Lundi 28 septembre, les Bleus ont battu la Belgique 1-0 en Ligue des nations, avec cinq puis six joueurs issus du centre de formation du Stade Rennais sur la pelouse. Le club breton, qui n’avait jamais connu pareille représentation au sein de l’équipe nationale, a savouré. À l’image de Philippe Barraud, le directeur du recrutement de l’Académie, qui avait contribué à faire venir à Rennes tous les internationaux "rouge et noir" alignés à Bruxelles par Zidane.

Le Stade Rennais a vécu lundi soir un moment "historique, à travers le match de Ligue des nations entre la Belgique et la France à Bruxelles. Cinq joueurs formés à l’Académie des Rouge et Noir, alignés d’entrée ensemble au sein de l’équipe de France pour un match officiel, cela n’était jamais arrivé.
Il y avait Jérémy Jacquet en défense centrale, Andy Diouf au poste de latéral gauche, Lucas Da Cunha et Eduardo Camavinga au milieu, Désiré Doué en attaque.
Après la sortie à la 68e minute d’Estéban Lepaul, joueur actuel du SRFC non formé localement, et l’entrée d’Ousmane Dembélé, ils se comptaient même six joueurs de champ (sur dix) issus de l’école rennaise, à gambader ensemble sur la pelouse du stade du Roi Baudouin. Seul Adrien Truffert, qui avait été titularisé vendredi dernier en Turquie, n’est pas apparu…
Barraud : "Pour la première fois, j’ai ressenti du stress !"
Quand la liste était sortie, on était heureux, on avait reçu plein de messages, ce n’est pas rien… Mais là, ce match, c’était quand même très particulier, relate auprès de Ouest-France Philippe Barraud, directeur du recrutement des jeunes de l’Académie. Pour la première fois, j’ai ressenti du stress, j’avais l’impression que j’allais jouer le match sur le terrain, et je n’ai pas touché à mon téléphone tout du long ! C’est la première fois que cela m’arrivait...
Ancien joueur pro… formé à Rennes, en poste quasi sans discontinuer depuis le début des années 2000, Philippe Barraud avait contribué à recruter tous ces internationaux pour qu’ils se forment sur les bords de la Vilaine.
Ils avaient été repérés en Normandie (Dembélé), dans la région Centre (Truffert), Rhône-Alpes (Da Cunha), en région parisienne (Diouf, Jacquet) ou directement à Rennes (Doué) et à Fougères (Camavinga)… Tu te remémores tout ce qui s’est passé avec ces garçons, leur histoire particulière, comment ils sont arrivés à Rennes, quel chemin ils ont suivi pour en arriver là, quels ingrédients ils ont mis, quel moment a pu les faire basculer vers ce niveau-là…. Il y a un long parcours pour certains, et quelle que soit sa durée, il y a une histoire avec le Stade Rennais, une histoire avec les parents. Ceux de Da Cunha m’avaient envoyé par exemple un petit vocal au moment de la liste, ils étaient dans l’émotion… On reste attaché à quelque chose quoi qu’il arrive, c’est comme un repère.
Pouille : "On est tous dépositaires d’une transmission"
Le président exécutif Arnaud Pouille, lui, participait lundi soir à l’amicale des éducateurs d’Ille-et-Vilaine au Roazhon Park, en présence aussi du coach Franck Haise, du directeur de l’Académie Denis Arnaud, de celui de la préformation et de l’école de foot Corentin Bataille. On a parlé de la manière dont les jeunes ont été formés, éduqués, y compris dans d’autres clubs… Tous ceux qui les ont connus à un moment ou à un autre dans leur parcours ici, et même si tous les parcours n’ont pas été linéaires, ont vécu un grand moment de fierté.
Quand il a pu regarder le match, surtout en deuxième mi-temps, Arnaud Pouille avait les yeux particulièrement braqués sur Jérémy Jacquet : le président rennais avait participé à son "rapatriement de Clermont en janvier 2025, puis avait négocié son départ vers Liverpool, effectif au début de l’été. On est tous dépositaires d’une transmission, la formation ici a 50 ans, et on arrive à un moment où celle-ci est mise en valeur à travers la vitrine de l’équipe de France. On a une responsabilité : que cela perdure.
Sur le plan des infrastructures, le Stade Rennais s’en donne en tout cas les moyens : dans trois jours, vendredi 2 octobre, avant France - Italie au Stade de France, ce sera l’heure de l’inauguration officielle du centre d’entraînement dernier cri de la Piverdière 2, en présence de la famille Pinault qui l’a financé, et de nombreuses personnalités. Comme un autre symbole.



