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13 Janvier 2026

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13 Janvier 2026

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11 Janvier 2026

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Les propos complètement lunaires du producteur de Ligue 1+

Ce mardi matin sur France Inter, Pierre-Antoine Capton, président de Mediawan Sports, est venu défendre le lancement imminent de Ligue 1+, la nouvelle chaîne de diffusion du championnat français, fruit d’un partenariat avec LFP Media. Entre déclarations triomphales et promesses d’innovation, le producteur s’est voulu rassurant sur l’état du football hexagonal. Une intervention qui tranche nettement avec la réalité économique, institutionnelle et sportive que traverse actuellement la Ligue 1.
Les propos complètement lunaires du producteur de Ligue 1+

Depuis l’effondrement du contrat Mediapro (prévu à 780 M€/an pour la période 2020–2024 mais jamais honoré au-delà de quelques versements), la Ligue 1 reste prisonnière d’un modèle trop dépendant des droits télévisés. Ce fiasco, suivi par un accord d’urgence avec Canal+ puis une série d’appels d’offres infructueux, a conduit à une revente des droits bien en dessous des attentes – environ 624?M€/an pour 2021–2024, puis non plus que 500?M€/an pour 2024–2029 via un partenariat DAZN/beIN Sports, soit une baisse d’environ 20 à 45?% selon les cycles. DAZN, pourtant engagé à verser 400?M€/an, peine à atteindre ses objectifs (500?000 abonnés au lieu de 1,5?M), réclame même à l’arbitrage plus de 500?M€ à la LFP pour rupture, soulignant un modèle économique jugé trop fragile. À chaque nouvel épisode, les clubs – particulièrement les plus modestes – voient leurs budgets amputés, mettant en péril fonctionnement sportif, investissements et formation.

Loin de se limiter aux droits TV, la crise touche l’ensemble de l’écosystème du football français. Depuis l’audit ordonné par la FFF et la mission du Sénat, les critiques se multiplient : dérives financières des clubs souvent déficitaires (pertes cumulées de plus de 2?milliards € entre 2018 et 2023), pression insoutenable sur les salaires, violences dans les stades, scandales sur l’arbitrage, et investigations judiciaires. Le rapport d’audit a même évoqué la "fin annoncée" de la LFP si elle ne se réinvente pas, poussant à envisager la création d’une chaîne contrôlée par la LFP (portée notamment par Mediawan Sports) et de nouveaux modèles de redistribution, au risque d’une remise en cause profonde des structures actuelles. En filigrane, la fragilité économique menace aussi le football amateur — via la baisse de la "taxe Buffet" — et le football féminin, nettement tributaires des revenus générés en haut lieu

Des déclarations totalement hors sol !
Pendant que le football français s’enfonce dans une crise financière, institutionnelle et morale sans précédent, certains continuent de jouer les illusionnistes, agitant des discours auto-congratulatoires comme des fumigènes pour masquer l’effondrement en cours. Ce mardi matin, sur France Inter, Pierre-Antoine Capton, patron de Mediawan Sports et nouveau chevalier blanc autoproclamé de la Ligue 1, s’est exprimé dans un mélange d’enthousiasme désincarné et de communication hors-sol : «on est en train d’y travailler. Mediawan Sports est le partenaire de la Ligue de football professionnel. On est au service de Nicolas de Tavernost et de ses équipes. On est extrêmement fier et heureux de pouvoir accompagner le football dans cette nouvelle transition. Jamais le championnat de Ligue 1 ne s’est aussi bien porté. Le travail de Vincent Labrune a payé puisqu’on voit que le PSG a quand même gagné la Ligue des champions pour la première fois cette année. Le championnat va bien. Il y a des très grandes équipes. On a une équipe de professionnels à la tête aujourd’hui de cette chaîne. Chez Mediawan Sports, Éric Hannezo, Frédéric de Vincelles et toutes les équipes sont à fond pour faire du mieux possible en termes de narration et d’innovation». Entre storytelling managérial et hallucination stratégique, il a livré une vision parallèle du football français — où tout va bien, tout est prêt, et surtout, tout est à réinventer. Extraits d’un vol plané stratosphérique. Mais le sommet est atteint lorsque Capton, en apôtre d’un football-spectacle 2.0, convoque Brad Pitt, Netflix et les vestiaires comme solutions miracles à la désaffection des fans.

Comme si le gouffre financier de la LFP allait se combler par un bon travelling ou quelques micros dans les douches. On croyait avoir tout vu, mais voici que la mise en scène remplace la gestion, et que la caméra devient l’ultime sauveuse d’un sport qui meurt à petit feu faute de gouvernance : «j’ai vu à travers le film de la Formule 1 que quand on arrivait à pouvoir pénétrer les coulisses de ces sports, la Formule 1, par exemple, on entend toutes les discussions entre un ingénieur et un pilote diffusées en direct. Le football, on doit encore révolutionner tout ça. Un film sur le foot, est-ce que Brad Pitt aurait pu faire un match de la Coupe du Monde en direct, comme il a été sur un circuit de Formule 1 ? Je ne suis pas totalement certain. On doit révolutionner et permettre à des caméras d’entrer dans les vestiaires, humaniser un peu tout ça. Oui, on doit changer, essayer d’innover. Et donc aujourd’hui, c’est le début. Il y a une chaîne qui doit se lancer pour le 14 août». Le football français n’a pas besoin d’un documentaire. Il a besoin d’un plan de survie. Pendant que les clubs vendent leurs meilleurs joueurs pour éponger les dettes, pendant que la Ligue peine à vendre ses droits et que les supporters désertent les stades ou y allument des fumigènes par désespoir, les élites du foot préfèrent rêver de caméras embarquées et de storytelling calibré. À force de confondre sport et divertissement, gouvernance et narration, on risque de finir avec une belle série Netflix… sur la chute du football français.

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Depuis l’effondrement du contrat Mediapro (prévu à 780 M€/an pour la période 2020–2024 mais jamais honoré au-delà de quelques versements), la Ligue 1 reste prisonnière d’un modèle trop dépendant des droits télévisés. Ce fiasco, suivi par un accord d’urgence avec Canal+ puis une série d’appels d’offres infructueux, a conduit à une revente des droits bien en dessous des attentes – environ 624?M€/an pour 2021–2024, puis non plus que 500?M€/an pour 2024–2029 via un partenariat DAZN/beIN Sports, soit une baisse d’environ 20 à 45?% selon les cycles. DAZN, pourtant engagé à verser 400?M€/an, peine à atteindre ses objectifs (500?000 abonnés au lieu de 1,5?M), réclame même à l’arbitrage plus de 500?M€ à la LFP pour rupture, soulignant un modèle économique jugé trop fragile. À chaque nouvel épisode, les clubs – particulièrement les plus modestes – voient leurs budgets amputés, mettant en péril fonctionnement sportif, investissements et formation.

Loin de se limiter aux droits TV, la crise touche l’ensemble de l’écosystème du football français. Depuis l’audit ordonné par la FFF et la mission du Sénat, les critiques se multiplient : dérives financières des clubs souvent déficitaires (pertes cumulées de plus de 2?milliards € entre 2018 et 2023), pression insoutenable sur les salaires, violences dans les stades, scandales sur l’arbitrage, et investigations judiciaires. Le rapport d’audit a même évoqué la "fin annoncée" de la LFP si elle ne se réinvente pas, poussant à envisager la création d’une chaîne contrôlée par la LFP (portée notamment par Mediawan Sports) et de nouveaux modèles de redistribution, au risque d’une remise en cause profonde des structures actuelles. En filigrane, la fragilité économique menace aussi le football amateur — via la baisse de la "taxe Buffet" — et le football féminin, nettement tributaires des revenus générés en haut lieu

Des déclarations totalement hors sol !
Pendant que le football français s’enfonce dans une crise financière, institutionnelle et morale sans précédent, certains continuent de jouer les illusionnistes, agitant des discours auto-congratulatoires comme des fumigènes pour masquer l’effondrement en cours. Ce mardi matin, sur France Inter, Pierre-Antoine Capton, patron de Mediawan Sports et nouveau chevalier blanc autoproclamé de la Ligue 1, s’est exprimé dans un mélange d’enthousiasme désincarné et de communication hors-sol : «on est en train d’y travailler. Mediawan Sports est le partenaire de la Ligue de football professionnel. On est au service de Nicolas de Tavernost et de ses équipes. On est extrêmement fier et heureux de pouvoir accompagner le football dans cette nouvelle transition. Jamais le championnat de Ligue 1 ne s’est aussi bien porté. Le travail de Vincent Labrune a payé puisqu’on voit que le PSG a quand même gagné la Ligue des champions pour la première fois cette année. Le championnat va bien. Il y a des très grandes équipes. On a une équipe de professionnels à la tête aujourd’hui de cette chaîne. Chez Mediawan Sports, Éric Hannezo, Frédéric de Vincelles et toutes les équipes sont à fond pour faire du mieux possible en termes de narration et d’innovation». Entre storytelling managérial et hallucination stratégique, il a livré une vision parallèle du football français — où tout va bien, tout est prêt, et surtout, tout est à réinventer. Extraits d’un vol plané stratosphérique. Mais le sommet est atteint lorsque Capton, en apôtre d’un football-spectacle 2.0, convoque Brad Pitt, Netflix et les vestiaires comme solutions miracles à la désaffection des fans.

Comme si le gouffre financier de la LFP allait se combler par un bon travelling ou quelques micros dans les douches. On croyait avoir tout vu, mais voici que la mise en scène remplace la gestion, et que la caméra devient l’ultime sauveuse d’un sport qui meurt à petit feu faute de gouvernance : «j’ai vu à travers le film de la Formule 1 que quand on arrivait à pouvoir pénétrer les coulisses de ces sports, la Formule 1, par exemple, on entend toutes les discussions entre un ingénieur et un pilote diffusées en direct. Le football, on doit encore révolutionner tout ça. Un film sur le foot, est-ce que Brad Pitt aurait pu faire un match de la Coupe du Monde en direct, comme il a été sur un circuit de Formule 1 ? Je ne suis pas totalement certain. On doit révolutionner et permettre à des caméras d’entrer dans les vestiaires, humaniser un peu tout ça. Oui, on doit changer, essayer d’innover. Et donc aujourd’hui, c’est le début. Il y a une chaîne qui doit se lancer pour le 14 août». Le football français n’a pas besoin d’un documentaire. Il a besoin d’un plan de survie. Pendant que les clubs vendent leurs meilleurs joueurs pour éponger les dettes, pendant que la Ligue peine à vendre ses droits et que les supporters désertent les stades ou y allument des fumigènes par désespoir, les élites du foot préfèrent rêver de caméras embarquées et de storytelling calibré. À force de confondre sport et divertissement, gouvernance et narration, on risque de finir avec une belle série Netflix… sur la chute du football français.

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