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Je n’ai pas raté un match du Stade Rennais depuis cinq-six ans

Grand supporter du Stade Rennais depuis l’enfance, le réalisateur Fred Cavayé ne rate pas un match de son club de cœur. Ancien handballeur, son amour du football lui vient de l’enfance. Entretien avec un passionné.
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Quel rapport entretenez-vous avec le sport ?
J’aime le sport en général. Ce que je préfère, c’est le foot, je suis un supporter du Stade Rennais, je lis L’Equipe… Mais quand j’étais plus jeune, je faisais du handball, à l’école et aux Cadets de Bretagne, à Rennes. Il m’est resté cet amour du sport collectif. Il y a des scénarios plus forts que des films. La victoire de Rennes contre Nantes à la 97e (3-2 en 2020), c’est extraordinaire. Il y a assez peu de moments au cinéma où tout bascule à la dernière seconde.

Faites-vous du sport aujourd’hui ?
Je fais des pompes et du gainage au réveil. On ne peut pas appeler ça du sport, mais je me tiens à ça tous les matins parce que je n’ai pas le temps d’aller courir. Ça me permet de rentrer dans mes fringues !

Vous êtes supporter du Stade Rennais. Regardez-vous tous les matchs ?
Oui, je n’en ai pas raté un depuis cinq-six ans. Je fais mon emploi du temps en fonction des matchs du Stade Rennais. Ça paraît un peu dingue, mais quand on a une passion… Sur le tournage d’« Adieu monsieur Haffmann » (son dernier film, sorti le 12 janvier), il y avait des matchs européens et j’ai dû voir avec mon assistant pour terminer à 18 h quand il y avait des matchs à 18 h 45. J’espère qu’il ne lira pas l’article, je ne lui ai pas dit que c’était pour ça !

Mon premier autographe, c’est Pierrick Hiard. Je suis en CM2 et je le croise au Monoprix de Maurepas. Il avait signé « Amitiés sportives, Pierrick ».

Votre passion pour le Stade Rennais, elle vient de l’enfance ?
Oui, bien sûr. Et on ne change pas de club. Quand mon travail m’a obligé à vivre à Paris, je ne suis pas devenu supporter du PSG. Les seules fois où je suis allé au Parc des Princes, c’était pour des PSG - Rennes. Mes premiers rapports au foot, c’est par l’école, et avec les copains en bas du HLM. J’ai été abonné au magazine Onze (ancêtre de Onze Mondial) à 8 ans. C’est là que j’ai commencé à aller au stade.

Quels sont vos premiers souvenirs liés au club ?
Quand Rennes était en Division 2, on pouvait attendre les joueurs pour un autographe à la porte du vestiaire. Je me souviens aussi d’un Rennes - Marseille de l’époque Tapie. On avait tellement peur d’être mal placé qu’on était arrivé au stade à 15 h alors que le match commençait à 20 h. On était les premiers, et on avait pu se mettre derrière le but, à cinq mètres du gardien. Je me rappelle aussi avoir été placé juste au-dessus du panneau d’affichage et le lendemain?, je reconnais les manches de mon blouson à Téléfoot. Mon premier autographe, c’est Pierrick Hiard. Je suis en CM2 et je le croise au Monoprix de Maurepas. Il avait signé « Amitiés sportives, Pierrick ». Je le croise de temps en temps, mais je n’ai jamais osé lui dire.

Ma madeleine de Proust, c’est la galette saucisse. Ma mère a habité une dizaine d’années près du Roazhon Park. Quand il y avait match, ça sentait la galette saucisse chez elle.

Quelles étaient vos idoles de jeunesse ?
Laurent Pokou, un avant-centre extraordinaire, puis Pierrick Hiard. Il y a un joueur qui n’est jamais cité car il a fait très peu de matchs (une dizaine à la fin des années 1970), un gardien qui s’appelle Louis Leray, le fils de mon voisin. Pour moi, c’était incroyable, comme si Brad Pitt emménageait au-dessus de chez moi.

Aujourd’hui, la route de Lorient agit-elle comme une madeleine de Proust ?
Oui, on peut le dire, ma madeleine de Proust, c’est la galette saucisse. Ma mère a habité une dizaine d’années près du Roazhon Park. Quand il y avait match, ça sentait la galette saucisse chez elle et on entendait le public hurler à chaque but.

Le Stade Rennais vit une période faste. Comment avez-vous vécu les derniers grands moments du club ?
Au stade pour la plupart. Il y a eu tellement de désillusions avant, alors battre Arsenal 3-1 (en 2019 en 8e de finale de Ligue Europa), ça décuple le plaisir de l’instant. C’était tellement terrible, ces deux finales de Coupe de France perdues. La deuxième finale (2-0 en 2014 face à Guingamp), je rentre chez moi et je reste prostré dans le noir pendant une heure. Ces moments-là ont rendu encore plus belle la victoire face au PSG.

La finale de la Coupe de France, j’avais les larmes aux yeux devant la télé, mais ça aurait été décuplé si j’avais pu y être.

Étiez-vous au Stade de France ce jour-là ?
Non, et c’est mon grand désespoir. J’avais déjà réservé des vacances, si j’annulais, ma copine me quittait (rire). Alors j’ai regardé le match à la télé. Eric Besnard, de Canal +, m’a dit que si Rennes gagnait, j’allais le regretter toute ma vie. Il n’avait pas tort. Le match d’après, je suis au Roazhon Park, avec Jacques Delanoë et Olivier Létang. Ils se foutent un peu de moi car j’avais raté le match qu’il ne fallait pas, et à un moment, ils me posent la Coupe sur les genoux. Là, j’avais huit ans. Rien qu’en en reparlant, j’ai des frissons.

Cette finale, est-ce votre plus belle émotion de sport ?
Oui, j’avais les larmes aux yeux devant la télé, mais ça aurait été décuplé si j’avais pu y être. Etant souvent à Paris, je connais pas mal de gens, d’acteurs, qui supportent le PSG, comme Rochdy Zem. À 2-0 pour Paris, ils m’envoient des textos… C’est tellement jubilatoire à la fin du match.

Le cinéma aborde peu le thème du football. Comment l’expliquez-vous ?
Le foot est un sport populaire. Et le cinéma français a du mal avec les thèmes trop populaires. Le foot intéresse moins les auteurs, alors que les Etats-Unis font des grands films sur les sportifs.

Et vous ne voudriez pas faire un film sur le football ?
Ce serait forcément sur le Stade Rennais. Pourquoi pas, il faudrait que je me penche sur le truc.

De mon œuvre, il ne restera peut-être que ça, « Fred Cavayé, supporter du Stade Rennais ». Mais ça me va !

Vous placez une référence au Stade Rennais dans chacun de vos films. C’est un simple clin d’œil ou aussi une manière de se revendiquer rennais ?
Il y a des deux. C’est aussi citer la Bretagne, c’est important pour moi. Dans « Adieu monsieur Haffmann », l’intrigue se passe en 1941, mais j’ai quand même réussi à parler du Stade Rennais. La limite, ce sont les films dans lesquels l’action se passe avant 1901 (date de création du club).

Vous ne pouvez donc pas faire de film qui se passe avant 1901…
C’est drôle, on vient de m’en proposer un. Si je fais ce type de films, je vais être emmerdé. De là à le refuser, ce serait dommage. Mais je vais y arriver quand même. J’ai déjà une idée qui me vient pour placer une référence. Le premier commentaire qui est sorti de mon dernier film, c’était pour dire que j’avais encore réussi à placer une référence au Stade Rennais. Je trouve ça drôle ! De mon œuvre, il ne restera peut-être que ça, « Fred Cavayé, supporter du Stade Rennais ». Mais ça me va !

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Quel rapport entretenez-vous avec le sport ?
J’aime le sport en général. Ce que je préfère, c’est le foot, je suis un supporter du Stade Rennais, je lis L’Equipe… Mais quand j’étais plus jeune, je faisais du handball, à l’école et aux Cadets de Bretagne, à Rennes. Il m’est resté cet amour du sport collectif. Il y a des scénarios plus forts que des films. La victoire de Rennes contre Nantes à la 97e (3-2 en 2020), c’est extraordinaire. Il y a assez peu de moments au cinéma où tout bascule à la dernière seconde.

Faites-vous du sport aujourd’hui ?
Je fais des pompes et du gainage au réveil. On ne peut pas appeler ça du sport, mais je me tiens à ça tous les matins parce que je n’ai pas le temps d’aller courir. Ça me permet de rentrer dans mes fringues !

Vous êtes supporter du Stade Rennais. Regardez-vous tous les matchs ?
Oui, je n’en ai pas raté un depuis cinq-six ans. Je fais mon emploi du temps en fonction des matchs du Stade Rennais. Ça paraît un peu dingue, mais quand on a une passion… Sur le tournage d’« Adieu monsieur Haffmann » (son dernier film, sorti le 12 janvier), il y avait des matchs européens et j’ai dû voir avec mon assistant pour terminer à 18 h quand il y avait des matchs à 18 h 45. J’espère qu’il ne lira pas l’article, je ne lui ai pas dit que c’était pour ça !

Mon premier autographe, c’est Pierrick Hiard. Je suis en CM2 et je le croise au Monoprix de Maurepas. Il avait signé « Amitiés sportives, Pierrick ».

Votre passion pour le Stade Rennais, elle vient de l’enfance ?
Oui, bien sûr. Et on ne change pas de club. Quand mon travail m’a obligé à vivre à Paris, je ne suis pas devenu supporter du PSG. Les seules fois où je suis allé au Parc des Princes, c’était pour des PSG - Rennes. Mes premiers rapports au foot, c’est par l’école, et avec les copains en bas du HLM. J’ai été abonné au magazine Onze (ancêtre de Onze Mondial) à 8 ans. C’est là que j’ai commencé à aller au stade.

Quels sont vos premiers souvenirs liés au club ?
Quand Rennes était en Division 2, on pouvait attendre les joueurs pour un autographe à la porte du vestiaire. Je me souviens aussi d’un Rennes - Marseille de l’époque Tapie. On avait tellement peur d’être mal placé qu’on était arrivé au stade à 15 h alors que le match commençait à 20 h. On était les premiers, et on avait pu se mettre derrière le but, à cinq mètres du gardien. Je me rappelle aussi avoir été placé juste au-dessus du panneau d’affichage et le lendemain?, je reconnais les manches de mon blouson à Téléfoot. Mon premier autographe, c’est Pierrick Hiard. Je suis en CM2 et je le croise au Monoprix de Maurepas. Il avait signé « Amitiés sportives, Pierrick ». Je le croise de temps en temps, mais je n’ai jamais osé lui dire.

Ma madeleine de Proust, c’est la galette saucisse. Ma mère a habité une dizaine d’années près du Roazhon Park. Quand il y avait match, ça sentait la galette saucisse chez elle.

Quelles étaient vos idoles de jeunesse ?
Laurent Pokou, un avant-centre extraordinaire, puis Pierrick Hiard. Il y a un joueur qui n’est jamais cité car il a fait très peu de matchs (une dizaine à la fin des années 1970), un gardien qui s’appelle Louis Leray, le fils de mon voisin. Pour moi, c’était incroyable, comme si Brad Pitt emménageait au-dessus de chez moi.

Aujourd’hui, la route de Lorient agit-elle comme une madeleine de Proust ?
Oui, on peut le dire, ma madeleine de Proust, c’est la galette saucisse. Ma mère a habité une dizaine d’années près du Roazhon Park. Quand il y avait match, ça sentait la galette saucisse chez elle et on entendait le public hurler à chaque but.

Le Stade Rennais vit une période faste. Comment avez-vous vécu les derniers grands moments du club ?
Au stade pour la plupart. Il y a eu tellement de désillusions avant, alors battre Arsenal 3-1 (en 2019 en 8e de finale de Ligue Europa), ça décuple le plaisir de l’instant. C’était tellement terrible, ces deux finales de Coupe de France perdues. La deuxième finale (2-0 en 2014 face à Guingamp), je rentre chez moi et je reste prostré dans le noir pendant une heure. Ces moments-là ont rendu encore plus belle la victoire face au PSG.

La finale de la Coupe de France, j’avais les larmes aux yeux devant la télé, mais ça aurait été décuplé si j’avais pu y être.

Étiez-vous au Stade de France ce jour-là ?
Non, et c’est mon grand désespoir. J’avais déjà réservé des vacances, si j’annulais, ma copine me quittait (rire). Alors j’ai regardé le match à la télé. Eric Besnard, de Canal +, m’a dit que si Rennes gagnait, j’allais le regretter toute ma vie. Il n’avait pas tort. Le match d’après, je suis au Roazhon Park, avec Jacques Delanoë et Olivier Létang. Ils se foutent un peu de moi car j’avais raté le match qu’il ne fallait pas, et à un moment, ils me posent la Coupe sur les genoux. Là, j’avais huit ans. Rien qu’en en reparlant, j’ai des frissons.

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Oui, j’avais les larmes aux yeux devant la télé, mais ça aurait été décuplé si j’avais pu y être. Etant souvent à Paris, je connais pas mal de gens, d’acteurs, qui supportent le PSG, comme Rochdy Zem. À 2-0 pour Paris, ils m’envoient des textos… C’est tellement jubilatoire à la fin du match.

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Le foot est un sport populaire. Et le cinéma français a du mal avec les thèmes trop populaires. Le foot intéresse moins les auteurs, alors que les Etats-Unis font des grands films sur les sportifs.

Et vous ne voudriez pas faire un film sur le football ?
Ce serait forcément sur le Stade Rennais. Pourquoi pas, il faudrait que je me penche sur le truc.

De mon œuvre, il ne restera peut-être que ça, « Fred Cavayé, supporter du Stade Rennais ». Mais ça me va !

Vous placez une référence au Stade Rennais dans chacun de vos films. C’est un simple clin d’œil ou aussi une manière de se revendiquer rennais ?
Il y a des deux. C’est aussi citer la Bretagne, c’est important pour moi. Dans « Adieu monsieur Haffmann », l’intrigue se passe en 1941, mais j’ai quand même réussi à parler du Stade Rennais. La limite, ce sont les films dans lesquels l’action se passe avant 1901 (date de création du club).

Vous ne pouvez donc pas faire de film qui se passe avant 1901…
C’est drôle, on vient de m’en proposer un. Si je fais ce type de films, je vais être emmerdé. De là à le refuser, ce serait dommage. Mais je vais y arriver quand même. J’ai déjà une idée qui me vient pour placer une référence. Le premier commentaire qui est sorti de mon dernier film, c’était pour dire que j’avais encore réussi à placer une référence au Stade Rennais. Je trouve ça drôle ! De mon œuvre, il ne restera peut-être que ça, « Fred Cavayé, supporter du Stade Rennais ». Mais ça me va !

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