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À 20 ans, je me suis retrouvé au chômage

Sans club il y a trois ans, le défenseur international belge Arthur Theate revient sur son ascension express, le Stade Rennais et son ex-coéquipier Remco Evenepoel.

ds 1492

Comment juges-tu ta première saison à Rennes ?
Je pense avoir fait une bonne saison. J’ai notamment terminé parmi les joueurs les plus utilisés de l’effectif (3 129 minutes de jeu en championnat, leader devant Benjamin Bourigeaud). Ça a été une saison satisfaisante car collectivement, on a atteint les objectifs du club, et, personnellement, j’ai pu jouer un rôle important avec Rennes comme en sélection.

Pour que cette nouvelle saison soit une réussite pour toi, sur quels axes aimerais-tu progresser ?
Je dois travailler sur tous les aspects de mon jeu. Je suis encore un jeune défenseur, avec encore beaucoup de choses à apprendre au fil des années. À 23 ans, je dois encore progresser dans tous les domaines et je suis impatient d’en apprendre davantage !

"Un peu rock and roll durant mes jeunes années"

Pour revenir sur tes débuts, tu as un parcours de formation un peu atypique avec plusieurs allers-retours entre Genk et le Standard…
Oui, ça a été un peu rock and roll durant mes jeunes années puisque j’ai fait Genk, Standard de Liège, Genk et Standard de nouveau. À 20 ans, on m’a mis dehors et je me suis retrouvé sans club, au chômage. C’était à la fin de la saison 2019/2020, juste après le début de la crise du covid. Je commençais à chercher un "vrai" travail car il fallait bien gagner de l’argent pour vivre. Mais j’ai eu la chance de faire un essai d’une semaine au KV Ostende, où j’ai finalement signé mon premier contrat professionnel.

Avant cet essai à Ostende, tu avais cherché du travail dans quel secteur ?
J’allais travailler dans le bâtiment car je n’ai pas de diplôme. J’avais sacrifié mes études pour le foot car, en Belgique, le système n’est pas le même qu’en France. Chez nous, il n’y a pas de cursus scolaire intégré aux centres de formation, l’école est à part donc c’est un peu compliqué de gérer les deux. D’ailleurs, si c’était à refaire, je ne sacrifierais pas l’école car même si ça a marché pour moi, c’était très risqué. Donc oui, à cette époque, c’était vers le bâtiment que je me dirigeais.

"Je m’étais fait recaler par un club de D2 belge"

Tu étais dans quel état d’esprit ? C’est dur d’imaginer que tu te trouvais dans une telle situation il y a seulement trois ans alors que tu viens d’enchaîner trois grosses saisons avec Ostende, Bologne et Rennes, que tu es systématiquement appelé en équipe de Belgique depuis deux ans…
C’est peut-être étonnant mais j’ai toujours cru en moi. Je me préparais à avoir une autre vie que la vie de footballeur mais je n’ai jamais lâché. Pendant le covid, j’ai utilisé le peu d’argent que j’avais de côté pour me payer un préparateur physique et être prêt si une opportunité se présentait. D’ailleurs, avant Ostende, j’avais fait un premier essai dans un club de D2 belge et je m’étais fait recaler. On m’a dit que je n’étais pas au niveau. Ostende était ma dernière chance parce que je n’allais pas pouvoir continuer à enchaîner les échecs ainsi. Il fallait bien que je me tourne vers autre chose. Mais je n’ai jamais cessé de croire en moi, je savais qu’un jour, ça pourrait tourner.

Est-ce que tu penses que cet épisode t’a donné une force mentale supplémentaire par rapport à des joueurs avec une formation et un début de carrière parfaitement linéaires ?
C’est sûr ! Mais chaque joueur est différent, chaque joueur réagit différemment à une situation donnée. Peut-être que certains auraient eu la tête dans le seau et n’auraient jamais relevé la tête s’ils avaient traversé ce que j’ai vécu. Personnellement, ça a forgé mon caractère et ça correspondait aussi aux valeurs inculquées par mes parents. Ils m’ont appris à ne rien lâcher et c’est aussi pour ça que je suis ici aujourd’hui.

Cette force de caractère a peut-être pu te servir en février dernier lorsqu’après avoir disputé tous les matchs de la saison comme titulaire, tu as été mis pour la première fois sur le banc…
Totalement, surtout que je supporte difficilement d’aller sur le banc, je déteste ça. Ma force, c’est d’avoir surmonté des épreuves bien plus difficiles. Je me sers de ça dans les périodes un peu moins faciles.

"Siniša Mihajlovic était très protecteur avec moi"

Avec Ostende, tu disais avoir appris avec le coach Alexander Blessin à défendre haut. Qu’as-tu ajouté à ton jeu à Bologne et Rennes ?
C’est dans le jeu balle au pied que j’ai le plus progressé parce qu’à Ostende, il faut être honnête, on n’avait pas le ballon ! On jouait le contre-pressing très haut, ce qu’on fait aussi avec Rennes mais, en plus, ici, on joue très fort au ballon. J’ai pu aller crescendo du coup puisqu’à Ostende, on n’avait pas la balle, à Bologne, on l’avait la moitié du temps, et ici, on a la possession dans 90% des matchs. Mais ça me va bien, je préfère qu’on ait la balle plutôt qu’on ne l’ait pas !

Pendant ta saison à Bologne, tu as eu pour entraîneur l’un des meilleurs défenseurs centraux gauchers des dernières décennies en la personne de Siniša Mihajlovic, malheureusement décédé fin 2022…
Il me conseillait beaucoup. Siniša était quelqu’un d’entier, avec un fort caractère, un peu comme moi. Parfois, ça pétait un peu d’ailleurs (rires) mais c’était pour mon bien ! Le coach me donnait des conseils, sur le foot et sur la vie. Il était très protecteur avec moi. Lui aussi m’a accordé sa confiance puisqu’une fois qu’il m’a mis titulaire, il ne m’a plus sorti de l’équipe. Même quand j’ai connu des moments difficiles, il continuait à croire en moi et à me tenir un discours positif. Il compte beaucoup pour moi. C’est une chance énorme d’avoir été coaché par quelqu’un qui jouait exactement au même poste que moi et qui a été l’un des meilleurs défenseurs centraux gauchers de l’histoire, de la Serie A tout du moins. Ça m’a mis un sacré coup quand j’ai appris qu’il nous avait quittés…

"Ça ne fait que trois ans que je joue défenseur central"

Le jeu de tête est une de tes qualités principales et pourtant, tu as eu une croissance tardive… Comment as-tu travaillé ça ?
J’ai grandi très tard en effet, vers 15-16 ans. Et avant cet âge-là, j’étais vraiment petit. Je devais donc compenser avec un meilleur timing, qualité que j’ai su garder. Quand tu as un problème, il faut trouver des solutions. Vu ma petite taille, il fallait donc que je sois capable de sauter au bon moment et plus haut que mon adversaire. Et quand j’ai grandi, j’ai su garder ce sens du timing, qui est essentiel en défense centrale.

Ça veut dire que tu as toujours joué derrière, là où beaucoup de professionnels ont commencé devant avant de reculer ?
Non, j’ai commencé attaquant de pointe. À 13 ans, je suis passé ailier gauche, puis latéral gauche et, enfin, défenseur central. Ça ne fait que depuis trois ans et mon arrivée à Ostende que je joue défenseur central. Quand j’ai signé là-bas, je pensais jouer latéral mais le coach m’a finalement utilisé dans l’axe.

"Sergio Ramos m’a dit que j’avais fait un bon choix en venant à Rennes"

Qui sont tes modèles ?
J’adore la mentalité de Carles Puyol et de Sergio Ramos. Ils m’inspirent beaucoup par leur grinta et leur faim de gagner chaque duel. Pour l’anecdote, j’ai croisé Sergio Ramos pendant mes vacances cet été. On a parlé un petit moment ensemble, de tout et de rien, du championnat de France et de nos carrières respectives notamment. Il m’a dit que j’avais fait un bon choix en venant à Rennes et que le plus important était d’avoir le maximum de temps de jeu pour progresser. Pour revenir à mes modèles, outre Puyol et Ramos, en Belgique, il y a forcément les références Jan Vertonghen et Thomas Vermaelen, avec qui j’ai eu la chance de jouer.

Carles Puyol parmi tes modèles, ça ne s’invente pas !
C’est vrai qu’on a un peu la même coupe de cheveux mais c’était davantage sa grinta qui me plaisait ! Et plus jeune, j’aimais beaucoup le Barça. Carles Puyol et les trois autres que j’ai cités sont des modèles sur le terrain mais aussi en dehors. Quand on voit leur longévité, on se rend bien compte que la manière de gérer ce qu’il y a à côté compte presque autant que ce qu’il se passe sur le terrain. Ah oui, je ne sais pas si je peux aller jusqu’à dire que je m’inspire de lui mais, à Bologne, je jouais avec Gary Medel, un monstre…

C’est-à-dire ?
Quel joueur… Dans le domaine du vice, c’est le maître. Il fait tout. Il n’y a pas une fois où je l’ai vu tomber sans que l’arbitre ne siffle. Il gagne du temps quand il le faut, obtient les fautes qui font souffler… Si on gagne et qu’il ne reste plus que quelques minutes à jouer, il va aller tenir la jambe de l’arbitre pendant plusieurs minutes… C’est une personne en or mais, en même temps, c’est un fou furieux, qui se transcende sur le terrain. Je n’ai jamais vu un joueur plus vicieux que lui même si Leonardo Bonucci n’est pas mal non plus dans le genre. Avec Bologne, quand on est allé jouer sur le terrain de la Juventus, ils obtiennent le premier corner. Il me dit bonjour et il me demande comment ça va puis bam, semelle sur mon pied ! Il s’excuse et me dit qu’il est désolé puis, cinq minutes plus tard, deuxième corner. Il me redit qu’il est désolé et bam, il me marche sur l’autre pied (rires) !

"Remco Evenepoel était beaucoup plus mature que les autres"

Dans les équipes de jeunes de la Belgique, tu as énormément joué avec Loïs Openda mais également avec un certain Remco Evenepoel…
C’était même mon compagnon de chambre ! C’était en U16 je crois. Remco était déjà hyper professionnel et beaucoup plus mature que les autres. Il était capitaine de l’équipe. Pareil avec Anderlecht. À l’époque, il avait déjà une VMA impressionnante ! A 16 ans, il avait 21 de VMA, ce qui n’arrive pas chez les jeunes normalement ! Il a basculé sur le vélo mais il a gardé cette discipline et cette détermination. Une fois qu’il a un objectif en tête, il va le chercher. D’ailleurs, on s’est vus pendant nos vacances en juin ! Comme on était tous les deux à Ibiza, on s’est donné rendez-vous pour passer une soirée ensemble. Il venait d’être sacré champion de Belgique ! Je suis super content pour lui car c’est quelqu’un qui a beaucoup bossé pour en arriver là, qui a également eu des moments difficiles lorsqu’il a dû arrêter le foot.

Et comment était Remco sur le terrain ?
C’était un joueur technique, avec un bon pied gauche, mais il n’était pas très rapide. Ses points forts ? Le positionnement et l’intelligence de jeu. Il était également très fort dans la tête, à ne rien lâcher de la première à la dernière minute. Finalement, il a gardé les mêmes qualités sur le vélo.

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Je pense avoir fait une bonne saison. J’ai notamment terminé parmi les joueurs les plus utilisés de l’effectif (3 129 minutes de jeu en championnat, leader devant Benjamin Bourigeaud). Ça a été une saison satisfaisante car collectivement, on a atteint les objectifs du club, et, personnellement, j’ai pu jouer un rôle important avec Rennes comme en sélection.

Pour que cette nouvelle saison soit une réussite pour toi, sur quels axes aimerais-tu progresser ?
Je dois travailler sur tous les aspects de mon jeu. Je suis encore un jeune défenseur, avec encore beaucoup de choses à apprendre au fil des années. À 23 ans, je dois encore progresser dans tous les domaines et je suis impatient d’en apprendre davantage !

"Un peu rock and roll durant mes jeunes années"

Pour revenir sur tes débuts, tu as un parcours de formation un peu atypique avec plusieurs allers-retours entre Genk et le Standard…
Oui, ça a été un peu rock and roll durant mes jeunes années puisque j’ai fait Genk, Standard de Liège, Genk et Standard de nouveau. À 20 ans, on m’a mis dehors et je me suis retrouvé sans club, au chômage. C’était à la fin de la saison 2019/2020, juste après le début de la crise du covid. Je commençais à chercher un "vrai" travail car il fallait bien gagner de l’argent pour vivre. Mais j’ai eu la chance de faire un essai d’une semaine au KV Ostende, où j’ai finalement signé mon premier contrat professionnel.

Avant cet essai à Ostende, tu avais cherché du travail dans quel secteur ?
J’allais travailler dans le bâtiment car je n’ai pas de diplôme. J’avais sacrifié mes études pour le foot car, en Belgique, le système n’est pas le même qu’en France. Chez nous, il n’y a pas de cursus scolaire intégré aux centres de formation, l’école est à part donc c’est un peu compliqué de gérer les deux. D’ailleurs, si c’était à refaire, je ne sacrifierais pas l’école car même si ça a marché pour moi, c’était très risqué. Donc oui, à cette époque, c’était vers le bâtiment que je me dirigeais.

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Tu étais dans quel état d’esprit ? C’est dur d’imaginer que tu te trouvais dans une telle situation il y a seulement trois ans alors que tu viens d’enchaîner trois grosses saisons avec Ostende, Bologne et Rennes, que tu es systématiquement appelé en équipe de Belgique depuis deux ans…
C’est peut-être étonnant mais j’ai toujours cru en moi. Je me préparais à avoir une autre vie que la vie de footballeur mais je n’ai jamais lâché. Pendant le covid, j’ai utilisé le peu d’argent que j’avais de côté pour me payer un préparateur physique et être prêt si une opportunité se présentait. D’ailleurs, avant Ostende, j’avais fait un premier essai dans un club de D2 belge et je m’étais fait recaler. On m’a dit que je n’étais pas au niveau. Ostende était ma dernière chance parce que je n’allais pas pouvoir continuer à enchaîner les échecs ainsi. Il fallait bien que je me tourne vers autre chose. Mais je n’ai jamais cessé de croire en moi, je savais qu’un jour, ça pourrait tourner.

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C’est sûr ! Mais chaque joueur est différent, chaque joueur réagit différemment à une situation donnée. Peut-être que certains auraient eu la tête dans le seau et n’auraient jamais relevé la tête s’ils avaient traversé ce que j’ai vécu. Personnellement, ça a forgé mon caractère et ça correspondait aussi aux valeurs inculquées par mes parents. Ils m’ont appris à ne rien lâcher et c’est aussi pour ça que je suis ici aujourd’hui.

Cette force de caractère a peut-être pu te servir en février dernier lorsqu’après avoir disputé tous les matchs de la saison comme titulaire, tu as été mis pour la première fois sur le banc…
Totalement, surtout que je supporte difficilement d’aller sur le banc, je déteste ça. Ma force, c’est d’avoir surmonté des épreuves bien plus difficiles. Je me sers de ça dans les périodes un peu moins faciles.

"Siniša Mihajlovic était très protecteur avec moi"

Avec Ostende, tu disais avoir appris avec le coach Alexander Blessin à défendre haut. Qu’as-tu ajouté à ton jeu à Bologne et Rennes ?
C’est dans le jeu balle au pied que j’ai le plus progressé parce qu’à Ostende, il faut être honnête, on n’avait pas le ballon ! On jouait le contre-pressing très haut, ce qu’on fait aussi avec Rennes mais, en plus, ici, on joue très fort au ballon. J’ai pu aller crescendo du coup puisqu’à Ostende, on n’avait pas la balle, à Bologne, on l’avait la moitié du temps, et ici, on a la possession dans 90% des matchs. Mais ça me va bien, je préfère qu’on ait la balle plutôt qu’on ne l’ait pas !

Pendant ta saison à Bologne, tu as eu pour entraîneur l’un des meilleurs défenseurs centraux gauchers des dernières décennies en la personne de Siniša Mihajlovic, malheureusement décédé fin 2022…
Il me conseillait beaucoup. Siniša était quelqu’un d’entier, avec un fort caractère, un peu comme moi. Parfois, ça pétait un peu d’ailleurs (rires) mais c’était pour mon bien ! Le coach me donnait des conseils, sur le foot et sur la vie. Il était très protecteur avec moi. Lui aussi m’a accordé sa confiance puisqu’une fois qu’il m’a mis titulaire, il ne m’a plus sorti de l’équipe. Même quand j’ai connu des moments difficiles, il continuait à croire en moi et à me tenir un discours positif. Il compte beaucoup pour moi. C’est une chance énorme d’avoir été coaché par quelqu’un qui jouait exactement au même poste que moi et qui a été l’un des meilleurs défenseurs centraux gauchers de l’histoire, de la Serie A tout du moins. Ça m’a mis un sacré coup quand j’ai appris qu’il nous avait quittés…

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Le jeu de tête est une de tes qualités principales et pourtant, tu as eu une croissance tardive… Comment as-tu travaillé ça ?
J’ai grandi très tard en effet, vers 15-16 ans. Et avant cet âge-là, j’étais vraiment petit. Je devais donc compenser avec un meilleur timing, qualité que j’ai su garder. Quand tu as un problème, il faut trouver des solutions. Vu ma petite taille, il fallait donc que je sois capable de sauter au bon moment et plus haut que mon adversaire. Et quand j’ai grandi, j’ai su garder ce sens du timing, qui est essentiel en défense centrale.

Ça veut dire que tu as toujours joué derrière, là où beaucoup de professionnels ont commencé devant avant de reculer ?
Non, j’ai commencé attaquant de pointe. À 13 ans, je suis passé ailier gauche, puis latéral gauche et, enfin, défenseur central. Ça ne fait que depuis trois ans et mon arrivée à Ostende que je joue défenseur central. Quand j’ai signé là-bas, je pensais jouer latéral mais le coach m’a finalement utilisé dans l’axe.

"Sergio Ramos m’a dit que j’avais fait un bon choix en venant à Rennes"

Qui sont tes modèles ?
J’adore la mentalité de Carles Puyol et de Sergio Ramos. Ils m’inspirent beaucoup par leur grinta et leur faim de gagner chaque duel. Pour l’anecdote, j’ai croisé Sergio Ramos pendant mes vacances cet été. On a parlé un petit moment ensemble, de tout et de rien, du championnat de France et de nos carrières respectives notamment. Il m’a dit que j’avais fait un bon choix en venant à Rennes et que le plus important était d’avoir le maximum de temps de jeu pour progresser. Pour revenir à mes modèles, outre Puyol et Ramos, en Belgique, il y a forcément les références Jan Vertonghen et Thomas Vermaelen, avec qui j’ai eu la chance de jouer.

Carles Puyol parmi tes modèles, ça ne s’invente pas !
C’est vrai qu’on a un peu la même coupe de cheveux mais c’était davantage sa grinta qui me plaisait ! Et plus jeune, j’aimais beaucoup le Barça. Carles Puyol et les trois autres que j’ai cités sont des modèles sur le terrain mais aussi en dehors. Quand on voit leur longévité, on se rend bien compte que la manière de gérer ce qu’il y a à côté compte presque autant que ce qu’il se passe sur le terrain. Ah oui, je ne sais pas si je peux aller jusqu’à dire que je m’inspire de lui mais, à Bologne, je jouais avec Gary Medel, un monstre…

C’est-à-dire ?
Quel joueur… Dans le domaine du vice, c’est le maître. Il fait tout. Il n’y a pas une fois où je l’ai vu tomber sans que l’arbitre ne siffle. Il gagne du temps quand il le faut, obtient les fautes qui font souffler… Si on gagne et qu’il ne reste plus que quelques minutes à jouer, il va aller tenir la jambe de l’arbitre pendant plusieurs minutes… C’est une personne en or mais, en même temps, c’est un fou furieux, qui se transcende sur le terrain. Je n’ai jamais vu un joueur plus vicieux que lui même si Leonardo Bonucci n’est pas mal non plus dans le genre. Avec Bologne, quand on est allé jouer sur le terrain de la Juventus, ils obtiennent le premier corner. Il me dit bonjour et il me demande comment ça va puis bam, semelle sur mon pied ! Il s’excuse et me dit qu’il est désolé puis, cinq minutes plus tard, deuxième corner. Il me redit qu’il est désolé et bam, il me marche sur l’autre pied (rires) !

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Dans les équipes de jeunes de la Belgique, tu as énormément joué avec Loïs Openda mais également avec un certain Remco Evenepoel…
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Et comment était Remco sur le terrain ?
C’était un joueur technique, avec un bon pied gauche, mais il n’était pas très rapide. Ses points forts ? Le positionnement et l’intelligence de jeu. Il était également très fort dans la tête, à ne rien lâcher de la première à la dernière minute. Finalement, il a gardé les mêmes qualités sur le vélo.

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