La tête sans Lepaul. Le Stade rennais n’a même pas eu besoin de son buteur phare, à l’infirmerie à cause d’une entorse, pour écraser Strasbourg au Roazhon Park (3-0) et prendre la tête du championnat avant PSG-OL lundi. Eh oui, après 8 journées et avec 16 points dans la besace, les Bretons sont tout en haut de l’affiche et conduisent un wagon de neuf équipes se tenant en quatre points, du leader rennais au 9e, Lorient. C’est moins fameux pour Strasbourg, tout proche de la zone rouge après 4 défaites de rang. Ce n’était pas gagné, dans ce maillot rose pour la bonne cause et après une première demi-heure nous faisant bailler très fort, à la limite de réveiller les éternels débats sur la défense à trois centraux à Rennes, de retour depuis le nul cette semaine contre la Juventus.

Sous les yeux de Flavien Tait, jeune retraité mis à l’honneur ce dimanche dans son ancien jardin, les locaux ont mis du temps à se régler. Il y avait bien ce bon vieux Mahamadou Nagida, en pleine confiance après son gros match à Turin, mais ce sont les Strasbourgeois qui tentaient les premières approches, Brice Samba repoussant la patate de Conrad Harder et Charlie Cresswell sauvant la patrie dans la surface (26e). La confiance, justement, cela ne connaît pas trop le Racing ces derniers temps et les Alsaciens ont fait ce qu’il faut pour lancer Rennes dans cette partie jusque-là peu emballante. La sanction aurait pu arriver plus tôt, si Boulaye Dia et Mousa Al-Tamari s’étaient montrés plus tueurs. Le premier a finalement retrouvé son pied tranchant, après une belle passe dénichée par Przemyslaw Frankowski, pour tromper Filip Jorgensen (1-0, 34e). Un but d’abord refusé puis validé, Jeyland Mitchell couvrant avec son pied droit.
Le pied magique de Szymanski
Un signe de nervosité chez les Strasbourgeois ? Gessime Yassine s’est plutôt distingué avec une biscotte pour un ballon dégagé de frustration en tribunes que par ses gestes techniques, trop rares. Tout l’inverse des bévues d’une défense très gentille, Soumaïla Coulibaly glissant devant Al-Tamari, qui a pu décaler Nagida. Le Camerounais peut être crédité d’une passe décisive pour son centre, mais Dia mériterait également une ligne de stat pour avoir laissé filer le ballon pour Sebastian Szymanski, finisseur sans se poser de questions (2-0, 41e).
Ce n’était rien à côté du bijou de la journée du Polonais, à l’heure de jeu, une frappe enroulée merveilleuse sortie de son pied magique pour nettoyer ce qui restait de poussière dans la lucarne avec l’aide des montants (3-0, 61e). Il méritait bien son ovation, à laquelle le nouveau chouchou Nagida a aussi eu le droit, quand Quentin Merlin en a profité pour retrouver la Ligue 1 après avoir fait un tour en réserve. Cresswell, lui aussi acclamé, aura sauvé le clean sheet avec un retour sur la ligne et laisse Rennes dans sa belle semaine, dans son nouveau système et dans son costume de leader qu’il conservera au moins jusqu’à lundi et un potentiel vainqueur entre le PSG et l’OL.
Rennes (3-5-2) : Samba – Aït-Boudlal, Cresswell, Rouault – Frankowski, Szymanski (Blas, 78e), Rongier, Camara (Cissé, 78e), Nagida (Merlin, 71e) – Al-Tamari (Thomasson, 64e), Dia (Mayenda, 64e). Entraîneur : Franck Haise.
Strasbourg (4-2-3-1) : Jörgensen – Antwi, Mitchell, Coulibaly, Oso – Sousa (El-Mourabet, 70e), Essugo (Diémé, 46e) – Yassine (Godo, 70e), Reyna (Kellyman, 84e), Diop – Harder (Ortega, 70e). Entraîneur : Hugo Oliveira.



