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On ne devrait pas avoir peur de porter une écharpe

Vendredi 7 novembre 2025, après la victoire du Stade rennais contre le Paris FC (1 à 0), la soirée aurait dû s’achever dans la joie. Mais pour Martin (le prénom a été changé), 21 ans, Rennais de cœur installé à Paris, elle s’est terminée dans la violence absurde. "C’est plus énervant que choquant", confie-t-il. "C’est comme si c’était devenu normal."

On ne devrait pas avoir peur de porter une écharpe

Martin n’a pourtant rien d’un ultra. Étudiant, il suit le SRFC depuis son enfance. "Depuis que j’ai dix ans, raconte-t-il. J’ai de la famille à Rennes, dont un grand-père qui a travaillé au Stade rennais. Fatalement, c’est venu comme ça." Aujourd’hui Parisien, il garde le club breton dans la peau — et autour du cou.

Vendredi soir, il assiste au match avec sa mère et son petit frère. À l’entrée du stade Jean-Bouin, les stadiers leur demandent de laisser leur écharpe rouge et noire à la consigne. "Le fait d’en arriver là nous a paru stupide", explique-t-il. Mais en garçon poli, il s’exécute bien volontiers. Après la rencontre, la famille récupère le précieux bien et prend la direction du métro (ligne 10).

Sur le quai de la station Porte d’Auteuil, non loin de l’enceinte sportive, l’ambiance bascule étrangement. "On a entendu “enc*** de Rennais”, puis “ils sont où les Rennais?" Quelques secondes plus tard, des hommes masqués s’approchent du trio. "Ils se sont plantés devant nous, à quelques centimètres de nous. Deux secondes après, l’un a tendu la main pour prendre l’écharpe."

Âgé de 17 ans, son petit frère tenait l’écharpe simplement sur les genoux. "On s’est accrochés dessus, et deux ou trois autres types ont mis leurs mains aussi." C’est alors que les insultes fusent envers les fans rennais. "Lâche, sinon je te tabasse", menace un ultra. Martin résiste tant bien que mal. Derrière lui, une voix d’un témoin crie dans le métro. "Donne l’écharpe, cela ne vaut pas la peine. C’est ça qui m’a décidé. En l’entendant ces mots, j’ai cédé."

Au moment où il laisse l’écharpe, son petit frère est embarqué par les ultras. "Je l’ai tiré pour le ramener." Sa mère, bousculée, échappe, elle, de peu à la chute. "On ne se bat pas pour une écharpe… mais c’est dur de lâcher, parce que ça veut dire qu’ils vont recommencer." Lors de cette agression, Martin a tenté de raisonner ses agresseurs. "Je leur ai dit que j’étais de Paris. Ils m’ont répondu : c’est chez nous ici?! On ne peut pas se dire supporter et piétiner toutes les valeurs du sport. Ces gens-là ne sont pas des supporters."

Martin ne portera pas plainte. "Franchement, non, dit-il. Parce que ça n’aboutira sûrement à rien, parce que c’est dans un lieu public, et surtout parce que je n’ai pas envie de m’imposer cette charge mentale." Heureusement, il n’a pas été blessé physiquement. "Mais ça me désespère. Ce n’est pas normal que ce type d’agression soit devenu banal." Mais ce qui l’a le plus marqué, c’est le contraste. "Trente secondes avant, des supporters rennais ont dit à mon frère : elle est belle, ton écharpe. Trente secondes après, d’autres sont venus nous la prendre. Ça casse tout : on sortait d’une super ambiance, d’une victoire." Malgré ces violences, Martin, Rennais par la famille et par le cœur, continuera à soutenir son club. "Mais c’est triste de se dire qu’on ne peut plus revêtir les couleurs de son équipe dans la rue sans craindre une agression. On ne devrait pas avoir peur de porter une écharpe."

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On ne devrait pas avoir peur de porter une écharpe

Martin n’a pourtant rien d’un ultra. Étudiant, il suit le SRFC depuis son enfance. "Depuis que j’ai dix ans, raconte-t-il. J’ai de la famille à Rennes, dont un grand-père qui a travaillé au Stade rennais. Fatalement, c’est venu comme ça." Aujourd’hui Parisien, il garde le club breton dans la peau — et autour du cou.

Vendredi soir, il assiste au match avec sa mère et son petit frère. À l’entrée du stade Jean-Bouin, les stadiers leur demandent de laisser leur écharpe rouge et noire à la consigne. "Le fait d’en arriver là nous a paru stupide", explique-t-il. Mais en garçon poli, il s’exécute bien volontiers. Après la rencontre, la famille récupère le précieux bien et prend la direction du métro (ligne 10).

Sur le quai de la station Porte d’Auteuil, non loin de l’enceinte sportive, l’ambiance bascule étrangement. "On a entendu “enc*** de Rennais”, puis “ils sont où les Rennais?" Quelques secondes plus tard, des hommes masqués s’approchent du trio. "Ils se sont plantés devant nous, à quelques centimètres de nous. Deux secondes après, l’un a tendu la main pour prendre l’écharpe."

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Au moment où il laisse l’écharpe, son petit frère est embarqué par les ultras. "Je l’ai tiré pour le ramener." Sa mère, bousculée, échappe, elle, de peu à la chute. "On ne se bat pas pour une écharpe… mais c’est dur de lâcher, parce que ça veut dire qu’ils vont recommencer." Lors de cette agression, Martin a tenté de raisonner ses agresseurs. "Je leur ai dit que j’étais de Paris. Ils m’ont répondu : c’est chez nous ici?! On ne peut pas se dire supporter et piétiner toutes les valeurs du sport. Ces gens-là ne sont pas des supporters."

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S.G.S.B.

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