• ds_2189.jpg
  • ds_2110.jpg
  • ds_0437.jpg
  • ds_3693.jpg
  • ds_4260.jpg
  • ds_0588.jpeg
  • ds_1841.jpg
  • DS_0147.jpg
  • ds_2325.jpg
  • ds_1287.jpg
  • ds_0850.jpg
  • DS_0190.jpg
  • ds_4214.jpg
  • ds_0370a.jpg
  • ds_4126.jpg
  • ds_0331.jpg
  • ds_0561.jpeg
  • ds_1258.jpg
  • DS_0085.jpg
  • ds_2547.jpg
Ligue 1

19 Février 2026

En marge du match de Ligue 1 qui opposera l'AJ Auxerre au Stade Rennais, ce dimanche 22 février 2026 à 15 heures, le préfet de l'Yonne a pris un arrêté interdisant le centre-ville d'Auxerre aux...

Actualité

18 Février 2026

La transition s’effectue sans complications légales majeures : le désaccord entre Rennes et Habib Beye n’entravera pas l’arrivée de Franck Haise au club breton. Depuis son départ de l’OGC Nice en...

Actualité

18 Février 2026

Hier, le rendez-vous entre Habib Beye et le Stade Rennais devant la Commission juridique de la LFP n’a pas abouti. Mais les choses ont évolué ce mercredi puisque le coach sénégalais a été...

Mercato

18 Février 2026

Il était annoncé. Franck Haise remplace Habib Beye au poste d'entraîneur de l'équipe pro du Stade Rennais. Le technicien de 54 ans s'engage jusqu'en 2027. Sacré meilleur coach de Ligue 1 en 2023,...

Mercato

16 Février 2026

L’arrivée comme nouveau coach de Franck Haise, prévue ce mardi 17 février ou au plus tard mercredi 18 février, va avoir des conséquences sur le staff en place du Stade Rennais. Olivier Sorin, qui...

Actualité

16 Février 2026

Tandis que l'avenir de la chaîne Ligue 1+ s'est assombri avec l'annonce du départ de Nicolas de Tavernost, il se chuchote que la LFP négocie avec des diffuseurs prêts à payer pour retransmettre la...

Mercato

16 Février 2026

Selon les informations d’Ouest-France, Benoit Muller va quitter son poste de directeur général adjoint et directeur financier du Stade Rennais, pour rejoindre le FC Lorient au poste de directeur...

Actualité

15 Février 2026

Un conflit majeur au Stade Rennais oppose l’entraîneur Habib Beye et le gardien Brice Samba, révélant des dysfonctionnements organisationnels profonds. L’émission L’Équipe du Soir a divulgué des...

Actualité

15 Février 2026

Le Stade Rennais a publié ce dimanche 15 février un communiqué dans lequel il s’offusque contre certains propos tenus par un journaliste sur le plateau de la chaîne l’Équipe, dans une émission...

Actualité

15 Février 2026

Le Stade Rennais crée la surprise dans cette 22e journée de Ligue 1. Le SRFC a dominé le PSG sur le score de 3 buts à 1. C’est la sensation du week-end en France. Ce vendredi soir, le Stade Rennais...

Actualité

14 Février 2026

Guillaume Cerutti, président du conseil d’administration du Stade Rennais, a cosigné une tribune dans le journal Le Monde, dans laquelle il appelle à une réforme en profondeur de la gouvernance du...

Actualité

14 Février 2026

Alors que le départ d'Habib Beye du Stade Rennais n'est toujours pas officialisé, la chaîne L'Equipe balance une bombe concernant la mise au placard de Brice Samba. Désormais les deux camps se...

Ligue 1

13 Février 2026

Le Stade Rennais s’est imposé face au PSG ce vendredi 13 février au Roazhon Park (3-1). À l’issue de la rencontre, le gardien rennais Brice Samba s’est exprimé au micro du diffuseur, revenant...

Ligue 1

13 Février 2026

Rennes a signé un succès de prestige face au PSG (3-1), ce vendredi lors de la 22e journée de Ligue 1, quatre jours après s'être séparé de son entraîneur Habib Beye. Paris, battu pour la 3e fois de...

Ligue 1

13 Février 2026

Quelques jours après avoir écrasé l'Olympique de Marseille dans le Classique (5-0), le Paris Saint-Germain retrouve la Ligue 1 ce week-end, en défiant le Stade Rennais au Roazhon Park. A quelle...

Anciens

13 Février 2026

N'ayant pas trouvé d'accord avec Habib Beye sur ses conditions de sortie, le Stade Rennais a saisi la commission juridique de la LFP, qui doit statuer mardi après-midi. C'est une séparation pour le...

Anciens

13 Février 2026

C'était le choix du cœur, l'évidence. Mais une révélation embarrassante vient de tout compliquer. Le favori, c’était lui. L’enfant du pays, l’ancien capitaine au caractère bien trempé, l’homme...

Actualité

13 Février 2026

Le projet devait être le sauveur du football français. Il pourrait bien devenir son fossoyeur. Le football français replonge dans ses sombres habitudes. Ce jeudi, Vincent Labrune a acté le naufrage...

On m'a dit que j'étais footballeur

Pascal Rousseau, l'un des meilleurs gardiens français de la fin des années 1980 (Matra Racing, Laval, OM, Rennes...) est devenu amnésique en mars 2019. Depuis, il a réappris sa vie.
On m'a dit que j'étais footballeur

La gouaille de titi parisien, désormais mâtinée d'accent suisse, est toujours là. L'esprit vif et la malice aussi. La dernière fois, c'était il y a trente ans (1994) au Stade de la Route de Lorient et Pascal Rousseau, gardien du Stade Rennais était l'un des artisans de la montée en D1 comme huit ans avant avec le Racing. Entre-temps, il avait été sacré meilleur gardien de Division 1 en 1988 avec Laval et champion de France 1990 le temps d'une pige avec l'OM de Bernard Tapie.

En plus de vingt ans de carrière, cette grande gueule avait connu aussi une sale blessure à un genou, des mises à l'écart et le chômage. Mais le 10 mars 2019, tout s'est effacé : « J'étais en train de discuter avec mon ex-femme. Quand elle a quitté la pièce, j'ai dû me lever au moment où mon cerveau a tiré la prise. Je suis tombé. Je me suis réveillé à l'hôpital. Je ne savais pas mon nom. Une infirmière est entrée : ''Salut La Rousse ! T'es enfin réveillé ?'' ''Je ne vous connais pas...'' C'était une copine de vingt ans... J'ai perdu toute ma mémoire. Toute ma vie effacée. »

Son parcours :

* Paris FC (1979-1982)
* Valenciennes (1982-1984)
* RC Paris (1984-1986)
* Lille (1986-1987)
* Laval (1987-1990)
* OM (1990)
* Reims (1990-1991)
* Rennes (1991-1995)
* Créteil (1995-1996)
* Erevan (Arm. 1997)
* Carouge (Sui. 1998-2000)
* Yverdon (2000-2001)

Ce jour-là, l'ancien joueur est devenu amnésique dissociatif rétrograde. « C'est une amnésie fonctionnelle, c'est-à-dire complètement psychologique, précise sa psychothérapeute en Suisse où il a terminé sa carrière. À un moment donné, l'organisme met en place un blocage dans la récupération des souvenirs. Des souvenirs qui peuvent être trop douloureux vont générer un stress insurmontable. C'est comme dans un circuit électrique quand les plombs sautent. Des amnésies sélectives touchent certains événements comme les abus sexuels (évoqué par Sarah Abitbol dans Un si long silence aux éditions Plon). Le cas de Pascal, une amnésie généralisée, est plus rare. Des souvenirs sont revenus assez rapidement après, d'autres peuvent resurgir grâce à une image, une anecdote, une ambiance, une émotion. C'est un peu la Madeleine de Proust. »

« J'ai réappris ma vie à travers les échanges, les journaux que ma mère avait gardés, les réseaux sociaux. J'ai fait un travail de recherche permanent sur ma vie »

« Ça a changé pas mal ma vie, reprend Rousseau. On m'a représenté ma femme, mes enfants... Je développe une espèce d'hyper-sensibilité alors quand je l'ai prise dans mes bras, je savais que c'était ma femme. J'ai le ressenti, l'émotionnel. J'ai eu deux ans et demi difficile... ma famille a explosé... C'est compliqué aussi pour les gens de comprendre que ça ne m'inquiète pas. Je dois accepter qu'ils me croient ou pas. Petit à petit, j'ai pris le parti d'avancer. J'ai réappris ma vie à travers les échanges, les journaux que ma mère avait gardés, les réseaux sociaux. J'ai fait un travail de recherche permanent sur ma vie. J'ai ma mémoire immédiate et quand on m'explique un truc, j'enregistre. On m'a dit que j'étais footballeur. Alors je ne connais pas ma carrière par coeur, mais pas loin. J'ai vu que j'avais joué avec des mecs incroyables ! Jean-Pierre Papin, Enzo Francescoli à l'OM ! En D2, je jouais derrière la charnière internationale Bossis-Mahut au Matra Racing ! Sur les photos, les films, je vois que c'est moi. Ok... J'étais gardien. Je me suis remis dans les buts, pour voir... alors oui, j'ai des aptitudes... c'est clair. Je sais plonger, je sais arrêter des ballons. J'entraîne même à nouveau les gardiens. Comment je fais ? Je ne sais pas. »

Sa thérapeute explique : « En général cette amnésie touche principalement les événements qui concernent le sujet. Pascal a pu reprendre le travail (conseiller en hypothèque et planification de retraite) assez rapidement parce qu'il a conservé toutes ses compétences et son corps se rappelle les mouvements, c'est la mémoire procédurale. »

En octobre 2023, avec ses amis Moune et Boubou, connus en rééducation en 1989, il est retourné à Rennes pour la première fois, pour la réception de Nantes : « Il nous a dit : ''Je n'ai plus de souvenirs avec vous, mais on se connaît depuis une éternité.'' C'est perturbant, mais on fait abstraction de ça très vite parce que c'est le même. Il est juste aux aguets pour capter de nouvelles informations. La veille, on a fait un tour autour du Roazhon pour peut-être faire un déclic. Mais le stade a bien changé ! Ça ne lui disait rien. Le jour du match, dans l'ambiance, en redécouvrant Olivier Dall'Oglio et d'autres, ça lui a fait des flashs. Il était de plus en plus à l'aise. »

« J'ai reçu un accueil de malade (à Rennes), une dose d'amour incroyable ! Le kop a scandé mon nom. Les supporters étaient très bienveillants. J'ai dû laisser une image de quelqu'un de très abordable »

Rousseau n'en revient toujours pas. « J'ai reçu un accueil de malade, une dose d'amour incroyable ! Le kop a scandé mon nom. Les supporters étaient très bienveillants. J'ai dû laisser une image de quelqu'un de très abordable. » Ses deux meilleurs potes footballeurs confirment. En 1988, Frank Leboeuf était stagiaire à Laval. « Après une victoire à domicile, tout le monde va manger et je rentre chez moi avec ma femme... Et là, Pascal m'appelle : ''Pourquoi tu viens pas ?''

- ''J'ai pas forcément l'argent pour aller au resto''.

- ''Tu viens, tu fais partie de l'équipe, je gère.'' »

Il était dans le partage. Ça m'a touché. J'ai toujours eu beaucoup de respect pour lui. C'est quelqu'un d'entier. Quand il a envie de te dire merde, il te dit merde. Quand il a envie de dire je t'aime, il te dit je t'aime. » En 1994, Dall'Oglio est arrivé de Perpignan à Rennes après le début du Championnat : « Dans le vestiaire, il n'y avait pas spécialement de place. Pascal m'a accueilli. Il a débarrassé ses affaires, son gardien de chiffon porte-bonheur et m'a dit : ''Viens à côté de moi''. Je n'ai jamais oublié ce premier jour... Ce n'est jamais simple d'intégrer un vestiaire quand on ne connaît personne. »

L'ancien Rennais, Patrick Guillou, consultant BeIn Sports, confirme : « Pascal était quelqu'un de très cash, qui prenait les choses en main. Il était très fédérateur. On a passé de super moments de partage avec lui et sa femme dans leur maison. Fort de son expérience, il avait une vision pointue dans l'analyse tactique, dans le vestiaire sa voix comptait. » De quoi lui parle-t-on le plus souvent ? « Les maillots que je dessinais. Le look atypique plaisait. » Jaune canari avec triangles bleu roi ou rose, il se lâchait. « Il y avait du bon et du moins bon ! sourit Dall'Oglio. De l'extravagant, du bariolé aussi. Il était avant-gardiste. C'était un garçon atypique, un artiste, il jouait de la guitare, il avait un studio chez lui. »

« Je n'avais plus de nouvelles jusqu'au jour où il me raconte ça, en pleurant à l'évocation de ses enfants dont il ne se souvenait pas... un truc de fou »

Frank Leboeuf, ancien coéquipier de Pascal Rousseau
« Mais j'espère qu'on me voit autrement qu'un mec qui portait des maillots ! s'amuse l'intéressé. Quand je vois ma longévité, je me dis que je devais pas être trop mauvais. » « Probablement en France le plus sûr dans les airs », selon L'Équipe en 1990. Champion d'Europe 1984, Maxime Bossis peut le rassurer : « Pascal avait pas mal de caractère. Il aimait chambrer et rire. Dans le but du Matra, il était rassurant, commandait très bien sa défense, nous parlait énormément sans peur d'élever la voix. Un des tout bons gardiens. Spectaculaire, il aimait parfois en rajouter pour faire des arrêts sympas. Comme pour ses maillots, il aimait être stylé. » Dall'Oglio décrit « un gros bosseur, pas très grand, très bondissant, téméraire dans les sorties. Un leader à sa manière. »

Qui a pu compter sur ses vieilles amitiés pour reconstruire sa mémoire. Leboeuf lui a ouvert sa boîte à souvenirs : « Je n'avais plus de nouvelles jusqu'au jour où il me raconte ça, en pleurant à l'évocation de ses enfants dont il ne se souvenait pas... un truc de fou... Alors je lui ai raconté qu'un soir il a ''tué'' une dizaine de vaches sur la route en rentrant, que j'étais là pour l'opération de son fils, qu'une autre fois j'étais chez lui quand il a raccroché trois fois au nez de Tapie qui voulait le faire venir et qu'il n'y croyait pas ! Je lui ai envoyé les images d'un PSG-Laval sur Canal où on prend 3-0... »

« Quand Frank m'a vu, se souvient Rousseau, j'étais vraiment pas bien. Il a été d'un secours ce gars... » Un guide parmi d'autres sur le chemin de son passé. Une quête qu'il espère un jour évoquer dans un seul en scène dont Nicolas Vitiello, connu via le champion du monde, assurera la mise en scène. « J'ai besoin d'en parler... Plein de gens ne sont pas diagnostiqués. J'ai envie qu'ils sachent que ça existe. Si ça peut les aider... » Son titre : Souvenez-moi.

Related Articles

Pascal Rousseau, l'un des meilleurs gardiens français de la fin des années 1980 (Matra Racing, Laval, OM, Rennes...) est devenu amnésique en mars 2019. Depuis, il a réappris sa vie.
On m'a dit que j'étais footballeur

La gouaille de titi parisien, désormais mâtinée d'accent suisse, est toujours là. L'esprit vif et la malice aussi. La dernière fois, c'était il y a trente ans (1994) au Stade de la Route de Lorient et Pascal Rousseau, gardien du Stade Rennais était l'un des artisans de la montée en D1 comme huit ans avant avec le Racing. Entre-temps, il avait été sacré meilleur gardien de Division 1 en 1988 avec Laval et champion de France 1990 le temps d'une pige avec l'OM de Bernard Tapie.

En plus de vingt ans de carrière, cette grande gueule avait connu aussi une sale blessure à un genou, des mises à l'écart et le chômage. Mais le 10 mars 2019, tout s'est effacé : « J'étais en train de discuter avec mon ex-femme. Quand elle a quitté la pièce, j'ai dû me lever au moment où mon cerveau a tiré la prise. Je suis tombé. Je me suis réveillé à l'hôpital. Je ne savais pas mon nom. Une infirmière est entrée : ''Salut La Rousse ! T'es enfin réveillé ?'' ''Je ne vous connais pas...'' C'était une copine de vingt ans... J'ai perdu toute ma mémoire. Toute ma vie effacée. »

Son parcours :

* Paris FC (1979-1982)
* Valenciennes (1982-1984)
* RC Paris (1984-1986)
* Lille (1986-1987)
* Laval (1987-1990)
* OM (1990)
* Reims (1990-1991)
* Rennes (1991-1995)
* Créteil (1995-1996)
* Erevan (Arm. 1997)
* Carouge (Sui. 1998-2000)
* Yverdon (2000-2001)

Ce jour-là, l'ancien joueur est devenu amnésique dissociatif rétrograde. « C'est une amnésie fonctionnelle, c'est-à-dire complètement psychologique, précise sa psychothérapeute en Suisse où il a terminé sa carrière. À un moment donné, l'organisme met en place un blocage dans la récupération des souvenirs. Des souvenirs qui peuvent être trop douloureux vont générer un stress insurmontable. C'est comme dans un circuit électrique quand les plombs sautent. Des amnésies sélectives touchent certains événements comme les abus sexuels (évoqué par Sarah Abitbol dans Un si long silence aux éditions Plon). Le cas de Pascal, une amnésie généralisée, est plus rare. Des souvenirs sont revenus assez rapidement après, d'autres peuvent resurgir grâce à une image, une anecdote, une ambiance, une émotion. C'est un peu la Madeleine de Proust. »

« J'ai réappris ma vie à travers les échanges, les journaux que ma mère avait gardés, les réseaux sociaux. J'ai fait un travail de recherche permanent sur ma vie »

« Ça a changé pas mal ma vie, reprend Rousseau. On m'a représenté ma femme, mes enfants... Je développe une espèce d'hyper-sensibilité alors quand je l'ai prise dans mes bras, je savais que c'était ma femme. J'ai le ressenti, l'émotionnel. J'ai eu deux ans et demi difficile... ma famille a explosé... C'est compliqué aussi pour les gens de comprendre que ça ne m'inquiète pas. Je dois accepter qu'ils me croient ou pas. Petit à petit, j'ai pris le parti d'avancer. J'ai réappris ma vie à travers les échanges, les journaux que ma mère avait gardés, les réseaux sociaux. J'ai fait un travail de recherche permanent sur ma vie. J'ai ma mémoire immédiate et quand on m'explique un truc, j'enregistre. On m'a dit que j'étais footballeur. Alors je ne connais pas ma carrière par coeur, mais pas loin. J'ai vu que j'avais joué avec des mecs incroyables ! Jean-Pierre Papin, Enzo Francescoli à l'OM ! En D2, je jouais derrière la charnière internationale Bossis-Mahut au Matra Racing ! Sur les photos, les films, je vois que c'est moi. Ok... J'étais gardien. Je me suis remis dans les buts, pour voir... alors oui, j'ai des aptitudes... c'est clair. Je sais plonger, je sais arrêter des ballons. J'entraîne même à nouveau les gardiens. Comment je fais ? Je ne sais pas. »

Sa thérapeute explique : « En général cette amnésie touche principalement les événements qui concernent le sujet. Pascal a pu reprendre le travail (conseiller en hypothèque et planification de retraite) assez rapidement parce qu'il a conservé toutes ses compétences et son corps se rappelle les mouvements, c'est la mémoire procédurale. »

En octobre 2023, avec ses amis Moune et Boubou, connus en rééducation en 1989, il est retourné à Rennes pour la première fois, pour la réception de Nantes : « Il nous a dit : ''Je n'ai plus de souvenirs avec vous, mais on se connaît depuis une éternité.'' C'est perturbant, mais on fait abstraction de ça très vite parce que c'est le même. Il est juste aux aguets pour capter de nouvelles informations. La veille, on a fait un tour autour du Roazhon pour peut-être faire un déclic. Mais le stade a bien changé ! Ça ne lui disait rien. Le jour du match, dans l'ambiance, en redécouvrant Olivier Dall'Oglio et d'autres, ça lui a fait des flashs. Il était de plus en plus à l'aise. »

« J'ai reçu un accueil de malade (à Rennes), une dose d'amour incroyable ! Le kop a scandé mon nom. Les supporters étaient très bienveillants. J'ai dû laisser une image de quelqu'un de très abordable »

Rousseau n'en revient toujours pas. « J'ai reçu un accueil de malade, une dose d'amour incroyable ! Le kop a scandé mon nom. Les supporters étaient très bienveillants. J'ai dû laisser une image de quelqu'un de très abordable. » Ses deux meilleurs potes footballeurs confirment. En 1988, Frank Leboeuf était stagiaire à Laval. « Après une victoire à domicile, tout le monde va manger et je rentre chez moi avec ma femme... Et là, Pascal m'appelle : ''Pourquoi tu viens pas ?''

- ''J'ai pas forcément l'argent pour aller au resto''.

- ''Tu viens, tu fais partie de l'équipe, je gère.'' »

Il était dans le partage. Ça m'a touché. J'ai toujours eu beaucoup de respect pour lui. C'est quelqu'un d'entier. Quand il a envie de te dire merde, il te dit merde. Quand il a envie de dire je t'aime, il te dit je t'aime. » En 1994, Dall'Oglio est arrivé de Perpignan à Rennes après le début du Championnat : « Dans le vestiaire, il n'y avait pas spécialement de place. Pascal m'a accueilli. Il a débarrassé ses affaires, son gardien de chiffon porte-bonheur et m'a dit : ''Viens à côté de moi''. Je n'ai jamais oublié ce premier jour... Ce n'est jamais simple d'intégrer un vestiaire quand on ne connaît personne. »

L'ancien Rennais, Patrick Guillou, consultant BeIn Sports, confirme : « Pascal était quelqu'un de très cash, qui prenait les choses en main. Il était très fédérateur. On a passé de super moments de partage avec lui et sa femme dans leur maison. Fort de son expérience, il avait une vision pointue dans l'analyse tactique, dans le vestiaire sa voix comptait. » De quoi lui parle-t-on le plus souvent ? « Les maillots que je dessinais. Le look atypique plaisait. » Jaune canari avec triangles bleu roi ou rose, il se lâchait. « Il y avait du bon et du moins bon ! sourit Dall'Oglio. De l'extravagant, du bariolé aussi. Il était avant-gardiste. C'était un garçon atypique, un artiste, il jouait de la guitare, il avait un studio chez lui. »

« Je n'avais plus de nouvelles jusqu'au jour où il me raconte ça, en pleurant à l'évocation de ses enfants dont il ne se souvenait pas... un truc de fou »

Frank Leboeuf, ancien coéquipier de Pascal Rousseau
« Mais j'espère qu'on me voit autrement qu'un mec qui portait des maillots ! s'amuse l'intéressé. Quand je vois ma longévité, je me dis que je devais pas être trop mauvais. » « Probablement en France le plus sûr dans les airs », selon L'Équipe en 1990. Champion d'Europe 1984, Maxime Bossis peut le rassurer : « Pascal avait pas mal de caractère. Il aimait chambrer et rire. Dans le but du Matra, il était rassurant, commandait très bien sa défense, nous parlait énormément sans peur d'élever la voix. Un des tout bons gardiens. Spectaculaire, il aimait parfois en rajouter pour faire des arrêts sympas. Comme pour ses maillots, il aimait être stylé. » Dall'Oglio décrit « un gros bosseur, pas très grand, très bondissant, téméraire dans les sorties. Un leader à sa manière. »

Qui a pu compter sur ses vieilles amitiés pour reconstruire sa mémoire. Leboeuf lui a ouvert sa boîte à souvenirs : « Je n'avais plus de nouvelles jusqu'au jour où il me raconte ça, en pleurant à l'évocation de ses enfants dont il ne se souvenait pas... un truc de fou... Alors je lui ai raconté qu'un soir il a ''tué'' une dizaine de vaches sur la route en rentrant, que j'étais là pour l'opération de son fils, qu'une autre fois j'étais chez lui quand il a raccroché trois fois au nez de Tapie qui voulait le faire venir et qu'il n'y croyait pas ! Je lui ai envoyé les images d'un PSG-Laval sur Canal où on prend 3-0... »

« Quand Frank m'a vu, se souvient Rousseau, j'étais vraiment pas bien. Il a été d'un secours ce gars... » Un guide parmi d'autres sur le chemin de son passé. Une quête qu'il espère un jour évoquer dans un seul en scène dont Nicolas Vitiello, connu via le champion du monde, assurera la mise en scène. « J'ai besoin d'en parler... Plein de gens ne sont pas diagnostiqués. J'ai envie qu'ils sachent que ça existe. Si ça peut les aider... » Son titre : Souvenez-moi.

S.G.S.B.

SGSB

Boutique de Mumbly

Boutique

Cantine de Mumbly

Cantine

Hébergé par

Reglyss.bzh

Free Joomla templates by Ltheme