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Le parcours fou du footballeur rennais Victor Nirennold

Non conservé par le Stade Rennais dans sa jeunesse, passé par les divisions inférieures en Ille-et-Vilaine, le Rennais Victor Nirennold réalise une carrière de footballeur professionnel qui lui a permis de jouer sur trois continents différents.

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Né à Rennes au début des années 1990, Victor Nirennold a grandi un ballon entre les pieds. Passé par les équipes de jeunes du Stade Rennais, puis de la TA Rennes, avant de jouer deux ans dans les bas-fonds des divisions de district avec ses amis, aux Cheminots Rennais, le défenseur a pris en main sa carrière au début de sa vingtaine. Une prise de conscience qui lui a permis de devenir footballeur professionnel, et d'exercer sur trois continents différents. Fin janvier 2022, il signe à Motherwell, 4e du championnat écossais, pour un nouveau défi excitant.

Aux USA, des "piges" pour de l'argent de poche
Après le lycée, et un bac ES en poche, Victor Nirennold s'envole pour les Etats-Unis et l'université de Fort Lauderdale, au nord de Miami en Floride. "Je suis un mordu de foot, explique le défenseur. Quand j'étais aux USA, j'étais soit en classe, soit sur un terrain de foot. Je voulais jouer tous les jours. Je me suis retrouvé à jouer pour trois équipes en même temps : le FC Miami, une équipe de la ligue jamaïcaine et une équipe de la ligue mexicaine. Je gagnais 150 dollars par week-end, et ça me faisait mon argent de poche pour la semaine. J'étais sur un visa étudiant, donc je n'avais pas le droit de travailler à proprement parler. Je me débrouillais comme je pouvais entre ça et des cours de français que je donnais à côté."

C'est à ce moment-là que le déclic opère chez le jeune homme : "J'allais obtenir mon diplôme et il fallait que je commence à chercher un boulot. Je ne me sentais pas prêt, et je sentais que j'allais laisser passer l'opportunité d'être joueur professionnel. Et c'est là que j'ai eu la chance de signer mon premier contrat pro à 24 ans." Un déclic salvateur pour un joueur talentueux mais souvent considéré comme peu travailleur lors de ses jeunes années rennaises.

La League One anglaise pour débuter
Par chance, un agent tombe sur une compilation de ses meilleures actions dans ses matchs aux Etats-Unis, et l'envoie à des clubs des divisions inférieures en Angleterre. Le club de Fleetwood, qui évolue en League One (la troisième division anglaise) lui propose un essai de deux semaines, jugé concluant, qui lui permet de signer ce premier contrat professionnel. "C'est un petit club familial de troisième division, détaille Victor Nirennold. Mais c'est un club très bien organisé, qui a des moyens. On est le plus petit stade de la Ligue mais c'est déjà 6000 personnes."

 Au départ, il lui faut s'adapter au professionnalisme : "Au début j'ai du mal à m'adapter au rythme professionnel. Mon corps souffre, je me blesse rapidement, c'était beaucoup trop intensif pour moi, je n'avais jamais vraiment fait de musculation avant. Pareil pour la nourriture, avant Fleetwood je n'avais jamais remarqué à quel point c'était important de bien s'alimenter pour performer. Même le public, je n'avais jamais vu autant de monde, ça m'a pris six mois pour m'adapter. Il y a aussi les réseaux sociaux, tu vois tous les commentaires négatifs quand tu as fait une mauvaise prestation, et tu y penses à deux fois avant d'y retourner le match d'après." Lors de son premier contrat, le défenseur polyvalent touche environ 2500€ par mois, hors primes de matchs.

A l'inverse, le Rennais s'adapte assez naturellement à la vie sur place, bien aidé par la présence sur place de son ami rencontré à Rennes Vincent Dorel, originaire de Châteaugiron et gardien de but à Fleetwood à l'époque. Dans la station balnéaire du nord-ouest de l'Angleterre, il rencontre sa future épouse, avec qui il attend aujourd'hui un deuxième enfant. Côté sportif, avec Fleetwood, il disputera les barrages d'accession pour le Championship lors de la saison 2016/2017, et rencontre en match amical le Liverpool de Sadio Mané et Roberto Firminio en juillet 2016.

Court passage en Slovaquie, avant de mettre le cap vers l'Asie du sud-est
Mais lors de la saison 2017/2018, Victor Nirennold se brouille avec le coach : "Il décide de m'envoyer en équipe réserve. Je fais six mois avec eux, je suis prêté (à Guiseley, NDLR) et ça m'allait parce que je voulais jouer. Mon objectif quand j'étais en Angleterre c'était d'aller en 2e division (le Championship, NDLR). J'ai eu des offres mais seulement de 3e division, et du coup je me suis dit que j'allais essayer quelque chose d'autre." Il signe au FK Senica en première division slovaque : "En Slovaquie, tu as beaucoup d'exposition, tu as pas mal de joueurs qui signent après en Italie."

Au départ, le Breton est conquis, avant de déchanter rapidement : "Sur le papier, quand tu parles au directeur sportif, au coach, le projet est super... Mais ils ne payaient pas les salaires à l'heure tout simplement. Malheureusement, il y a énormément de clubs comme ça dans les pays de l'Est. Dans les clubs phares de la Ligue, il n'y a aucun souci. Mais dans les autres... Quand j'étais en Slovaquie, 90% des clubs étaient en retard sur le versement des salaires des joueurs. Pour moi c'était en moyenne trois mois de retard. Du coup j'ai "coupé" mon contrat et je suis parti. Le problème c'est que les joueurs locaux ne peuvent rien dire sinon ils sont blacklistés. C'est problématique parce qu'on ne te dit rien avant, les structures et le niveau sont supers, mais sans salaire, forcément, ce n'est pas intéressant." Il quitte le pays après six mois seulement.

Au Vietnam, sur notre terrain d'entraînement, parfois il y avait des serpents sur la pelouse ! C'est ma phobie, la première fois j'ai flippé. Les joueurs locaux couraient après les serpents, ils les attrapaient à main nue, et ils les jetaient hors du terrain. C'était fou !

Sans club, il se remémore une discussion partagée avec son épouse après des vacances au Vietnam : "On avait adoré la vie sur place. Je lui avais dit que si un jour j'avais l'opportunité de jouer ici, on viendrait vivre au Vietnam. Elle se moquait un peu de moi, en me disant "ramène le contrat et on verra". Le contrat est arrivé, et on est partis là-bas tout simplement." Grâce à son agent, il s'engage avec le Đà Nẵng Club, qui évolue dans l'élite du foot vietnamien.

"Ils étaient en retard sur tout, niveau foot, niveau infrastructures... J'ai joué en DH à la TA Rennes et franchement le niveau étaient meilleur qu'au Vietnam, se remémore le défenseur. On a un contrat pro, mais c'est du foot amateur, tout simplement. Mais les stades sont pleins, il y a des stades de 20, 30, 40 000 personnes ! Et les fans chantent tout le temps, ils t'encouragent, dans les bons comme dans les mauvais moments."

Et cette aventure vietnamienne lui a valu une anecdote complètement folle : "Au Vietnam, sur notre terrain d'entraînement, parfois il y avait des serpents sur la pelouse ! C'est ma phobie, la première fois j'ai flippé. Les joueurs locaux couraient après les serpents, ils les attrapaient à main nue, et ils les jetaient hors du terrain. C'était fou ! La première fois que j'ai vu ça, je m'étais dit que c'était sans doute juste une fois, mais en fait non, ça arrivait quasiment une fois par semaine." Après une saison au Vietnam, Victor Nirennold met le cap au sud, direction la Malaisie où il signe pour le club de l'UITM FC.

Deux saisons en Malaisie avant de signer à Motherwell, en Ecosse, en janvier dernier
Là-bas, le Rennais s'éclate : il est nommé parmi les meilleurs défenseurs du championnat, il intègre à plusieurs reprises l'équipe-type de la semaine et porte le brassard de capitaine régulièrement. De tous ces voyages, le trentenaire garde des souvenirs marqués au fer rouge, et des leçons de vie : "Tu te rends compte que tu es un privilégié, ça t'ouvre les yeux. En Asie du sud-est, tu vois beaucoup plus de pauvreté qu'en Europe, tu deviens conscient du privilège que tu as de bien vivre de ta passion. Et je sais que foot ou pas foot, je continuerai à voyager après ma carrière." Mais après deux ans en Malaisie, son épouse a le mal du pays et la famille repart vivre en Angleterre à la fin de l'année 2021.

De retour au Royaume-Uni, Victor Nirennold passe un coup de fil à son ancien coach à Fleetwood Town, Graham Alexander, qui dirige aujourd'hui Motherwell en première division écossaise : "Il m'a dit qu'il était intéressé, et il me propose de venir à l'essai une semaine en janvier. J'y suis allé, ça s'est bien passé, et j'ai signé jusqu'à la fin de saison." Le club est en lice pour disputer les play-offs et pourquoi pas jouer des barrages de coupe d'Europe l'été prochain. Pour Victor Nirennold, l'avenir footballistique est incertain, puisque son contrat se termine en juin. Mais le Rennais ne se fait pas de soucis, il veut d'abord retrouver le rythme avant de penser à la suite. Et à son prochain voyage.

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C'est à ce moment-là que le déclic opère chez le jeune homme : "J'allais obtenir mon diplôme et il fallait que je commence à chercher un boulot. Je ne me sentais pas prêt, et je sentais que j'allais laisser passer l'opportunité d'être joueur professionnel. Et c'est là que j'ai eu la chance de signer mon premier contrat pro à 24 ans." Un déclic salvateur pour un joueur talentueux mais souvent considéré comme peu travailleur lors de ses jeunes années rennaises.

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 Au départ, il lui faut s'adapter au professionnalisme : "Au début j'ai du mal à m'adapter au rythme professionnel. Mon corps souffre, je me blesse rapidement, c'était beaucoup trop intensif pour moi, je n'avais jamais vraiment fait de musculation avant. Pareil pour la nourriture, avant Fleetwood je n'avais jamais remarqué à quel point c'était important de bien s'alimenter pour performer. Même le public, je n'avais jamais vu autant de monde, ça m'a pris six mois pour m'adapter. Il y a aussi les réseaux sociaux, tu vois tous les commentaires négatifs quand tu as fait une mauvaise prestation, et tu y penses à deux fois avant d'y retourner le match d'après." Lors de son premier contrat, le défenseur polyvalent touche environ 2500€ par mois, hors primes de matchs.

A l'inverse, le Rennais s'adapte assez naturellement à la vie sur place, bien aidé par la présence sur place de son ami rencontré à Rennes Vincent Dorel, originaire de Châteaugiron et gardien de but à Fleetwood à l'époque. Dans la station balnéaire du nord-ouest de l'Angleterre, il rencontre sa future épouse, avec qui il attend aujourd'hui un deuxième enfant. Côté sportif, avec Fleetwood, il disputera les barrages d'accession pour le Championship lors de la saison 2016/2017, et rencontre en match amical le Liverpool de Sadio Mané et Roberto Firminio en juillet 2016.

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Sans club, il se remémore une discussion partagée avec son épouse après des vacances au Vietnam : "On avait adoré la vie sur place. Je lui avais dit que si un jour j'avais l'opportunité de jouer ici, on viendrait vivre au Vietnam. Elle se moquait un peu de moi, en me disant "ramène le contrat et on verra". Le contrat est arrivé, et on est partis là-bas tout simplement." Grâce à son agent, il s'engage avec le Đà Nẵng Club, qui évolue dans l'élite du foot vietnamien.

"Ils étaient en retard sur tout, niveau foot, niveau infrastructures... J'ai joué en DH à la TA Rennes et franchement le niveau étaient meilleur qu'au Vietnam, se remémore le défenseur. On a un contrat pro, mais c'est du foot amateur, tout simplement. Mais les stades sont pleins, il y a des stades de 20, 30, 40 000 personnes ! Et les fans chantent tout le temps, ils t'encouragent, dans les bons comme dans les mauvais moments."

Et cette aventure vietnamienne lui a valu une anecdote complètement folle : "Au Vietnam, sur notre terrain d'entraînement, parfois il y avait des serpents sur la pelouse ! C'est ma phobie, la première fois j'ai flippé. Les joueurs locaux couraient après les serpents, ils les attrapaient à main nue, et ils les jetaient hors du terrain. C'était fou ! La première fois que j'ai vu ça, je m'étais dit que c'était sans doute juste une fois, mais en fait non, ça arrivait quasiment une fois par semaine." Après une saison au Vietnam, Victor Nirennold met le cap au sud, direction la Malaisie où il signe pour le club de l'UITM FC.

Deux saisons en Malaisie avant de signer à Motherwell, en Ecosse, en janvier dernier
Là-bas, le Rennais s'éclate : il est nommé parmi les meilleurs défenseurs du championnat, il intègre à plusieurs reprises l'équipe-type de la semaine et porte le brassard de capitaine régulièrement. De tous ces voyages, le trentenaire garde des souvenirs marqués au fer rouge, et des leçons de vie : "Tu te rends compte que tu es un privilégié, ça t'ouvre les yeux. En Asie du sud-est, tu vois beaucoup plus de pauvreté qu'en Europe, tu deviens conscient du privilège que tu as de bien vivre de ta passion. Et je sais que foot ou pas foot, je continuerai à voyager après ma carrière." Mais après deux ans en Malaisie, son épouse a le mal du pays et la famille repart vivre en Angleterre à la fin de l'année 2021.

De retour au Royaume-Uni, Victor Nirennold passe un coup de fil à son ancien coach à Fleetwood Town, Graham Alexander, qui dirige aujourd'hui Motherwell en première division écossaise : "Il m'a dit qu'il était intéressé, et il me propose de venir à l'essai une semaine en janvier. J'y suis allé, ça s'est bien passé, et j'ai signé jusqu'à la fin de saison." Le club est en lice pour disputer les play-offs et pourquoi pas jouer des barrages de coupe d'Europe l'été prochain. Pour Victor Nirennold, l'avenir footballistique est incertain, puisque son contrat se termine en juin. Mais le Rennais ne se fait pas de soucis, il veut d'abord retrouver le rythme avant de penser à la suite. Et à son prochain voyage.

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