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Mais où sont passés les équipementiers français ?


Alors que les nouveaux équipementiers inondent le marché du football, la France, elle, est à la traîne. Une traversée du désert qui interroge forcément.

ds 1793

Pendant quelques années, nous étions plus forts qu’Adidas. Le ton plein de confiance, Karim Oumnia s’exprimait en ces termes dans les colonnes de La Tribune. Si ce nom ne vous dit pas grand-chose, il est pourtant à l’origine de l’une des plus belles success story du textile français des années 2000.

Et pour cause, Oumnia, entrepreneur franco-algérien, est le fondateur de Baliston, l’une des figures les plus iconiques du football hexagonal. L’idylle ne durera cependant qu’une décennie, avant que la mondialisation et la concurrence ne viennent tout embarquer sur leur passage. Comme l’ensemble des équipementiers nationaux prospérant en début de siècle, Baliston est aujourd’hui tombé en désuétude.

Duarig et les autres
Pour s’en rendre compte, il suffit d’ailleurs de scanner les cinq grands championnats européens en cette saison 2023-2024. Sur les deux premières divisions françaises, soit 38 clubs, seuls l’OGC Nice et Troyes collaborent avec une marque locale, à savoir Le Coq Sportif. En comparaison, l’Angleterre compte 10 écuries sur 44 (Umbro, Castore), l’Espagne 7 sur 22 (Joma, Kelme, Soka, Austral), l’Italie 24 sur 40 (Kappa, Macron, Erreà, Legea, Acerbis, EYE Sport, M1909, WeArlequin, Zeus) et l’Allemagne 17 sur 36 en (Adidas, Puma, Jako, Saller, DIIY). Des chiffres qui reflètent clairement la non-mise en avant du savoir-faire local en France.

Loin de la Ligue 1 et de la Ligue 2, c’est en effet en National qu’il faut plonger pour trouver trace de deux autres équipementiers français : Eldera à Sochaux et Kipsta à Nancy et Nîmes.

Autant dire un bilan famélique, quand le nouveau millénaire se découvrait des marques solides. Parmi elles, Duarig, Baliston, Hungaria ou Patrick. Fleuron de l’Hexagone dans les années 1990, Duarig fournissait pas moins de 21 clubs jusqu’en 2014, à l’instar de Lyon, Toulouse, Lorient, Ajaccio ou Saint-Etienne. Idem pour Baliston, équipementier de Troyes, Istres ou Nancy, et Hungaria, à Monaco, Rennes et Reims. Une idée de la renommée du textile sportif français, élargie à l’internationale avec le retour sur le devant de la scène de Patrick (Sunderland, Rayo, West Bromwich, Sheffield United, Fribourg ou Southampton entre autres) puis Airness (Fulham, Gabon, RDC, Mali, Guinée, Bénin).

Comme pour une bonne partie des entreprises nationales, la globalisation sera cependant passée par là. Mangé par Nike, venu signer un contrat à 42 millions d’euros annuels avec la FFF en 2010, Puma ou Adidas, premiers partenaires exclusifs de la LFP (2009-2017), le marché français s’est doucement liquéfié devant l’énorme concurrence. Suffisant pour pousser Baliston à cesser ses activités en 2011, après la perte de son contrat avec l’ASNL au profit d’Umbro, Duarig en faire de même en 2014, faute de bénéfice, ou encore Hungaria disparaître des radars et se faire souffler son partenariat avec la Coupe de la Ligue en 2015, par Umbro également.

Decathlon en sauveur ?
La catastrophe industrielle est marquante, accentuée par la baisse de régime des deux derniers équipementiers encore actifs, à savoir Patrick et Airness, dont la présence se limite aujourd’hui à quelques clubs seulement (Airness ne travaille par exemple qu’avec la sélection malienne). La fin de la décennie 2010 porte ainsi en elle cette terrible traversée du désert, que souhaite désormais combler Decathlon.

Acteur majeur du vêtement sportif français, l’entreprise du Nord a en effet entamé son processus de réhabilitation en s’investissant massivement dans le football. Première étape : la signature d’un contrat longue durée avec la ville de Lille et le LOSC, pour le naming du stade Pierre-Mauroy, officiellement connu sous la dénomination de Pierre Mauroy-Decathlon Aréna. Une porte ouverte et bien exploitée au moment de signer un nouveau partenariat, cette fois avec la LFP, pour faire de Kipsta le producteur des ballons de la Ligue 1 et de la Ligue 2, sur la période 2022-2027.

Longtemps rangé dans la catégorie des produits bon marché, Decathlon et ses gammes sont donc parvenus à jouer de leurs propres clichés, pour remettre le made in France au premier plan. Une opération réussie, qui permet notamment à Kipsta d’entériner une nouvelle collaboration d’envergure. Aux côtés de l’UEFA, la firme sera chargée de fournir la Ligue Europa et la Ligue Europa Conférence en ballons, de 2024 à 2027. D’ici là, Duarig, Baliston et les autres auront peut-être suivi le même chemin.

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Pendant quelques années, nous étions plus forts qu’Adidas. Le ton plein de confiance, Karim Oumnia s’exprimait en ces termes dans les colonnes de La Tribune. Si ce nom ne vous dit pas grand-chose, il est pourtant à l’origine de l’une des plus belles success story du textile français des années 2000.

Et pour cause, Oumnia, entrepreneur franco-algérien, est le fondateur de Baliston, l’une des figures les plus iconiques du football hexagonal. L’idylle ne durera cependant qu’une décennie, avant que la mondialisation et la concurrence ne viennent tout embarquer sur leur passage. Comme l’ensemble des équipementiers nationaux prospérant en début de siècle, Baliston est aujourd’hui tombé en désuétude.

Duarig et les autres
Pour s’en rendre compte, il suffit d’ailleurs de scanner les cinq grands championnats européens en cette saison 2023-2024. Sur les deux premières divisions françaises, soit 38 clubs, seuls l’OGC Nice et Troyes collaborent avec une marque locale, à savoir Le Coq Sportif. En comparaison, l’Angleterre compte 10 écuries sur 44 (Umbro, Castore), l’Espagne 7 sur 22 (Joma, Kelme, Soka, Austral), l’Italie 24 sur 40 (Kappa, Macron, Erreà, Legea, Acerbis, EYE Sport, M1909, WeArlequin, Zeus) et l’Allemagne 17 sur 36 en (Adidas, Puma, Jako, Saller, DIIY). Des chiffres qui reflètent clairement la non-mise en avant du savoir-faire local en France.

Loin de la Ligue 1 et de la Ligue 2, c’est en effet en National qu’il faut plonger pour trouver trace de deux autres équipementiers français : Eldera à Sochaux et Kipsta à Nancy et Nîmes.

Autant dire un bilan famélique, quand le nouveau millénaire se découvrait des marques solides. Parmi elles, Duarig, Baliston, Hungaria ou Patrick. Fleuron de l’Hexagone dans les années 1990, Duarig fournissait pas moins de 21 clubs jusqu’en 2014, à l’instar de Lyon, Toulouse, Lorient, Ajaccio ou Saint-Etienne. Idem pour Baliston, équipementier de Troyes, Istres ou Nancy, et Hungaria, à Monaco, Rennes et Reims. Une idée de la renommée du textile sportif français, élargie à l’internationale avec le retour sur le devant de la scène de Patrick (Sunderland, Rayo, West Bromwich, Sheffield United, Fribourg ou Southampton entre autres) puis Airness (Fulham, Gabon, RDC, Mali, Guinée, Bénin).

Comme pour une bonne partie des entreprises nationales, la globalisation sera cependant passée par là. Mangé par Nike, venu signer un contrat à 42 millions d’euros annuels avec la FFF en 2010, Puma ou Adidas, premiers partenaires exclusifs de la LFP (2009-2017), le marché français s’est doucement liquéfié devant l’énorme concurrence. Suffisant pour pousser Baliston à cesser ses activités en 2011, après la perte de son contrat avec l’ASNL au profit d’Umbro, Duarig en faire de même en 2014, faute de bénéfice, ou encore Hungaria disparaître des radars et se faire souffler son partenariat avec la Coupe de la Ligue en 2015, par Umbro également.

Decathlon en sauveur ?
La catastrophe industrielle est marquante, accentuée par la baisse de régime des deux derniers équipementiers encore actifs, à savoir Patrick et Airness, dont la présence se limite aujourd’hui à quelques clubs seulement (Airness ne travaille par exemple qu’avec la sélection malienne). La fin de la décennie 2010 porte ainsi en elle cette terrible traversée du désert, que souhaite désormais combler Decathlon.

Acteur majeur du vêtement sportif français, l’entreprise du Nord a en effet entamé son processus de réhabilitation en s’investissant massivement dans le football. Première étape : la signature d’un contrat longue durée avec la ville de Lille et le LOSC, pour le naming du stade Pierre-Mauroy, officiellement connu sous la dénomination de Pierre Mauroy-Decathlon Aréna. Une porte ouverte et bien exploitée au moment de signer un nouveau partenariat, cette fois avec la LFP, pour faire de Kipsta le producteur des ballons de la Ligue 1 et de la Ligue 2, sur la période 2022-2027.

Longtemps rangé dans la catégorie des produits bon marché, Decathlon et ses gammes sont donc parvenus à jouer de leurs propres clichés, pour remettre le made in France au premier plan. Une opération réussie, qui permet notamment à Kipsta d’entériner une nouvelle collaboration d’envergure. Aux côtés de l’UEFA, la firme sera chargée de fournir la Ligue Europa et la Ligue Europa Conférence en ballons, de 2024 à 2027. D’ici là, Duarig, Baliston et les autres auront peut-être suivi le même chemin.

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