite, on le sait, et en ce moment on pense surtout à poursuivre la bonne dynamique enclenchée depuis l’arrivée de Franck Haise sur le banc", a d’abord tempéré Arnaud Pouille, le président-directeur général du SRFC.
Ce mercredi 11 mars 2026, le Stade Rennais a annoncé une série d’événements liés au 125e anniversaire du club, qui seront partagés avec les supporters et le grand public lors des deux prochains matchs à domicile.

Cent ans et un quart de siècle, cela se fête. Au lendemain du 10 mars, date de sa création en 1901, le Stade Rennais a dévoilé plusieurs surprises, à destination de ses supporters et des suiveurs du club, qui seront présentées au public lors des prochaines semaines.
Un clip retraçant l’histoire sportive des Rouge et Noir, sur le thème générique "Il était une foi" est déjà visible en ligne, tout comme le maillot collector, déjà disponible à la boutique officielle. "Ce maillot vintage met à l’honneur notre blason originel et nos anciens grands joueurs, il est le fruit d’un travail de fond, en 13 ateliers, sur notre identité et sur la passion intergénérationnelle autour du Stade Rennais", explicite Arnaud Pouille, son président directeur général.
Un nouvel hymne en tribunes ?
Autre nouveauté évoquée ce mercredi face à la presse : un hymne en forme de chant populaire, dont l’air sera révélé ultérieurement, et qui pourra désormais être entonné par les supporters bretilliens lors des matchs de son équipe fétiche. "Oh Rennes depuis tant d’années, tous nos cœurs ont vibré, Pour toi nous allons chanter, Dans la joie ou dans la peine, Rouge et Noir à jamais, Ensemble nous allons chanter", contient notamment l’un des couplets.
Différentes animations sont programmées lors des deux prochains matchs de Ligue 1 au Roazhon Park, contre Lille (15 mars) puis contre Metz (22 mars). À ces deux occasions, le SRFC jouera avec un maillot collector de couleur rouge bordeaux, tandis qu’il arborera l’autre version, tout en noir, lors du derby face à au Stade Brestois, le 5 avril, à Francis-Le Blé.
"Nous sommes le troisième club le plus ancien du championnat et le sixième en termes de performance sur les 20 dernières années, c’est une histoire fantastique que nous voulons valoriser aujourd’hui, en espérant que le meilleur soit encore à venir", synthétise Guillaume Cerutti, président du conseil d’administration.
La France ne doit pas perdre ce match ! Voilà comment se conclut la longue tribune ouverte publiée ce mercredi et cosignée par les présidents de sept clubs de Ligue 1 : Rennes, Lens, Marseille, Le Havre, Metz, Lyon et le Paris FC. À travers leur missive, ils appellent à une réforme "nécessaire et urgente" de la gouvernance du football professionnel français.

Selon eux, celle-ci passera par un changement du statut de la LFP. De simple association, un modèle jugé inadapté, elle devrait être remplacée par une société de clubs, sur le modèle de ce qui existe déjà dans plusieurs grands championnats européens.
Des mots sur des maux
Cette tribune se base sur le récent rapport de l’UEFA relatif aux finances et investissements des clubs européens en 2026 et qui, selon ses auteurs, met en lumière une réalité préoccupante : l’affaiblissement économique du football professionnel français et son décrochage croissant avec les quatre ligues dominantes du continent (Angleterre, Espagne, Allemagne et Italie)", qui condamner[ait] les clubs hexagonaux à jouer les seconds rôles en Europe.
Une illustration de ce déclin est à chercher du côté de la crise des droits télé qui n’en finissent plus de plomber cette pauvre Ligue 1 et les investissements de ses clubs (à l’exception du Paris Saint-Germain évidemment) : Jusqu’au début de la décennie, les droits de la Ligue 1 représentaient environ 700 millions d’euros par an en moyenne. Ils sont aujourd’hui près de trois fois moindres, soulignent les signataires.
Passer la deuxième au plus vite
Par conséquent, il est nécessaire de réagir, en réformant donc le statut de la LFP pour professionnaliser la gestion des droits audiovisuels et repenser la stratégie de valorisation de notre championnat auprès du public et des diffuseurs. Une révolution amorcée par le Sénat et dont les clubs signataires espèrent qu’elle sera reprise par le gouvernement, en inscrivant ce texte fondamental à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, et ce, dès ce printemps afin de permettre d’aborder la prochaine saison professionnelle avec une gouvernance renouvelée.
Gagner ça coûte cher, mais rêver c’est gratuit.