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À Rennes, on arrivait à la fin d’un cycle

Le milieu offensif Flavien Tait a quitté le Stade Rennais cet été, après avoir été libéré de sa dernière année de contrat, direction la Turquie et Samsunspor. Dans un entretien accordé à Ouest-France, Tait revient sur ses quatre riches années en Bretagne, parle de son choix de partir, et évoque sa nouvelle vie turque.

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Flavien Tait a fait ses valises en fin de mercato cet été, direction la Turquie et Samsunspor, après quatre années au Stade Rennais où il aura tout connu et découvert les trois compétitions européennes (Ligue des champions, Ligue Europa et Conference League). Le milieu de 30 ans s’est confié sur ce départ et sa nouvelle vie turque dans un entretien accordé à Ouest-France.

Vous êtes parti tardivement de Rennes cet été. Mais vous étiez au courant tôt que vous partiriez ?

Oui, mais on ne sait jamais dans le foot, donc je me suis préparé comme si j’allais faire la saison avec Rennes. Le mercato s’active souvent au dernier moment, c’est ce qu’il s’est passé pour moi. Malheureusement, on arrivait à la fin d’un cycle, de nouveaux joueurs sont arrivés et je savais que ça allait être compliqué pour moi au niveau du temps de jeu. C’est pour cela que j’ai pris la décision de partir.

En aviez-vous parlé avec le coach ?

Oui, il m’avait dit que j’aurais sûrement moins de temps de jeu par rapport au recrutement. Il pensait qu’on arrivait à la fin d’un cycle. Cela s’est fait naturellement, je l’ai compris tout de suite. Au début, j’étais déçu, mais ça fait partie du football. J’avais fait mon truc à Rennes et je sentais que ça s’étouffait un petit peu. De nouveaux joueurs plus jeunes sont arrivés, avec une plus-value pour le club. Ils ne m’ont pas mis dehors, ils ont même toujours voulu faire les choses bien avec moi, parce qu’ils savent que j’ai compté pour le club. Cela a été une discussion très professionnelle et avec toujours une bonne relation avec le coach.

Avez-vous envisagé d’aller au bout de votre contrat ?

Si on m’avait dit que rien ne changeait et que j’allais jouer, oui. Mais j’estime qu’à mon âge, j’ai besoin de jouer.

Je voulais voir un autre football
Tout le monde a été surpris par la destination, la Turquie…

(Il s’esclaffe) Tout le monde me dit ça ! On est rentrés dans une phase où le foot a changé. J’ai eu beaucoup d’intérêts de clubs, mais je voulais rester en Europe et continuer d’évoluer dans un club avec des ambitions. Malheureusement, il n’y a pas eu ce que je voulais. Samsunspor m’a montré un intérêt vraiment fort. J’ai senti que j’étais désiré et ça m’a fait du bien. Des offres sur la table, je n’en avais pas 150 000. J’aurais pu attendre un peu, mais c’était compliqué par rapport à ma famille. Mais ça n’a pas été un choix par défaut. Le championnat turc se développe, il y a beaucoup de joueurs passés par la Ligue 1. J’ai senti que j’allais être une pièce maîtresse de leur projet.

Aucun club de L1 n’avait envie de vous faire venir ?

Si, si, j’avais des clubs, mais mon choix numéro 1 c’était d’aller à l’étranger. Je voulais voir un autre football.

Et vous vous plaisez en Turquie ?

Oui, c’est un très beau pays. La ville est en bord de mer, le cadre est agréable, les gens sont cool.

Sur le plan sportif, ce n’est pas le début de saison idéal en revanche

Bien sûr. Il y a plein de nouveau joueurs, un nouveau coach. Je sens que ça va prendre forme et que ça va être plus structuré. On a très mal commencé, on le sait, mais le championnat est loin d’être fini. Il y a moyen de viser plus haut.

Je n’ai pas souvenir qu’une équipe joue aussi bien que Rennes en 2021-2022

Quel moment gardez-vous de Rennes ? Le plus fort ?

Ma saison 2021-2022. Pour moi, c’est la plus belle saison du Stade Rennais. Je n’ai pas souvenir qu’une équipe joue aussi bien. Chaque week-end on proposait des choses sur le terrain, moi j’ai pris un énorme plaisir à jouer dans cette équipe. Dans le contenu, avec les collègues, on se disait : « Mais tu peux nous ramener qui tu veux… » On avait une force collective incroyable.

Étiez-vous au top de votre carrière ?

Oui. J’avais un staff et un coach qui me donnaient beaucoup de confiance et les clés du jeu avec Lovro (Majer). On s’est régalé avec toute l’équipe. Le fait de jouer des Coupes d’Europe, des matches à enjeux… C’était magnifique.

Votre parcours a pourtant été cabossé à Rennes. À votre arrivée, vous prenez un carton rouge qui vous éloigne des terrains, ça ne clique pas tout de suite. Des doutes naissent autour de votre transfert et pourtant, vous inversez la tendance.

C’est l’histoire de ma carrière (rires). Rien n’a jamais été facile, mais avec le travail j’ai réussi. Je suis un joueur qui marche beaucoup à l’affectif et à la confiance. Mes débuts n’ont pas été chaotiques mais… Je sortais d’une grosse saison avec Angers, il y avait beaucoup d’attentes, des choses à digérer pour moi, parce que cela changeait pour moi au niveau de mon football. Il fallait s’adapter, mais j’ai beaucoup appris, ça m’a renforcé. Grâce à cette période, où j’ai vécu des moments difficiles, plus rien ne m’affecte. Être critiqué, sifflé, ce n’était pas facile. Mais c’est devenu une force, de montrer que les gens s’étaient trompés. Et puis, l’arrivée du coach Genesio m’a beaucoup aidé.

Justement, l’arrivée de Bruno Genesio à la tête de l’équipe a changé votre passage à Rennes ?

Oui, en fin de saison, on décroche la Ligue Europa Conférence alors qu’on partait de très loin. Au bout du deuxième match contre Strasbourg, qui est capital, il me fait jouer parce qu’il estime qu’à l’entraînement je montre des belles choses. Et à partir de là, je ne sors plus de l’équipe. J’ai été bon au bon moment, donc c’est une fierté pour moi.

Au fil du temps, j’ai senti un amour profond

Votre relation avec les supporters s’est bonifiée avec le temps ?

Beaucoup. Elle a mal commencé (rires), ça m’a affecté parce que Rennes sans son public, ce n’est pas Rennes. Et au fil des matches et des saisons, j’ai senti un amour profond. Quand je suis parti, j’ai reçu beaucoup de messages qui m’ont touché : « on aurait dû le garder », « on t’aime Flavien »… Je les remercie. Je n’ai qu’un seul regret : c’est de ne pas avoir eu l’opportunité de dire au revoir aux supporters aux Roazhon Park.

Cela a-t-il été difficile de quitter la ville de Rennes ?

Oui, ça restera gravé à jamais dans mon cœur. Pour le football, la vie, ma fille y est née, il y a beaucoup de choses qui s’y sont passées. J’essayais de consommer la ville, c’était important d’aller manger au restaurant, d’aller voir un verre après certains matches. C’était bon enfant et dans ces moments-là, on a beaucoup de proximité avec les supporters, et c’est cool.

Vous regardez toujours à distance ?

Oui, je regarde tout, quand je peux ! J’ai regardé Nantes, Villarreal, Paris… J’avais des frissons quand Martin (Terrier) est rentré sur le terrain après tout ce qu’il a vécu.

Quel message souhaiteriez-vous envoyer aux supporters rennais ?

Je leur dirais que je suis désolé pour mes débuts (rires). Mais merci pour tout, pour tous ces grands moments que j’ai pu vivre au Roazhon Park, même à l’extérieur. J’ai vécu des soirées européennes incroyables. Ce stade, le Roazhon Park, quand vous y jouez et que vous faites partie de ce club, il y a une atmosphère particulière. Donc merci pour votre soutien tout au long de ces années. Je ne souhaite que le meilleur à Rennes et je continuerai à suivre le club. Et puis, avoir fait quatre années à cette période du Stade Rennais, c’est une victoire. Je n’aurai pas ma statue comme Bourigeaud, mais c’étaient vraiment de belles années !

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ds 1618

Flavien Tait a fait ses valises en fin de mercato cet été, direction la Turquie et Samsunspor, après quatre années au Stade Rennais où il aura tout connu et découvert les trois compétitions européennes (Ligue des champions, Ligue Europa et Conference League). Le milieu de 30 ans s’est confié sur ce départ et sa nouvelle vie turque dans un entretien accordé à Ouest-France.

Vous êtes parti tardivement de Rennes cet été. Mais vous étiez au courant tôt que vous partiriez ?

Oui, mais on ne sait jamais dans le foot, donc je me suis préparé comme si j’allais faire la saison avec Rennes. Le mercato s’active souvent au dernier moment, c’est ce qu’il s’est passé pour moi. Malheureusement, on arrivait à la fin d’un cycle, de nouveaux joueurs sont arrivés et je savais que ça allait être compliqué pour moi au niveau du temps de jeu. C’est pour cela que j’ai pris la décision de partir.

En aviez-vous parlé avec le coach ?

Oui, il m’avait dit que j’aurais sûrement moins de temps de jeu par rapport au recrutement. Il pensait qu’on arrivait à la fin d’un cycle. Cela s’est fait naturellement, je l’ai compris tout de suite. Au début, j’étais déçu, mais ça fait partie du football. J’avais fait mon truc à Rennes et je sentais que ça s’étouffait un petit peu. De nouveaux joueurs plus jeunes sont arrivés, avec une plus-value pour le club. Ils ne m’ont pas mis dehors, ils ont même toujours voulu faire les choses bien avec moi, parce qu’ils savent que j’ai compté pour le club. Cela a été une discussion très professionnelle et avec toujours une bonne relation avec le coach.

Avez-vous envisagé d’aller au bout de votre contrat ?

Si on m’avait dit que rien ne changeait et que j’allais jouer, oui. Mais j’estime qu’à mon âge, j’ai besoin de jouer.

Je voulais voir un autre football
Tout le monde a été surpris par la destination, la Turquie…

(Il s’esclaffe) Tout le monde me dit ça ! On est rentrés dans une phase où le foot a changé. J’ai eu beaucoup d’intérêts de clubs, mais je voulais rester en Europe et continuer d’évoluer dans un club avec des ambitions. Malheureusement, il n’y a pas eu ce que je voulais. Samsunspor m’a montré un intérêt vraiment fort. J’ai senti que j’étais désiré et ça m’a fait du bien. Des offres sur la table, je n’en avais pas 150 000. J’aurais pu attendre un peu, mais c’était compliqué par rapport à ma famille. Mais ça n’a pas été un choix par défaut. Le championnat turc se développe, il y a beaucoup de joueurs passés par la Ligue 1. J’ai senti que j’allais être une pièce maîtresse de leur projet.

Aucun club de L1 n’avait envie de vous faire venir ?

Si, si, j’avais des clubs, mais mon choix numéro 1 c’était d’aller à l’étranger. Je voulais voir un autre football.

Et vous vous plaisez en Turquie ?

Oui, c’est un très beau pays. La ville est en bord de mer, le cadre est agréable, les gens sont cool.

Sur le plan sportif, ce n’est pas le début de saison idéal en revanche

Bien sûr. Il y a plein de nouveau joueurs, un nouveau coach. Je sens que ça va prendre forme et que ça va être plus structuré. On a très mal commencé, on le sait, mais le championnat est loin d’être fini. Il y a moyen de viser plus haut.

Je n’ai pas souvenir qu’une équipe joue aussi bien que Rennes en 2021-2022

Quel moment gardez-vous de Rennes ? Le plus fort ?

Ma saison 2021-2022. Pour moi, c’est la plus belle saison du Stade Rennais. Je n’ai pas souvenir qu’une équipe joue aussi bien. Chaque week-end on proposait des choses sur le terrain, moi j’ai pris un énorme plaisir à jouer dans cette équipe. Dans le contenu, avec les collègues, on se disait : « Mais tu peux nous ramener qui tu veux… » On avait une force collective incroyable.

Étiez-vous au top de votre carrière ?

Oui. J’avais un staff et un coach qui me donnaient beaucoup de confiance et les clés du jeu avec Lovro (Majer). On s’est régalé avec toute l’équipe. Le fait de jouer des Coupes d’Europe, des matches à enjeux… C’était magnifique.

Votre parcours a pourtant été cabossé à Rennes. À votre arrivée, vous prenez un carton rouge qui vous éloigne des terrains, ça ne clique pas tout de suite. Des doutes naissent autour de votre transfert et pourtant, vous inversez la tendance.

C’est l’histoire de ma carrière (rires). Rien n’a jamais été facile, mais avec le travail j’ai réussi. Je suis un joueur qui marche beaucoup à l’affectif et à la confiance. Mes débuts n’ont pas été chaotiques mais… Je sortais d’une grosse saison avec Angers, il y avait beaucoup d’attentes, des choses à digérer pour moi, parce que cela changeait pour moi au niveau de mon football. Il fallait s’adapter, mais j’ai beaucoup appris, ça m’a renforcé. Grâce à cette période, où j’ai vécu des moments difficiles, plus rien ne m’affecte. Être critiqué, sifflé, ce n’était pas facile. Mais c’est devenu une force, de montrer que les gens s’étaient trompés. Et puis, l’arrivée du coach Genesio m’a beaucoup aidé.

Justement, l’arrivée de Bruno Genesio à la tête de l’équipe a changé votre passage à Rennes ?

Oui, en fin de saison, on décroche la Ligue Europa Conférence alors qu’on partait de très loin. Au bout du deuxième match contre Strasbourg, qui est capital, il me fait jouer parce qu’il estime qu’à l’entraînement je montre des belles choses. Et à partir de là, je ne sors plus de l’équipe. J’ai été bon au bon moment, donc c’est une fierté pour moi.

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Oui, ça restera gravé à jamais dans mon cœur. Pour le football, la vie, ma fille y est née, il y a beaucoup de choses qui s’y sont passées. J’essayais de consommer la ville, c’était important d’aller manger au restaurant, d’aller voir un verre après certains matches. C’était bon enfant et dans ces moments-là, on a beaucoup de proximité avec les supporters, et c’est cool.

Vous regardez toujours à distance ?

Oui, je regarde tout, quand je peux ! J’ai regardé Nantes, Villarreal, Paris… J’avais des frissons quand Martin (Terrier) est rentré sur le terrain après tout ce qu’il a vécu.

Quel message souhaiteriez-vous envoyer aux supporters rennais ?

Je leur dirais que je suis désolé pour mes débuts (rires). Mais merci pour tout, pour tous ces grands moments que j’ai pu vivre au Roazhon Park, même à l’extérieur. J’ai vécu des soirées européennes incroyables. Ce stade, le Roazhon Park, quand vous y jouez et que vous faites partie de ce club, il y a une atmosphère particulière. Donc merci pour votre soutien tout au long de ces années. Je ne souhaite que le meilleur à Rennes et je continuerai à suivre le club. Et puis, avoir fait quatre années à cette période du Stade Rennais, c’est une victoire. Je n’aurai pas ma statue comme Bourigeaud, mais c’étaient vraiment de belles années !

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