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Trouver une nouvelle voix pour le foot

Nommé il y a un an, Thomas Sénécal, le directeur des sports de Canal+, heureux de la saison écoulée, lance la suivante avec notamment une émission originale, "Au micro". Un casting géant de commentateurs non professionnels.
ds 1365

Thomas Sénécal, patron des sports de Canal+ depuis l'été 2022, ne change pas sa feuille de route. Animé de l'envie que "devant leur écran, les gens chez eux se sentent encore mieux qu'au stade ou au bord d'un circuit", il plaide pour encore plus d'immersion dans les programmes de rentrée de ses chaînes dont il dévoile les grandes lignes.

Êtes-vous satisfait de votre première saison, notamment sur les audiences ?
On a battu quelques records : en huitième de finale de la Ligue des champions (2,8 M de téléspectateurs pour le PSG-Bayern Munich (0-1) à l'aller), une année de F1 terminée à 1,2 M de moyenne, donc 6 % de plus par rapport à 2021, la moto à plus de 800 000... Le Top 14 a aussi fait une très belle saison avec 1,1 M en pic sur la finale (Toulouse-La Rochelle, 29-26). Et on a eu aussi de grands moments d'antenne comme les dix ans de la F1 célébrés au GP de Monaco, le match de NBA en janvier... A chaque fois, on a accompagné nos grands événements par des contenus additionnels plutôt plébiscités. Il faut être très fort en direct, avec l'expertise du consultant et la passion du commentateur mais je veux qu'on arrive aussi à sentir à la télé ce frisson du sport avant la compétition et ensuite proposer plus tranquillement de l'analyse, de l'expertise, notre savoir-faire...

Les chaïnes Canal+ Foot et Canal+ Sport 360, créées l'an passé, ont-elles eu les résultats attendus ?
Elles ont tout de suite trouvé leur public. Elles permettent d'encore mieux traiter nos droits parce qu'avec plus de canaux, on peut prendre l'antenne plus tôt et ne pas être pressé de zapper. D'autant qu'avec le nouvel accord sur la Ligue des champions (pour 2024-2027), il y aura encore plus de dates, plus de matches.

Maxime Saada, votre président, a annoncé ne pas vouloir sous-licencier les Coupes d'Europe. Vous le confirmez ?
On se prépare pour couvrir l'ensemble des matches, en intégralité, sur nos chaînes.

Pourquoi avez-vous renouvelé la D1 Arkema ?
On a eu la garantie de la fédération que les deux affiches sur Canal+ Foot le vendredi et le dimanche à 21 heures seront à la hauteur d'un championnat de football professionnel. Un cahier des charges strict oblige les clubs à remplir un certain nombre de critères, notamment d'éclairage, d'accueil pour nos structures, de nos moyens de production. Et nous avons vraiment l'intention de développer les contenus autour, avec une émission d'avant match le dimanche soir sur Canal+ Foot, et les plus belles images du week-end dans le CFC en clair. Le championnat change aussi de format avec des play-off. On a un moyen de fidéliser un public autour de la D1.

"Notre vocation, c'est la diffusion de longs feuilletons de championnats, de rendez-vous pendant neuf ou dix mois"

Les placer en face de la Ligue 1, c'est un peu provocateur ?
Non. On veut faire grandir ce championnat, on expose ce droit. On passe du vendredi à 18 heures et le dimanche à 12h45 à deux cases de prime time. Et s'il y a de la Ligue 1 en face, il y a aussi du Top 14, parfois des GP de F1. Notre ambition de développer la D1 n'est pas seulement dans les mots.

Pourquoi ne pas être allé sur la Coupe du monde féminine ?
Notre vocation, c'est la diffusion de longs feuilletons de championnats, de rendez-vous pendant neuf ou dix mois. Nos abonnés l'attendent et cela justifie aussi leur abonnement. On est moins appétant sur des compétitions de quinze jours ou de trois semaines. Sans compter que celle-ci a lieu en plein été et à des horaires très matinaux.

À l'automne, irez-vous sur l'appel d'offres de la Ligue 1?
Ce n'est pas dans mon périmètre, mon président (Maxime Saada) s'en occupe. Notre boulot, c'est de mettre en valeur et de traiter les droits acquis.

Quelles seront alors les grandes lignes de la saison à venir ?
Prolonger l'immersion avec notamment Un1que, un documentaire sur Victor Wembayama, en prime-time en octobre sur Canal+. Depuis un an, nous le suivons pour comprendre le phénomène sportif et extra-sportif. On en aura aussi un sur les jeunes joueuses du Stade Français, et fin août, sur Antoine Dupont. Dans les tuyaux, il y a un Gabart, une série sur Alain Prost. 24H de Boulleau, né de la créativité de nos équipes digitales, sera de plus en plus produit comme un documentaire pour nos antennes. Et on va relancer Intérieur Sport avec Amandine Morhaim.

Astrid Bard prend donc la tête du Canal Rugby Club ?
Et j'en suis ravi. L'émission sera repensée et plus ancrée sur le terrain en avant match avant les rencontres du samedi et du dimanche à 21 heures. On ne s'interdit pas d'avoir des consultants sur site. Ça peut ressembler un peu à l'émission La grille(en F1), avec un plateau à Paris et d'autres au circuit. On veut être au bon moment, au bon endroit, améliorer la fluidité entre nos studios et nos stades. Cette année, on a aussi fait un grand pas en termes de production, avec l'utilisation de drones, les micros sur les joueurs de rugby, de foot, des pilotes. On filme aussi les sportifs maintenant en direct avec des caméras qui ont des rendus du cinéma. Les moyens techniques nous invitent à écrire des émissions différemment et à oser plus de choses en direct. On veut encore plus d'agilité, pouvoir interroger les championnes et les champions à des moments parfois cruciaux, sans les déranger bien sûr.

"Ce qu'on cherche, c'est de la compétence, une plus-value éditoriale, et une relation avec nos abonnés"

Qui va présenter le Canal Sport Club ?
On réfléchit et on a plutôt l'embarras du choix. Mais on a un peu de temps car le CSC ne redémarrera qu'à la fin de la Coupe du monde de rugby.

Cette émission sera-t-elle obligatoirement présentée par une femme ?
Non, mais tant mieux si ça l'est. Car par le passé, les programmes sportifs étaient un peu la chasse gardée des hommes. Ce qu'on cherche, c'est de la compétence, une plus-value éditoriale, et une relation avec nos abonnés.

Au-delà des émissions, quels sont vos autres projets ?
Je souhaitais depuis longtemps faire une émission qui sort du cadre du sport pur. Alors on lance au printemps une série (neuf épisodes de 30 minutes), qui s'appellera Au micro et présentée par Redouane Bougheraba. Il s'agira de trouver une nouvelle voix pour le football. En 2024, la Ligue des champions va s'étendre sur nos antennes, donc on doit faire entrer de nouveaux talents. Mais au lieu d'un recrutement classique, on a choisi d'en faire un programme. Un jury d'experts avec Hervé Mathoux, Laure Boulleau et David Ginola notamment sillonnera la France. Le casting est ouvert à tous, sauf à ceux qui sont en contrat avec une chaîne ou une radio, dès mardi matin. On peut s'inscrire en ligne. On espère un maximum de candidatures qu'on réduira au fur et à mesure jusqu'à une grande finale. Et la gagnante ou le gagnant aura, l'été prochain, un contrat pour intégrer la rédaction de Canal, même si il ou elle ne fera pas d'entrée le match emblématique de la journée (il sourit). Mais au sein de nos équipes, on l'accompagnera, on le fera grandir et il aura déjà sa communauté.

Avez-vous par ailleurs prévu d'enrôler de nouveaux consultants ?
Le travail est en cours. Même si le CFC et le Canal Champion's Club seront eux aussi dans la continuité, la saison prochaine."

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Thomas Sénécal, patron des sports de Canal+ depuis l'été 2022, ne change pas sa feuille de route. Animé de l'envie que "devant leur écran, les gens chez eux se sentent encore mieux qu'au stade ou au bord d'un circuit", il plaide pour encore plus d'immersion dans les programmes de rentrée de ses chaînes dont il dévoile les grandes lignes.

Êtes-vous satisfait de votre première saison, notamment sur les audiences ?
On a battu quelques records : en huitième de finale de la Ligue des champions (2,8 M de téléspectateurs pour le PSG-Bayern Munich (0-1) à l'aller), une année de F1 terminée à 1,2 M de moyenne, donc 6 % de plus par rapport à 2021, la moto à plus de 800 000... Le Top 14 a aussi fait une très belle saison avec 1,1 M en pic sur la finale (Toulouse-La Rochelle, 29-26). Et on a eu aussi de grands moments d'antenne comme les dix ans de la F1 célébrés au GP de Monaco, le match de NBA en janvier... A chaque fois, on a accompagné nos grands événements par des contenus additionnels plutôt plébiscités. Il faut être très fort en direct, avec l'expertise du consultant et la passion du commentateur mais je veux qu'on arrive aussi à sentir à la télé ce frisson du sport avant la compétition et ensuite proposer plus tranquillement de l'analyse, de l'expertise, notre savoir-faire...

Les chaïnes Canal+ Foot et Canal+ Sport 360, créées l'an passé, ont-elles eu les résultats attendus ?
Elles ont tout de suite trouvé leur public. Elles permettent d'encore mieux traiter nos droits parce qu'avec plus de canaux, on peut prendre l'antenne plus tôt et ne pas être pressé de zapper. D'autant qu'avec le nouvel accord sur la Ligue des champions (pour 2024-2027), il y aura encore plus de dates, plus de matches.

Maxime Saada, votre président, a annoncé ne pas vouloir sous-licencier les Coupes d'Europe. Vous le confirmez ?
On se prépare pour couvrir l'ensemble des matches, en intégralité, sur nos chaînes.

Pourquoi avez-vous renouvelé la D1 Arkema ?
On a eu la garantie de la fédération que les deux affiches sur Canal+ Foot le vendredi et le dimanche à 21 heures seront à la hauteur d'un championnat de football professionnel. Un cahier des charges strict oblige les clubs à remplir un certain nombre de critères, notamment d'éclairage, d'accueil pour nos structures, de nos moyens de production. Et nous avons vraiment l'intention de développer les contenus autour, avec une émission d'avant match le dimanche soir sur Canal+ Foot, et les plus belles images du week-end dans le CFC en clair. Le championnat change aussi de format avec des play-off. On a un moyen de fidéliser un public autour de la D1.

"Notre vocation, c'est la diffusion de longs feuilletons de championnats, de rendez-vous pendant neuf ou dix mois"

Les placer en face de la Ligue 1, c'est un peu provocateur ?
Non. On veut faire grandir ce championnat, on expose ce droit. On passe du vendredi à 18 heures et le dimanche à 12h45 à deux cases de prime time. Et s'il y a de la Ligue 1 en face, il y a aussi du Top 14, parfois des GP de F1. Notre ambition de développer la D1 n'est pas seulement dans les mots.

Pourquoi ne pas être allé sur la Coupe du monde féminine ?
Notre vocation, c'est la diffusion de longs feuilletons de championnats, de rendez-vous pendant neuf ou dix mois. Nos abonnés l'attendent et cela justifie aussi leur abonnement. On est moins appétant sur des compétitions de quinze jours ou de trois semaines. Sans compter que celle-ci a lieu en plein été et à des horaires très matinaux.

À l'automne, irez-vous sur l'appel d'offres de la Ligue 1?
Ce n'est pas dans mon périmètre, mon président (Maxime Saada) s'en occupe. Notre boulot, c'est de mettre en valeur et de traiter les droits acquis.

Quelles seront alors les grandes lignes de la saison à venir ?
Prolonger l'immersion avec notamment Un1que, un documentaire sur Victor Wembayama, en prime-time en octobre sur Canal+. Depuis un an, nous le suivons pour comprendre le phénomène sportif et extra-sportif. On en aura aussi un sur les jeunes joueuses du Stade Français, et fin août, sur Antoine Dupont. Dans les tuyaux, il y a un Gabart, une série sur Alain Prost. 24H de Boulleau, né de la créativité de nos équipes digitales, sera de plus en plus produit comme un documentaire pour nos antennes. Et on va relancer Intérieur Sport avec Amandine Morhaim.

Astrid Bard prend donc la tête du Canal Rugby Club ?
Et j'en suis ravi. L'émission sera repensée et plus ancrée sur le terrain en avant match avant les rencontres du samedi et du dimanche à 21 heures. On ne s'interdit pas d'avoir des consultants sur site. Ça peut ressembler un peu à l'émission La grille(en F1), avec un plateau à Paris et d'autres au circuit. On veut être au bon moment, au bon endroit, améliorer la fluidité entre nos studios et nos stades. Cette année, on a aussi fait un grand pas en termes de production, avec l'utilisation de drones, les micros sur les joueurs de rugby, de foot, des pilotes. On filme aussi les sportifs maintenant en direct avec des caméras qui ont des rendus du cinéma. Les moyens techniques nous invitent à écrire des émissions différemment et à oser plus de choses en direct. On veut encore plus d'agilité, pouvoir interroger les championnes et les champions à des moments parfois cruciaux, sans les déranger bien sûr.

"Ce qu'on cherche, c'est de la compétence, une plus-value éditoriale, et une relation avec nos abonnés"

Qui va présenter le Canal Sport Club ?
On réfléchit et on a plutôt l'embarras du choix. Mais on a un peu de temps car le CSC ne redémarrera qu'à la fin de la Coupe du monde de rugby.

Cette émission sera-t-elle obligatoirement présentée par une femme ?
Non, mais tant mieux si ça l'est. Car par le passé, les programmes sportifs étaient un peu la chasse gardée des hommes. Ce qu'on cherche, c'est de la compétence, une plus-value éditoriale, et une relation avec nos abonnés.

Au-delà des émissions, quels sont vos autres projets ?
Je souhaitais depuis longtemps faire une émission qui sort du cadre du sport pur. Alors on lance au printemps une série (neuf épisodes de 30 minutes), qui s'appellera Au micro et présentée par Redouane Bougheraba. Il s'agira de trouver une nouvelle voix pour le football. En 2024, la Ligue des champions va s'étendre sur nos antennes, donc on doit faire entrer de nouveaux talents. Mais au lieu d'un recrutement classique, on a choisi d'en faire un programme. Un jury d'experts avec Hervé Mathoux, Laure Boulleau et David Ginola notamment sillonnera la France. Le casting est ouvert à tous, sauf à ceux qui sont en contrat avec une chaîne ou une radio, dès mardi matin. On peut s'inscrire en ligne. On espère un maximum de candidatures qu'on réduira au fur et à mesure jusqu'à une grande finale. Et la gagnante ou le gagnant aura, l'été prochain, un contrat pour intégrer la rédaction de Canal, même si il ou elle ne fera pas d'entrée le match emblématique de la journée (il sourit). Mais au sein de nos équipes, on l'accompagnera, on le fera grandir et il aura déjà sa communauté.

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