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J’aurais aimé jouer au Paris SG

Les souvenirs du champion du monde 1998 Stéphane Guivarc’h (52 ans) tournent autour de la Coupe du monde et des nombreux anciens clubs de l’attaquant breton.
ds 1091

Le joueur le plus fort avec lequel vous avez joué ?
Zidane, je ne peux pas dire autre chose. Techniquement très doué, super vision de jeu, mec gentil, que des qualités. Il savait éliminer, faire les passes précises, marquer. Il savait tout faire. Et même en travaillant 24 heures sur 24, je n’aurais jamais eu sa technique.

Le joueur le plus fort que vous avez affronté ?
Le Croate Davor Suker, un super joueur, combatif, finisseur.

Le joueur que vous détestiez ?
Un qui me cassait les pieds, sincèrement, c’est l’ltalien Fabio Cannavaro. Il te marchait sur les pieds, était vraiment agressif et pas toujours dans le bon sens du terme. Mais comme je ne suis pas du genre à me laisser faire, lors du quart de finale de la Coupe du monde en 1998, je me suis protégé. À un moment, il a voulu passer sa tête et il s’est pris mon coude. Ce n’était pas volontaire, mais il était ouvert et j’ai pris un jaune. J’ai lu des années plus tard qu’il m’en voulait encore.

Votre onze idéal ?
C’est le onze de la Coupe du monde avec Barthez - Thuram, Desailly, Blanc, Lizarazu - Karembeu, Deschamps, Petit - Zidane, Djorkaeff et moi devant. C’était une équipe équilibrée, partie de rien et qui a pris du volume et de la confiance au fur et à mesure de la compétition. Défensivement, c’était très fort. Offensivement, c’était plus compliqué, car j’étais tout seul devant mais avec des mecs aussi talentueux que Zidane et Djorkaeff, on s’en sortait, d’autant qu’il suffisait de marquer un but car on n’en prenait pas.

Votre meilleur souvenir ?
La Coupe du monde 1998, même si j’ai ce petit regret de n’avoir pas marqué durant la compétition. J’en étais à 72 matchs sur la saison à cause notamment de la Coupe Intertoto et je me suis blessé lors du premier match contre l’Afrique du Sud. A posteriori, je me dis que Guy Roux aurait pu un peu ménager ses internationaux en vue de la Coupe du monde. Cette saison-là, j’ai quand même inscrit 47 buts toutes compétitions confondues, mais j’aurais préféré en mettre 20 de moins et marquer en Coupe du monde.

Votre pire souvenir ?
L’arrêt de ma carrière qui n’était pas prévu. J’étais revenu en Bretagne à Guingamp par rapport à ma mère qui était très malade. Je pouvais la voir le mercredi et le dimanche. En début de saison, je me suis fait opérer du ménisque interne par le professeur Jaeger à Strasbourg, mais je ne m’en suis jamais vraiment remis. J’ai toujours eu une gène après. D’ailleurs, Le Graët a pensé que j’étais arrivé blessé.

L’équipe où vous auriez aimé jouer ?
Le Paris SG. J’ai rencontré (Charles) Biétry juste avant la Coupe du monde. Je lui ai indiqué le prix de mon transfert (35 millions de francs, soit 5,3 M€) mais lui m’a dit qu’il n’avait pas d’argent. J’ai donc signé à Newcastle où l’entraîneur qui m’avait recruté (Dalglish) s’est fait virer. Son successeur Gullit m’a mis au placard. Biétry est revenu à la charge à l’intersaison, mais il voulait un prêt. Si j’avais eu une proposition de Paris, je n’aurais pas signé à Newcastle.

La plus grosse altercation à laquelle vous avez assisté ?
À Auxerre, un joueur de la génération des Cissé, Mexès, Kapo etc. arrive un jour en retard à 9 h 45. Daniel Rolland, qui coachait à l’époque, lui dit : "ça ne te dérange pas de faire attendre les autres". Et le mec de 18 ans lui répond : "Tu vas pas me faire chier pour un quart d’heure !" Des bagarres et des engueulades, je n’en ai pas de souvenir. Après, sur le terrain, tu pouvais avoir des caractères de cochon comme Stéphane Carnot, que j’adore. Quand il perdait un ballon, ce n’était jamais de sa faute. Il avait toujours une excuse.

Une consigne que vous n’avez pas comprise ?
Quand tu perds, en général, tu débriefes. Mais Guy Roux ne débriefait jamais, il passait tout de suite au match suivant. Peut-être qu’il avait raison, alors qu’avec d’autres, on restait une heure ou deux heures sur le match.

Le coach avec lequel vous vous êtes senti en symbiose ?
Ils m’ont tous appris quelque chose. Guy Lacombe, par exemple, avait des séances très intéressantes sur le plan tactique. On faisait avec lui des séances de deux heures, voire deux heures et demie, contre une heure et demie pour les autres.

Votre meilleur match ?
J’ai deux matchs références. Le quart de finale de Coupe de la Ligue qu’on remporte 3-2 à Marseille (le 17 février 1998). Je marque les trois buts. On entendait les mouches voler dans le stade. Mais trois jours plus tard, je suis revenu avec l’équipe de France au Vélodrome, et les supporters m’ont jeté des trucs et à moitié insulté durant l’échauffement.

Et il y a aussi ce quart de finale retour en Coupe de l’UEFA (ex-Ligue Europa) contre la Lazio de Rome, où je marque les deux buts qui nous permettent de faire match nul (2-2). Dommage, car on avait perdu 1-0 là-bas et il y avait moyen de passer au retour. Mais notre arrière gauche qui était blessé n’aurait pas dû jouer et Mancini avait inscrit un penalty qui n’existait pas.

Un match qui reste dans votre mémoire de spectateur ou téléspectateur ?
La finale de l’Euro 84 contre l’Espagne, un premier titre pour l’équipe de France qui consacre une génération exceptionnelle et la demi-finale de la Coupe du monde en Espagne contre l’Allemagne à Séville en 1982.

Un joueur ou des joueurs que vous aimez bien aujourd’hui ?
Kylian Mbappé. Il a tout. Il est monstrueux. On dirait une machine. Il va vite, il marque des buts, il est technique. Il faut qu’il garde la tête sur les épaules. Mais c’est bien qu’il soit resté à Paris pour aider le club à enfin remporter la Ligue des champions.

Repères

- 6 septembre 1970 : naissance à Concarneau.

- 18 mai 1996 : champion de France division 1 avec l’AJ Auxerre

- 12 juillet 1998 : champion du monde avec l’équipe de France.

- 4 mai 2002 : dernier match pro avec En Avant Guingamp en Ligue 1. Tous ses clubs : Brest Armorique (1989-91), EA Guingamp (1991-1995), Auxerre (1995-98), Stade Rennais (1996-97), Newcastle (1998), Glasgow Rangers (1998-99), Auxerre (1999-2001), EA Guingamp (2001-02).

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Le Croate Davor Suker, un super joueur, combatif, finisseur.

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Un qui me cassait les pieds, sincèrement, c’est l’ltalien Fabio Cannavaro. Il te marchait sur les pieds, était vraiment agressif et pas toujours dans le bon sens du terme. Mais comme je ne suis pas du genre à me laisser faire, lors du quart de finale de la Coupe du monde en 1998, je me suis protégé. À un moment, il a voulu passer sa tête et il s’est pris mon coude. Ce n’était pas volontaire, mais il était ouvert et j’ai pris un jaune. J’ai lu des années plus tard qu’il m’en voulait encore.

Votre onze idéal ?
C’est le onze de la Coupe du monde avec Barthez - Thuram, Desailly, Blanc, Lizarazu - Karembeu, Deschamps, Petit - Zidane, Djorkaeff et moi devant. C’était une équipe équilibrée, partie de rien et qui a pris du volume et de la confiance au fur et à mesure de la compétition. Défensivement, c’était très fort. Offensivement, c’était plus compliqué, car j’étais tout seul devant mais avec des mecs aussi talentueux que Zidane et Djorkaeff, on s’en sortait, d’autant qu’il suffisait de marquer un but car on n’en prenait pas.

Votre meilleur souvenir ?
La Coupe du monde 1998, même si j’ai ce petit regret de n’avoir pas marqué durant la compétition. J’en étais à 72 matchs sur la saison à cause notamment de la Coupe Intertoto et je me suis blessé lors du premier match contre l’Afrique du Sud. A posteriori, je me dis que Guy Roux aurait pu un peu ménager ses internationaux en vue de la Coupe du monde. Cette saison-là, j’ai quand même inscrit 47 buts toutes compétitions confondues, mais j’aurais préféré en mettre 20 de moins et marquer en Coupe du monde.

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Le Paris SG. J’ai rencontré (Charles) Biétry juste avant la Coupe du monde. Je lui ai indiqué le prix de mon transfert (35 millions de francs, soit 5,3 M€) mais lui m’a dit qu’il n’avait pas d’argent. J’ai donc signé à Newcastle où l’entraîneur qui m’avait recruté (Dalglish) s’est fait virer. Son successeur Gullit m’a mis au placard. Biétry est revenu à la charge à l’intersaison, mais il voulait un prêt. Si j’avais eu une proposition de Paris, je n’aurais pas signé à Newcastle.

La plus grosse altercation à laquelle vous avez assisté ?
À Auxerre, un joueur de la génération des Cissé, Mexès, Kapo etc. arrive un jour en retard à 9 h 45. Daniel Rolland, qui coachait à l’époque, lui dit : "ça ne te dérange pas de faire attendre les autres". Et le mec de 18 ans lui répond : "Tu vas pas me faire chier pour un quart d’heure !" Des bagarres et des engueulades, je n’en ai pas de souvenir. Après, sur le terrain, tu pouvais avoir des caractères de cochon comme Stéphane Carnot, que j’adore. Quand il perdait un ballon, ce n’était jamais de sa faute. Il avait toujours une excuse.

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Et il y a aussi ce quart de finale retour en Coupe de l’UEFA (ex-Ligue Europa) contre la Lazio de Rome, où je marque les deux buts qui nous permettent de faire match nul (2-2). Dommage, car on avait perdu 1-0 là-bas et il y avait moyen de passer au retour. Mais notre arrière gauche qui était blessé n’aurait pas dû jouer et Mancini avait inscrit un penalty qui n’existait pas.

Un match qui reste dans votre mémoire de spectateur ou téléspectateur ?
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