
L'ex-Rennais Steven Moreira a marqué ce samedi le but du 2-1 (86') de la victoire de Toulouse (3-1) contre Auxerre en Ligue 2.Avec ce but, il met fin à 11 mois sans victoire du TFC (6 nuls, 21 défaites).
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L'ex-Rennais Steven Moreira a marqué ce samedi le but du 2-1 (86') de la victoire de Toulouse (3-1) contre Auxerre en Ligue 2.Avec ce but, il met fin à 11 mois sans victoire du TFC (6 nuls, 21 défaites).

A 34 ans, Yoann Gourcuff n’a pas officiellement mis un terme à sa carrière. Mais l’international français (31 sélections) a complètement disparu des radars. La faute à des blessures qui ont gâché ses années au plus haut niveau.
Le 20 octobre 2018 reste sa dernière apparition sur un terrain de football sous le maillot de Dijon. Ce jour-là, il avait joué les 30 dernières minutes du match contre Lille et terminé la rencontre touché à la cuisse gauche… Une énième rechute. Sûrement celle de trop. Le modeste club bourguignon lui avait pourtant tendu la main pour mettre ses qualités techniques au service du collectif et lui offrir une chance de retrouver le plaisir ainsi que ses sensations. En vain.
Ce nouvelle (dernier ?) épisode est venu renforcer le sentiment de gâchis d’une carrière qui n’a finalement pas embrassé le destin qui lui était prédit. Une carrière coupée en deux avec des débuts prometteurs à Rennes avant de prendre la direction à seulement 20 ans de l’AC Milan, où les médias italiens voyaient en lui le nouveau Zinédine Zidane. Malgré quelques performances intéressantes, le milieu de terrain n’est pas parvenu à se faire sa place au milieu des Kakà, Clarence Seedorf, Andrea Pirlo, Gennaro Gattuso ou encore Ronaldinho.
A sa demande, il est prêté à Bordeaux en 2008. Et en Gironde, c’est l’explosion. Sous les ordres de Laurent Blanc, il a été l’un des grands artisans du doublé Champion de France-Coupe de la Ligue réalisé pour le club bordelais en 2009. La saison suivante, alors que Bordeaux l’a recruté définitivement, il a été contrarié par des blessures qui l’ont empêché de donner la pleine mesure de son talent.
Et l’été 2010 a marqué un tournant entre la Coupe du monde en Afrique et la triste affaire de Knysna venue s’ajouter à ses supposées tensions avec Franck Ribéry, puis son transfert mouvementé à Lyon. Yoann Gourcuff n’en est pas sorti indemne et une longue descente aux enfers a commencé pour lui entre blessures et rechutes auxquelles sont venues s’ajouter les moqueries sur sa fragilité physique.
Après cinq saisons à l’OL, où il a passé une bonne partie de son temps à l’infirmerie, il est retourné à Rennes, mais le retour dans son club formateur a également été émaillé par une accumulation de pépins physiques qui n’ont cessé de lui pourrir la vie. Ce sera encore le cas à Dijon qu'il a rejoint à l'été 2018. En Bourgogne, il n’a joué que huit matchs avant de partir six mois seulement après son arrivée et de prendre la direction de sa Bretagne natale.
Mariage avec Karine Ferri
Près de Lorient, Yoann Gourcuff s’est remis au tennis. Avec brio. A l’automne dernier, le quotidien Ouest-France avait relaté ses performances avec le club du TC Lamor-Plage dans le Morbihan. Et il n’est pas étonnant de le voir briller raquette à la main. Dans sa jeunesse, Gourcuff était l’un des grands espoirs du tennis breton. En 1998, il avait même participé à l’Open super 12 d’Auray, remporté par Rafael Nadal. Il a d’ailleurs longtemps hésité entre la petite balle jaune et le football avant de finalement opter pour les crampons.
D’un point de vue professionnel, certains lui ont prêté une reconversion comme agent immobilier. Une rumeur démentie par sa femme Karine Ferri, qu’il a épousée en juin 2019 dans le Var. «A titre informatif, Yoann ne se lance pas dans l’immobilier, c’est une fois de plus une information erronée. Au passage, Stéphane Plaza le fait mieux que personne et on l’embrasse», avait confié la présentatrice télé.
Et en attendant de trouver un projet susceptible de l’intéresser, Yoann Gourcuff joue les papas poules avec ses deux enfants âgés de 4 et bientôt 2 ans. Le bonheur autrement.

Le sprinteur de record du monde et huit fois médaillé d'or olympique, Usain Bolt, a été testé positif au coronavirus et s'auto-isole chez lui en Jamaïque après avoir célébré la semaine dernière son 34e anniversaire avec une grosse bash sans masque.
Le ministère de la Santé jamaïcain a confirmé lundi soir que Bolt, qui détient des records du monde sur les 100m et 200m, avait été testé positif après avoir publié une vidéo sur les réseaux sociaux vers midi disant qu'il attendait de recevoir ses résultats.
"Juste pour être en sécurité, je me suis mis en quarantaine et je me suis contenté de prendre les choses tranquilles", a déclaré Bolt dans le message qu'il semblait s'être enregistré pendant qu'il était couché dans son lit. Il a été publié avec la légende «Restez en sécurité mon ppl.»
Le seul sprinter à avoir remporté les médailles d'or du 100 m et du 200 m lors de trois Jeux olympiques consécutifs (2008, 2012 et 2016) a déclaré qu'il ne présentait aucun symptôme du COVID-19, la maladie respiratoire causée par le nouveau coronavirus.
Bolt a déclaré qu'il avait passé le test samedi, le lendemain de son anniversaire lors d'une fête où les fêtards dansaient sur le tube «Lockdown» du chanteur de reggae jamaïcain Koffee.
«Le meilleur anniversaire de tous les temps», a écrit Bolt, qui a pris sa retraite de l'athlétisme en 2017, sur Instagram, en publiant une photo de lui-même tenant sa fille, Olympia, née en mai.
À l'été 2000, le Stade rennais sortait le chéquier et dépensait 140 millions de francs (21,3 millions d'euros) pour s'offrir une pépite brésilienne de 21 ans : Severino Lucas. Un gros coup qui s'est rapidement transformé en bide, au point de devenir un flop symbolique du foot français. Vingt ans plus tard, Lucas a toujours sa place dans le livre des records du Stade rennais, dont il reste officiellement la recrue la plus chère de l'histoire du club breton. Du Brésil, il accepte de revenir sur cette drôle d'aventure rennaise, dont il garde malgré tout quelques bons souvenirs.

Racontez-nous ce transfert au Stade rennais, à l’été 2000. Il paraît que vous auriez aussi pu signer à Marseille. Comment l’option Rennes se présente-t-elle à vous ?
En fait, j’ai une conversation avec Abel Braga, qui est l’entraîneur de l’OM. Il me montre son intérêt de me recruter, mais il fait aussi venir Adriano Gabiru (acheté 4,3 millions d’euros en juillet 2000, ndlr) et je ne reçois jamais de proposition officielle de Marseille. Une ou deux semaines plus tard, le Stade rennais contacte mon agent avec une proposition plus intéressante pour tout le monde financièrement, même si pour moi il n'y avait pas un écart gigantesque. Ils m’annoncent que le club est en train de monter une équipe très forte avec l’ambition de grandir, et ça me séduit. En plus, ils avaient déjà recruté trois joueurs brésiliens (César, Vânder et Luís Fabiano) et Mario Héctor Turdó, un Argentin. Il y avait aussi Bernard Lama qui venait d’arriver, c’était un grand nom et ça confirmait le discours du club. Puis, il y avait aussi le fait que ce n’était pas une très grande équipe, ce qui enlevait cette pression de remporter des titres. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu.
Comment vivez-vous, à l’époque, votre arrivée en France ? Ça ne doit pas être facile de quitter son pays, son continent, à 21 ans.
Je l’ai bien vécu. À ce moment-là, je suis souvent appelé avec la sélection olympique, je suis aussi dans un grand moment de ma carrière en club où je suis un joueur majeur de mon équipe (l’Atletico Paranaense) et le principal buteur. Et depuis plusieurs années, j’ai cette envie de venir jouer en Europe. À aucun moment je ne regrette d’avoir pris cette décision car j’étais vraiment prêt à relever le défi. Le challenge, c’était bien sûr de pouvoir jouer en Europe, mais aussi d’être capable de me prendre en charge seul là-bas, dans un autre pays. Pour moi, il était temps de faire face à ces nouveaux défis.
Il y a aussi le coût du transfert (21,3 millions d’euros) qui fait parler à l’époque. Comment gérez-vous la pression générée par cette indemnité importante ?
Au départ, je n’imagine pas du tout que ça va être une pression pour moi. C’est avec le temps que j’ai commencé à la ressentir. Après les JO et la déception d’avoir perdu, je suis rentré à Rennes et j’ai compris que je devais faire quelque chose de grand.
"En rentrant des JO, je me suis réveillé en comprenant ce que représentait ce transfert au Brésil, à Rennes et en Europe. La pression était énorme, finalement."
Jusqu’à présent, tout se passait bien pour moi en sélection comme en club mais en rentrant des JO, je me suis vraiment réveillé en comprenant ce que représentait ce transfert au Brésil, à Rennes et en Europe. La pression était énorme, finalement, et je l’ai ressenti pendant mes deux années et demies passées en France. J’avais toujours cette étiquette sur le front, il y avait toujours cette remise en question de la valeur de mon transfert, peu importe ce que je faisais sur le terrain. C’est vrai que mes statistiques n’étaient pas bonnes, mais il y a eu des bons matchs, il y a eu des buts... Puis dès qu’il y avait un mauvais résultat, on en revenait toujours au coût du transfert. La somme était élevée, c’est vrai, mais je pense qu’elle était juste sur le moment vu ce que je faisais au Brésil.
Vous étiez le symbole de l’ambition de François Pinault. Avez-vous eu l’occasion de rencontrer et d’échanger avec l’actionnaire rennais ?
C’est aussi après avoir découvert l’histoire de M. Pinault que le projet rennais m’a enthousiasmé. Je savais que c’était un grand entrepreneur, une personne qui avait du succès dans ses affaires... J’ai donc imaginé que moi aussi, je ferais partie d’un projet gagnant. J’ai eu l’occasion de le rencontrer à plusieurs reprises, c’est quelqu’un de très poli, très gentil.
"Au-delà de l'argent dépensé, je pense surtout que M. Pinault était triste de ne pas réussir à faire du Stade rennais une place forte du foot français et européen."
Il ne m’a jamais mis la moindre pression. Peut-être aussi parce qu’il n’était pas là tous les jours, il ne participait pas au sportif, c’était l’investisseur. Nous avons même dîné ensemble et il m’a toujours apporté sa confiance. C’est évident qu’il aurait préféré que les choses se passent différemment, qu’il y ait un retour sur investissement. Mais au-delà de l’argent dépensé, je pense qu’il était surtout triste de ne pas réussir à faire du Stade rennais une place forte du football français et européen. Car c’est un vrai gagneur.

Le 5 août 2000, vous jouez vos premières minutes en Ligue 1 contre le Paris Saint-Germain (1-1). Vous souvenez-vous de ce match ?
Bien sûr. J’étais entré en jeu, c’était en deuxième période (il remplace Christophe Le Roux à la 77e minute, N.D.L.R.). Je me rappelle qu’il y avait Anelka sur le banc du PSG, et surtout que j’étais très heureux de démarrer un nouveau chapitre avec ce club, en Europe. Les fans m’encourageaient, il n’y avait pas la moindre critique mais l’espoir que je fasse de belles choses. C’était un match spécial même si le PSG n’était pas celui d’aujourd’hui avec tous les investissements, mais ça restait un club très connu au Brésil puisque Raí y avait joué. Raí est d’ailleurs une des raisons qui m’a poussé à venir en France : il est originaire de Ribeirão Preto, comme moi, et nous avons des amis en commun.
Après trois premières apparitions en août, vous devez justement quitter le groupe pour rejoindre la sélection du Brésil pour les JO de Sydney. Cela n’a pas été embêtant pour votre intégration en Europe ?
C’est possible, oui. Mais peut-être aussi que si j’avais remporté les JO, je serais revenu avec plus de confiance. Nous avions perdu les JO de manière humiliante : on jouait à 11 contre 9, il y avait une grosse pression au Brésil sur cette génération avec Ronaldinho et Lucio qui avaient déjà connu la Seleçao (le Brésil est éliminé par le Cameroun en quarts de finale avec des buts de Patrick Mboma et Modeste M'Bami, N.D.L.R.). Du coup, je n’ai pas fait la préparation avec Rennes.
"Je pensais que le problème, c'était les autres, et pas moi."
J’ai raté le travail physique, tactique et je n’ai pas pu créer des automatismes avec les autres joueurs. C’est vrai que la deuxième année, j’aurais dû me donner davantage dans la préparation mais j’étais encore jeune et je pensais que le problème, c’était les autres et pas moi. La première année, c’était de l’adaptation, la deuxième, c’est de ma faute. J’aurais dû travailler et j’en ai fait les frais par la suite.
En quoi le foot pratiqué en France était-il différent de celui joué au Brésil ?
La principale différence, c’est que le football français était un foot physique. Je ne sais pas si c’est encore le cas mais à l’époque le championnat était très physique, avec notamment beaucoup de joueurs africains qui étaient très forts physiquement. Au début, ça m’a gêné parce que je n’avais pas beaucoup de force malgré ma vitesse. Il a fallu que je m’adapte. Paul Le Guen, Christian Gourcuff et László Bölöni ont modifié mon style de jeu. J’étais utilisé meneur, parfois attaquant, et beaucoup de personnes ne comprenaient pas pourquoi je marquais moins de buts. Mais ils n’avaient pas compris que j’avais changé de position.
Ce problème de positionnement, ça ne vous a pas aidé pour votre épanouissement.
Comme je l’ai dit, les trois entraîneurs ont essayé de trouver la meilleure position pour moi. Mais je pense que jouer en pointe, ce n’était pas pour moi. Au Brésil, je ne jouais pas à ce poste, j’étais plutôt sur un côté ou derrière l’attaquant. À Rennes, j’ai joué un peu partout, j’ai parfois fait des bons matchs, d’autres moyens, d’autres mauvais, d’autre ridicules... Malheureusement, je n’ai jamais pu enchaîner les matchs au même poste. Je devais m’adapter en permanence, c’était difficile de faire la différence dans ces conditions. C’était peut-être une erreur de ma part de ne pas dire dans quelle position je me sentais le mieux, mais j’étais jeune.
Quelle était votre relation avec Paul Le Guen ? Et avec Christian Gourcuff ?
J’ai une affection toute particulière pour Paul Le Guen. Une grande affection, même. Il m’a aidé dans
"Je pense que l'histoire aurait été différente si Paul Le Guen était resté. J'ai une grande affection pour lui."
les bons comme dans les mauvais moments. Quand j’étais critiqué, il me protégeait. Il avait voulu me recruter et c’était une déception de ne pas avoir continué avec lui une deuxième année car j’avais sa confiance et je savais que je m’améliorais. Gourcuff, c’est quelqu’un de plus exigeant. Il ne me connaissait pas vraiment mais il m’avait vu jouer et connaissait mes caractéristiques. C’est un coach intelligent, très porté sur la tactique et très studieux. J’avais moins de complicité et de liberté qu’avec Le Guen, mais je ne dirais pas de mal de lui. Nous avions des pensées différentes mais cela a toujours été respectueux entre nous. En tout cas, des trois entraîneurs que j’ai connus au SRFC, Le Guen est celui avec lequel j’ai vécu les meilleurs moments. Et je pense que l’histoire aurait été différente s’il était resté.

Il y avait une vraie colonie brésilienne à Rennes à l’époque. Était-ce une bonne chose pour votre intégration ?
Il y avait du positif et du négatif. Le côté positif, c’est de pouvoir parler dans sa langue natale, avoir des gens avec lesquels tu peux fraterniser hors du terrain. Mais en contrepartie, tu crées un groupe qui ne s’adapte pas à la langue française, qui n’apprend pas des autres joueurs. Je ne peux pas dire que ça m’a été préjudiciable, César parlait d’ailleurs très bien français et il nous a aidés. Mais plus tard, quand je suis parti au Japon, j’ai compris qu’apprendre la langue permet aussi d’avoir une relation avec les joueurs locaux et facilite l’adaptation dans un groupe. Puis, ça permet aussi d’avoir plus de liberté quand tu te balades dans la rue avec ta femme. Cette colonie brésilienne au Stade rennais, c’était quand même une bonne expérience et nous sommes encore amis aujourd’hui. On a vécu des bons moments.
À quoi ressemblait votre vie quotidienne en Bretagne ?
S’il y a bien une chose dont je ne peux pas me plaindre à Rennes, c’est la vie en dehors du terrain. Je vivais très bien. J’aimais beaucoup aller sur la côte, à Saint-Malo, ou encore aller voir le Mont Saint-Michel.
Je commençais même à apprécier les produits locaux avec quelques restaurants. Le centre de Rennes est très joli, je suis catholique et j’ai pu découvrir de très belles églises. Ma femme aimait aussi beaucoup la ville, on y a vécu des moments importants de notre vie personnelle donc ce n’était pas évident de partir en 2003. Je n’ai que de bons souvenirs de la vie à Rennes même s’il pleuvait souvent (rires). J’aimais bien ce climat frais. Et je me suis fait beaucoup d’amis qui vivent encore à Rennes et qui me manquent aujourd’hui. J’espère pouvoir revenir prochainement.
Entre juillet 2002 et juin 2003, vous enchaînez deux prêts à Cruzeiro et aux Corinthians, au Brésil. Était-ce votre choix ?
Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est la décision du club. J’avais déjà eu des propositions la première année, je n’en avais pas voulu. Après la deuxième année, mon agent m’a convaincu en me disant que le nouvel entraîneur (Vahid Halilhodžic) ne comptait pas sur moi. C’était une déception, je rêvais de faire mieux ici. Rien n’était prémédité : j’étais en vacances, j’avais tout laissé chez moi à Rennes et mon frère et ma soeur ont été obligés de ramener mes affaires au Brésil. C’était un choix du coach sans que je puisse en parler avec lui.
Quand en 2003 vous revenez à Rennes, qu'est-ce que vous vous dites ? Que c’est le moment de tout exploser ou que cela va être très compliqué ?
Pour être honnête, je n’imaginais pas vraiment que je reviendrais. Je suis revenu différent, déjà parce que j’étais marié. Puis, je n’avais plus 21 ans, j’en avais 24, j’étais plus mature, j’avais plus d’expérience. Je ne pensais pas être très bien accueilli mais László Bölöni a demandé mon retour. Ça se passait bien, mes premiers matchs ont été bons, puis j’ai eu une baisse de régime, l’équipe n’allait pas bien non plus (il joue son dernier match sous le maillot rennais au Vélodrome le 25 octobre 2003, N.D.L.R.). Du coup, j’ai décidé de partir au Japon où j’avais une proposition intéressante. J’ai abandonné ma volonté d’exploser en France, j’ai décidé de changer d’air et de choisir un défi différent.
Pourquoi ce départ au Japon ?
D’un point de vue financier, c’était un contrat de trois ans avec un salaire similaire avec ce que j’avais au Stade rennais, en un peu mieux même. Je pensais faire ces trois années là-bas pour partir loin de mes problèmes, de la pression, avant de rentrer au Brésil à 28 ans. Finalement, ça s’est très bien passé (il est parti en 2010, avant de revenir pour deux saisons au FC Tokyo entre 2011 et 2013, N.D.L.R.).
"C’était une décision difficile pour moi de quitter l’Europe, de dire adieu à mon rêve de retrouver la sélection brésilienne et de me faire un nom mondialement."
C’est vrai que le niveau était plus faible qu’en Europe, mais j’ai pu voir l’évolution du foot japonais. À l’époque, il devait y avoir quatre ou cinq joueurs japonais en Europe et quand je suis parti, ils étaient une centaine. Je pense avoir participé, avec les autres joueurs étrangers, à cette évolution. Et c’est un plaisir. Pourtant, c’était une décision difficile pour moi de quitter l’Europe, de dire adieu à mon rêve de retrouver la sélection brésilienne et de me faire un nom mondialement. Aujourd’hui, je pense que c’était la bonne décision, je n’étais plus critiqué, je n’avais plus cette pression. Et je vivais paisiblement en faisant ce qui me plaisait le plus : jouer au football.
Que devenez-vous aujourd'hui ?
Je suis au Brésil, à Ribeirão Preto, la ville dans laquelle je suis né, où je vis avec mes trois enfants. Je travaille dans la construction civile. J’ai une entreprise qui construit des maisons et des appartements. Et après, on les vend. Je ne vis pas dans le luxe, mais j’ai une vie heureuse, tranquille et bien remplie. Mes deux fils veulent aussi devenir footballeurs. Je rêve de les voir un jour aller au Stade rennais et d’y connaître une histoire différente de la mienne, avec plus de joie et de succès.
Vous suivez encore les résultats du Stade Rennais ?
"J’ai de l'affection pour Rennes mais je ne sais pas si c'est réciproque"
Je n’ai aucune relation avec le club, mais je continue de suivre les résultats. J’ai été très heureux de les voir remporter la Coupe de France, c’était un moment important pour le club. J’ai de l’affection et de la reconnaissance pour ce que le Stade rennais a fait pour moi, je n’ai jamais eu de problèmes avec les supporters, les dirigeants, les joueurs... Le seul problème, c’est que je n’ai pas fait que des bonnes choses sur le terrain. Mais les personnes qui me connaissent savent que j’ai toujours essayé de m’améliorer et que j’ai tout donné. J’ai de l’affection pour la ville, le club, même si je ne sais pas si c’est réciproque.
Vingt ans plus tard, vous n'en avez pas marre qu'on vous parle sans cesse de ce transfert record à Rennes ?
Parfois, oui. J’ai vraiment souhaité que Raphinha batte ce record pour qu’on ne m'en parle plus, mais il a malheureusement coûté un peu moins cher (Rires.) Parfois, ça me fatigue tout ça mais je dois l’accepter : le transfert était très cher et le résultat sur le terrain n’a pas été à la hauteur. Même si ça me fatigue, je comprends et c’est pourquoi je réponds toujours aux sollicitations pour tenter d’expliquer ce qui n’a pas fonctionné. Ça fait 20 ans mais je ne suis pas du tout en colère.

Il fut une époque où le Stade Rennais se prenait pour le PSG et alignait sans compter. Un credo dont le transfert de Luis Fabiano pour 12 millions, alors que le garçon n'était âgé que de 19 ans en 2000, reste la plus belle illustration.
L'attaquant auriverde, de retour au Sao Paulo FC, est revenu sur sa pige bretonne et le choc footballistique pour lui, à l'époque, sur le site Internet de la FIFA : "L'entraîneur était Paul Le Guen. Il était très exigeant. Je n'oublierai jamais cette période. À Ponte Preta (ndlr : son club formateur au Brésil), le football allait à 90 km/h. En France, on était à 200 à l'heure."
Et l'ancien de Porto et de Séville de conclure en témoignant que son passage en France a été un mal pour un bien : "Ça m'a beaucoup aidé, même si je n'ai pas vraiment percé. Tout était nouveau, mais je n'étais pas heureux dans mon travail. Je ne jouais quasiment jamais. Je n'avais qu'une chose en tête : retourner au Brésil. Le pays me manquait énormément. Mon retour au Brésil a été crucial pour me permettre de devenir ce que je suis aujourd'hui. "
C'est-à-dire un monsieur aux 28 buts en 44 sélections qui a gagné deux coupes UEFA, une Supercoupe d'Europe, une Copa América ou encore deux Coupes d'Espagne.

Landry Chauvin, ancien directeur du centre de formation du Stade Rennais et ex-entraîneur de Nantes, Brest ou Sedan, rejoint la DTN et sera notamment en charge de la sélection nationale des U18.
Au sein de la Direction Technique Nationale, sous la responsabilité d’Hubert Fournier le DTN, Landry Chauvin aura en charge la sélection nationale des U18. Il interviendra également en tant que formateur pour le Brevet d’Entraineur Formateur de Football (BEFF) et sera en charge du suivi des centres de formation et des sections sportives élites des clubs professionnels dans le cadre du Programme de Performance Fédéral.
Formateur dans l’âme, Landry Chauvin, 51 ans, s’est longtemps occupé des jeunes du Stade Rennais avec lesquels (Yoann Gourcuff, Jimmy Briand notamment) il remporte la Coupe Gambardella-CA en 2003, puis à deux reprises le titre de champion de France des réserves professionnelles (2004 et 2007).
Il obtient son diplôme d’entraîneur professionnel de football (DEPF) en 2008 puis devient l’adjoint de Pierre Dréossi à Rennes, avant d’être nommé entraîneur du CS Sedan Ardennes (L2) durant trois saisons. Il est ensuite nommé au FC Nantes (L2) en 2011-2012, puis s’envole vers le Stade Brestois (L1) la saison suivante.
La formation le rappelle ensuite, à Caen puis à Rennes, où il revient occuper le poste de directeur de l’académie de 2015 à 2019. S’en suit une expérience dans le staff de la Sélection nationale marocaine avant de désormais rejoindre la FFF.
Comment s’est conclue votre arrivée à la Fédération ?
LC : De par ma fonction au Stade Rennais, j’étais en contact régulier avec les sélectionneurs nationaux de la FFF pour échanger au sujet des jeunes joueurs appelés en sélections. J’ai rencontré Hubert Fournier début décembre, puis le président Noël Le Graët en février. Ils m’ont offert cette possibilité de les rejoindre et j’ai saisi cette formidable opportunité. Mon parcours est assez riche et varié : quinze ans en tant que formateur au Stade Rennais, un an comme adjoint dans un club professionnel, cinq ans au poste d’entraîneur en Ligue 1 et en Ligue 2, puis 5 ans directeur de l’académie du Stade Rennais. Avec en prime une petite expérience avec la sélection nationale au Maroc qui m’a permis de découvrir les éliminatoires de la Coupe d’Afrique. Alors aujourd’hui cette proposition d’intégrer la FFF, la DTN, quand on est éducateur, cela ne se refuse pas. Je suis ravi.
Quelles seront vos missions à la DTN ?
Il y en aura principalement trois. La première concerne la Sélection nationale des U18, avec la génération 2003. Nous vivrons une année un peu particulière avec uniquement des matchs amicaux puisqu’avec la crise sanitaire la création de la Ligue des Nations a été reportée d’un an par l’UEFA. La deuxième est une mission de formation de cadres. J’interviendrai dans différents modules dispensés pour le Brevet d’Entraîneur Formateur de Football (BEFF). Enfin, je serai impliqué sur le Projet de Performance Fédéral (PPF), avec le suivi des centres de formation et des sections sportives élite. Je viens de découvrir l’emploi du temps du PPF et c’est passionnant.
Quelle est votre ambition en démarrant cette aventure ?
D’abord me fondre dans le moule et, j’espère, pouvoir apporter ma petite touche et mon expérience car je connais les attentes de mes collègues directeurs de centres. Et puis il y a ce lien étroit entre les différents sélectionneurs nationaux pour le suivi de nos jeunes. Aujourd’hui les jeunes attachent beaucoup d’importance aux Sélections. C’est un atout.
(Source : FFF)
Le Rennais Arthur Sorin, défenseur de l’AS Vitré (N2) depuis cinq ans, met un terme à sa carrière, à bientôt 35 ans. La fin d’une histoire pour ce joueur formé au Stade Rennais, vainqueur de la Gambardella en 2003 aux côtés de Gourcuff et Briand, passé par Vannes (National), Sedan (Ligue 2), et dont le parcours a été marqué par huit saisons en Suède et au Danemark. Confidences.
Arthur Sorin, la semaine dernière à Rennes | OUEST-FRANCE
La Gambardella
"Je l’ai gagnée en 2003, avec la génération Yoann Gourcuff, Jimmy Briand, etc. Cela reste l’un de mes plus beaux souvenirs, le meilleur forcément chez les jeunes. On avait une très grosse équipe, on avait fait un parcours sans faute. On était costaud, confiant sur le terrain. On savait que si on ne faisait pas d’erreur, on gagnerait tous nos matchs. Cette année 2003, niveau football, on était au-dessus... La seule amertume que j’ai, c’est de n’avoir pas débuté la finale. Je n’avais pas loupé une seule minute jusqu’à la finale, mais Grégory Bourillon et Jacques Faty étaient "redescendus" des pros pour la finale, et moi, j’ai sauté en défense… J’en ai longtemps un peu voulu à Landry Chauvin (son entraîneur) pour cette finale sur le banc. Il m’avait dit qu’il avait des choix à faire, et bien sûr que je le comprenais, mais au fond de moi, forcément, c’était dur à admettre…
Arthur Sorin (à droite), à l’entraînement du Stade Rennais avec Yoann Gourcuff, Jacques Faty et Olivier Sorlin. | ARCHIVES
Il n’empêche que malgré tout, ce titre reste un grand moment, très fort, au Stade de France. L’ambiance était top dans l’équipe. À ce moment-là, j’arrive à la porte du monde professionnel, et je gagne ce qu’il se fait de mieux pour les jeunes. Tout allait donc parfaitement. Depuis tout petit, mon objectif, c’était de faire une carrière au Stade Rennais, et là je suis devenu pro peu après (en 2005)… C’est donc ce que je voulais, mais ça n’a malheureusement duré qu’un an. J’ai compris, très vite, que le plus dur pour un jeune pro, c’était en fait d’arriver à rester pro, surtout dans un club comme le Stade Rennais, où beaucoup d’excellents joueurs sortent de formation."
Arthur Sorin, à la signature de son contrat pro, aux côtés de Pierre Dréossi (manager rennais). Ce jour-là, Simon Pouplin et Stéphane Mbia ont également signé leur premier contrat. | ARCHIVES
Vannes
"Je suis prêté à Vannes (National) dès ma première année pro, en 2005. C’était une super expérience, j’étais l’un des plus jeunes de l’effectif, on avait un super groupe. Au fond de moi, là-bas, je voulais montrer que j’avais le niveau pour signer un nouveau contrat pro à Rennes en revenant. À Vannes, on s’est maintenu facilement malgré des débuts difficiles. Le Voc, à l’époque, était à mi-chemin entre un club amateur et un club pro, le centre d’entraînement était en pré-fabriqué, ça me changeait de Rennes et de la Piverdière… Pour moi, c’était la première fois que je quittais le cocon familial, l’environnement rennais, et avec le recul, ça m’a fait du bien. J’ai adoré mon année là-bas, ça jouait bien au foot, la ville était agréable, j’ai beaucoup appris, même si ça n’a pas toujours été simple avec Stéphane Le Mignan."
Le départ de Rennes
"Après Vannes, en 2006, Rennes ne m’a finalement pas prolongé. Je crois tout simplement qu’au club, on ne me jugeait pas assez bon. J’avais refait un match amical avec Rennes à la fin de l’année, ça s’était plutôt bien passé pourtant, mais voilà, le club ne m’a rien proposé. C’est le foot, c’est comme ça, je n’ai pas trop cherché à savoir, à comprendre, Rennes ne m’a pas expliqué pourquoi ça s’arrêtait tout d’un coup… Mais il n’y avait pas grand-chose à comprendre, en fait. Il fallait aussi être réaliste : il y avait une belle équipe à l’époque, qui tournait très bien, elle n’avait simplement pas besoin d’un gars comme moi. Au départ, ce n’était pas évident, j’avais toujours rêvé de faire carrière à Rennes. Cela a été un coup au moral, mais au bout d’un moment, je me suis dit que ça n’allait pas s’arrêter là. À cette époque, le Suédois Erik Edman jouait à Rennes, et il connaissait un directeur sportif en Suède qui cherchait un arrière droit dans son pays. Il m’avait vu à l’entraînement, il en a parlé au directeur sportif. C’était pour le club de Kalmar, je n’en avais jamais entendu parler avant… Je suis allé là-bas pour effectuer un essai d’une semaine. Mais j’ai signé au bout de deux jours."
Arthur Sorin, avec le maillot de Kalmar, en Suède. | ARCHIVES ARCHIVES
La Suède
"Je me suis posé des questions avant d’y aller, honnêtement. Jamais je n’aurais pensé joué là-bas, j’ai un peu hésité, mais je n’avais rien à perdre. Tours (Ligue 2 à l’époque), s’était renseigné sur moi, mais finalement, j’ai opté pour la Suède. Et au final, je n’ai aucun regret. C’est en Suède que j’ai passé les deux plus belles années de ma carrière. Je suis tombé dans le bon club au bon moment. Je me suis éclaté sur le terrain, on a décroché un titre de champion de Suède et une Coupe de Suède. J’ai découvert une autre mentalité, une culture différente, beaucoup de respect dans tout… Au début, ça n’était pas simple, je suis arrivé l’hiver et il faisait nuit à 15 h. Mais j’ai bien été aidé sur place, les gens étaient hyper sympas avec moi. Dès les premiers entraînements, j’ai vu de super joueurs. J’étais le plus petit et le moins costaud de l’équipe (rires). On avait un jeu atypique : on défendait bas, mais quand on récupérait on allait à 2 000 à l’heure avec des Brésiliens devant. C’était un bon mélange de physique et de technique. Et tactiquement, le coach était très bon."
Le Danemark
"Kalmar voulait me prolonger au bout de deux saisons, mais le club danois d’Aarhus, à six mois de la fin de mon contrat, a commencé à s’intéresser à moi. Il voulait déjà m’acheter d’ailleurs. Kalmar n’avait pas voulu, on a été champion, mais à la fin de l’année, je suis donc parti libre au Danemark. Pourquoi ? Le championnat danois était quand même plus relevé que le suédois, c’était un nouveau challenge, et financièrement, oui, ça a joué aussi... Je suis arrivé à Aarhus, donc, mais le coach qui m’avait recruté venait de se faire limoger juste avant. Son successeur, lui, ne me connaissait pas du tout, c’était en plus une personnalité particulière. Il m’a dit d’entrée que je devrais prouver des choses, qu’il y avait de bons Danois dans l’équipe et que moi, il ne savait rien de mes qualités. J’ai malgré tout commencé titulaire, j’avais fait de bons matchs, mais à la fin d’année, je n’étais plus toujours aligné d’entrée. Au bout de ces six premiers mois à Aarhus, Landry Chauvin m’a alors contacté pour me parler de Sedan (Ligue 2), où il était entraîneur. Je me suis dit pourquoi pas ?"
Arthur Sorin, à l'entraînement avec Aarhus. | OUEST-FRANCE
Sedan
"Je connaissais donc déjà Landry Chauvin, et j’avais à ce moment-là envie de retourner en France. Ma compagne, française, était enceinte et devait accoucher bientôt, et l’opportunité de jouer en France, enfin chez les pros, me tentait aussi. Je suis arrivé à l’été 2009 en pleine préparation à Vittel. Tout se passait bien, on faisait de bons matchs amicaux. Mais lors d’un des premiers matchs de la saison de L2 à domicile contre Ajaccio, j’étais titulaire et je n’ai pas été bon. On a perdu 3-1 et j’ai pris le chemin du banc après ça. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à avoir des problèmes au talon d’Achille. J’ai passé presque le reste de l’année à l’infirmerie, je suis revenu avec la réserve mais je n’ai jamais vraiment réintégré l’équipe. C’était une vraie année galère. Le groupe, à côté de ça, était extra, on avait une belle équipe, Benoît Costil, Paul Baysse, etc.. Heureusement aussi, ma compagne était là, on venait d’avoir notre fille Inès, tout allait bien de ce côté-là. La vie dans les Ardennes, c’était aussi autre chose que le Danemark. Aarhus est une belle ville, vivante, mais Sedan, honnêtement, ça n’avait rien à voir... Ceci dit, le club a un magnifique centre d’entraînement. Au club, avec Landry Chauvin, c’est devenu compliqué. Au bout d’un moment, on ne se parlait même plus. Après mon retour de blessure, à aucun moment je n’ai senti qu’il voulait me faire revenir dans l’équipe…"
Danemark (épisode 2)
"Quand je suis retourné au Danemark en 2010, l’entraîneur avait de nouveau changé. Le club venait de descendre en D2. On est remonté directement, et dès la remontée, on a réalisé l’une des plus belles saisons du club, on a fini 4es, on a même joué les tours préliminaires de Coupe de l’UEFA. Le club m’a alors prolongé trois ans, et sur ces trois années, seule la dernière me laisse sur ma faim. Le coach avait encore changé, et je n’ai pas joué. Je ne comprends d’ailleurs toujours pas trop pourquoi, mais j’ai été au bout de mon contrat. Cette fois, il était temps de partir. Il était temps de rentrer. Entre-temps, mon fils Viktor était né, et la France commençait à nous manquer, à moi et à ma compagne. Et puis, mes deux enfants étaient en âge d’aller à l’école, ça faisait un moment qu’on était parti, nos familles et nos amis étaient loin de nous… Tourner le dos au monde pro, au début, ce n’était pas évident dans mon esprit. Se dire qu’on va tirer un trait sur le professionnalisme, ça ne se fait pas comme ça. Mais petit à petit, cela s’est imposé à moi. Je crois que j’étais prêt, en fait. Je n’ai pas cherché à tout prix à continuer, en tout cas… J’avais une proposition au Danemark d’un autre club, mais dans ma tête et celle de ma compagne, nous devions rentrer."
Arthur Sorin, avec le maillot de l’AS Vitré. | OUEST-FRANCE
L’AS Vitré
"Vitré, ça s’est fait assez naturellement, en fait. Mon père (Michel Sorin) était l’entraîneur, il avait fait signer mon frère (Eliott) juste avant… Moi, j’avais repris l’entraînement avec eux comme ça, et au bout d’un moment ça s’est fait, voilà. Je m’étais fait une raison sur le monde pro, de toute façon, donc l’idée de jouer à Vitré avec mon père et mon frère me plaisait bien. La première année, j’avais un contrat fédéral, mais je suis devenu complètement amateur l’année d’après. Cette année-là, j’ai trouvé un boulot à la Samsic, j’étais chargé de recrutement à l’agence de Vitré.
Une vraie nouveauté pour moi. Jusque-là, je n’avais connu que le football, c’était la vie dont je rêvais, je ne pensais qu’au foot, je m’entraînais le matin, j’avais le temps de m’occuper de mes enfants l’après-midi… Mais là, tout devenait vraiment différent, les journées me paraissaient beaucoup plus longues... Cette vie de bureau, je ne la connaissais pas du tout. Il a fallu s’y mettre les premiers mois (rires)… Mais avec le recul, cela m’a fait du bien de découvrir autre chose. Le milieu du foot est assez fermé, tu croises certes du monde mais c’est très différent. Là, c’est la vraie vie.
Sur le terrain, le CFA m’a surpris. Quand je vois le niveau de cette division quand j’étais avec la réserve de Rennes entre 2003 et 2005, ça n’a rien à voir aujourd’hui. Maintenant, c’est solide, costaud. Pour moi, le plus dur, et je le dis honnêtement, ça a été de trouver la motivation. Quand tu arrives d’un championnat de première division, avec de jolis stades, tout ça, c’était champêtre parfois en CFA… Ce qui me manquait aussi, c’était la pression des gros matchs.
Après cinq saisons, tout se termine donc aujourd’hui, mais j’ai aimé Vitré. Ces années resteront de bons souvenirs. On a vécu une première année difficile, on a été repêché pour le maintien de justesse. Puis, mes deuxième et troisième années se sont bien passées (6e à chaque fois). La quatrième a été marquée par le parcours en Coupe de France. Je l’ai néanmoins vécu un peu de loin car ma blessure au talon m’a rendu indisponible de longs mois…"
La fin de carrière
"Mon corps dit stop. Jusque-là, je n’avais jamais eu de blessures musculaires, mais lors de cette cinquième et dernière année à Vitré, je les ai enchaînées, et j’en ai un peu marre de ces douleurs à répétition… Je ne faisais plus un match sans avoir de douleur depuis un an et demi. Tout a commencé avec une fracture du talon il y a un an et demi, ça a duré sept mois, j’ai repris, mais des blessures musculaires sont venues se greffer là-dessus depuis. Cette année, je n’ai pris aucun plaisir, j’avais toujours mal quelque part. Ces derniers mois ont été fatigants. À chaque fois que je reprenais, je me "pétais" quelque chose. Depuis que j’ai commencé à être footballeur, j’ai toujours voulu continuer jusqu’à ce que mon corps dise non. Et c’est maintenant. Et puis avec mon boulot à côté (à la Samsic), cela devenait compliqué de tout associer."
Les blessures
"Elles m’ont malheureusement souvent accompagné. Surtout sur les dernières années à Vitré, où elles se sont enchaînées. Si je regarde en arrière, tout est parti de Sedan et de ce pépin au talon d’Achille. Depuis, j’ai toujours joué avec une gêne à cet endroit. Le lendemain d’un match, il me fallait au moins dix minutes le matin pour remarcher normalement."
Arthur Sorin. | OUEST-FRANCE
Les lacunes
"Je n’ai jamais aimé les entraînements, et forcément ça a été un frein dans ma carrière. J’en suis conscient, ça m’a fermé des portes. Je me dis avec le recul que je n’ai pas toujours tout mis de mon côté, que le fait d’aller aux entraînements à reculons ne m’a pas aidé. Je n’ai peut-être pas fait tous les sacrifices qu’ont su faire d’autres. Mais il faut aussi comprendre que d’autres étaient très forts. Je suis lucide, là dessus. Je sais que j’avais des manques quand j’étais plus jeune. J’étais moins costaud physiquement, je n’ai jamais été très rapide et le foot d’aujourd’hui demande d’aller de plus en plus vite…
J’aimais le foot, c’était une passion, mais peut-être pas autant que certains joueurs. Quand j’en voyais à 200 % à l’entraînement et pas moi, je comprenais… C’est peut-être aussi ce qui a expliqué ma différence de parcours avec d’autres. Mais là encore, j’étais comme ça, c’était ma façon d’aimer le foot. Peut-être que ça explique aussi pourquoi avec mes entraîneurs, ça n’a pas toujours été simple. En fait, c’était tout l’un ou tout l’autre avec eux."
Le bilan
"Non, je n’ai pas de regrets, j’ai malgré tout profité, j’ai joué pro, j’ai eu cette chance d’y arriver, ce qui n’est pas donné à tout footballeur. Bien sûr, j’aurais rêvé de jouer en Angleterre, et bien sûr que certains de mes coéquipiers de la génération 2003 ont fait une plus belle carrière, bien sûr qu’on aimerait toujours plus…
Mais je crois simplement que j’ai fait la carrière que je devais faire. Il y a eu des hauts, des bas, j’ai su rebondir après mon année galère à Sedan, où je n’aurais peut-être pas dû aller… Au final, je suis content de mon bout de chemin dans le foot. Petit, je m’imaginais devenir pro, comme mon père, et j’ai réussi. J’ai duré une dizaine d’années dans le foot pro quand même… J’ai fait une belle petite carrière, dans des pays improbables, la Suède, le Danemark, j’y ai vécu de belles aventures."
La famille
"Finir ma carrière en famille, jamais je ne l’aurais imaginé. J’ai adoré joué avec eux, c’étaient de très, très belles années. Jouer à côté de mon frère, être entraîné par mon père, on ne peut pas rêver plus belle fin de carrière. L’an passé, ça m’a fait quelque chose de les voir briller en Coupe de France. Il y avait beaucoup d’émotions…"
L’avenir
"J’ai des projets, mais loin du foot. Vais-je-continuer à jouer au foot ? Oui, mais plus du tout à haut niveau, non. A priori, je vais repartir l’an prochain en championnat corpo, j’ai un pote qui est président d’un club à Rennes… Suis-je ému de raccrocher ? Disons que je m’y suis préparé. Mais ce qui me manquera le plus, ce sont les grands stades, le monde, la pression. Car si je n’aimais pas trop les entraînements, j’étais un gros compétiteur…"
L’ancien entraîneur du Stade Rennais, fraîchement nommé à la tête du Standard de Liège, se confie sur ses ambitions à la tête du club belge.

Philippe Montanier continue de sillonner l’Europe. Après l’Espagne, la France et l’Angleterre, l’ancien coach du Stade Rennais a choisi… le Standard de Liège : personne ne l’attendait en Belgique, mais c’est dans la Cité Ardente que l’entraîneur français veut rebondir, séduit par l’histoire du club Rouche et son académie.
Tu vas voir, ici c’est Marseille ! La phrase est d’Eric Gerets, ex-entraîneur belge de l’OM, à l’adresse de Montanier (55 ans) quand les deux hommes se sont parlé la semaine dernière. Montanier voulait rencontrer Gerets, l’âme du Standard, avec Michel Preud’homme à qui le Français succède comme coach. Montanier, une pointure pour citer la presse belge rappelant que le Nordiste a fait grimper son club de cœur (l’US Boulogne) de D4 en Ligue 1 en cinq saisons avant d’être élu meilleur entraîneur d’Espagne en 2013, emmenant la Real Sociedad à la 4e place de la Liga. Et voilà Montanier en Belgique (après aussi des épisodes en France, à Rennes et Lens, ou en Angleterre, à Nottingham).
"On s’est trouvés"
Le Standard était à la recherche d’un entraîneur, et moi j’aime les clubs historiques. Le Standard est très connu en France. Ceux qui connaissent l’histoire du foot européen savent ce que signifie ce club (finaliste de la C3 face à Barcelone en 1982). On s’est trouvés, déclare-t-il.Les dirigeants cherchaient un entraîneur francophone, avec de l’expérience, sachant gérer l’immense ferveur des supporteurs. Il fallait quelqu’un qui y soit préparé. Et puis aussi, c’est un club qui possède une formidable académie. Et dans les clubs où je suis passé auparavant, je me suis souvent appuyé sur beaucoup de jeunes issus de ces clubs. Nous avions cet ADN commun.
Montanier aime la mentalité belge. Sa fille vit au plat pays depuis neuf ans. Mais il sait aussi que son club n’est pas au mieux financièrement. C’est toujours le souhait d’un entraîneur de conserver ses meilleurs joueurs. Mais on connaît le foot moderne. Il faut donner l’envie aux jeunes joueurs de résister à la tentation de rejoindre des clubs plus huppés où ils pourront multiplier leur salaire par trois, par cinq. J’en ai connu par dix ! Garder un joueur contre sa volonté ce n’est jamais simple, insiste-t-il.
Et de poursuivre : "Aujourd’hui, j’ai la conviction que tout le monde semble fier de porter le blason du Standard mais on sait que cela va peut-être évoluer et il faut, en tant qu’entraîneur, savoir s’adapter au foot moderne et aux transferts et à tous ceux qui cherchent parfois à partir à tout prix. Limogé du RC Lens au printemps dernier, Montanier sait qu’il se trouve face à une montagne. Le Standard accuse du retard sur ses principaux concurrents, surtout Bruges, champion en titre. Et les Rouches n’ont plus été titrés depuis 2009.
"Le Standard a le potentiel pour retrouver son lustre d’antan"
Le Standard peut résorber son retard sur Bruges. On ne se fixe pas de limites. Même si on sait que pour l’instant il y a un gros décalage entre Bruges et ses poursuivants. Ce qui est sûr, c’est qu’à moyen terme (peut-être pas à court terme), le Standard a le potentiel pour retrouver son lustre d’antan et gagner un titre. A court terme, ce sera peut-être difficile car l’écart avec Bruges est conséquent. À Liège, Montanier aura une mission : faire éclore les jeunes d’une école qui a produit des talents comme Witsel, Batshuayi, Defour ou Fellaini, membres de Diables Rouges qui dominent le classement Fifa depuis trois ans.
C’est un peu tôt (pour juger de la qualité des jeunes) car on est dans une période de préparation très particulière : on doit maintenir une certaine distance, on ne peut pas faire de jeu, pas d’oppositions, lance-t-il.Cela limite le jugement mais on voit que certains jeunes joueurs ont de grosses qualités. Mais le potentiel et les qualités, ce n’est pas toujours suffisant. Il faut être apte au travail, être à l’écoute. Je vais le découvrir dans les prochaines semaines. Le Standard a engagé un grand formateur, a dit un dirigeant du club à l’AFP. Tout Liège l’espère.

Alors qu'il arrivait en fin de contrat à la tête des féminines du PSG, Olivier Echouafni (47 ans) va entamer une troisième saison à la tête des féminines du PSG. Le technicien et son staff ont prolongé d'une saison avec le club de la capitale. L'ancien Rennais et ancien sélectionneur des Bleuesest arrivé à Paris en 2018.
Avec le Stade Brestois, le gardien Tony Heurtebis découvre son troisième club professionnel. A 29 ans, c'est peu, c'est bien et quelque part extrêmement rassurant pour le club de la cité du Ponant. Le garçon n'est pas un mercenaire et en signant à Brest, il revient dans sa région.

Tony a beau être né à Saint-Nazaire, ses origines sont bel et bien bretonnes. Du Morbihan, très précisément, puisque papa Heurtebis est de Camors et maman de Plouay. Alors, on comprend mieux que l'ex-portier de Troyes et de Rennes glisse en ce moment à qui le sollicite, cette sensation et "cet énorme plaisir de retrouver la mer". Bref, un grand coup de chaud au coeur.
177 matchs de Ligue 1
Le bientôt trentenaire n'est pas un loup des océans. Non. Une carrière de gardien professionnel ne laisse guère de place à autre chose. Peut-être encore moins chez Tony Heurtebis, lui qui conserve intact ses ambitions : "J'espère rester haut et le plus longtemps possible", dit-il, fort de ses 177 matchs de Ligue 1. "Oui, enfin à peu près. Je ne calcule pas", savoure-t-il. La Champagne lui a plu et il a vécu avec le club troyen une bonne aventure. Cinq ans passés là, huit autres au Stade Rennais, ce fidèle débuta le football précocement (quatre ans et demi !), sous la houlette de son papa Jean-Yves, à l'Atlantique Club Nazairien. Mais retrouver le bout du monde, il avait cette idée fixée dans la tête. "La Bretagne est une terre de football et Brest l'illustre parfaitement. Le projet me plaît car il est cohérent. Puis le fait que les dirigeants souhaitaient vraiment ma venue m'a convaincu". D'un discours pesé et d'une voix sereine, Heurtebis ne fait pas le fanfaron. Il est à Brest pour apporter sa pierre à l'édifice, tout simplement et ne se vante pas d'un joli curriculum.
International Espoirs
"Le foot ? C'est un milieu difficile, tout peut aller très vite. Mais je crois que c'est quand même un bon métier, il y a plus d'avantages que d'inconvénients. On découvre d'autres endroits, d'autres cultures, d'autres gens". La Coupe Intertoto avec Rennes, la Coupe de l'UEFA avec les Troyens (après une victoire en Intertoto en 2001), Tony Heurtebis a vécu plusieurs bons moments. Comme ceux passés avec l'équipe de France Espoirs, au milieu des années 90. Souvenirs en vrac, époque où les partenaires se nomment Vieira, Giuly, Trezeguet, Henry, Diawara, Grenet... N'en jetez plus, ce gardien au style bondissant n'a plus rien à prouver ! Le Morbihannais vous dira le contraire, avec une concluante conviction : "Je peux encore progresser et cela passera par des résultats". Pas question de traîner en route "car ce championnat sera aussi dur que le précédent. L'an passé, jusqu'à la mi-mars, dix équipes pouvaient encore prétendre à la montée. Tout se joue sur la durée des performances".
Le Stade Rennais devra bel et bien disputer son 8e de finale de Youth League face à l’Inter Milan, malgré le retrait du club italien avant l’interruption généralisée. L’UEFA, qui a officialisé la relance de ses compétitions le 17 juin dernier, s’est saisi du dossier et a conforté la tenue de cette rencontre. Elle se déroulera le dimanche 16 août (15 h) à Nyon (Suisse) et pourrait déboucher sur une série de matches en cas de victoires.

Les U19 du Stade Rennais sont désormais fixés. Déjà informés de la reprise de la Youth League, annoncée le 17 juin par l’UEFA, les joueurs de Romain Ferrier ont pris connaissance du calendrier de leur phase finale. Mais pas seulement… Car s’ils peuvent être amenés à enchaîner quatre matches en dix jours, en supposant qu’ils franchissent les tours les uns après les autres, ils auront avant tout un 8e de finale à disputer face à l’Inter Milan, le dimanche 16 août (15 h) à Nyon en Suisse. La tenue de cette rencontre a posé question ces dernières semaines et jeté le flou sur la reprise pour les jeunes Rennais.
Possible quart de finale face à la Juventus ou le Real Madrid
En effet, le club italien, le 9 mars dernier alors que le pays était déjà durement touché par le Covid-19, avait choisi la prudence en retirant son équipe de la compétition. Une décision motivée par l’intention de préserver ses joueurs, qui envoyait de fait le Stade Rennais en quart de finale de la compétition. Cependant, après s’être saisie du dossier, l’UEFA a confirmé ce jeudi que l’Inter Milan avait toute sa place lors de la phase finale organisée en Suisse et qu’il pourra continuer à défendre ses chances. Dans la foulée de ce 8e de finale aura aussi lieu le second, entre la Juventus et le Real Madrid. En cas de qualification, le Stade Rennais héritera en quart de finale du vainqueur de cette rencontre, le mercredi 19 août à 18 h.
Quand la nature reprend ses droits. Après une rencontre, surtout européenne, les joueurs rentrent rarement à bord d’un char à voile (coucou Christophe Galtier). Dans la grande majorité des cas, le retour en avion et dans la nuit est privilégié. Mais parfois, les aléas de la nature en décident autrement. Ainsi, l’effectif et le staff du Stade rennais, après avoir tenu en échec la Juventus chez elle (2-2), ont dû passer la nuit à Turin.

Un avion n’a jamais décollé de Turin
En plus du vol réservé à Franck Haise et à sa bande, deux avions pour les supporters avaient été affrétés par le club. Problème : la tempête Austen balaye une partie de la côte ouest française. La Bretagne et l’Ille-et-Vilaine sont touchées, empêchant deux vols sur trois d’atterrir à Rennes jeudi soir.
L’un des deux avions de supporters a été contraint de faire demi-tour, avant de se poser à Bordeaux. Celui des joueurs, lui, n’a même jamais quitté le tarmac turinois, comme cela a été décidé avant la rencontre. L’équipe ne retrouvera finalement la maison que ce vendredi. Le troisième vol, en revanche, a bien rejoint sa destination, entre quelques turbulences.
Résister à la Vieille Dame n’empêche pas la nature de vous poser un stop.
Sans faire de bruit, le Stade Rennais avance dans sa campagne européenne. Pas vraiment convaincant, c’est un euphémisme, à Sturm Graz puis contre l’OFI Crète, il est même passé près d’un très joli coup ce jeudi soir chez la Juventus de Turin, à l’occasion de la plus grosse affiche de son menu d’Europa Ligue.

Il a aussi failli connaître une grosse désillusion en toute fin de partie, à 2-2, quand la VAR et sa dramaturgie ont annulé le troisième but juventino, pour cause de hors-jeu. Tant mieux, tant les Rennais ne méritaient pas de perdre…
Le Stade Rennais devant au repos !
Avant ce dénouement crispant, les Bretons se sont offert le droit d’être fiers d’une prestation très intéressante et aboutie en terme de solidarité, de solidité et de cohérence. Celle-ci s’opère avec un nouveau schéma tactique en 5-3-2 ou 3-5-2, c’est selon, le 4-3-3 à l’extérieur ayant abouti à deux défaites concédées de rang avec quatre buts concédés.
Au regard de ce schéma, certains ont sans doute craint le retour du « Beye-Ball » mais il n’en fut rien. Le début de match montre une organisation pas tout à fait réglée, avec un Mahamadou Nagida trop haut qui est pris à défaut par l’ancien Lillois Celik. Parfaitement mis sur orbite par Nick Woltemade, celui-ci vient battre Brice Samba petit filet (5', 1-0).
Tout le peuple rennais s’imagine parti alors pour une longue souffrance mais le trio axial Cresswell-Rouault-Aït-Boudlal va sortir une partition tout à fait correcte et intéressante. Si la Juventus se procure de vraies occasions, faisant briller Brice Samba à plusieurs reprises devant Federico Gatti (20') et Weston McKennie (30'), le Stade Rennais n’est pas en reste et joue sa chance à fond.
Remuant sur le font de l’attaque, Mousa Al-Tamari égalise logiquement sur une remise parfaite de Bryan Reynolds sur une centre de Mahamadou Nagida, à bout portant (15'). Rennes joue sans complexe et Mahamadou Nagida, déjà décisif contre Crète jeudi dernier, se montre une nouvelle fois à son avantage, avec notamment plusieurs reprises de volée très inspirées qui ne trouvent pas récompense.
Sur l’une d’elles, Douglas Luiz, au sol, s’offre une parade de gardien qui offre un pénalty logique aux siens. Boulaye Dia transforme et Rennes est devant au repos (1-2) !
Rennes tient le coup, jusqu’au bout
Lors du second acte, la Juventus est à la peine pour bousculer des Rennais parfaitement en place et toujours enclin à se projeter dans le camp turinois. La cohérence est là, la solidité semble aussi de la partie. Malgré l’absence d’Esteban Lepaul, les Bretons sont dangereux dans leurs incursions mais manque de tranchant dans le dernier geste.
Il faut un coup du sort pour voir les locaux revenir. Sur un long coup-franc, Bryan Reynolds touche le ballon de la main en repliant un bras déployé pour réclamer un hors-jeu. La punition est directe, et à méditer. Regrettable également, tant le piston droit rennais a été convaincant. Nick Woltemade, meilleur turinois du soir, transforme le pénalty au milieu du but (2-2, 65').
Les dix minutes qui suivent sont compliquées pour les Rennais, mis sous pression notamment par l’attaquant allemand, seul juventino à sortir du lot d’une bien triste équipe ombre d’elle-même. Jusqu’au bout, Rennes tient, sans néanmoins aller chercher le frisson d’une ultime occasion en sa faveur.
Un point ramené de Turin, donc, cinq, déjà, dans l’escarcelle et voilà la campagne européenne bien engagée, avec une confirmation attendue le 5 novembre prochain contre l’Olympiakos.
Franck Haise, à l’issue du match, peut être satisfait : « Je suis content de ce que l’on a fait, il faut savoir l’être quand les joueurs répondent de cette manière et ont cette maîtrise sur certaines séquences. Sur la fin, il a fallu s’accrocher, faire les efforts ensemble. Je suis fier de ce qu’ils ont réalisé.«
Un système bientôt reconduit ?
Un résultat qui fait du bien, tout comme » le contenu, les attitudes et la personnalité montrée. Ils m’ont plu. Mais pour faire un exploit, il faut gagner. Je suis très content qu’on ait ce point. L’exploit n’est pas pour ce soir mais la qualité proposée par les joueurs était là. Nos supporters aussi…
J’ai évoqué pas mal de choses sur la causerie dont ce soutien en déplacement. Donner, offrir, c’est notamment pour tous ceux qui étaient là et qu’on a bien entendus, c’est important de les rendre fiers. »
Sur son nouveau système, Franck Haise explique, sur le site officiel : « Cette défense à trois n’est pas tombée par hasard car on a été trop friable dans notre axe. Aujourd’hui, les trois qui ont joué ont été très bons et je sais que Gonçalo peut apporter également sa contribution, notamment dans une défense à trois.
On l’a travaillé sur les deux dernières séances, de façon assez courte et à travers des discussions, avec la vidéo. Ça apporte une stabilité importante, des moments de maîtrise pour sortir face à une équipe qui presse énormément, on a quand même réussi à ressortir.
Ça correspond aussi à un certain nombre de joueurs de l’équipe, c’est bien de pouvoir faire différentes choses. Donc il y a des chances que ce système soit retravaillé et reconduit par moments.«
Dès dimanche contre Strasbourg et son imprévisibilité ? Rien d’incongru à imaginer cela, comme d’imaginer une victoire pour valider la belle impression laissée par ce jeudi soir très positif, demandant confirmation et rassurant après des contenus décevants sur les trois derniers matchs disputés.
Devant au tableau d’affichage à la mi-temps, le Stade Rennais a subi le retour de la Juventus après la pause mais repart d’Italie avec un bon point (2-2). Les Bretons sont toujours invaincus en Ligue Europa.

Mahdi Camara et les Rennais rentrent de Turin avec un bon point
Mener au score face à une équipe plus forte puis se faire rejoindre, est-ce vraiment un bon point ? C’est en tout cas la question que de nombreux Rennais doivent se poser après le match nul (2-2) de leur club face à la Juventus en Ligue Europa, jeudi soir. Et légitimement, car les Rennais, privés de Lepaul blessé, ont fait plus que bousculer la « Vieille Dame » dans son antre.
Lors des fouilles, ils ont dû retirer leurs chaussures à l’entrée du stade, mais ils n’ont pas perdu leur voix ! Ce jeudi 22 octobre 2026, quelque 2 200 supporters rennais avaient fait le déplacement à Turin pour encourager les Rouge et Noir face à la Juventus. Et ils n’ont pas été déçus. Au terme d’une rencontre spectaculaire, le Stade Rennais a décroché un précieux match nul (2-2), après avoir même mené au score. La performance a été saluée par Franck Haise, tandis que son homologue italien, Luciano Spalletti, ne cachait pas sa frustration.

Il fallait avoir de bonnes chaussures pour entrer à l’Allianz Stadium ! Ce jeudi soir, les supporters rennais, venus en nombre, ont découvert les exigences de sécurité italiennes. "Ce fut une grosse fouille à l’entrée du stade avec nos chaussures à enlever", raconte Nicolas, présent dans les tribunes à Turin. "Le stade est bien sympa, mais il n’était pas plein côté Juve", ajoute notre témoin.
Face à l’un des clubs les plus prestigieux d’Europe, les hommes de Franck Haise ont livré une prestation pleine de caractère. Pourtant, la soirée avait bien mal commencé. Dès la 5e minute, Zeki Çelik profitait d’une ouverture de Nick Woltemade pour tromper Brice Samba et donner l’avantage à la Juventus. Heureusement, les Rennais n’ont pas paniqué. Avec une défense à trois inédite et des pistons particulièrement actifs, ils ont progressivement pris confiance. À la 15e minute, Mahamadou Nagida débordait sur son côté gauche avant de centrer vers Bryan Reynolds qui trouvait de la tête Mousa Al-Tamari. Lequel égalisait du pied droit (1-1).
Loin d’être abattu, Juventus tentait de reprendre l’avantage, mais Brice Samba réalisait plusieurs interventions décisives, notamment face à Federico Gatti et Weston McKennie. Rennes, de son côté, continuait à jouer sans complexe. À la 42e minute, une frappe de Mahamadou Nagida était contrée de la main dans la surface italienne. Penalty ! Boulaye Dia ne tremblait pas et prenait le gardien Guglielmo Vicario à contre-pied (43e). Après avoir été mené, le Stade Rennais regagnait les vestiaires avec un avantage de 2-1. "On a pris un but très tôt dans le match, mais on n’a pas paniqué. On a su répondre avec de l’intensité et de la maîtrise technique", expliquait Boulaye Dia au micro de Canal+ Sport.
Pour faire un exploit, il faut gagner
En seconde période, les Rennais continuaient à se montrer dangereux. Mousa Al-Tamari faisait encore parler sa vitesse et sa technique, mais sans parvenir à inscrire un troisième but. À la 66e minute, une main de Bryan Reynolds dans la surface offrait un penalty aux Turinois. Nick Woltemade se chargeait de le transformer (67e, 2-2). La fin de rencontre devenait alors beaucoup plus compliquée pour les Bretons. Sous la pression italienne, Brice Samba et sa défense multipliaient les interventions. À la 88e minute, la Juventus croyait même avoir inscrit le but de la victoire, finalement refusé pour hors-jeu. Après huit minutes de temps additionnel, Rennes pouvait enfin souffler.
"C’est quand même un bon point que l’on prend ici. On a montré un beau visage en première mi-temps. En seconde, ils ont été bons. On est un peu frustrés car on aurait pu le gagner, mais c’est un bon point. On peut être fiers de notre performance", confiait Mahdi Camara au micro de Canal+ Sport. Même sentiment chez Franck Haise, satisfait de l’engagement de ses joueurs. "Je suis content de ce que l’on a fait, il faut savoir l’être quand les joueurs répondent de cette manière et ont cette maîtrise sur certaines séquences. Sur la fin, il a fallu s’accrocher, faire les efforts ensemble. Je suis fier de ce qu’ils ont réalisé." L’entraîneur rennais n’en oubliait pas pour autant les regrets. "Je suis fier du match, du contenu, des attitudes, de la personnalité. Mais pour faire un exploit, il faut gagner. Je suis très content qu’on ait ce point. L’exploit n’est pas pour ce soir, mais la qualité proposée par les joueurs était là."
Luciano Spalletti : Si je ne gagne pas, je ne suis pas heureux
Du côté de la Juventus, Luciano Spalletti affichait une satisfaction mesurée après ce match nul face aux Rennais. L’entraîneur italien regrettait surtout les deux buts encaissés par son équipe. "Nous avons bien joué aujourd’hui, avec un bon rythme, mais malheureusement, nous avons concédé deux buts que nous n’aurions pas dû encaisser", expliquait-il. Le technicien estimait toutefois que ses joueurs avaient répondu présent. "Il me semble que les joueurs ont très bien réagi. Ils ont élevé leur niveau de jeu aujourd’hui, mais il nous manque encore quelque chose." Spalletti insistait également sur la nécessité de faire progresser son équipe plus rapidement vers l’avant, en suivant le rythme du ballon. Mais sa conclusion ne laissait aucune place à l’ambiguïté : "Si je ne gagne pas de matchs, je ne suis pas heureux."
Au-delà du résultat, cette soirée restera aussi celle des supporters bretons. Dans les tribunes de l’Allianz Stadium, les 2 200 Rennais ont soutenu leur équipe du début à la fin. Une ferveur que Franck Haise n’a pas manqué de saluer. "J’ai évoqué pas mal de choses sur la causerie dont le soutien en déplacement. Donner, offrir, c’est notamment pour tous ceux qui étaient là et qu’on a bien entendus, c’est important de les rendre fiers." Dans les rangs des supporters, le sentiment oscillait entre satisfaction et frustration. "C’était une très belle ambiance et franchement un bon spectacle. On est presque déçu au final alors que ça sentait la valise", résume Nicolas. Avec cinq points pris en trois rencontres de Ligue Europa, le Stade Rennais poursuit son parcours européen sans défaite.
La fiche du match. Juventus Turin – Stade Rennais : 2-2. Jeudi 22 octobre 2026 – Allianz Stadium, Turin. Troisième journée de la Ligue Europa. Buts : Zeki Çelik (5e) et Nick Woltemade (67e, penalty) pour la Juventus ; Mousa Al-Tamari (15e) et Boulaye Dia (43e, penalty) pour Rennes.
Juventus Turin : Vicario – Bremer, Gatti, Kelly – Cambiaso, Douglas Luiz, Koopmeiners, Çelik – McKennie – Kolo Muani, Woltemade. Entraîneur : Luciano Spalletti.
Stade Rennais : Samba – Rouault, Cresswell, Aït Boudlal – Reynolds, Camara, Rongier (capitaine), Thomasson (Szymanski, 81e), Nagida – Al-Tamari (Mayenda, 81e), Dia (Soumaré, 81e). Entraîneur : Franck Haise.

L'ex-Rennais Steven Moreira a marqué ce samedi le but du 2-1 (86') de la victoire de Toulouse (3-1) contre Auxerre en Ligue 2.Avec ce but, il met fin à 11 mois sans victoire du TFC (6 nuls, 21 défaites).

A 34 ans, Yoann Gourcuff n’a pas officiellement mis un terme à sa carrière. Mais l’international français (31 sélections) a complètement disparu des radars. La faute à des blessures qui ont gâché ses années au plus haut niveau.
Le 20 octobre 2018 reste sa dernière apparition sur un terrain de football sous le maillot de Dijon. Ce jour-là, il avait joué les 30 dernières minutes du match contre Lille et terminé la rencontre touché à la cuisse gauche… Une énième rechute. Sûrement celle de trop. Le modeste club bourguignon lui avait pourtant tendu la main pour mettre ses qualités techniques au service du collectif et lui offrir une chance de retrouver le plaisir ainsi que ses sensations. En vain.
Ce nouvelle (dernier ?) épisode est venu renforcer le sentiment de gâchis d’une carrière qui n’a finalement pas embrassé le destin qui lui était prédit. Une carrière coupée en deux avec des débuts prometteurs à Rennes avant de prendre la direction à seulement 20 ans de l’AC Milan, où les médias italiens voyaient en lui le nouveau Zinédine Zidane. Malgré quelques performances intéressantes, le milieu de terrain n’est pas parvenu à se faire sa place au milieu des Kakà, Clarence Seedorf, Andrea Pirlo, Gennaro Gattuso ou encore Ronaldinho.
A sa demande, il est prêté à Bordeaux en 2008. Et en Gironde, c’est l’explosion. Sous les ordres de Laurent Blanc, il a été l’un des grands artisans du doublé Champion de France-Coupe de la Ligue réalisé pour le club bordelais en 2009. La saison suivante, alors que Bordeaux l’a recruté définitivement, il a été contrarié par des blessures qui l’ont empêché de donner la pleine mesure de son talent.
Et l’été 2010 a marqué un tournant entre la Coupe du monde en Afrique et la triste affaire de Knysna venue s’ajouter à ses supposées tensions avec Franck Ribéry, puis son transfert mouvementé à Lyon. Yoann Gourcuff n’en est pas sorti indemne et une longue descente aux enfers a commencé pour lui entre blessures et rechutes auxquelles sont venues s’ajouter les moqueries sur sa fragilité physique.
Après cinq saisons à l’OL, où il a passé une bonne partie de son temps à l’infirmerie, il est retourné à Rennes, mais le retour dans son club formateur a également été émaillé par une accumulation de pépins physiques qui n’ont cessé de lui pourrir la vie. Ce sera encore le cas à Dijon qu'il a rejoint à l'été 2018. En Bourgogne, il n’a joué que huit matchs avant de partir six mois seulement après son arrivée et de prendre la direction de sa Bretagne natale.
Mariage avec Karine Ferri
Près de Lorient, Yoann Gourcuff s’est remis au tennis. Avec brio. A l’automne dernier, le quotidien Ouest-France avait relaté ses performances avec le club du TC Lamor-Plage dans le Morbihan. Et il n’est pas étonnant de le voir briller raquette à la main. Dans sa jeunesse, Gourcuff était l’un des grands espoirs du tennis breton. En 1998, il avait même participé à l’Open super 12 d’Auray, remporté par Rafael Nadal. Il a d’ailleurs longtemps hésité entre la petite balle jaune et le football avant de finalement opter pour les crampons.
D’un point de vue professionnel, certains lui ont prêté une reconversion comme agent immobilier. Une rumeur démentie par sa femme Karine Ferri, qu’il a épousée en juin 2019 dans le Var. «A titre informatif, Yoann ne se lance pas dans l’immobilier, c’est une fois de plus une information erronée. Au passage, Stéphane Plaza le fait mieux que personne et on l’embrasse», avait confié la présentatrice télé.
Et en attendant de trouver un projet susceptible de l’intéresser, Yoann Gourcuff joue les papas poules avec ses deux enfants âgés de 4 et bientôt 2 ans. Le bonheur autrement.

Le sprinteur de record du monde et huit fois médaillé d'or olympique, Usain Bolt, a été testé positif au coronavirus et s'auto-isole chez lui en Jamaïque après avoir célébré la semaine dernière son 34e anniversaire avec une grosse bash sans masque.
Le ministère de la Santé jamaïcain a confirmé lundi soir que Bolt, qui détient des records du monde sur les 100m et 200m, avait été testé positif après avoir publié une vidéo sur les réseaux sociaux vers midi disant qu'il attendait de recevoir ses résultats.
"Juste pour être en sécurité, je me suis mis en quarantaine et je me suis contenté de prendre les choses tranquilles", a déclaré Bolt dans le message qu'il semblait s'être enregistré pendant qu'il était couché dans son lit. Il a été publié avec la légende «Restez en sécurité mon ppl.»
Le seul sprinter à avoir remporté les médailles d'or du 100 m et du 200 m lors de trois Jeux olympiques consécutifs (2008, 2012 et 2016) a déclaré qu'il ne présentait aucun symptôme du COVID-19, la maladie respiratoire causée par le nouveau coronavirus.
Bolt a déclaré qu'il avait passé le test samedi, le lendemain de son anniversaire lors d'une fête où les fêtards dansaient sur le tube «Lockdown» du chanteur de reggae jamaïcain Koffee.
«Le meilleur anniversaire de tous les temps», a écrit Bolt, qui a pris sa retraite de l'athlétisme en 2017, sur Instagram, en publiant une photo de lui-même tenant sa fille, Olympia, née en mai.
À l'été 2000, le Stade rennais sortait le chéquier et dépensait 140 millions de francs (21,3 millions d'euros) pour s'offrir une pépite brésilienne de 21 ans : Severino Lucas. Un gros coup qui s'est rapidement transformé en bide, au point de devenir un flop symbolique du foot français. Vingt ans plus tard, Lucas a toujours sa place dans le livre des records du Stade rennais, dont il reste officiellement la recrue la plus chère de l'histoire du club breton. Du Brésil, il accepte de revenir sur cette drôle d'aventure rennaise, dont il garde malgré tout quelques bons souvenirs.

Racontez-nous ce transfert au Stade rennais, à l’été 2000. Il paraît que vous auriez aussi pu signer à Marseille. Comment l’option Rennes se présente-t-elle à vous ?
En fait, j’ai une conversation avec Abel Braga, qui est l’entraîneur de l’OM. Il me montre son intérêt de me recruter, mais il fait aussi venir Adriano Gabiru (acheté 4,3 millions d’euros en juillet 2000, ndlr) et je ne reçois jamais de proposition officielle de Marseille. Une ou deux semaines plus tard, le Stade rennais contacte mon agent avec une proposition plus intéressante pour tout le monde financièrement, même si pour moi il n'y avait pas un écart gigantesque. Ils m’annoncent que le club est en train de monter une équipe très forte avec l’ambition de grandir, et ça me séduit. En plus, ils avaient déjà recruté trois joueurs brésiliens (César, Vânder et Luís Fabiano) et Mario Héctor Turdó, un Argentin. Il y avait aussi Bernard Lama qui venait d’arriver, c’était un grand nom et ça confirmait le discours du club. Puis, il y avait aussi le fait que ce n’était pas une très grande équipe, ce qui enlevait cette pression de remporter des titres. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu.
Comment vivez-vous, à l’époque, votre arrivée en France ? Ça ne doit pas être facile de quitter son pays, son continent, à 21 ans.
Je l’ai bien vécu. À ce moment-là, je suis souvent appelé avec la sélection olympique, je suis aussi dans un grand moment de ma carrière en club où je suis un joueur majeur de mon équipe (l’Atletico Paranaense) et le principal buteur. Et depuis plusieurs années, j’ai cette envie de venir jouer en Europe. À aucun moment je ne regrette d’avoir pris cette décision car j’étais vraiment prêt à relever le défi. Le challenge, c’était bien sûr de pouvoir jouer en Europe, mais aussi d’être capable de me prendre en charge seul là-bas, dans un autre pays. Pour moi, il était temps de faire face à ces nouveaux défis.
Il y a aussi le coût du transfert (21,3 millions d’euros) qui fait parler à l’époque. Comment gérez-vous la pression générée par cette indemnité importante ?
Au départ, je n’imagine pas du tout que ça va être une pression pour moi. C’est avec le temps que j’ai commencé à la ressentir. Après les JO et la déception d’avoir perdu, je suis rentré à Rennes et j’ai compris que je devais faire quelque chose de grand.
"En rentrant des JO, je me suis réveillé en comprenant ce que représentait ce transfert au Brésil, à Rennes et en Europe. La pression était énorme, finalement."
Jusqu’à présent, tout se passait bien pour moi en sélection comme en club mais en rentrant des JO, je me suis vraiment réveillé en comprenant ce que représentait ce transfert au Brésil, à Rennes et en Europe. La pression était énorme, finalement, et je l’ai ressenti pendant mes deux années et demies passées en France. J’avais toujours cette étiquette sur le front, il y avait toujours cette remise en question de la valeur de mon transfert, peu importe ce que je faisais sur le terrain. C’est vrai que mes statistiques n’étaient pas bonnes, mais il y a eu des bons matchs, il y a eu des buts... Puis dès qu’il y avait un mauvais résultat, on en revenait toujours au coût du transfert. La somme était élevée, c’est vrai, mais je pense qu’elle était juste sur le moment vu ce que je faisais au Brésil.
Vous étiez le symbole de l’ambition de François Pinault. Avez-vous eu l’occasion de rencontrer et d’échanger avec l’actionnaire rennais ?
C’est aussi après avoir découvert l’histoire de M. Pinault que le projet rennais m’a enthousiasmé. Je savais que c’était un grand entrepreneur, une personne qui avait du succès dans ses affaires... J’ai donc imaginé que moi aussi, je ferais partie d’un projet gagnant. J’ai eu l’occasion de le rencontrer à plusieurs reprises, c’est quelqu’un de très poli, très gentil.
"Au-delà de l'argent dépensé, je pense surtout que M. Pinault était triste de ne pas réussir à faire du Stade rennais une place forte du foot français et européen."
Il ne m’a jamais mis la moindre pression. Peut-être aussi parce qu’il n’était pas là tous les jours, il ne participait pas au sportif, c’était l’investisseur. Nous avons même dîné ensemble et il m’a toujours apporté sa confiance. C’est évident qu’il aurait préféré que les choses se passent différemment, qu’il y ait un retour sur investissement. Mais au-delà de l’argent dépensé, je pense qu’il était surtout triste de ne pas réussir à faire du Stade rennais une place forte du football français et européen. Car c’est un vrai gagneur.

Le 5 août 2000, vous jouez vos premières minutes en Ligue 1 contre le Paris Saint-Germain (1-1). Vous souvenez-vous de ce match ?
Bien sûr. J’étais entré en jeu, c’était en deuxième période (il remplace Christophe Le Roux à la 77e minute, N.D.L.R.). Je me rappelle qu’il y avait Anelka sur le banc du PSG, et surtout que j’étais très heureux de démarrer un nouveau chapitre avec ce club, en Europe. Les fans m’encourageaient, il n’y avait pas la moindre critique mais l’espoir que je fasse de belles choses. C’était un match spécial même si le PSG n’était pas celui d’aujourd’hui avec tous les investissements, mais ça restait un club très connu au Brésil puisque Raí y avait joué. Raí est d’ailleurs une des raisons qui m’a poussé à venir en France : il est originaire de Ribeirão Preto, comme moi, et nous avons des amis en commun.
Après trois premières apparitions en août, vous devez justement quitter le groupe pour rejoindre la sélection du Brésil pour les JO de Sydney. Cela n’a pas été embêtant pour votre intégration en Europe ?
C’est possible, oui. Mais peut-être aussi que si j’avais remporté les JO, je serais revenu avec plus de confiance. Nous avions perdu les JO de manière humiliante : on jouait à 11 contre 9, il y avait une grosse pression au Brésil sur cette génération avec Ronaldinho et Lucio qui avaient déjà connu la Seleçao (le Brésil est éliminé par le Cameroun en quarts de finale avec des buts de Patrick Mboma et Modeste M'Bami, N.D.L.R.). Du coup, je n’ai pas fait la préparation avec Rennes.
"Je pensais que le problème, c'était les autres, et pas moi."
J’ai raté le travail physique, tactique et je n’ai pas pu créer des automatismes avec les autres joueurs. C’est vrai que la deuxième année, j’aurais dû me donner davantage dans la préparation mais j’étais encore jeune et je pensais que le problème, c’était les autres et pas moi. La première année, c’était de l’adaptation, la deuxième, c’est de ma faute. J’aurais dû travailler et j’en ai fait les frais par la suite.
En quoi le foot pratiqué en France était-il différent de celui joué au Brésil ?
La principale différence, c’est que le football français était un foot physique. Je ne sais pas si c’est encore le cas mais à l’époque le championnat était très physique, avec notamment beaucoup de joueurs africains qui étaient très forts physiquement. Au début, ça m’a gêné parce que je n’avais pas beaucoup de force malgré ma vitesse. Il a fallu que je m’adapte. Paul Le Guen, Christian Gourcuff et László Bölöni ont modifié mon style de jeu. J’étais utilisé meneur, parfois attaquant, et beaucoup de personnes ne comprenaient pas pourquoi je marquais moins de buts. Mais ils n’avaient pas compris que j’avais changé de position.
Ce problème de positionnement, ça ne vous a pas aidé pour votre épanouissement.
Comme je l’ai dit, les trois entraîneurs ont essayé de trouver la meilleure position pour moi. Mais je pense que jouer en pointe, ce n’était pas pour moi. Au Brésil, je ne jouais pas à ce poste, j’étais plutôt sur un côté ou derrière l’attaquant. À Rennes, j’ai joué un peu partout, j’ai parfois fait des bons matchs, d’autres moyens, d’autres mauvais, d’autre ridicules... Malheureusement, je n’ai jamais pu enchaîner les matchs au même poste. Je devais m’adapter en permanence, c’était difficile de faire la différence dans ces conditions. C’était peut-être une erreur de ma part de ne pas dire dans quelle position je me sentais le mieux, mais j’étais jeune.
Quelle était votre relation avec Paul Le Guen ? Et avec Christian Gourcuff ?
J’ai une affection toute particulière pour Paul Le Guen. Une grande affection, même. Il m’a aidé dans
"Je pense que l'histoire aurait été différente si Paul Le Guen était resté. J'ai une grande affection pour lui."
les bons comme dans les mauvais moments. Quand j’étais critiqué, il me protégeait. Il avait voulu me recruter et c’était une déception de ne pas avoir continué avec lui une deuxième année car j’avais sa confiance et je savais que je m’améliorais. Gourcuff, c’est quelqu’un de plus exigeant. Il ne me connaissait pas vraiment mais il m’avait vu jouer et connaissait mes caractéristiques. C’est un coach intelligent, très porté sur la tactique et très studieux. J’avais moins de complicité et de liberté qu’avec Le Guen, mais je ne dirais pas de mal de lui. Nous avions des pensées différentes mais cela a toujours été respectueux entre nous. En tout cas, des trois entraîneurs que j’ai connus au SRFC, Le Guen est celui avec lequel j’ai vécu les meilleurs moments. Et je pense que l’histoire aurait été différente s’il était resté.

Il y avait une vraie colonie brésilienne à Rennes à l’époque. Était-ce une bonne chose pour votre intégration ?
Il y avait du positif et du négatif. Le côté positif, c’est de pouvoir parler dans sa langue natale, avoir des gens avec lesquels tu peux fraterniser hors du terrain. Mais en contrepartie, tu crées un groupe qui ne s’adapte pas à la langue française, qui n’apprend pas des autres joueurs. Je ne peux pas dire que ça m’a été préjudiciable, César parlait d’ailleurs très bien français et il nous a aidés. Mais plus tard, quand je suis parti au Japon, j’ai compris qu’apprendre la langue permet aussi d’avoir une relation avec les joueurs locaux et facilite l’adaptation dans un groupe. Puis, ça permet aussi d’avoir plus de liberté quand tu te balades dans la rue avec ta femme. Cette colonie brésilienne au Stade rennais, c’était quand même une bonne expérience et nous sommes encore amis aujourd’hui. On a vécu des bons moments.
À quoi ressemblait votre vie quotidienne en Bretagne ?
S’il y a bien une chose dont je ne peux pas me plaindre à Rennes, c’est la vie en dehors du terrain. Je vivais très bien. J’aimais beaucoup aller sur la côte, à Saint-Malo, ou encore aller voir le Mont Saint-Michel.
Je commençais même à apprécier les produits locaux avec quelques restaurants. Le centre de Rennes est très joli, je suis catholique et j’ai pu découvrir de très belles églises. Ma femme aimait aussi beaucoup la ville, on y a vécu des moments importants de notre vie personnelle donc ce n’était pas évident de partir en 2003. Je n’ai que de bons souvenirs de la vie à Rennes même s’il pleuvait souvent (rires). J’aimais bien ce climat frais. Et je me suis fait beaucoup d’amis qui vivent encore à Rennes et qui me manquent aujourd’hui. J’espère pouvoir revenir prochainement.
Entre juillet 2002 et juin 2003, vous enchaînez deux prêts à Cruzeiro et aux Corinthians, au Brésil. Était-ce votre choix ?
Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est la décision du club. J’avais déjà eu des propositions la première année, je n’en avais pas voulu. Après la deuxième année, mon agent m’a convaincu en me disant que le nouvel entraîneur (Vahid Halilhodžic) ne comptait pas sur moi. C’était une déception, je rêvais de faire mieux ici. Rien n’était prémédité : j’étais en vacances, j’avais tout laissé chez moi à Rennes et mon frère et ma soeur ont été obligés de ramener mes affaires au Brésil. C’était un choix du coach sans que je puisse en parler avec lui.
Quand en 2003 vous revenez à Rennes, qu'est-ce que vous vous dites ? Que c’est le moment de tout exploser ou que cela va être très compliqué ?
Pour être honnête, je n’imaginais pas vraiment que je reviendrais. Je suis revenu différent, déjà parce que j’étais marié. Puis, je n’avais plus 21 ans, j’en avais 24, j’étais plus mature, j’avais plus d’expérience. Je ne pensais pas être très bien accueilli mais László Bölöni a demandé mon retour. Ça se passait bien, mes premiers matchs ont été bons, puis j’ai eu une baisse de régime, l’équipe n’allait pas bien non plus (il joue son dernier match sous le maillot rennais au Vélodrome le 25 octobre 2003, N.D.L.R.). Du coup, j’ai décidé de partir au Japon où j’avais une proposition intéressante. J’ai abandonné ma volonté d’exploser en France, j’ai décidé de changer d’air et de choisir un défi différent.
Pourquoi ce départ au Japon ?
D’un point de vue financier, c’était un contrat de trois ans avec un salaire similaire avec ce que j’avais au Stade rennais, en un peu mieux même. Je pensais faire ces trois années là-bas pour partir loin de mes problèmes, de la pression, avant de rentrer au Brésil à 28 ans. Finalement, ça s’est très bien passé (il est parti en 2010, avant de revenir pour deux saisons au FC Tokyo entre 2011 et 2013, N.D.L.R.).
"C’était une décision difficile pour moi de quitter l’Europe, de dire adieu à mon rêve de retrouver la sélection brésilienne et de me faire un nom mondialement."
C’est vrai que le niveau était plus faible qu’en Europe, mais j’ai pu voir l’évolution du foot japonais. À l’époque, il devait y avoir quatre ou cinq joueurs japonais en Europe et quand je suis parti, ils étaient une centaine. Je pense avoir participé, avec les autres joueurs étrangers, à cette évolution. Et c’est un plaisir. Pourtant, c’était une décision difficile pour moi de quitter l’Europe, de dire adieu à mon rêve de retrouver la sélection brésilienne et de me faire un nom mondialement. Aujourd’hui, je pense que c’était la bonne décision, je n’étais plus critiqué, je n’avais plus cette pression. Et je vivais paisiblement en faisant ce qui me plaisait le plus : jouer au football.
Que devenez-vous aujourd'hui ?
Je suis au Brésil, à Ribeirão Preto, la ville dans laquelle je suis né, où je vis avec mes trois enfants. Je travaille dans la construction civile. J’ai une entreprise qui construit des maisons et des appartements. Et après, on les vend. Je ne vis pas dans le luxe, mais j’ai une vie heureuse, tranquille et bien remplie. Mes deux fils veulent aussi devenir footballeurs. Je rêve de les voir un jour aller au Stade rennais et d’y connaître une histoire différente de la mienne, avec plus de joie et de succès.
Vous suivez encore les résultats du Stade Rennais ?
"J’ai de l'affection pour Rennes mais je ne sais pas si c'est réciproque"
Je n’ai aucune relation avec le club, mais je continue de suivre les résultats. J’ai été très heureux de les voir remporter la Coupe de France, c’était un moment important pour le club. J’ai de l’affection et de la reconnaissance pour ce que le Stade rennais a fait pour moi, je n’ai jamais eu de problèmes avec les supporters, les dirigeants, les joueurs... Le seul problème, c’est que je n’ai pas fait que des bonnes choses sur le terrain. Mais les personnes qui me connaissent savent que j’ai toujours essayé de m’améliorer et que j’ai tout donné. J’ai de l’affection pour la ville, le club, même si je ne sais pas si c’est réciproque.
Vingt ans plus tard, vous n'en avez pas marre qu'on vous parle sans cesse de ce transfert record à Rennes ?
Parfois, oui. J’ai vraiment souhaité que Raphinha batte ce record pour qu’on ne m'en parle plus, mais il a malheureusement coûté un peu moins cher (Rires.) Parfois, ça me fatigue tout ça mais je dois l’accepter : le transfert était très cher et le résultat sur le terrain n’a pas été à la hauteur. Même si ça me fatigue, je comprends et c’est pourquoi je réponds toujours aux sollicitations pour tenter d’expliquer ce qui n’a pas fonctionné. Ça fait 20 ans mais je ne suis pas du tout en colère.

Il fut une époque où le Stade Rennais se prenait pour le PSG et alignait sans compter. Un credo dont le transfert de Luis Fabiano pour 12 millions, alors que le garçon n'était âgé que de 19 ans en 2000, reste la plus belle illustration.
L'attaquant auriverde, de retour au Sao Paulo FC, est revenu sur sa pige bretonne et le choc footballistique pour lui, à l'époque, sur le site Internet de la FIFA : "L'entraîneur était Paul Le Guen. Il était très exigeant. Je n'oublierai jamais cette période. À Ponte Preta (ndlr : son club formateur au Brésil), le football allait à 90 km/h. En France, on était à 200 à l'heure."
Et l'ancien de Porto et de Séville de conclure en témoignant que son passage en France a été un mal pour un bien : "Ça m'a beaucoup aidé, même si je n'ai pas vraiment percé. Tout était nouveau, mais je n'étais pas heureux dans mon travail. Je ne jouais quasiment jamais. Je n'avais qu'une chose en tête : retourner au Brésil. Le pays me manquait énormément. Mon retour au Brésil a été crucial pour me permettre de devenir ce que je suis aujourd'hui. "
C'est-à-dire un monsieur aux 28 buts en 44 sélections qui a gagné deux coupes UEFA, une Supercoupe d'Europe, une Copa América ou encore deux Coupes d'Espagne.

Landry Chauvin, ancien directeur du centre de formation du Stade Rennais et ex-entraîneur de Nantes, Brest ou Sedan, rejoint la DTN et sera notamment en charge de la sélection nationale des U18.
Au sein de la Direction Technique Nationale, sous la responsabilité d’Hubert Fournier le DTN, Landry Chauvin aura en charge la sélection nationale des U18. Il interviendra également en tant que formateur pour le Brevet d’Entraineur Formateur de Football (BEFF) et sera en charge du suivi des centres de formation et des sections sportives élites des clubs professionnels dans le cadre du Programme de Performance Fédéral.
Formateur dans l’âme, Landry Chauvin, 51 ans, s’est longtemps occupé des jeunes du Stade Rennais avec lesquels (Yoann Gourcuff, Jimmy Briand notamment) il remporte la Coupe Gambardella-CA en 2003, puis à deux reprises le titre de champion de France des réserves professionnelles (2004 et 2007).
Il obtient son diplôme d’entraîneur professionnel de football (DEPF) en 2008 puis devient l’adjoint de Pierre Dréossi à Rennes, avant d’être nommé entraîneur du CS Sedan Ardennes (L2) durant trois saisons. Il est ensuite nommé au FC Nantes (L2) en 2011-2012, puis s’envole vers le Stade Brestois (L1) la saison suivante.
La formation le rappelle ensuite, à Caen puis à Rennes, où il revient occuper le poste de directeur de l’académie de 2015 à 2019. S’en suit une expérience dans le staff de la Sélection nationale marocaine avant de désormais rejoindre la FFF.
Comment s’est conclue votre arrivée à la Fédération ?
LC : De par ma fonction au Stade Rennais, j’étais en contact régulier avec les sélectionneurs nationaux de la FFF pour échanger au sujet des jeunes joueurs appelés en sélections. J’ai rencontré Hubert Fournier début décembre, puis le président Noël Le Graët en février. Ils m’ont offert cette possibilité de les rejoindre et j’ai saisi cette formidable opportunité. Mon parcours est assez riche et varié : quinze ans en tant que formateur au Stade Rennais, un an comme adjoint dans un club professionnel, cinq ans au poste d’entraîneur en Ligue 1 et en Ligue 2, puis 5 ans directeur de l’académie du Stade Rennais. Avec en prime une petite expérience avec la sélection nationale au Maroc qui m’a permis de découvrir les éliminatoires de la Coupe d’Afrique. Alors aujourd’hui cette proposition d’intégrer la FFF, la DTN, quand on est éducateur, cela ne se refuse pas. Je suis ravi.
Quelles seront vos missions à la DTN ?
Il y en aura principalement trois. La première concerne la Sélection nationale des U18, avec la génération 2003. Nous vivrons une année un peu particulière avec uniquement des matchs amicaux puisqu’avec la crise sanitaire la création de la Ligue des Nations a été reportée d’un an par l’UEFA. La deuxième est une mission de formation de cadres. J’interviendrai dans différents modules dispensés pour le Brevet d’Entraîneur Formateur de Football (BEFF). Enfin, je serai impliqué sur le Projet de Performance Fédéral (PPF), avec le suivi des centres de formation et des sections sportives élite. Je viens de découvrir l’emploi du temps du PPF et c’est passionnant.
Quelle est votre ambition en démarrant cette aventure ?
D’abord me fondre dans le moule et, j’espère, pouvoir apporter ma petite touche et mon expérience car je connais les attentes de mes collègues directeurs de centres. Et puis il y a ce lien étroit entre les différents sélectionneurs nationaux pour le suivi de nos jeunes. Aujourd’hui les jeunes attachent beaucoup d’importance aux Sélections. C’est un atout.
(Source : FFF)
Le Rennais Arthur Sorin, défenseur de l’AS Vitré (N2) depuis cinq ans, met un terme à sa carrière, à bientôt 35 ans. La fin d’une histoire pour ce joueur formé au Stade Rennais, vainqueur de la Gambardella en 2003 aux côtés de Gourcuff et Briand, passé par Vannes (National), Sedan (Ligue 2), et dont le parcours a été marqué par huit saisons en Suède et au Danemark. Confidences.
Arthur Sorin, la semaine dernière à Rennes | OUEST-FRANCE
La Gambardella
"Je l’ai gagnée en 2003, avec la génération Yoann Gourcuff, Jimmy Briand, etc. Cela reste l’un de mes plus beaux souvenirs, le meilleur forcément chez les jeunes. On avait une très grosse équipe, on avait fait un parcours sans faute. On était costaud, confiant sur le terrain. On savait que si on ne faisait pas d’erreur, on gagnerait tous nos matchs. Cette année 2003, niveau football, on était au-dessus... La seule amertume que j’ai, c’est de n’avoir pas débuté la finale. Je n’avais pas loupé une seule minute jusqu’à la finale, mais Grégory Bourillon et Jacques Faty étaient "redescendus" des pros pour la finale, et moi, j’ai sauté en défense… J’en ai longtemps un peu voulu à Landry Chauvin (son entraîneur) pour cette finale sur le banc. Il m’avait dit qu’il avait des choix à faire, et bien sûr que je le comprenais, mais au fond de moi, forcément, c’était dur à admettre…
Arthur Sorin (à droite), à l’entraînement du Stade Rennais avec Yoann Gourcuff, Jacques Faty et Olivier Sorlin. | ARCHIVES
Il n’empêche que malgré tout, ce titre reste un grand moment, très fort, au Stade de France. L’ambiance était top dans l’équipe. À ce moment-là, j’arrive à la porte du monde professionnel, et je gagne ce qu’il se fait de mieux pour les jeunes. Tout allait donc parfaitement. Depuis tout petit, mon objectif, c’était de faire une carrière au Stade Rennais, et là je suis devenu pro peu après (en 2005)… C’est donc ce que je voulais, mais ça n’a malheureusement duré qu’un an. J’ai compris, très vite, que le plus dur pour un jeune pro, c’était en fait d’arriver à rester pro, surtout dans un club comme le Stade Rennais, où beaucoup d’excellents joueurs sortent de formation."
Arthur Sorin, à la signature de son contrat pro, aux côtés de Pierre Dréossi (manager rennais). Ce jour-là, Simon Pouplin et Stéphane Mbia ont également signé leur premier contrat. | ARCHIVES
Vannes
"Je suis prêté à Vannes (National) dès ma première année pro, en 2005. C’était une super expérience, j’étais l’un des plus jeunes de l’effectif, on avait un super groupe. Au fond de moi, là-bas, je voulais montrer que j’avais le niveau pour signer un nouveau contrat pro à Rennes en revenant. À Vannes, on s’est maintenu facilement malgré des débuts difficiles. Le Voc, à l’époque, était à mi-chemin entre un club amateur et un club pro, le centre d’entraînement était en pré-fabriqué, ça me changeait de Rennes et de la Piverdière… Pour moi, c’était la première fois que je quittais le cocon familial, l’environnement rennais, et avec le recul, ça m’a fait du bien. J’ai adoré mon année là-bas, ça jouait bien au foot, la ville était agréable, j’ai beaucoup appris, même si ça n’a pas toujours été simple avec Stéphane Le Mignan."
Le départ de Rennes
"Après Vannes, en 2006, Rennes ne m’a finalement pas prolongé. Je crois tout simplement qu’au club, on ne me jugeait pas assez bon. J’avais refait un match amical avec Rennes à la fin de l’année, ça s’était plutôt bien passé pourtant, mais voilà, le club ne m’a rien proposé. C’est le foot, c’est comme ça, je n’ai pas trop cherché à savoir, à comprendre, Rennes ne m’a pas expliqué pourquoi ça s’arrêtait tout d’un coup… Mais il n’y avait pas grand-chose à comprendre, en fait. Il fallait aussi être réaliste : il y avait une belle équipe à l’époque, qui tournait très bien, elle n’avait simplement pas besoin d’un gars comme moi. Au départ, ce n’était pas évident, j’avais toujours rêvé de faire carrière à Rennes. Cela a été un coup au moral, mais au bout d’un moment, je me suis dit que ça n’allait pas s’arrêter là. À cette époque, le Suédois Erik Edman jouait à Rennes, et il connaissait un directeur sportif en Suède qui cherchait un arrière droit dans son pays. Il m’avait vu à l’entraînement, il en a parlé au directeur sportif. C’était pour le club de Kalmar, je n’en avais jamais entendu parler avant… Je suis allé là-bas pour effectuer un essai d’une semaine. Mais j’ai signé au bout de deux jours."
Arthur Sorin, avec le maillot de Kalmar, en Suède. | ARCHIVES ARCHIVES
La Suède
"Je me suis posé des questions avant d’y aller, honnêtement. Jamais je n’aurais pensé joué là-bas, j’ai un peu hésité, mais je n’avais rien à perdre. Tours (Ligue 2 à l’époque), s’était renseigné sur moi, mais finalement, j’ai opté pour la Suède. Et au final, je n’ai aucun regret. C’est en Suède que j’ai passé les deux plus belles années de ma carrière. Je suis tombé dans le bon club au bon moment. Je me suis éclaté sur le terrain, on a décroché un titre de champion de Suède et une Coupe de Suède. J’ai découvert une autre mentalité, une culture différente, beaucoup de respect dans tout… Au début, ça n’était pas simple, je suis arrivé l’hiver et il faisait nuit à 15 h. Mais j’ai bien été aidé sur place, les gens étaient hyper sympas avec moi. Dès les premiers entraînements, j’ai vu de super joueurs. J’étais le plus petit et le moins costaud de l’équipe (rires). On avait un jeu atypique : on défendait bas, mais quand on récupérait on allait à 2 000 à l’heure avec des Brésiliens devant. C’était un bon mélange de physique et de technique. Et tactiquement, le coach était très bon."
Le Danemark
"Kalmar voulait me prolonger au bout de deux saisons, mais le club danois d’Aarhus, à six mois de la fin de mon contrat, a commencé à s’intéresser à moi. Il voulait déjà m’acheter d’ailleurs. Kalmar n’avait pas voulu, on a été champion, mais à la fin de l’année, je suis donc parti libre au Danemark. Pourquoi ? Le championnat danois était quand même plus relevé que le suédois, c’était un nouveau challenge, et financièrement, oui, ça a joué aussi... Je suis arrivé à Aarhus, donc, mais le coach qui m’avait recruté venait de se faire limoger juste avant. Son successeur, lui, ne me connaissait pas du tout, c’était en plus une personnalité particulière. Il m’a dit d’entrée que je devrais prouver des choses, qu’il y avait de bons Danois dans l’équipe et que moi, il ne savait rien de mes qualités. J’ai malgré tout commencé titulaire, j’avais fait de bons matchs, mais à la fin d’année, je n’étais plus toujours aligné d’entrée. Au bout de ces six premiers mois à Aarhus, Landry Chauvin m’a alors contacté pour me parler de Sedan (Ligue 2), où il était entraîneur. Je me suis dit pourquoi pas ?"
Arthur Sorin, à l'entraînement avec Aarhus. | OUEST-FRANCE
Sedan
"Je connaissais donc déjà Landry Chauvin, et j’avais à ce moment-là envie de retourner en France. Ma compagne, française, était enceinte et devait accoucher bientôt, et l’opportunité de jouer en France, enfin chez les pros, me tentait aussi. Je suis arrivé à l’été 2009 en pleine préparation à Vittel. Tout se passait bien, on faisait de bons matchs amicaux. Mais lors d’un des premiers matchs de la saison de L2 à domicile contre Ajaccio, j’étais titulaire et je n’ai pas été bon. On a perdu 3-1 et j’ai pris le chemin du banc après ça. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à avoir des problèmes au talon d’Achille. J’ai passé presque le reste de l’année à l’infirmerie, je suis revenu avec la réserve mais je n’ai jamais vraiment réintégré l’équipe. C’était une vraie année galère. Le groupe, à côté de ça, était extra, on avait une belle équipe, Benoît Costil, Paul Baysse, etc.. Heureusement aussi, ma compagne était là, on venait d’avoir notre fille Inès, tout allait bien de ce côté-là. La vie dans les Ardennes, c’était aussi autre chose que le Danemark. Aarhus est une belle ville, vivante, mais Sedan, honnêtement, ça n’avait rien à voir... Ceci dit, le club a un magnifique centre d’entraînement. Au club, avec Landry Chauvin, c’est devenu compliqué. Au bout d’un moment, on ne se parlait même plus. Après mon retour de blessure, à aucun moment je n’ai senti qu’il voulait me faire revenir dans l’équipe…"
Danemark (épisode 2)
"Quand je suis retourné au Danemark en 2010, l’entraîneur avait de nouveau changé. Le club venait de descendre en D2. On est remonté directement, et dès la remontée, on a réalisé l’une des plus belles saisons du club, on a fini 4es, on a même joué les tours préliminaires de Coupe de l’UEFA. Le club m’a alors prolongé trois ans, et sur ces trois années, seule la dernière me laisse sur ma faim. Le coach avait encore changé, et je n’ai pas joué. Je ne comprends d’ailleurs toujours pas trop pourquoi, mais j’ai été au bout de mon contrat. Cette fois, il était temps de partir. Il était temps de rentrer. Entre-temps, mon fils Viktor était né, et la France commençait à nous manquer, à moi et à ma compagne. Et puis, mes deux enfants étaient en âge d’aller à l’école, ça faisait un moment qu’on était parti, nos familles et nos amis étaient loin de nous… Tourner le dos au monde pro, au début, ce n’était pas évident dans mon esprit. Se dire qu’on va tirer un trait sur le professionnalisme, ça ne se fait pas comme ça. Mais petit à petit, cela s’est imposé à moi. Je crois que j’étais prêt, en fait. Je n’ai pas cherché à tout prix à continuer, en tout cas… J’avais une proposition au Danemark d’un autre club, mais dans ma tête et celle de ma compagne, nous devions rentrer."
Arthur Sorin, avec le maillot de l’AS Vitré. | OUEST-FRANCE
L’AS Vitré
"Vitré, ça s’est fait assez naturellement, en fait. Mon père (Michel Sorin) était l’entraîneur, il avait fait signer mon frère (Eliott) juste avant… Moi, j’avais repris l’entraînement avec eux comme ça, et au bout d’un moment ça s’est fait, voilà. Je m’étais fait une raison sur le monde pro, de toute façon, donc l’idée de jouer à Vitré avec mon père et mon frère me plaisait bien. La première année, j’avais un contrat fédéral, mais je suis devenu complètement amateur l’année d’après. Cette année-là, j’ai trouvé un boulot à la Samsic, j’étais chargé de recrutement à l’agence de Vitré.
Une vraie nouveauté pour moi. Jusque-là, je n’avais connu que le football, c’était la vie dont je rêvais, je ne pensais qu’au foot, je m’entraînais le matin, j’avais le temps de m’occuper de mes enfants l’après-midi… Mais là, tout devenait vraiment différent, les journées me paraissaient beaucoup plus longues... Cette vie de bureau, je ne la connaissais pas du tout. Il a fallu s’y mettre les premiers mois (rires)… Mais avec le recul, cela m’a fait du bien de découvrir autre chose. Le milieu du foot est assez fermé, tu croises certes du monde mais c’est très différent. Là, c’est la vraie vie.
Sur le terrain, le CFA m’a surpris. Quand je vois le niveau de cette division quand j’étais avec la réserve de Rennes entre 2003 et 2005, ça n’a rien à voir aujourd’hui. Maintenant, c’est solide, costaud. Pour moi, le plus dur, et je le dis honnêtement, ça a été de trouver la motivation. Quand tu arrives d’un championnat de première division, avec de jolis stades, tout ça, c’était champêtre parfois en CFA… Ce qui me manquait aussi, c’était la pression des gros matchs.
Après cinq saisons, tout se termine donc aujourd’hui, mais j’ai aimé Vitré. Ces années resteront de bons souvenirs. On a vécu une première année difficile, on a été repêché pour le maintien de justesse. Puis, mes deuxième et troisième années se sont bien passées (6e à chaque fois). La quatrième a été marquée par le parcours en Coupe de France. Je l’ai néanmoins vécu un peu de loin car ma blessure au talon m’a rendu indisponible de longs mois…"
La fin de carrière
"Mon corps dit stop. Jusque-là, je n’avais jamais eu de blessures musculaires, mais lors de cette cinquième et dernière année à Vitré, je les ai enchaînées, et j’en ai un peu marre de ces douleurs à répétition… Je ne faisais plus un match sans avoir de douleur depuis un an et demi. Tout a commencé avec une fracture du talon il y a un an et demi, ça a duré sept mois, j’ai repris, mais des blessures musculaires sont venues se greffer là-dessus depuis. Cette année, je n’ai pris aucun plaisir, j’avais toujours mal quelque part. Ces derniers mois ont été fatigants. À chaque fois que je reprenais, je me "pétais" quelque chose. Depuis que j’ai commencé à être footballeur, j’ai toujours voulu continuer jusqu’à ce que mon corps dise non. Et c’est maintenant. Et puis avec mon boulot à côté (à la Samsic), cela devenait compliqué de tout associer."
Les blessures
"Elles m’ont malheureusement souvent accompagné. Surtout sur les dernières années à Vitré, où elles se sont enchaînées. Si je regarde en arrière, tout est parti de Sedan et de ce pépin au talon d’Achille. Depuis, j’ai toujours joué avec une gêne à cet endroit. Le lendemain d’un match, il me fallait au moins dix minutes le matin pour remarcher normalement."
Arthur Sorin. | OUEST-FRANCE
Les lacunes
"Je n’ai jamais aimé les entraînements, et forcément ça a été un frein dans ma carrière. J’en suis conscient, ça m’a fermé des portes. Je me dis avec le recul que je n’ai pas toujours tout mis de mon côté, que le fait d’aller aux entraînements à reculons ne m’a pas aidé. Je n’ai peut-être pas fait tous les sacrifices qu’ont su faire d’autres. Mais il faut aussi comprendre que d’autres étaient très forts. Je suis lucide, là dessus. Je sais que j’avais des manques quand j’étais plus jeune. J’étais moins costaud physiquement, je n’ai jamais été très rapide et le foot d’aujourd’hui demande d’aller de plus en plus vite…
J’aimais le foot, c’était une passion, mais peut-être pas autant que certains joueurs. Quand j’en voyais à 200 % à l’entraînement et pas moi, je comprenais… C’est peut-être aussi ce qui a expliqué ma différence de parcours avec d’autres. Mais là encore, j’étais comme ça, c’était ma façon d’aimer le foot. Peut-être que ça explique aussi pourquoi avec mes entraîneurs, ça n’a pas toujours été simple. En fait, c’était tout l’un ou tout l’autre avec eux."
Le bilan
"Non, je n’ai pas de regrets, j’ai malgré tout profité, j’ai joué pro, j’ai eu cette chance d’y arriver, ce qui n’est pas donné à tout footballeur. Bien sûr, j’aurais rêvé de jouer en Angleterre, et bien sûr que certains de mes coéquipiers de la génération 2003 ont fait une plus belle carrière, bien sûr qu’on aimerait toujours plus…
Mais je crois simplement que j’ai fait la carrière que je devais faire. Il y a eu des hauts, des bas, j’ai su rebondir après mon année galère à Sedan, où je n’aurais peut-être pas dû aller… Au final, je suis content de mon bout de chemin dans le foot. Petit, je m’imaginais devenir pro, comme mon père, et j’ai réussi. J’ai duré une dizaine d’années dans le foot pro quand même… J’ai fait une belle petite carrière, dans des pays improbables, la Suède, le Danemark, j’y ai vécu de belles aventures."
La famille
"Finir ma carrière en famille, jamais je ne l’aurais imaginé. J’ai adoré joué avec eux, c’étaient de très, très belles années. Jouer à côté de mon frère, être entraîné par mon père, on ne peut pas rêver plus belle fin de carrière. L’an passé, ça m’a fait quelque chose de les voir briller en Coupe de France. Il y avait beaucoup d’émotions…"
L’avenir
"J’ai des projets, mais loin du foot. Vais-je-continuer à jouer au foot ? Oui, mais plus du tout à haut niveau, non. A priori, je vais repartir l’an prochain en championnat corpo, j’ai un pote qui est président d’un club à Rennes… Suis-je ému de raccrocher ? Disons que je m’y suis préparé. Mais ce qui me manquera le plus, ce sont les grands stades, le monde, la pression. Car si je n’aimais pas trop les entraînements, j’étais un gros compétiteur…"
L’ancien entraîneur du Stade Rennais, fraîchement nommé à la tête du Standard de Liège, se confie sur ses ambitions à la tête du club belge.

Philippe Montanier continue de sillonner l’Europe. Après l’Espagne, la France et l’Angleterre, l’ancien coach du Stade Rennais a choisi… le Standard de Liège : personne ne l’attendait en Belgique, mais c’est dans la Cité Ardente que l’entraîneur français veut rebondir, séduit par l’histoire du club Rouche et son académie.
Tu vas voir, ici c’est Marseille ! La phrase est d’Eric Gerets, ex-entraîneur belge de l’OM, à l’adresse de Montanier (55 ans) quand les deux hommes se sont parlé la semaine dernière. Montanier voulait rencontrer Gerets, l’âme du Standard, avec Michel Preud’homme à qui le Français succède comme coach. Montanier, une pointure pour citer la presse belge rappelant que le Nordiste a fait grimper son club de cœur (l’US Boulogne) de D4 en Ligue 1 en cinq saisons avant d’être élu meilleur entraîneur d’Espagne en 2013, emmenant la Real Sociedad à la 4e place de la Liga. Et voilà Montanier en Belgique (après aussi des épisodes en France, à Rennes et Lens, ou en Angleterre, à Nottingham).
"On s’est trouvés"
Le Standard était à la recherche d’un entraîneur, et moi j’aime les clubs historiques. Le Standard est très connu en France. Ceux qui connaissent l’histoire du foot européen savent ce que signifie ce club (finaliste de la C3 face à Barcelone en 1982). On s’est trouvés, déclare-t-il.Les dirigeants cherchaient un entraîneur francophone, avec de l’expérience, sachant gérer l’immense ferveur des supporteurs. Il fallait quelqu’un qui y soit préparé. Et puis aussi, c’est un club qui possède une formidable académie. Et dans les clubs où je suis passé auparavant, je me suis souvent appuyé sur beaucoup de jeunes issus de ces clubs. Nous avions cet ADN commun.
Montanier aime la mentalité belge. Sa fille vit au plat pays depuis neuf ans. Mais il sait aussi que son club n’est pas au mieux financièrement. C’est toujours le souhait d’un entraîneur de conserver ses meilleurs joueurs. Mais on connaît le foot moderne. Il faut donner l’envie aux jeunes joueurs de résister à la tentation de rejoindre des clubs plus huppés où ils pourront multiplier leur salaire par trois, par cinq. J’en ai connu par dix ! Garder un joueur contre sa volonté ce n’est jamais simple, insiste-t-il.
Et de poursuivre : "Aujourd’hui, j’ai la conviction que tout le monde semble fier de porter le blason du Standard mais on sait que cela va peut-être évoluer et il faut, en tant qu’entraîneur, savoir s’adapter au foot moderne et aux transferts et à tous ceux qui cherchent parfois à partir à tout prix. Limogé du RC Lens au printemps dernier, Montanier sait qu’il se trouve face à une montagne. Le Standard accuse du retard sur ses principaux concurrents, surtout Bruges, champion en titre. Et les Rouches n’ont plus été titrés depuis 2009.
"Le Standard a le potentiel pour retrouver son lustre d’antan"
Le Standard peut résorber son retard sur Bruges. On ne se fixe pas de limites. Même si on sait que pour l’instant il y a un gros décalage entre Bruges et ses poursuivants. Ce qui est sûr, c’est qu’à moyen terme (peut-être pas à court terme), le Standard a le potentiel pour retrouver son lustre d’antan et gagner un titre. A court terme, ce sera peut-être difficile car l’écart avec Bruges est conséquent. À Liège, Montanier aura une mission : faire éclore les jeunes d’une école qui a produit des talents comme Witsel, Batshuayi, Defour ou Fellaini, membres de Diables Rouges qui dominent le classement Fifa depuis trois ans.
C’est un peu tôt (pour juger de la qualité des jeunes) car on est dans une période de préparation très particulière : on doit maintenir une certaine distance, on ne peut pas faire de jeu, pas d’oppositions, lance-t-il.Cela limite le jugement mais on voit que certains jeunes joueurs ont de grosses qualités. Mais le potentiel et les qualités, ce n’est pas toujours suffisant. Il faut être apte au travail, être à l’écoute. Je vais le découvrir dans les prochaines semaines. Le Standard a engagé un grand formateur, a dit un dirigeant du club à l’AFP. Tout Liège l’espère.

Alors qu'il arrivait en fin de contrat à la tête des féminines du PSG, Olivier Echouafni (47 ans) va entamer une troisième saison à la tête des féminines du PSG. Le technicien et son staff ont prolongé d'une saison avec le club de la capitale. L'ancien Rennais et ancien sélectionneur des Bleuesest arrivé à Paris en 2018.
Avec le Stade Brestois, le gardien Tony Heurtebis découvre son troisième club professionnel. A 29 ans, c'est peu, c'est bien et quelque part extrêmement rassurant pour le club de la cité du Ponant. Le garçon n'est pas un mercenaire et en signant à Brest, il revient dans sa région.

Tony a beau être né à Saint-Nazaire, ses origines sont bel et bien bretonnes. Du Morbihan, très précisément, puisque papa Heurtebis est de Camors et maman de Plouay. Alors, on comprend mieux que l'ex-portier de Troyes et de Rennes glisse en ce moment à qui le sollicite, cette sensation et "cet énorme plaisir de retrouver la mer". Bref, un grand coup de chaud au coeur.
177 matchs de Ligue 1
Le bientôt trentenaire n'est pas un loup des océans. Non. Une carrière de gardien professionnel ne laisse guère de place à autre chose. Peut-être encore moins chez Tony Heurtebis, lui qui conserve intact ses ambitions : "J'espère rester haut et le plus longtemps possible", dit-il, fort de ses 177 matchs de Ligue 1. "Oui, enfin à peu près. Je ne calcule pas", savoure-t-il. La Champagne lui a plu et il a vécu avec le club troyen une bonne aventure. Cinq ans passés là, huit autres au Stade Rennais, ce fidèle débuta le football précocement (quatre ans et demi !), sous la houlette de son papa Jean-Yves, à l'Atlantique Club Nazairien. Mais retrouver le bout du monde, il avait cette idée fixée dans la tête. "La Bretagne est une terre de football et Brest l'illustre parfaitement. Le projet me plaît car il est cohérent. Puis le fait que les dirigeants souhaitaient vraiment ma venue m'a convaincu". D'un discours pesé et d'une voix sereine, Heurtebis ne fait pas le fanfaron. Il est à Brest pour apporter sa pierre à l'édifice, tout simplement et ne se vante pas d'un joli curriculum.
International Espoirs
"Le foot ? C'est un milieu difficile, tout peut aller très vite. Mais je crois que c'est quand même un bon métier, il y a plus d'avantages que d'inconvénients. On découvre d'autres endroits, d'autres cultures, d'autres gens". La Coupe Intertoto avec Rennes, la Coupe de l'UEFA avec les Troyens (après une victoire en Intertoto en 2001), Tony Heurtebis a vécu plusieurs bons moments. Comme ceux passés avec l'équipe de France Espoirs, au milieu des années 90. Souvenirs en vrac, époque où les partenaires se nomment Vieira, Giuly, Trezeguet, Henry, Diawara, Grenet... N'en jetez plus, ce gardien au style bondissant n'a plus rien à prouver ! Le Morbihannais vous dira le contraire, avec une concluante conviction : "Je peux encore progresser et cela passera par des résultats". Pas question de traîner en route "car ce championnat sera aussi dur que le précédent. L'an passé, jusqu'à la mi-mars, dix équipes pouvaient encore prétendre à la montée. Tout se joue sur la durée des performances".
Le Stade Rennais devra bel et bien disputer son 8e de finale de Youth League face à l’Inter Milan, malgré le retrait du club italien avant l’interruption généralisée. L’UEFA, qui a officialisé la relance de ses compétitions le 17 juin dernier, s’est saisi du dossier et a conforté la tenue de cette rencontre. Elle se déroulera le dimanche 16 août (15 h) à Nyon (Suisse) et pourrait déboucher sur une série de matches en cas de victoires.

Les U19 du Stade Rennais sont désormais fixés. Déjà informés de la reprise de la Youth League, annoncée le 17 juin par l’UEFA, les joueurs de Romain Ferrier ont pris connaissance du calendrier de leur phase finale. Mais pas seulement… Car s’ils peuvent être amenés à enchaîner quatre matches en dix jours, en supposant qu’ils franchissent les tours les uns après les autres, ils auront avant tout un 8e de finale à disputer face à l’Inter Milan, le dimanche 16 août (15 h) à Nyon en Suisse. La tenue de cette rencontre a posé question ces dernières semaines et jeté le flou sur la reprise pour les jeunes Rennais.
Possible quart de finale face à la Juventus ou le Real Madrid
En effet, le club italien, le 9 mars dernier alors que le pays était déjà durement touché par le Covid-19, avait choisi la prudence en retirant son équipe de la compétition. Une décision motivée par l’intention de préserver ses joueurs, qui envoyait de fait le Stade Rennais en quart de finale de la compétition. Cependant, après s’être saisie du dossier, l’UEFA a confirmé ce jeudi que l’Inter Milan avait toute sa place lors de la phase finale organisée en Suisse et qu’il pourra continuer à défendre ses chances. Dans la foulée de ce 8e de finale aura aussi lieu le second, entre la Juventus et le Real Madrid. En cas de qualification, le Stade Rennais héritera en quart de finale du vainqueur de cette rencontre, le mercredi 19 août à 18 h.
Quand la nature reprend ses droits. Après une rencontre, surtout européenne, les joueurs rentrent rarement à bord d’un char à voile (coucou Christophe Galtier). Dans la grande majorité des cas, le retour en avion et dans la nuit est privilégié. Mais parfois, les aléas de la nature en décident autrement. Ainsi, l’effectif et le staff du Stade rennais, après avoir tenu en échec la Juventus chez elle (2-2), ont dû passer la nuit à Turin.

Un avion n’a jamais décollé de Turin
En plus du vol réservé à Franck Haise et à sa bande, deux avions pour les supporters avaient été affrétés par le club. Problème : la tempête Austen balaye une partie de la côte ouest française. La Bretagne et l’Ille-et-Vilaine sont touchées, empêchant deux vols sur trois d’atterrir à Rennes jeudi soir.
L’un des deux avions de supporters a été contraint de faire demi-tour, avant de se poser à Bordeaux. Celui des joueurs, lui, n’a même jamais quitté le tarmac turinois, comme cela a été décidé avant la rencontre. L’équipe ne retrouvera finalement la maison que ce vendredi. Le troisième vol, en revanche, a bien rejoint sa destination, entre quelques turbulences.
Résister à la Vieille Dame n’empêche pas la nature de vous poser un stop.
Sans faire de bruit, le Stade Rennais avance dans sa campagne européenne. Pas vraiment convaincant, c’est un euphémisme, à Sturm Graz puis contre l’OFI Crète, il est même passé près d’un très joli coup ce jeudi soir chez la Juventus de Turin, à l’occasion de la plus grosse affiche de son menu d’Europa Ligue.

Il a aussi failli connaître une grosse désillusion en toute fin de partie, à 2-2, quand la VAR et sa dramaturgie ont annulé le troisième but juventino, pour cause de hors-jeu. Tant mieux, tant les Rennais ne méritaient pas de perdre…
Le Stade Rennais devant au repos !
Avant ce dénouement crispant, les Bretons se sont offert le droit d’être fiers d’une prestation très intéressante et aboutie en terme de solidarité, de solidité et de cohérence. Celle-ci s’opère avec un nouveau schéma tactique en 5-3-2 ou 3-5-2, c’est selon, le 4-3-3 à l’extérieur ayant abouti à deux défaites concédées de rang avec quatre buts concédés.
Au regard de ce schéma, certains ont sans doute craint le retour du « Beye-Ball » mais il n’en fut rien. Le début de match montre une organisation pas tout à fait réglée, avec un Mahamadou Nagida trop haut qui est pris à défaut par l’ancien Lillois Celik. Parfaitement mis sur orbite par Nick Woltemade, celui-ci vient battre Brice Samba petit filet (5', 1-0).
Tout le peuple rennais s’imagine parti alors pour une longue souffrance mais le trio axial Cresswell-Rouault-Aït-Boudlal va sortir une partition tout à fait correcte et intéressante. Si la Juventus se procure de vraies occasions, faisant briller Brice Samba à plusieurs reprises devant Federico Gatti (20') et Weston McKennie (30'), le Stade Rennais n’est pas en reste et joue sa chance à fond.
Remuant sur le font de l’attaque, Mousa Al-Tamari égalise logiquement sur une remise parfaite de Bryan Reynolds sur une centre de Mahamadou Nagida, à bout portant (15'). Rennes joue sans complexe et Mahamadou Nagida, déjà décisif contre Crète jeudi dernier, se montre une nouvelle fois à son avantage, avec notamment plusieurs reprises de volée très inspirées qui ne trouvent pas récompense.
Sur l’une d’elles, Douglas Luiz, au sol, s’offre une parade de gardien qui offre un pénalty logique aux siens. Boulaye Dia transforme et Rennes est devant au repos (1-2) !
Rennes tient le coup, jusqu’au bout
Lors du second acte, la Juventus est à la peine pour bousculer des Rennais parfaitement en place et toujours enclin à se projeter dans le camp turinois. La cohérence est là, la solidité semble aussi de la partie. Malgré l’absence d’Esteban Lepaul, les Bretons sont dangereux dans leurs incursions mais manque de tranchant dans le dernier geste.
Il faut un coup du sort pour voir les locaux revenir. Sur un long coup-franc, Bryan Reynolds touche le ballon de la main en repliant un bras déployé pour réclamer un hors-jeu. La punition est directe, et à méditer. Regrettable également, tant le piston droit rennais a été convaincant. Nick Woltemade, meilleur turinois du soir, transforme le pénalty au milieu du but (2-2, 65').
Les dix minutes qui suivent sont compliquées pour les Rennais, mis sous pression notamment par l’attaquant allemand, seul juventino à sortir du lot d’une bien triste équipe ombre d’elle-même. Jusqu’au bout, Rennes tient, sans néanmoins aller chercher le frisson d’une ultime occasion en sa faveur.
Un point ramené de Turin, donc, cinq, déjà, dans l’escarcelle et voilà la campagne européenne bien engagée, avec une confirmation attendue le 5 novembre prochain contre l’Olympiakos.
Franck Haise, à l’issue du match, peut être satisfait : « Je suis content de ce que l’on a fait, il faut savoir l’être quand les joueurs répondent de cette manière et ont cette maîtrise sur certaines séquences. Sur la fin, il a fallu s’accrocher, faire les efforts ensemble. Je suis fier de ce qu’ils ont réalisé.«
Un système bientôt reconduit ?
Un résultat qui fait du bien, tout comme » le contenu, les attitudes et la personnalité montrée. Ils m’ont plu. Mais pour faire un exploit, il faut gagner. Je suis très content qu’on ait ce point. L’exploit n’est pas pour ce soir mais la qualité proposée par les joueurs était là. Nos supporters aussi…
J’ai évoqué pas mal de choses sur la causerie dont ce soutien en déplacement. Donner, offrir, c’est notamment pour tous ceux qui étaient là et qu’on a bien entendus, c’est important de les rendre fiers. »
Sur son nouveau système, Franck Haise explique, sur le site officiel : « Cette défense à trois n’est pas tombée par hasard car on a été trop friable dans notre axe. Aujourd’hui, les trois qui ont joué ont été très bons et je sais que Gonçalo peut apporter également sa contribution, notamment dans une défense à trois.
On l’a travaillé sur les deux dernières séances, de façon assez courte et à travers des discussions, avec la vidéo. Ça apporte une stabilité importante, des moments de maîtrise pour sortir face à une équipe qui presse énormément, on a quand même réussi à ressortir.
Ça correspond aussi à un certain nombre de joueurs de l’équipe, c’est bien de pouvoir faire différentes choses. Donc il y a des chances que ce système soit retravaillé et reconduit par moments.«
Dès dimanche contre Strasbourg et son imprévisibilité ? Rien d’incongru à imaginer cela, comme d’imaginer une victoire pour valider la belle impression laissée par ce jeudi soir très positif, demandant confirmation et rassurant après des contenus décevants sur les trois derniers matchs disputés.
Devant au tableau d’affichage à la mi-temps, le Stade Rennais a subi le retour de la Juventus après la pause mais repart d’Italie avec un bon point (2-2). Les Bretons sont toujours invaincus en Ligue Europa.

Mahdi Camara et les Rennais rentrent de Turin avec un bon point
Mener au score face à une équipe plus forte puis se faire rejoindre, est-ce vraiment un bon point ? C’est en tout cas la question que de nombreux Rennais doivent se poser après le match nul (2-2) de leur club face à la Juventus en Ligue Europa, jeudi soir. Et légitimement, car les Rennais, privés de Lepaul blessé, ont fait plus que bousculer la « Vieille Dame » dans son antre.
Lors des fouilles, ils ont dû retirer leurs chaussures à l’entrée du stade, mais ils n’ont pas perdu leur voix ! Ce jeudi 22 octobre 2026, quelque 2 200 supporters rennais avaient fait le déplacement à Turin pour encourager les Rouge et Noir face à la Juventus. Et ils n’ont pas été déçus. Au terme d’une rencontre spectaculaire, le Stade Rennais a décroché un précieux match nul (2-2), après avoir même mené au score. La performance a été saluée par Franck Haise, tandis que son homologue italien, Luciano Spalletti, ne cachait pas sa frustration.

Il fallait avoir de bonnes chaussures pour entrer à l’Allianz Stadium ! Ce jeudi soir, les supporters rennais, venus en nombre, ont découvert les exigences de sécurité italiennes. "Ce fut une grosse fouille à l’entrée du stade avec nos chaussures à enlever", raconte Nicolas, présent dans les tribunes à Turin. "Le stade est bien sympa, mais il n’était pas plein côté Juve", ajoute notre témoin.
Face à l’un des clubs les plus prestigieux d’Europe, les hommes de Franck Haise ont livré une prestation pleine de caractère. Pourtant, la soirée avait bien mal commencé. Dès la 5e minute, Zeki Çelik profitait d’une ouverture de Nick Woltemade pour tromper Brice Samba et donner l’avantage à la Juventus. Heureusement, les Rennais n’ont pas paniqué. Avec une défense à trois inédite et des pistons particulièrement actifs, ils ont progressivement pris confiance. À la 15e minute, Mahamadou Nagida débordait sur son côté gauche avant de centrer vers Bryan Reynolds qui trouvait de la tête Mousa Al-Tamari. Lequel égalisait du pied droit (1-1).
Loin d’être abattu, Juventus tentait de reprendre l’avantage, mais Brice Samba réalisait plusieurs interventions décisives, notamment face à Federico Gatti et Weston McKennie. Rennes, de son côté, continuait à jouer sans complexe. À la 42e minute, une frappe de Mahamadou Nagida était contrée de la main dans la surface italienne. Penalty ! Boulaye Dia ne tremblait pas et prenait le gardien Guglielmo Vicario à contre-pied (43e). Après avoir été mené, le Stade Rennais regagnait les vestiaires avec un avantage de 2-1. "On a pris un but très tôt dans le match, mais on n’a pas paniqué. On a su répondre avec de l’intensité et de la maîtrise technique", expliquait Boulaye Dia au micro de Canal+ Sport.
Pour faire un exploit, il faut gagner
En seconde période, les Rennais continuaient à se montrer dangereux. Mousa Al-Tamari faisait encore parler sa vitesse et sa technique, mais sans parvenir à inscrire un troisième but. À la 66e minute, une main de Bryan Reynolds dans la surface offrait un penalty aux Turinois. Nick Woltemade se chargeait de le transformer (67e, 2-2). La fin de rencontre devenait alors beaucoup plus compliquée pour les Bretons. Sous la pression italienne, Brice Samba et sa défense multipliaient les interventions. À la 88e minute, la Juventus croyait même avoir inscrit le but de la victoire, finalement refusé pour hors-jeu. Après huit minutes de temps additionnel, Rennes pouvait enfin souffler.
"C’est quand même un bon point que l’on prend ici. On a montré un beau visage en première mi-temps. En seconde, ils ont été bons. On est un peu frustrés car on aurait pu le gagner, mais c’est un bon point. On peut être fiers de notre performance", confiait Mahdi Camara au micro de Canal+ Sport. Même sentiment chez Franck Haise, satisfait de l’engagement de ses joueurs. "Je suis content de ce que l’on a fait, il faut savoir l’être quand les joueurs répondent de cette manière et ont cette maîtrise sur certaines séquences. Sur la fin, il a fallu s’accrocher, faire les efforts ensemble. Je suis fier de ce qu’ils ont réalisé." L’entraîneur rennais n’en oubliait pas pour autant les regrets. "Je suis fier du match, du contenu, des attitudes, de la personnalité. Mais pour faire un exploit, il faut gagner. Je suis très content qu’on ait ce point. L’exploit n’est pas pour ce soir, mais la qualité proposée par les joueurs était là."
Luciano Spalletti : Si je ne gagne pas, je ne suis pas heureux
Du côté de la Juventus, Luciano Spalletti affichait une satisfaction mesurée après ce match nul face aux Rennais. L’entraîneur italien regrettait surtout les deux buts encaissés par son équipe. "Nous avons bien joué aujourd’hui, avec un bon rythme, mais malheureusement, nous avons concédé deux buts que nous n’aurions pas dû encaisser", expliquait-il. Le technicien estimait toutefois que ses joueurs avaient répondu présent. "Il me semble que les joueurs ont très bien réagi. Ils ont élevé leur niveau de jeu aujourd’hui, mais il nous manque encore quelque chose." Spalletti insistait également sur la nécessité de faire progresser son équipe plus rapidement vers l’avant, en suivant le rythme du ballon. Mais sa conclusion ne laissait aucune place à l’ambiguïté : "Si je ne gagne pas de matchs, je ne suis pas heureux."
Au-delà du résultat, cette soirée restera aussi celle des supporters bretons. Dans les tribunes de l’Allianz Stadium, les 2 200 Rennais ont soutenu leur équipe du début à la fin. Une ferveur que Franck Haise n’a pas manqué de saluer. "J’ai évoqué pas mal de choses sur la causerie dont le soutien en déplacement. Donner, offrir, c’est notamment pour tous ceux qui étaient là et qu’on a bien entendus, c’est important de les rendre fiers." Dans les rangs des supporters, le sentiment oscillait entre satisfaction et frustration. "C’était une très belle ambiance et franchement un bon spectacle. On est presque déçu au final alors que ça sentait la valise", résume Nicolas. Avec cinq points pris en trois rencontres de Ligue Europa, le Stade Rennais poursuit son parcours européen sans défaite.
La fiche du match. Juventus Turin – Stade Rennais : 2-2. Jeudi 22 octobre 2026 – Allianz Stadium, Turin. Troisième journée de la Ligue Europa. Buts : Zeki Çelik (5e) et Nick Woltemade (67e, penalty) pour la Juventus ; Mousa Al-Tamari (15e) et Boulaye Dia (43e, penalty) pour Rennes.
Juventus Turin : Vicario – Bremer, Gatti, Kelly – Cambiaso, Douglas Luiz, Koopmeiners, Çelik – McKennie – Kolo Muani, Woltemade. Entraîneur : Luciano Spalletti.
Stade Rennais : Samba – Rouault, Cresswell, Aït Boudlal – Reynolds, Camara, Rongier (capitaine), Thomasson (Szymanski, 81e), Nagida – Al-Tamari (Mayenda, 81e), Dia (Soumaré, 81e). Entraîneur : Franck Haise.