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Mario Turdo : Rennes n'en a pas eu pour son Argentin

Cet été pendant le mercato, So Foot revient chaque jour de la semaine sur un transfert ayant marqué son époque à sa manière. Ce 54e épisode est l'occasion de se rappeler que le vrai bug de l'an 2000 a eu lieu à Rennes, au cœur de l'été. Il y a eu l'accident industriel, Severino Lucas, mais aussi Mario Hector Turdo, son pendant argentin. Un attaquant aussi généreux que les dirigeants bretons.

ds 0965

C'est un duo qui promettait de faire des étincelles. D'un côté, le nouveau Ronaldo - c'est comme cela qu'il était présenté -, Severino Lucas, de l'autre, le grand espoir argentin - c'était aussi sa carte de visite -, Mario Hector Turdo. Si le premier a marqué au fer rouge l'histoire du Stade rennais, avec son transfert record à 150 millions de francs, soit environ 21 millions d'euros, le second ne lui rend pas grand-chose en matière d'accident industriel. Une mauvaise affaire surfacturée 80 millions de francs, soit une douzaine de millions d'euros, une petite fortune à l'époque. Attaquant tendance «?bison?» , dixit son ex-coéquipier et capitaine Stéphane Grégoire, l'Argentin Mario Hector Turdo arrive en provenance du Celta de Vigo.

Du-per Mario
C'est l'été 2000 à Rennes, celui de tous les excès, pour un club qui recrute douze nouveaux joueurs, dont quatre Brésiliens, parmi lesquels un trop jeune Luís Fabiano (19 ans), mais aussi le charismatique Bernard Lama, au rayon bleu-blanc-rouge. Habitué du ventre mou, le Stade rennais a toutefois connu une belle éclaircie en 1998-1999, avec une cinquième place. Mais l'exercice suivant, il vit une rechute, avec un treizième rang final. Le club détenu par François Pinault depuis 1998 compte alors conquérir la France à la force du carnet de chèque. Quitte à s'emballer légèrement. Avant d'arriver en Bretagne, Mario Turdo n'a ainsi pas spécialement flambé lors de son unique saison européenne, mais il est considéré, ou tout du moins vendu par un représentant malin, comme le futur de l'Albiceleste, ce que ses quelques sélections avec les moins de 20 ans de José Pékerman augureraient. À Vigo, le joueur formé à Independiente a inscrit huit buts, ce qui en fait le trentième meilleur buteur de Liga. Des chiffres qui mériteraient de quadrupler les trois millions d'euros d'indemnité versées par le club espagnol un an plus tôt. C'est, en tout cas, le calcul réalisé alors par l'énigmatique direction sportive rennaise.

"Dès les premiers entraînements devant le but, on s'est tout de suite rendu compte que lui, comme Lucas Severino, n'étaient pas des finisseurs."
Stéphane Grégoire

Devant un tel effort financier, le groupe rennais se montre plutôt enthousiaste. «?C'était un joueur qui venait d'un club de haut niveau, qui avait manifestement une haute valeur sur le marché, et on a donc très bien accueilli la nouvelle de son arrivée?» , se souvient Stéphane Grégoire. Rennes vient alors de perdre Shabani Nonda, son buteur providentiel, parti à Monaco. Mais Grégoire, comme les autres, ne tarde pas à se rendre compte que ses successeurs ne sont pas à la hauteur. «?Dès les premiers entraînements devant le but, on s'est tout de suite rendu compte que lui, comme Lucas, n'étaient pas des finisseurs?» , poursuit l'ex-capitaine rouge et noir. Turdo ne manque pourtant pas de bonne volonté. Généreux sur le terrain, le natif de Rosario est du genre à fatiguer les défenses, à défaut de se montrer adroit.

Au sein d'un groupe dirigé par un Paul Le Guen sceptique quant au talent de ses Sud-Américains, il fait aussi les efforts pour s'intégrer, comprend rapidement le français. En bref, l'Argentin est un type «?sympa, agréable, gentil comme tout?» , toujours selon Grégoire. Il est même mature pour ses 21 ans, mais ce transfert, ces attentes, tout cela est bien trop lourd pour ses pourtant robustes épaules. Mais l'histoire de son échec n'est pas celle d'un joueur arrivé au mauvais endroit au mauvais moment. À le voir se démener souvent maladroitement, il est évident que celui qui a un physique à ne pas passer son tour lors d'un asado appartient à la catégorie des attaquants laborieux, ceux taillés pour les bas-fonds de la première division ou pour l'étage inférieur. C'est d'ailleurs ce que confirme la suite de sa carrière, qui le verra passer à Leganés, alors en D2 espagnole, avant de repartir en Argentine où il se retirera en 2009, sous les couleurs du modeste San Martín Tucumán.

Victime expiatoire
À Rennes, il n'aura joué que six mois, marquant trois buts - un de moins que le total de Lucas -, avant d'être prêté à Las Palmas. Pleins d'espoir au cœur de l'été, les supporters ont alors déjà déchanté. Au terme de la phase aller, leurs chers Rouge et Noir pointent à une triste quinzième place, même si l'équipe allait redresser la barre pour terminer sixième, avec un Cyril Chapuis qui fait aisément oublier Mario Turdo. L'Argentin n'en a toutefois pas fini avec Rennes. Au terme de la saison, il revient, mais il ne jouera plus avec l'équipe première, victime de graves blessures au genou et de ses insuffisances. «?J'étais plutôt malheureux pour lui, comme pour Lucas, reprend Grégoire. J'ai d'ailleurs eu des prises de bec avec des supporters, car leur taper dessus était trop facile, d'autant qu'ils étaient jeunes, ce qu'on oublie souvent, ça m'embêtait pour eux, alors qu'il y avait sans doute d'autres personnes au sein du club à qui il fallait s'en prendre.?» Dans la mémoire du supporter rouge et noir, mais aussi des dirigeants du club, le duo Lucas-Turdo reste encore aujourd'hui indissociable, synonyme d'un temps révolu de l'innocence.

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ds 0965

C'est un duo qui promettait de faire des étincelles. D'un côté, le nouveau Ronaldo - c'est comme cela qu'il était présenté -, Severino Lucas, de l'autre, le grand espoir argentin - c'était aussi sa carte de visite -, Mario Hector Turdo. Si le premier a marqué au fer rouge l'histoire du Stade rennais, avec son transfert record à 150 millions de francs, soit environ 21 millions d'euros, le second ne lui rend pas grand-chose en matière d'accident industriel. Une mauvaise affaire surfacturée 80 millions de francs, soit une douzaine de millions d'euros, une petite fortune à l'époque. Attaquant tendance «?bison?» , dixit son ex-coéquipier et capitaine Stéphane Grégoire, l'Argentin Mario Hector Turdo arrive en provenance du Celta de Vigo.

Du-per Mario
C'est l'été 2000 à Rennes, celui de tous les excès, pour un club qui recrute douze nouveaux joueurs, dont quatre Brésiliens, parmi lesquels un trop jeune Luís Fabiano (19 ans), mais aussi le charismatique Bernard Lama, au rayon bleu-blanc-rouge. Habitué du ventre mou, le Stade rennais a toutefois connu une belle éclaircie en 1998-1999, avec une cinquième place. Mais l'exercice suivant, il vit une rechute, avec un treizième rang final. Le club détenu par François Pinault depuis 1998 compte alors conquérir la France à la force du carnet de chèque. Quitte à s'emballer légèrement. Avant d'arriver en Bretagne, Mario Turdo n'a ainsi pas spécialement flambé lors de son unique saison européenne, mais il est considéré, ou tout du moins vendu par un représentant malin, comme le futur de l'Albiceleste, ce que ses quelques sélections avec les moins de 20 ans de José Pékerman augureraient. À Vigo, le joueur formé à Independiente a inscrit huit buts, ce qui en fait le trentième meilleur buteur de Liga. Des chiffres qui mériteraient de quadrupler les trois millions d'euros d'indemnité versées par le club espagnol un an plus tôt. C'est, en tout cas, le calcul réalisé alors par l'énigmatique direction sportive rennaise.

"Dès les premiers entraînements devant le but, on s'est tout de suite rendu compte que lui, comme Lucas Severino, n'étaient pas des finisseurs."
Stéphane Grégoire

Devant un tel effort financier, le groupe rennais se montre plutôt enthousiaste. «?C'était un joueur qui venait d'un club de haut niveau, qui avait manifestement une haute valeur sur le marché, et on a donc très bien accueilli la nouvelle de son arrivée?» , se souvient Stéphane Grégoire. Rennes vient alors de perdre Shabani Nonda, son buteur providentiel, parti à Monaco. Mais Grégoire, comme les autres, ne tarde pas à se rendre compte que ses successeurs ne sont pas à la hauteur. «?Dès les premiers entraînements devant le but, on s'est tout de suite rendu compte que lui, comme Lucas, n'étaient pas des finisseurs?» , poursuit l'ex-capitaine rouge et noir. Turdo ne manque pourtant pas de bonne volonté. Généreux sur le terrain, le natif de Rosario est du genre à fatiguer les défenses, à défaut de se montrer adroit.

Au sein d'un groupe dirigé par un Paul Le Guen sceptique quant au talent de ses Sud-Américains, il fait aussi les efforts pour s'intégrer, comprend rapidement le français. En bref, l'Argentin est un type «?sympa, agréable, gentil comme tout?» , toujours selon Grégoire. Il est même mature pour ses 21 ans, mais ce transfert, ces attentes, tout cela est bien trop lourd pour ses pourtant robustes épaules. Mais l'histoire de son échec n'est pas celle d'un joueur arrivé au mauvais endroit au mauvais moment. À le voir se démener souvent maladroitement, il est évident que celui qui a un physique à ne pas passer son tour lors d'un asado appartient à la catégorie des attaquants laborieux, ceux taillés pour les bas-fonds de la première division ou pour l'étage inférieur. C'est d'ailleurs ce que confirme la suite de sa carrière, qui le verra passer à Leganés, alors en D2 espagnole, avant de repartir en Argentine où il se retirera en 2009, sous les couleurs du modeste San Martín Tucumán.

Victime expiatoire
À Rennes, il n'aura joué que six mois, marquant trois buts - un de moins que le total de Lucas -, avant d'être prêté à Las Palmas. Pleins d'espoir au cœur de l'été, les supporters ont alors déjà déchanté. Au terme de la phase aller, leurs chers Rouge et Noir pointent à une triste quinzième place, même si l'équipe allait redresser la barre pour terminer sixième, avec un Cyril Chapuis qui fait aisément oublier Mario Turdo. L'Argentin n'en a toutefois pas fini avec Rennes. Au terme de la saison, il revient, mais il ne jouera plus avec l'équipe première, victime de graves blessures au genou et de ses insuffisances. «?J'étais plutôt malheureux pour lui, comme pour Lucas, reprend Grégoire. J'ai d'ailleurs eu des prises de bec avec des supporters, car leur taper dessus était trop facile, d'autant qu'ils étaient jeunes, ce qu'on oublie souvent, ça m'embêtait pour eux, alors qu'il y avait sans doute d'autres personnes au sein du club à qui il fallait s'en prendre.?» Dans la mémoire du supporter rouge et noir, mais aussi des dirigeants du club, le duo Lucas-Turdo reste encore aujourd'hui indissociable, synonyme d'un temps révolu de l'innocence.

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