Dans une interview accordée au quotidien L’Équipe, Jean-Pierre Caillot, président du Stade de Reims, est revenu sur la situation financière des clubs de Ligue 1. Et le conflit avec Mediapro pourrait s’avérer fatal.
"Il faut être clair. À partir du 1er janvier, il n’y aura plus de rentrée financière pour les clubs liée aux droits télé." Jean-Pierre Caillot, président du Stade de Reims, n’y va pas par quatre chemins pour expliquer la situation préoccupante dans laquelle se trouvent les clubs de Ligue 1.
Mediapro, le principal diffuseur, n’avait pas honoré sa première échéance de paiement (170 M€), forçant la Ligue de football professionnel à contracter un prêt. Les deux parties étant engagées dans une procédure judiciaire, les clubs peuvent se retrouver sans ressources.
Caillot poursuit dans le quotidien L’Équipe. "Ceux (les droits tv) qui seront honorés par les autres diffuseurs (Canal + et Free) serviront à rembourser le prêt contracté pour couvrir les échéances de Mediapro. Soit Mediapro revient à la raison, mais sincèrement je n’y crois pas beaucoup, soit il faut que le conciliateur nous trouve une solution et qu’un diffuseur accepte de rémunérer nos droits télé. La situation est très grave. Le diffuseur ne paye pas, mais il est protégé (par le tribunal de commerce) et on ne peut même pas récupérer nos droits. C’est la deuxième lame."
Présent à la visioconférence avec le Président de la République mardi, Caillot en a profité pour envoyer un message à ce sujet à Emmanuel Macron. Mais le Président ne lui a pas répondu favorablement : "Le Président a entendu mon appel, mais m’a fait comprendre que ce n’était pas lui qui allait régler le problème de Mediapro. Après, on sait qu’il a quand même beaucoup de pouvoir. Il y a des diffuseurs historiques, peut-être qu’il peut leur faire passer un message."


Le retour des spectateurs dans les stades n’interviendra pas avant le début de l’année 2021 et il devra respecter une jauge qui sera liée à la capacité des stades ou des salles, a affirmé l’Élysée ce mardi, après une rencontre avec des acteurs du sport.
50 euros par an. C’est la somme qu’il suffirait de débourser via IPTV pour avoir accès à toute l’offre sportive, football inclus. Un piratage florissant en France avec des souscripteurs par millions comme le dénonce dans les colonnes du Figaro, Pauline Blassel, secrétaire générale de l’Hadopi, qui protège les droits d’auteur. "Actuellement, on estime à près de 3 millions les personnes qui consomment des programmes sportifs illégalement. Ça a considérablement augmenté ces dernières semaines". Si le piratage explose, c’est que l’offre de Mediapro est perçue comme exagérée par les consommateurs. Pour rappel, le prix réclamé par le groupe sino-espagnol pour la chaîne Téléfoot tourne autour de 25 euros par mois rien que pour l Ligue et la Ligue 2, alors que les offres pirates offrent en plus la Ligue des Champions… Différents spécialistes estiment ainsi que cette politique tarifaire outrancière a favorisé la recherche de solutions illégales chez les fans de football.
La Ligue de Football Professionnel fait de son mieux pour corriger les effets dévastateurs de la position de kamikaze prise par Jaume Roures, dont la société, Mediapro, n’a pas payé l’échéance d’octobre (172ME) des droits TV de la Ligue 1, le patron espagnol ayant déjà fait savoir qu’il en sera de même début décembre. Et tandis que Vincent Labrune a obtenu des crédits pour permettre aux clubs de s’en sortir provisoirement, le prix réclamé par Mediapro pour la chaîne Téléfoot, autour de 25 euros par mois, torpille sur la longue durée la valeur du championnat français. En effet, si le groupe sino-espagnol et la LFP pensaient que les amateurs de football paieraient cette somme en plus de Canal+ pour s’offrir toute la Ligue 1, ils ont eu tort. Non pas que les téléspectateurs se soient détournés de la L1, mais ils ont trouvé des services nettement moins onéreux pour s’offrir la totalité des matchs non seulement de L1 et L2, mais également des champions européens et de la LDC.
"Dans une saison, ça n’arrive pas souvent de ne pas jouer sur une période comme celle-ci, surtout avec notre calendrier, concède Del Castillo. L’an dernier déjà, nous avions à peu près ce même rythme à la même période. Il faut gérer ce temps-là et s'adapter, mais nous ne sommes pas dépaysés puisque les séances sont intenses et peuvent se rapprocher des efforts que l’on fournit en match. Tout est fait pour ne pas perdre la cadence.", a indiqué le coach des Bretons.
L'idée ressort des tiroirs à intervalles réguliers, mais la crise lui donne plus de consistance: faut-il, comme le souhaite le nouveau président de la LFP Vincent Labrune, prêt à "ouvrir le débat", réduire le championnat de France à dix-huit clubs?
Mediapro, le principal diffuseur du football français, sortait d'une année positive avant de rencontrer ses difficultés financières actuelles, d'après les derniers chiffres déposés au registre du commerce espagnol, et rapportés par le quotidien El Pais. En 2019, le propriétaire de la chaîne Téléfoot, qui, en octobre, n'a pas payé son échéance à la Ligue de football professionnel (LFP), soit 172 millions d'euros, avait enregistré une hausse de 45% de ses bénéfices (188 millions d'euros après impôts). Un résultat obtenu notamment grâce à son contrat de commercialisation des droits de la Liga à l'étranger (4,48 milliards sur 5 ans) et en Espagne.
La trêve internationale est arrivée au bon moment pour le Stade Rennais, qui a enchaîné les déconvenues juste avant. De Chelsea à Paris, les Rouge et Noir ont encaissé deux 0-3 en quatre jours ayant mis en valeur leurs faiblesses du moment. La coupure de deux semaines va permettre de soigner les organismes autant que les têtes et de repartir du bon pied.
Et pour cause, en pleine crise du Covid-19, les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 n’avaient pas besoin d’un diffuseur principal mauvais payeur. C’est pourtant le cas avec Mediapro, qui n’a toujours pas versé un centime à la Ligue de Football Professionnel pour la diffusion de huit matchs de L1 et huit matchs de L2 par journée depuis la fin du mois d’août. Début octobre, le groupe sino-espagnol n’a pas honoré le paiement de sa première traite, et en fera de même en décembre. Interrogé à ce sujet sur les ondes de RMC, Jean-Michel Aulas a purement et simplement proposé d’enlever un certain nombre de lots de matchs à la chaîne Téléfoot. Ce qui conduirait à une réattribution de certains droits télévisuels de la Ligue 1.
La société audiovisuelle est très loin du compte en ce qui concerne ses abonnements, et estime devoir renégocier les quelques 800 ME qu’elle doit payer chaque année pour diffuser la Ligue 1 et la Ligue 2. Les raisons invoquées ? La crise sanitaire et économique, qui a changé la situation par rapport au moment de l’appel d’offres il y a deux ans. Si la donne est en effet bien différente, il est bon de rappeler que Médiapro comptait surtout revendre des matchs et pas forcément les produire, ce qu’il n’a pas réussi à faire. En plus de cela, il n’a pas trouvé d’accord avec Canal+ pour une diffusion plus globale (quasiment 9 millions d’abonnés potentiels). Résultat, entre les difficultés de diffusion et le prix demandé de 25 euros, Téléfoot ne compte que 600.000 abonnés alors qu’à terme, le chiffre de 3 millions était avancé.
Le football français fait face depuis plusieurs semaines au refus de Mediapro d’honorer son contrat d’1,1 milliard d’euros signé en 2018 pour diffuser les rencontres de ligue 1 et de ligue 2. Mais les diffuseurs font face à une autre menace, l’IPTV. Décryptage.
Le dossier Mediapro-Téléfoot est un vrai casse-tête pour le football français, et Vincent Labrune ne l’a pas caché ce week-end, l’attitude négative du groupe sino-espagnol n’incite pas à l’optimisme. Même si le patron de Ligue de Football Professionnel veut trouver une solution rapide dans le cadre de la procédure de conciliation lancée par le Tribunal de Commerce de Nanterre à la demande de Mediapro, tout semble indiquer que Jaume Roures ne paiera jamais la somme qu’il s’était engagé à régler lorsqu’il avait acheté les droits TV de la Ligue 1 et de la Ligue 2. Pour Arnaud Simon, ancien patron d’Eurosport France et désormais patron d’une société de conseil stratégique, il est clair que les clubs français peuvent dire adieu au rêve de toucher 1 milliard d’euros par an, personne n’étant désormais en mesure de débourser autant pour la L1.
Le Stade Rennais F.C. peut remercier sa charnière centrale. Menés contre le cours du jeu après un but de Franck Honorat, les Rouge et Noir s’en sont remis à l'efficacité de leurs deux défenseurs centraux pour retrouver le chemin de la victoire. Sur deux coups de pied arrêtés, le SRFC a finalement renversé le Stade Brestois 29, samedi, grâce à Damien Da Silva et Nayef Aguerd. Avec cette victoire, comptant pour la 9e journée de Ligue 1 Uber Eats, les Rennais reviennent provisoirement à la hauteur du PSG et du LOSC en tête. Ils ne s'étaient plus imposés depuis la 5e journée, le 26 septembre, à Saint-Etienne.


