Guillaume Cerutti, président du conseil d’administration du Stade Rennais, a cosigné une tribune dans le journal Le Monde, dans laquelle il appelle à une réforme en profondeur de la gouvernance du football professionnel français. Cela intervient après l’échec de l’acquisition des droits de la Coupe du monde 2026 par Ligue 1 +.
On le sait, le football français est empêtré dans une crise financière et de gouvernance depuis de longs mois. Après les échecs Médiapro et DAZN, la Ligue de football professionnel a lancé sa plateforme de diffusion Ligue 1 +, laquelle espère s’installer durablement dans le paysage audiovisuel pour garantir des revenus aux clubs de Ligue 1.
Mais les embûches sont nombreuses et la dernière en date a encore créé de nombreux remous : l’acquisition par BeIN Sport des droits pour la Coupe du monde 2026 alors que Ligue 1 + avait un accord avec la Fifa pour la diffuser. Nicolas de Tavernost, directeur général de LFP Media a démissionné de son poste cette semaine. Dans ce contexte de crise, quatre dirigeants du foot français ont décidé de publier une tribune commune chez nos confrères du Monde. Il s’agit de Guillaume Cerutti, président du conseil d’administration du Stade Rennais, accompagné de Frank McCourt, propriétaire de l’OM, de Joseph Oughourlian, propriétaire et président du RC Lens et de Jean-Michel Roussier, président du Havre AC.
Les quatre hommes commencent leur propos par un constat : "L’économie du football professionnel français traverse une crise profonde. La mise en échec de la chaîne Ligue 1 + pour l’obtention auprès de la Fédération internationale de football (FIFA) des droits de diffusion payante des matchs de la prochaine Coupe du monde en constitue une manifestation supplémentaire", expliquent-ils.
Un passage de la LFP en société commerciale
"Le choix final de la FIFA en faveur de BeIN Sports, dans des conditions peu claires, et alors qu’elle avait déjà trouvé un accord préalable avec Ligue 1 +, a entraîné la démission de Nicolas de Tavernost de son poste de directeur général de LFP Media. Elle a fait une nouvelle fois apparaître les fractures au sein du conseil d’administration de la Ligue, et l’absence de réponse efficace à la crise économique dans laquelle notre football est plongé."
Pour ces dirigeants, un changement de taille s’impose dans les statuts de la LFP. "L’actuelle Ligue, simple association régie par la loi de 1901, n’est plus adaptée à la gestion d’un secteur qui pèse plusieurs centaines de millions d’euros. Sa transformation en société commerciale recevant délégation de la Fédération française de football (FFF) – sur un modèle comparable à celui de la Premier League anglaise – permettrait d’instaurer une gouvernance plus professionnelle, contrôlée par une assemblée générale des clubs et un conseil de surveillance associant la Fédération et le fonds partenaire CVC."
Pour ce faire, ils demandent au gouvernement d’inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale une proposition de loi qui vise à réformer la gouvernance du sport pro et qui est portée par deux députés. Ils souhaitent également que les pouvoirs publics et l’Autorité de la concurrence soient vigilants sur "l’unité de propriété" entre le PSG et BeIN.





