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Après le foot, je redeviendrai une personne normale

Arrivé au Stade Rennais cet hiver, Anthony Rouault a fait le choix de revenir en France après un an et demi pourtant réussi en Allemagne, à Stuttgart. Une décision très personnelle de la part du défenseur central de 23 ans, à l’image d’un parcours marqué par ses liens familiaux et avec son village d’origine, dans le Lot-et-Garonne.

Après le foot, je redeviendrai une personne normale

Arrivé au Stade Rennais le 3 février dernier, après un an et demi en Allemagne, Anthony Rouault est d’une certaine façon revenu aux sources. Même si le défenseur de 23 ans est né et a grandi dans le Lot-et-Garonne, ses origines sont en parties bretonnes, de par son arrière-grand-mère costarmoricaine. Ses grands-parents possèdent d’ailleurs également une maison dans les Côtes-d’Armor. Dans un entretien qu’il nous a accordé, l’ancien Toulousain raconte son parcours qui était tout sauf tracé vers le football de haut niveau.

Quelle importance occupe votre village d’origine (Saint-Colomb-de-Lauzun, dans le Lot-et-Garonne) dans votre parcours sportif ?

Déjà, c’est l’endroit qui me permet de garder les pieds sur terre. Mes parents habitent là-bas, j’y ai tous mes copains d’enfance. C’est là que j’ai commencé ma formation, à quatre ans, mon père m’a coaché pratiquement toutes mes années là-bas jusqu’en U14. Il a suivi toute notre génération de copains, on avait une bonne petite équipe. Ensuite, j’ai fait une année à Marmande, le club le plus important de la région, en U15, avant d’aller à Toulouse. Quand on joue avec des champions, ça fait du bien de revenir là-bas et de se rappeler que c’est là que tout a commencé.

Qu’est-ce que votre village a de si particulier pour vous ?

C’est un petit village (474 habitants) avec des valeurs et des personnes simples. Dans le foot, on a de la chance d’avoir beaucoup de choses et des fois, ça fait du bien de revenir aux sources, de se rappeler ce qu’est la vie. Pour moi, c’est important, parce que mon entourage est comme ça et que je veux garder ces valeurs. C’est aussi le destin qui a fait que je suis allé à Toulouse. À Marmande, si j’avais été repéré par Lille, par exemple, je n’y serais peut-être pas allé, parce que c’était loin et que je suis quelqu’un de très famille.

Est-ce ce lien familial qui explique votre départ de Stuttgart cet hiver pour venir à Rennes ?

Déjà, il y avait le climat allemand (rires). Je suis du Sud-Ouest donc j’étais souvent malade. C’était parfois un peu pénible, surtout l’hiver. Et ensuite, il y avait le fait de ne pas forcément parler la langue. Souvent, il faut déléguer aux autres, tu ne t’occupes de presque rien et je n’aime pas trop ça. J’aime bien avoir des relations avec les gens et essayer de gérer les choses par moi-même. L’Allemagne m’a beaucoup apporté sportivement mais humainement, ça correspond moins aux valeurs que j’ai depuis que je suis petit. Je me suis dit que ce serait pas mal de revenir en France, pas n’importe comment ni n’importe où.

Je n’étais pas au-dessus

Votre parcours est marqué par plusieurs concours de circonstances…

C’est venu naturellement, sans forcer et presque sans le vouloir. Je jouais à un petit niveau et le foot professionnel, c’était un autre monde et je n’y avais pas accès. Bien sûr que quand on est petit, on veut devenir footballeur pro mais pour moi, c’était une envie sans vraiment l’être, parce que c’était irréalisable. C’est le fait d’être en sport études avec des joueurs de Marmande qui m’a fait changer de club. De moi-même, je n’aurais pas forcément cherché à partir pour aller jouer au plus haut niveau. Mon entourage non plus ne m’a jamais forcé, et c’est à Marmande que j’ai vraiment commencé à réaliser que ça pouvait devenir intéressant. Et à Toulouse, c’est là que j’ai pris conscience que je devais mettre toutes les chances de mon côté pour ne pas avoir de regret.

À un poste initial de milieu défensif…

Exactement, c’est en arrivant à Toulouse, dont un recruteur (l’ancien Rennais Jean-Joël Perrier-Doumbé) m’avait repéré en venant voir un match de Marmande, que j’ai fait un essai en tant que défenseur central. L’anecdote, c’est que lors de mon match d’essai, je veux faire une transversale de mon mauvais pied, interception, faute d’un coéquipier, coup franc et but. J’étais un bon joueur mais il y en avait d’autres aussi bons dans mon équipe. Je n’étais pas au-dessus, pas le genre de joueur pour qui l’on se dit : “Lui, c’est un crack, c’est sûr, il va réussir.” C’est en allant à Marmande que j’ai peut-être eu un peu plus de mental pour faire les efforts nécessaires. Et même se retrouver au centre de formation de Toulouse, c’est déjà très bien mais l’on est encore loin d’être professionnel. C’est vraiment le travail et le fait d’être à l’écoute qui m’ont fait progresser.

Voyez-vous vos débuts compliqués au centre de formation de Toulouse comme le tournant de votre carrière ?

Oui, si je n’avais pas eu les bonnes personnes à Toulouse à ce moment-là, j’aurais arrêté et je n’en serais pas là aujourd’hui. Il y avait déjà le fait d’être interne, je n’avais jamais connu ça. Je m’y retrouvais moins par rapport à mes habitudes et je n’étais pas forcément épanoui. Mon but, c’était d’être heureux, que je fasse du foot ou que je travaille chez Decathlon comme Jérémy Mathieu. Je me suis demandé dans quoi j’avais débarqué, j’avais l’impression de sacrifier mes études alors que je pouvais être dans un lycée normal. Mais je me suis rendu compte de la chance que j’avais de vivre cette expérience, et que c’était un peu bête de lâcher aussi vite.

À Rennes, certains vous comparent à Benjamin Bourigeaud dans le caractère. Le voyez-vous comme un compliment ?

Oui, clairement. J’aimerais qu’à la fin de ma carrière, on retienne cette image. Nous sommes des joueurs de foot mais pas plus exceptionnels que les autres. J’essaie de garder des choses simples dans ma vie parce qu’après le foot, je redeviendrai une personne normale.

Je veux juste ne pas avoir de regrets

Quel rôle ont vos parents dans la construction de votre carrière ?

Principalement du soutien. Ma maman n’est pas spécialement sportive, mon père a toujours fait du foot mais au niveau amateur. Du soutien et de l’exigence : dans la vie, il faut travailler pour avoir ce que l’on veut. Et ils ne m’ont pas mis de pression. Si demain, j’arrête le foot, je ne serai pas jugé, on aura toujours la même relation. Avec mon père, il y a toujours des débriefings d’après-match par téléphone.

À seulement 23 ans, votre carrière a déjà connu beaucoup de moments marquants…

Il y a eu une finale de U17 nationaux perdue en 2018 contre Rennes (avec Camavinga, Truffert, Rutter ou Gboho). En fait, presque chaque année, j’ai eu soit une finale, soit un titre. Après les U17, il y a eu la finale perdue en Gambardella (2019), puis le titre de Ligue 2 (2022), puis la Coupe de France (2023), puis la qualification en Ligue des champions avec Stuttgart (2024). Mine de rien, Stuttgart va peut-être gagner la Coupe d’Allemagne et j’ai participé au début du parcours. Pour l’instant, j’ai plutôt de la chance dans ma carrière. Mais je me dis que c’est peut-être aussi le fait de mettre toutes les chances de mon côté.

Votre premier match pro est aussi arrivé avec un petit coup de pouce…

Oui, il y avait deux absents ce jour-là (le 17 octobre 2020 contre Ajaccio), Gabrielsen et Diakité. Le coach, Patrice Garande, ne comptait pas trop sur moi en début de saison et voulait que je sois prêté. Moi, j’estimais qu’il se trompait et qu’il n’avait pas forcément eu le temps de voir ce que je pouvais apporter. Et il y a eu ce moment où j’ai eu cette opportunité.

Vous semblez savoir où vous voulez aller. Est-ce un de vos principaux traits de personnalité ?

En fait, je n’ai pas forcément d’objectif de niveau. Je me dis juste que c’est un métier et que je dois faire le maximum pour atteindre mon plein potentiel. Je ne serai sûrement jamais comme van Dijk, parce que l’on a tous des qualités génétiques et des limites. Mais je dois tout faire pour devenir la meilleure version de moi-même. Que ça m’amène en Ligue des champions ou en National, j’aurais été satisfait parce que c’est déjà beau de vivre du foot. Je veux juste ne pas avoir de regrets.

Dans cinq journées, c’est la fin de saison. On imagine que vos vacances se passent donc dans le Lot-et-Garonne ?

Oui, voilà. Je risque de partir un peu mais mon voyage, c’est déjà là-bas. Je coupe complètement du foot, je me repose et je reviens à une vie normale.

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Après le foot, je redeviendrai une personne normale

Arrivé au Stade Rennais le 3 février dernier, après un an et demi en Allemagne, Anthony Rouault est d’une certaine façon revenu aux sources. Même si le défenseur de 23 ans est né et a grandi dans le Lot-et-Garonne, ses origines sont en parties bretonnes, de par son arrière-grand-mère costarmoricaine. Ses grands-parents possèdent d’ailleurs également une maison dans les Côtes-d’Armor. Dans un entretien qu’il nous a accordé, l’ancien Toulousain raconte son parcours qui était tout sauf tracé vers le football de haut niveau.

Quelle importance occupe votre village d’origine (Saint-Colomb-de-Lauzun, dans le Lot-et-Garonne) dans votre parcours sportif ?

Déjà, c’est l’endroit qui me permet de garder les pieds sur terre. Mes parents habitent là-bas, j’y ai tous mes copains d’enfance. C’est là que j’ai commencé ma formation, à quatre ans, mon père m’a coaché pratiquement toutes mes années là-bas jusqu’en U14. Il a suivi toute notre génération de copains, on avait une bonne petite équipe. Ensuite, j’ai fait une année à Marmande, le club le plus important de la région, en U15, avant d’aller à Toulouse. Quand on joue avec des champions, ça fait du bien de revenir là-bas et de se rappeler que c’est là que tout a commencé.

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C’est un petit village (474 habitants) avec des valeurs et des personnes simples. Dans le foot, on a de la chance d’avoir beaucoup de choses et des fois, ça fait du bien de revenir aux sources, de se rappeler ce qu’est la vie. Pour moi, c’est important, parce que mon entourage est comme ça et que je veux garder ces valeurs. C’est aussi le destin qui a fait que je suis allé à Toulouse. À Marmande, si j’avais été repéré par Lille, par exemple, je n’y serais peut-être pas allé, parce que c’était loin et que je suis quelqu’un de très famille.

Est-ce ce lien familial qui explique votre départ de Stuttgart cet hiver pour venir à Rennes ?

Déjà, il y avait le climat allemand (rires). Je suis du Sud-Ouest donc j’étais souvent malade. C’était parfois un peu pénible, surtout l’hiver. Et ensuite, il y avait le fait de ne pas forcément parler la langue. Souvent, il faut déléguer aux autres, tu ne t’occupes de presque rien et je n’aime pas trop ça. J’aime bien avoir des relations avec les gens et essayer de gérer les choses par moi-même. L’Allemagne m’a beaucoup apporté sportivement mais humainement, ça correspond moins aux valeurs que j’ai depuis que je suis petit. Je me suis dit que ce serait pas mal de revenir en France, pas n’importe comment ni n’importe où.

Je n’étais pas au-dessus

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C’est venu naturellement, sans forcer et presque sans le vouloir. Je jouais à un petit niveau et le foot professionnel, c’était un autre monde et je n’y avais pas accès. Bien sûr que quand on est petit, on veut devenir footballeur pro mais pour moi, c’était une envie sans vraiment l’être, parce que c’était irréalisable. C’est le fait d’être en sport études avec des joueurs de Marmande qui m’a fait changer de club. De moi-même, je n’aurais pas forcément cherché à partir pour aller jouer au plus haut niveau. Mon entourage non plus ne m’a jamais forcé, et c’est à Marmande que j’ai vraiment commencé à réaliser que ça pouvait devenir intéressant. Et à Toulouse, c’est là que j’ai pris conscience que je devais mettre toutes les chances de mon côté pour ne pas avoir de regret.

À un poste initial de milieu défensif…

Exactement, c’est en arrivant à Toulouse, dont un recruteur (l’ancien Rennais Jean-Joël Perrier-Doumbé) m’avait repéré en venant voir un match de Marmande, que j’ai fait un essai en tant que défenseur central. L’anecdote, c’est que lors de mon match d’essai, je veux faire une transversale de mon mauvais pied, interception, faute d’un coéquipier, coup franc et but. J’étais un bon joueur mais il y en avait d’autres aussi bons dans mon équipe. Je n’étais pas au-dessus, pas le genre de joueur pour qui l’on se dit : “Lui, c’est un crack, c’est sûr, il va réussir.” C’est en allant à Marmande que j’ai peut-être eu un peu plus de mental pour faire les efforts nécessaires. Et même se retrouver au centre de formation de Toulouse, c’est déjà très bien mais l’on est encore loin d’être professionnel. C’est vraiment le travail et le fait d’être à l’écoute qui m’ont fait progresser.

Voyez-vous vos débuts compliqués au centre de formation de Toulouse comme le tournant de votre carrière ?

Oui, si je n’avais pas eu les bonnes personnes à Toulouse à ce moment-là, j’aurais arrêté et je n’en serais pas là aujourd’hui. Il y avait déjà le fait d’être interne, je n’avais jamais connu ça. Je m’y retrouvais moins par rapport à mes habitudes et je n’étais pas forcément épanoui. Mon but, c’était d’être heureux, que je fasse du foot ou que je travaille chez Decathlon comme Jérémy Mathieu. Je me suis demandé dans quoi j’avais débarqué, j’avais l’impression de sacrifier mes études alors que je pouvais être dans un lycée normal. Mais je me suis rendu compte de la chance que j’avais de vivre cette expérience, et que c’était un peu bête de lâcher aussi vite.

À Rennes, certains vous comparent à Benjamin Bourigeaud dans le caractère. Le voyez-vous comme un compliment ?

Oui, clairement. J’aimerais qu’à la fin de ma carrière, on retienne cette image. Nous sommes des joueurs de foot mais pas plus exceptionnels que les autres. J’essaie de garder des choses simples dans ma vie parce qu’après le foot, je redeviendrai une personne normale.

Je veux juste ne pas avoir de regrets

Quel rôle ont vos parents dans la construction de votre carrière ?

Principalement du soutien. Ma maman n’est pas spécialement sportive, mon père a toujours fait du foot mais au niveau amateur. Du soutien et de l’exigence : dans la vie, il faut travailler pour avoir ce que l’on veut. Et ils ne m’ont pas mis de pression. Si demain, j’arrête le foot, je ne serai pas jugé, on aura toujours la même relation. Avec mon père, il y a toujours des débriefings d’après-match par téléphone.

À seulement 23 ans, votre carrière a déjà connu beaucoup de moments marquants…

Il y a eu une finale de U17 nationaux perdue en 2018 contre Rennes (avec Camavinga, Truffert, Rutter ou Gboho). En fait, presque chaque année, j’ai eu soit une finale, soit un titre. Après les U17, il y a eu la finale perdue en Gambardella (2019), puis le titre de Ligue 2 (2022), puis la Coupe de France (2023), puis la qualification en Ligue des champions avec Stuttgart (2024). Mine de rien, Stuttgart va peut-être gagner la Coupe d’Allemagne et j’ai participé au début du parcours. Pour l’instant, j’ai plutôt de la chance dans ma carrière. Mais je me dis que c’est peut-être aussi le fait de mettre toutes les chances de mon côté.

Votre premier match pro est aussi arrivé avec un petit coup de pouce…

Oui, il y avait deux absents ce jour-là (le 17 octobre 2020 contre Ajaccio), Gabrielsen et Diakité. Le coach, Patrice Garande, ne comptait pas trop sur moi en début de saison et voulait que je sois prêté. Moi, j’estimais qu’il se trompait et qu’il n’avait pas forcément eu le temps de voir ce que je pouvais apporter. Et il y a eu ce moment où j’ai eu cette opportunité.

Vous semblez savoir où vous voulez aller. Est-ce un de vos principaux traits de personnalité ?

En fait, je n’ai pas forcément d’objectif de niveau. Je me dis juste que c’est un métier et que je dois faire le maximum pour atteindre mon plein potentiel. Je ne serai sûrement jamais comme van Dijk, parce que l’on a tous des qualités génétiques et des limites. Mais je dois tout faire pour devenir la meilleure version de moi-même. Que ça m’amène en Ligue des champions ou en National, j’aurais été satisfait parce que c’est déjà beau de vivre du foot. Je veux juste ne pas avoir de regrets.

Dans cinq journées, c’est la fin de saison. On imagine que vos vacances se passent donc dans le Lot-et-Garonne ?

Oui, voilà. Je risque de partir un peu mais mon voyage, c’est déjà là-bas. Je coupe complètement du foot, je me repose et je reviens à une vie normale.

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