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16 Octobre 2026

Auteur d’un match plus que moyen en Autriche pour son entrée dans la compétition, le Stade Rennais ne s’est pas sabordé mais ne s’est pas rassuré non plus. Son menu a tout d’abordable mais pour...

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En pleine trêve internationale chez les hommes, le Stade Rennais a sorti une performance historique chez les féminines. Le Stade Rennais n’a pas laissé la trêve internationale refroidir ses...

Rennes m’a un peu pris pour un con

Reconnaissant envers le club qui l’a lancé en professionnel, Yann M’Vila n’a cependant pas totalement digéré que le Stade Rennais ne lui tende pas la main en 2015, lorsqu’il en avait besoin. Le milieu de terrain de 34 ans, aujourd’hui joueur du Stade Malherbe Caen, s’est confié longuement dans notre podcast Rouge et Bleu, en collaboration avec Sweet FM Normandie, lundi 7 octobre 2024.

ds 2692

Yann M’Vila était l’invité de notre podcast Rouge et Bleu , en collaboration avec Sweet FM Normandie, lundi 7 octobre 2024. Le milieu de terrain du SM Caen s’est livré sur sa venue en Normandie et ses liens avec la famille Mbappé, mais aussi son enfance difficile, son histoire inachevée avec l’équipe de France (22 sélections, 1 but), sa dépression et le Stade Rennais.

Le club qui l’a lancé en professionnel, celui pour lequel il a préféré partir en 2013 au Rubin Kazan en Russie, plutôt qu’au Queens Park Rangers en Premier League. Car si son cœur balançait pour l’Angleterre, les Russes proposaient deux millions d’euros de plus. Mais, deux ans plus tard, lorsqu’il était dans la galère, le natif d’Amiens n’a pas pu compter sur le club breton pour lui donner un coup de pouce en retour.

La signature du premier contrat pro : "J’étais bloqué"
"Quand je signe mon premier contrat pro (1 an aspirant et 3 ans pro), j’ai la pression de mon directeur de la formation, Patrick Rampillon. Je devais partir à la Coupe du monde U17 et il me dit : “soit tu signes ton contrat, soit tu ne pars pas à la Coupe du monde”. Je lui réponds qu’il n’est pas sélectionneur. Et, dans la foulée, le sélectionneur m’appelle et me dit pareil. Ils s’étaient mis d’accord tous les deux.

Il y a plein de choses dans le monde du football qui sont cruelles. Beaucoup parlent de l’extérieur, sans savoir ce qu’on vit de l’intérieur. J’étais bloqué. Moi, dans ma tête, je ne pensais qu’à jouer, et jouer cette Coupe du monde. Donc je vais voir mon père, pour lui demander de signer. Mais il me dit non. On a fait une réunion avec le directeur du centre, mon papa et moi. Au final, ça s’est terminé avec un chèque pour mon père et c’est bon j’ai signé le contrat."

Les débuts en professionnel : "Frédéric Antonetti, je lui suis redevable à vie"
"Je fais mon premier banc de touche à 17 ans, contre Marseille, sous Guy Lacombe, et je joue mon premier match à 19 ans, à Nice. J’ai galéré deux ans. Je me rappelle, au moment où je dois entrer, Jun’ichi Inamoto prend un carton rouge (77’). On s’est regardé avec Frédéric Antonetti (le coach), normalement, il n’aurait pas dû me faire entrer, pour un premier match comme ça, à dix contre onze. Mais je pense qu’il a vu la tristesse dans mes yeux et il m’a dit “vas-y, rentre”. Je joue dix minutes.

Pour le match d’après, Inamoto est suspendu, Bruno Cheyrou se blesse la semaine, Alexander Tettey déclare forfait le matin du match. Et le coach me dit : “il ne reste plus que toi”. Ça s’est très bien passé et je n’ai plus bougé.

Cet homme, qui est Frédéric Antonetti, je lui suis redevable à vie. Il a une grande sagesse, il est plus intelligent que la moyenne de tous les entraîneurs, il réfléchit beaucoup et il a beaucoup de savoir faire. Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait, c’est derrière moi et j’essaie d’avancer. Mon seul regret, c’est de ne pas avoir davantage écouté Antonetti."

Son histoire avec le Stade Rennais : "Quand j’étais dans la galère, le club n’était pas là"
"Quand je parle de Rennes, je parle au passé. Car, lorsque j’étais dans la galère et que je leur ai demandé de l’aide, le club n’était pas là. Je ne sais même pas si dans les années à venir, un mec jouant pour le Stade Rennais fera 22 sélections internationales pour Rennes. J’aurais pu aller à la guerre avec ce club pour partir. Mais j’étais bien et par fidélité je suis resté.

Lorsque j’essaie de revenir juste pour m’entraîner avec le club, on me refuse toutes les portes. Même m’entraîner individuellement, c’était non. C’était en 2015, après l’Inter Milan. J’avais joué six mois et après j’ai fait six mois sans club. À l’inverse, c’est très fort ce que fait Caen, en aidant Alexis Beka Beka à se relancer. C’est un geste très fort d’aider quelqu’un qui ne va pas bien. Moi, Rennes m’a pris un petit peu pour un con.

J’anticipe sur tout. Dans ma vie mais aussi pour le foot. À l’époque, l’entraîneur de l’équipe réserve était Laurent Huard. Je m’entends très bien avec lui, je l’avais donc appelé pour lui demander si je pouvais venir m’entraîne. Il m’a dit qu’il n’y avait pas de souci, que je ne ferais pas les jeux etc, mais que je pouvais m’entraîner. Ensuite, je vais à un match et je vois l’entraîneur des pros, Philippe Montanier. Il ne ferme pas la porte non plus. Derrière, on m’appelle et on me dit que l’entraîneur des pros et celui de la réserve ne veulent pas… C’est la vie, c’est comme ça.

J’ai eu 22 sélections en équipe de France en jouant à Rennes, je leur ai apporté de la visibilité et pourtant, je ne sais même pas si je suis sur leurs murs. J’ai tout donné, pendant neuf ans. Je n’ai rien gagné certes mais j’étais là. J’espère qu’on me considérera mieux à Caen (rires)."

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Le club qui l’a lancé en professionnel, celui pour lequel il a préféré partir en 2013 au Rubin Kazan en Russie, plutôt qu’au Queens Park Rangers en Premier League. Car si son cœur balançait pour l’Angleterre, les Russes proposaient deux millions d’euros de plus. Mais, deux ans plus tard, lorsqu’il était dans la galère, le natif d’Amiens n’a pas pu compter sur le club breton pour lui donner un coup de pouce en retour.

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"Quand je signe mon premier contrat pro (1 an aspirant et 3 ans pro), j’ai la pression de mon directeur de la formation, Patrick Rampillon. Je devais partir à la Coupe du monde U17 et il me dit : “soit tu signes ton contrat, soit tu ne pars pas à la Coupe du monde”. Je lui réponds qu’il n’est pas sélectionneur. Et, dans la foulée, le sélectionneur m’appelle et me dit pareil. Ils s’étaient mis d’accord tous les deux.

Il y a plein de choses dans le monde du football qui sont cruelles. Beaucoup parlent de l’extérieur, sans savoir ce qu’on vit de l’intérieur. J’étais bloqué. Moi, dans ma tête, je ne pensais qu’à jouer, et jouer cette Coupe du monde. Donc je vais voir mon père, pour lui demander de signer. Mais il me dit non. On a fait une réunion avec le directeur du centre, mon papa et moi. Au final, ça s’est terminé avec un chèque pour mon père et c’est bon j’ai signé le contrat."

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"Je fais mon premier banc de touche à 17 ans, contre Marseille, sous Guy Lacombe, et je joue mon premier match à 19 ans, à Nice. J’ai galéré deux ans. Je me rappelle, au moment où je dois entrer, Jun’ichi Inamoto prend un carton rouge (77’). On s’est regardé avec Frédéric Antonetti (le coach), normalement, il n’aurait pas dû me faire entrer, pour un premier match comme ça, à dix contre onze. Mais je pense qu’il a vu la tristesse dans mes yeux et il m’a dit “vas-y, rentre”. Je joue dix minutes.

Pour le match d’après, Inamoto est suspendu, Bruno Cheyrou se blesse la semaine, Alexander Tettey déclare forfait le matin du match. Et le coach me dit : “il ne reste plus que toi”. Ça s’est très bien passé et je n’ai plus bougé.

Cet homme, qui est Frédéric Antonetti, je lui suis redevable à vie. Il a une grande sagesse, il est plus intelligent que la moyenne de tous les entraîneurs, il réfléchit beaucoup et il a beaucoup de savoir faire. Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait, c’est derrière moi et j’essaie d’avancer. Mon seul regret, c’est de ne pas avoir davantage écouté Antonetti."

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"Quand je parle de Rennes, je parle au passé. Car, lorsque j’étais dans la galère et que je leur ai demandé de l’aide, le club n’était pas là. Je ne sais même pas si dans les années à venir, un mec jouant pour le Stade Rennais fera 22 sélections internationales pour Rennes. J’aurais pu aller à la guerre avec ce club pour partir. Mais j’étais bien et par fidélité je suis resté.

Lorsque j’essaie de revenir juste pour m’entraîner avec le club, on me refuse toutes les portes. Même m’entraîner individuellement, c’était non. C’était en 2015, après l’Inter Milan. J’avais joué six mois et après j’ai fait six mois sans club. À l’inverse, c’est très fort ce que fait Caen, en aidant Alexis Beka Beka à se relancer. C’est un geste très fort d’aider quelqu’un qui ne va pas bien. Moi, Rennes m’a pris un petit peu pour un con.

J’anticipe sur tout. Dans ma vie mais aussi pour le foot. À l’époque, l’entraîneur de l’équipe réserve était Laurent Huard. Je m’entends très bien avec lui, je l’avais donc appelé pour lui demander si je pouvais venir m’entraîne. Il m’a dit qu’il n’y avait pas de souci, que je ne ferais pas les jeux etc, mais que je pouvais m’entraîner. Ensuite, je vais à un match et je vois l’entraîneur des pros, Philippe Montanier. Il ne ferme pas la porte non plus. Derrière, on m’appelle et on me dit que l’entraîneur des pros et celui de la réserve ne veulent pas… C’est la vie, c’est comme ça.

J’ai eu 22 sélections en équipe de France en jouant à Rennes, je leur ai apporté de la visibilité et pourtant, je ne sais même pas si je suis sur leurs murs. J’ai tout donné, pendant neuf ans. Je n’ai rien gagné certes mais j’étais là. J’espère qu’on me considérera mieux à Caen (rires)."

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