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La fin d’un long film d’erreurs

Le feuilleton des droits télé approche de son épilogue. Sans surprise, les clubs ont choisi la sécurité, tout en continuant de caresser leur rêve de grandeur pour l’avenir. Seule leçon de cette tragicomédie : le foot français n’a toujours pas tiré les leçons de ses erreurs et de ses errements.

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La fête nationale était placée sous le signe des JOP de Paris 2024, avec l’arrivée de la flamme, symbole d’un CIO qui s’apprête à privatiser la capitale. Un autre évènement majeur s’est dénoué dans le même temps, au sein du foot hexagonal. Après des semaines de tergiversations, d’angoisses, de règlements de compte feutrés et d’auditions devant une commission parlementaire, le conseil d’administration de la LFP a in fine accepté l’offre de DAZN, couplée avec l’arrivée, en deus ex machina, de beIN Sports. La plateforme anglaise acquiert la diffusion de huit matchs de L1 pour une somme rehaussée légèrement à 400 millions d’euros. La chaîne qatarie, pour sa part, en lâche 100 millions pour la dernière rencontre, c’est-à-dire soit la meilleure affiche ou le deuxième choix (hors top 10). Nasser al-Khelaïfi, avec sa double casquette – président du PSG et du groupe médiatique –, peut encore davantage se poser en homme fort, arbitre et sauveur.

La solution de l’urgence
La décision a été longue à accoucher. Les clubs ont donné l’impression de découvrir, au fil des reports et des tergiversations, leur dépendance aux droits TV et la valeur réelle, au regard du marché, de leur produit. Un stress permanent et la crainte d’un nouveau vide, après l’épisode traumatique de Mediapro et la rupture désormais consommée avec Canal+. Sans parler de ces grands hommes d’affaires, qui ont sorti d’un coup la calculette avant de s’arracher les cheveux face aux contreparties financières concédées ad vitam lors du deal avec CVC (qui récupérera dès la saison prochaine 18% puis ensuite 13% des revenus du foot français). Du coup, à la veille d’une période de rigueur pour beaucoup, principalement ceux qui ne sont pas adossés à de grands groupes étrangers, le train de vie de la LFP (nouveaux locaux, etc.) ou le salaire de Vincent Labrune, révélé publiquement lors de son passage devant la commission d’enquête du Sénat, ne passent plus aussi facilement, malgré les votes unanimes pour les entériner. Dorénavant, un sou est un sou.

Trouver une solution satisfaisante alors que l’appel d’offres avait piteusement échoué s’avérait certes de plus en plus compliqué. Échaudé par la faible rentabilité de leur investissement, pourtant raflé au rabais (moins de 350 millions d’euros), Amazon avait jeté l’éponge. Un message clair adressé aux futurs investisseurs : les soldes sont ouvertes. Il aura fallu des longs mois de tractations, de suppliques, de bluffs en interviews, pour que finalement une formule soit jugée admissible. Il fallait que le foot français soit visible sur les écrans dès le 18 août pour la reprise, et surtout que nos pensionnaires de L1 soient en capacité de commencer enfin leur mercato autrement qu’en vendant le couteau sous la gorge. Une urgence pour essayer de faire illusion sur le terrain européen et maintenir un fameux standing.

Le pire reste peut-être à venir
Tous les problèmes restent cependant posés sur la table. D’abord la question de la réparation de cette manne maigrichonne, notamment les droits internationaux, les seuls à avoir sensiblement progressé (presque doublé pour atteindre 160 millions d’euros). Les « petits » réclament leur part du gâteau aux futurs éliminés en C1, C3 et C4. Ensuite, en dépit de la dure vérité des chiffres, le foot français continue de se croire plus beau et plus grand qu’il n’est. La promesse du milliard reste d’abord considérée comme un dû, quasiment une rente légitime. Dans ce cadre, les clubs souhaitent imposer une clause de sortie sous deux ans, à laquelle ni beIN, ni DAZN ne semblent opposés, à en croire les informations de L’Équipe. Cette exigence suppose la certitude de traverser simplement une mauvaise passe, et que la conjoncture va bientôt revenir au beau fixe. Le fonctionnement de la LFP et la gouvernance de ce petit monde ont pourtant montré de graves carences, voire de l’incompétence, nourries par un entre-soi ou la confiance le dispute à l’aveuglement.

Oui, le pire reste peut-être à venir. Quelle sera l’audience, et la dimension économique, des matchs de Ligue 1, de notre foot national ? L’horizon des deux millions d’abonnés, avancé lorsque la Ligue prétendait lancer sa propre chaîne, laisse sceptique (les rares éléments qui ont filtré du côté d’Amazon ne dépassaient pas le million et demi), surtout que le prix de l’abonnement oscillerait toujours entre 25 et 30 euros (voire plus pour cumuler les deux diffuseurs). Dans un pays où le niveau de vie médian se situe autour de 1 900 euros (la moitié des Français vivent donc avec moins), espérer qu’un Montpellier-Le Havre puisse conduire à casser son PEL ou renoncer aux vacances des enfants relève quasiment de l’acte de foi, pas de l’étude de marché. Le piratage, l’IPTV ou la simple concurrence du stade « en vrai » vont également peser, tout comme celle de la Ligue des champions ou de la Premier League… sur Canal. À moins évidemment que le futur gouvernement, quand il sera formé, impose un prélèvement obligatoire à la source pour forcer nos concitoyens à s’abonner… ? Une fois encore, le foot français a sauvé les meubles sans penser à agrandir les murs.

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La fête nationale était placée sous le signe des JOP de Paris 2024, avec l’arrivée de la flamme, symbole d’un CIO qui s’apprête à privatiser la capitale. Un autre évènement majeur s’est dénoué dans le même temps, au sein du foot hexagonal. Après des semaines de tergiversations, d’angoisses, de règlements de compte feutrés et d’auditions devant une commission parlementaire, le conseil d’administration de la LFP a in fine accepté l’offre de DAZN, couplée avec l’arrivée, en deus ex machina, de beIN Sports. La plateforme anglaise acquiert la diffusion de huit matchs de L1 pour une somme rehaussée légèrement à 400 millions d’euros. La chaîne qatarie, pour sa part, en lâche 100 millions pour la dernière rencontre, c’est-à-dire soit la meilleure affiche ou le deuxième choix (hors top 10). Nasser al-Khelaïfi, avec sa double casquette – président du PSG et du groupe médiatique –, peut encore davantage se poser en homme fort, arbitre et sauveur.

La solution de l’urgence
La décision a été longue à accoucher. Les clubs ont donné l’impression de découvrir, au fil des reports et des tergiversations, leur dépendance aux droits TV et la valeur réelle, au regard du marché, de leur produit. Un stress permanent et la crainte d’un nouveau vide, après l’épisode traumatique de Mediapro et la rupture désormais consommée avec Canal+. Sans parler de ces grands hommes d’affaires, qui ont sorti d’un coup la calculette avant de s’arracher les cheveux face aux contreparties financières concédées ad vitam lors du deal avec CVC (qui récupérera dès la saison prochaine 18% puis ensuite 13% des revenus du foot français). Du coup, à la veille d’une période de rigueur pour beaucoup, principalement ceux qui ne sont pas adossés à de grands groupes étrangers, le train de vie de la LFP (nouveaux locaux, etc.) ou le salaire de Vincent Labrune, révélé publiquement lors de son passage devant la commission d’enquête du Sénat, ne passent plus aussi facilement, malgré les votes unanimes pour les entériner. Dorénavant, un sou est un sou.

Trouver une solution satisfaisante alors que l’appel d’offres avait piteusement échoué s’avérait certes de plus en plus compliqué. Échaudé par la faible rentabilité de leur investissement, pourtant raflé au rabais (moins de 350 millions d’euros), Amazon avait jeté l’éponge. Un message clair adressé aux futurs investisseurs : les soldes sont ouvertes. Il aura fallu des longs mois de tractations, de suppliques, de bluffs en interviews, pour que finalement une formule soit jugée admissible. Il fallait que le foot français soit visible sur les écrans dès le 18 août pour la reprise, et surtout que nos pensionnaires de L1 soient en capacité de commencer enfin leur mercato autrement qu’en vendant le couteau sous la gorge. Une urgence pour essayer de faire illusion sur le terrain européen et maintenir un fameux standing.

Le pire reste peut-être à venir
Tous les problèmes restent cependant posés sur la table. D’abord la question de la réparation de cette manne maigrichonne, notamment les droits internationaux, les seuls à avoir sensiblement progressé (presque doublé pour atteindre 160 millions d’euros). Les « petits » réclament leur part du gâteau aux futurs éliminés en C1, C3 et C4. Ensuite, en dépit de la dure vérité des chiffres, le foot français continue de se croire plus beau et plus grand qu’il n’est. La promesse du milliard reste d’abord considérée comme un dû, quasiment une rente légitime. Dans ce cadre, les clubs souhaitent imposer une clause de sortie sous deux ans, à laquelle ni beIN, ni DAZN ne semblent opposés, à en croire les informations de L’Équipe. Cette exigence suppose la certitude de traverser simplement une mauvaise passe, et que la conjoncture va bientôt revenir au beau fixe. Le fonctionnement de la LFP et la gouvernance de ce petit monde ont pourtant montré de graves carences, voire de l’incompétence, nourries par un entre-soi ou la confiance le dispute à l’aveuglement.

Oui, le pire reste peut-être à venir. Quelle sera l’audience, et la dimension économique, des matchs de Ligue 1, de notre foot national ? L’horizon des deux millions d’abonnés, avancé lorsque la Ligue prétendait lancer sa propre chaîne, laisse sceptique (les rares éléments qui ont filtré du côté d’Amazon ne dépassaient pas le million et demi), surtout que le prix de l’abonnement oscillerait toujours entre 25 et 30 euros (voire plus pour cumuler les deux diffuseurs). Dans un pays où le niveau de vie médian se situe autour de 1 900 euros (la moitié des Français vivent donc avec moins), espérer qu’un Montpellier-Le Havre puisse conduire à casser son PEL ou renoncer aux vacances des enfants relève quasiment de l’acte de foi, pas de l’étude de marché. Le piratage, l’IPTV ou la simple concurrence du stade « en vrai » vont également peser, tout comme celle de la Ligue des champions ou de la Premier League… sur Canal. À moins évidemment que le futur gouvernement, quand il sera formé, impose un prélèvement obligatoire à la source pour forcer nos concitoyens à s’abonner… ? Une fois encore, le foot français a sauvé les meubles sans penser à agrandir les murs.

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