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J’apprécie pleinement ma nouvelle vie

En retrait du football professionnel depuis déjà quatre ans, l’ancien international Yoann Gourcuff (36 ans) prend la parole pour la première fois depuis l’arrêt de sa carrière. En exclusivité pour Ouest-France, il évoque ses souvenirs, son avenir, raconte sa passion intacte pour le jeu, mais aussi sa nouvelle vie épanouie loin des projecteurs, avec ce rôle de père au foyer dans lequel il se "régale"."Quitter le monde du foot m’a fait beaucoup de bien", explique-t-il.

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En ce samedi d’avril, le soleil printanier inonde le littoral morbihannais. Yoann Gourcuff (36 ans) nous accueille chez lui, dans son jardin à Plœmeur, avec son épouse (l’animatrice de télévision Karine Ferri) et ses deux labradors, Bella et Dolmen.

Détendu et souriant, l’ancien talentueux meneur de jeu de l’équipe de France, extrêmement rare dans les médias, accepte de s’ouvrir sur ses passions de toujours, le foot et le tennis, mais aussi sur sa nouvelle vie au plus près des siens, sa femme et ses deux enfants. Et la plénitude qu’elle lui procure, quatre ans après avoir quitté les puissants projecteurs du football professionnel, qui l’incommodaient. Entretien.

Yoann Gourcuff, après 15 ans dans le foot de très haut niveau, à quoi ressemble votre nouvelle vie ?

Elle est simple, sereine, je l’apprécie pleinement. Je m’occupe de mes deux enfants (Maël, 7 ans et Claudia, 4 ans), ma femme se rendant régulièrement à Paris pour son travail. Cela prend du temps et demande de l’organisation. Je balade aussi mes deux chiennes tous les jours pendant une heure minimum, peu importe le temps, quand les enfants sont à l’école. C’est apaisant.

"Je n’ai aucun souci à dire que je suis père au foyer"

Ce rôle de père au foyer vous comble ?

Je me régale. Je n’ai aucun souci à dire que je suis père au foyer. Les journées sont bien remplies, mais voir grandir mes enfants chaque jour, c’est un privilège. Qui plus est dans un contexte paisible. Ici, on n’est pas embêté. Il y a de l’espace, la mer, les plages, les forêts, les sentiers…

Quelle place occupe le sport dans cette vie ?

Une grande place, toujours. Je joue au tennis (championnat régional par équipes avec le TC Larmor-Plage, il est classé 5/6), je fais de temps en temps des tournois dans le coin, j’essaie de m’entraîner une fois par semaine. Je fais du VTT, parfois avec mon père (Christian).LIRE AUSSI. Yoann Gourcuff : "Enfant, on m’a dit que j’avais plus d’aptitudes pour le tennis" (2/2)

"Toute cette exposition ne me plaisait pas"

Et le football ?

Après l’arrêt de ma carrière (janvier 2019), je n’ai pas touché un ballon pendant plusieurs années. Là, je me remets à jouer dans le jardin avec mon fils. On fait des tirs, on alterne le rôle de gardien et d’attaquant. Je l’accompagne aussi à ses entraînements et à ses matches, dans le rôle du papa qui le voit grandir. Je veux surtout qu’il prenne du plaisir et s’amuse avec les copains.

La transition a-t-elle été brutale entre votre fin de carrière et votre nouvelle vie ?

Pas du tout. Cela s’est fait très naturellement. Je suis un passionné de foot, j’aimais le jeu, les entraînements, les matches, mais tout ce qu’il y avait autour et qui prenait de plus en plus d’importance, toute cette exposition, cela ne me plaisait pas. Ce n’était pas moi. Je suis quelqu’un de discret, pudique. Aujourd’hui, je suis très bien dans ma vie.

"Quitter le monde du foot m’a fait beaucoup de bien"

Le contact avec le ballon ne vous a pas manqué ?

Non. Pourtant, quand j’étais gamin ou pro, il était indispensable, particulier. Mais je crois que j’ai compensé avec le tennis. C’est là que je suis allé chercher le plaisir et les sensations, tout en gardant la forme.

La plupart des footballeurs disent ressentir un vide juste après leur carrière…

Je peux le comprendre. Moi j’ai basculé tout de suite vers une nouvelle organisation avec ma famille. Au foot, on doit respecter des horaires, mais avec les enfants aussi. Et je suis bien dans ce cadre. (Il réfléchit) Ma fin de carrière, je l’ai très bien vécue. Je suis revenu à ce que je suis, je maîtrise les choses. Quitter le monde du foot m’a fait beaucoup de bien.

"Je regarde très peu de matches"

Avez-vous été tenté de poursuivre ailleurs, après votre dernière expérience à Dijon ?

J’ai eu des sollicitations pendant six mois, un an. Je continuais à m’entretenir car je n’avais pas fermé la porte. Finalement, les différents contacts n’ont pas abouti. Le cheminement a été naturel vers ma nouvelle vie.

Continuer de jouer au niveau amateur était une possibilité ?

Là aussi, j’ai été sollicité par quelques clubs du coin, comme Concarneau, ou des équipes de moindre niveau. Mais je craignais de ne plus prendre de plaisir à un niveau inférieur, notamment sur le plan technique. S’il y a plus de frustration que de plaisir, cela n’a pas d’intérêt pour moi. Et puis… j’ai beaucoup donné pour le foot, pendant toute ma vie. Quand on a été au bout, il faut savoir passer à autre chose. Il n’y a pas que ça dans la vie.

Vous avez toujours aimé parler de foot. Avez-vous été sollicité pour être consultant TV ?

Oui. Pour l’instant, je n’ai pas franchi le pas. Mais je ne ferme pas la porte. On verra.

Quel est votre rapport au foot aujourd’hui ?

Je regarde très peu de matches depuis que j’ai arrêté. J’ai toujours préféré jouer, être acteur, que spectateur. Je regarde néanmoins quelques rencontres de Ligue des champions avec mes copains d’enfance, pour partager un bon moment mais aussi parce que cette compétition a une atmosphère spéciale. Je suis aussi l’actualité des clubs que j’apprécie et par lesquels je suis passé : Lorient, Rennes, Milan, Bordeaux, Lyon, Dijon.

Vous rendez-vous encore au stade ?

Pendant des années, non. Mais là, mon fils commence à être passionné et demandeur. Alors je l’accompagne. Nous sommes allés voir deux fois Lorient cette saison. Et je compte l’emmener de temps en temps au Roazhon Park, à Rennes, quand on en aura l’occasion.

Le Stade Rennais, c’est un club qui vous est resté cher ?

Forcément, j’y ai été formé. Si j’ai pu faire carrière, c’est grâce à la formation rennaise, à mes équipiers, mes éducateurs. J’y ai vécu beaucoup de beaux moments. Depuis plusieurs années, le club me fait bonne impression. L’équipe est plaisante, cherche à jouer au ballon, il y a de bons joueurs. Là, elle est dans une passe un peu plus difficile mais cela arrive à tous les clubs, c’est normal.

"À Bordeaux, on sentait tous le même foot"

Le summum de votre carrière reste les Girondins de Bordeaux ?

Oui. Deux saisons très intenses (2008-2010, un titre de champion de France en 2009), avec beaucoup de plaisir, de bonheur, de réussite, d’épanouissement avec les autres joueurs. Il n’y avait pas de stars, mais des garçons intelligents, matures, avec une vraie réflexion sur le jeu. Cela s’est aussi très bien passé avec le coach et son staff (Laurent Blanc, Jean-Louis Gasset, etc.). On sentait tous le même foot. Il y avait vraiment une harmonie, aussi avec le public et la ville. J’habitais dans le centre, j’ai senti l’engouement monter. C’était hyper positif. Je mesure ma chance, car je suis conscient que c’est rare de vivre cela dans une carrière.

Des équipes, joueurs, entraîneurs vous ont récemment plu ?

J’aime bien le City de Guardiola, mais je préférais le Barça de son époque. Avec Xavi et Iniesta, deux joueurs que j’adorais, qui respiraient l’humilité, le partage, le fair-play, le respect des équipiers, de l’adversaire, de l’arbitrage… Un peu dans le même registre, j’ai toujours aimé Modric. Ce sont des joueurs qui se dépassent pour faire plaisir à leurs équipiers. C’est devenu plus rare. Je suis sensible à cela.

Avez-vous encore des amis dans le foot ?

Oui. Jérémy Toulalan, Benoît Costil, Étienne Didot, Arnaud Le Lan, Jimmy Briand… Jimmy est venu la semaine dernière à la maison car il était de passage à Lorient. On ne se voit pas tous les jours, chacun est pris dans son quotidien. Mais on s’apprécie beaucoup.

Devenir entraîneur, intégrer un staff, cela vous dirait ?

S’il y a des opportunités quand mes enfants auront grandi, pourquoi pas. Il faudra un contexte favorable, des gens avec qui je partage des mêmes valeurs et une même sensibilité foot. Dirigeant ? Non, moi ce serait le terrain et la transmission.

Si votre fils montre des aptitudes, vous l’encouragerez vers le haut niveau ?

Je le laisserai libre de ce qu’il a envie de faire. S’il aime ça, tant mieux, je pourrai lui donner quelques conseils. Mais il est encore jeune pour se projeter. Qu’il s’amuse déjà avec ses copains, garde son insouciance et on verra plus tard. Le plaisir doit rester la base du foot.

Votre autre grande passion est le tennis. D’où vous vient-elle ?

Foot comme tennis sont des sports qui me procurent du plaisir, une notion primordiale. Depuis tout petit, j’ai toujours été attiré par les balles et les ballons : le rapport à la sphère, la maîtriser, se sentir en harmonie avec elle, le côté esthétique… J’aimais aussi le ping-pong, le basket, le hand, mais je me suis orienté vers le foot et le tennis, car mon père en faisait.

Ce sont deux sports très différents ?

Oui, mais complémentaires. Faire du tennis pendant les coupures, c’est très intéressant pour un footballeur, et vice versa. Au niveau de la coordination, la motricité, l’anticipation, le placement par rapport à la balle, la notion de trajectoire… Le tennis est un sport complet, qui sollicite le haut et le bas du corps.

"À 12 ans, il a fallu faire un choix"

Enfant, vous excelliez dans les deux. Pourquoi avoir choisi le foot ?

Tant que je pouvais, j’ai pratiqué les deux. J’avais des semaines bien chargées. Tous les jours, entraînement de foot ou de tennis, match de foot le samedi, match de tennis le dimanche… À 12 ans, il a fallu faire un choix. Soit je rentrais au centre de préformation de foot de Ploufragan, soit au pôle de Poitiers au tennis.

Et ?

La dimension collective du foot a pesé. Mes amis d’enfance, ils viennent plus du foot. Partager le ballon avec mes potes, cela m’a poussé vers le foot. Au tennis, on est souvent tout seul. Et puis les places sont chères. Il y a très peu d’élus et il paraît que cela devient plus difficile quand on est au-delà de la 150e place mondiale. Je pense que c’est plus facile de réussir dans le foot.

Aimez-vous regarder le tennis ?

Foot comme tennis, c’est surtout le plaisir de jouer. Mais j’aime bien regarder Roland-Garros. Je m’y suis rendu souvent quand j’étais en activité, j’ai même assisté à des finales. D’une façon générale, le sport, je préfère le voir en vrai qu’à la télé. Et si possible assez proche du terrain, à la même hauteur que les joueurs. On se rend alors compte de la difficulté, des effets, de la vitesse, de la force de frappe, de la qualité de déplacements, des impacts, du bruit, de l’anticipation. À la télé ou en haut d’un stade, tout a l’air facile et simple.

"La simplicité, le fair-play, la classe et l’esthétique de Federer"

Vos idoles dans le tennis ?

Federer pour sa simplicité, son fair-play, sa classe, mais aussi le côté esthétique, fluide. Mon père et moi, on a toujours été attiré par le fait de bien faire les choses, mais que ce soit aussi esthétique et agréable.

Et Nadal ?

C’est moins mon style, mais au fil du temps, je l’ai de plus en plus aimé, lui aussi pour son exemplarité, et une autre forme de classe. C’est un exemple important pour les jeunes, très fair-play dans la victoire comme dans la défaite.

Vous auriez pu jouer contre lui à l’Open Super 12 d’Auray, en 1998…

Oui. Je crois que Nadal avait gagné le tournoi et moi, seul Breton issu des qualifications, j’avais été éliminé au premier tour. C’était juste avant que j’arrête le tennis pour me consacrer au foot.

"Aucun regret d’avoir choisi le foot"

Vous jouez au niveau régional aujourd’hui (R1). Cela vous plaît ?

Oui, c’est le championnat par équipes, j’aime la dimension collective. Chacun se dépouille pour apporter des points à l’équipe.

Vos adversaires ne sont pas trop intimidés ?

Je pense que cela a pu arriver, mais une fois que le match commence, c’est oublié, chacun fait de son mieux. C’est très sympa.

Pensez-vous que vous auriez pu faire carrière dans le tennis ?

Je ne sais pas. D’après plusieurs proches, j’avais plus d’aptitudes pour le tennis que pour le foot quand j’étais jeune. Est-ce vraiment révélateur ? Chacun évolue à son rythme. C’est difficile à dire.

Vous auriez aimé ?

Je ne me suis jamais posé la question. J’ai choisi le foot à l’instinct, pour la dimension collective et humaine, et je n’ai aucun regret.

Reprendrez-vous un jour une activité professionnelle ? Votre père (Christian) vous verrait bien prof de tennis…

Oui, il m’en a parlé. Je ne ferme la porte à rien. Et si je devais faire quelque chose, ce serait de toute façon en rapport avec le foot ou le tennis. Mais pour le moment, la priorité est complètement ma famille.

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Une grande place, toujours. Je joue au tennis (championnat régional par équipes avec le TC Larmor-Plage, il est classé 5/6), je fais de temps en temps des tournois dans le coin, j’essaie de m’entraîner une fois par semaine. Je fais du VTT, parfois avec mon père (Christian).LIRE AUSSI. Yoann Gourcuff : "Enfant, on m’a dit que j’avais plus d’aptitudes pour le tennis" (2/2)

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Et le football ?

Après l’arrêt de ma carrière (janvier 2019), je n’ai pas touché un ballon pendant plusieurs années. Là, je me remets à jouer dans le jardin avec mon fils. On fait des tirs, on alterne le rôle de gardien et d’attaquant. Je l’accompagne aussi à ses entraînements et à ses matches, dans le rôle du papa qui le voit grandir. Je veux surtout qu’il prenne du plaisir et s’amuse avec les copains.

La transition a-t-elle été brutale entre votre fin de carrière et votre nouvelle vie ?

Pas du tout. Cela s’est fait très naturellement. Je suis un passionné de foot, j’aimais le jeu, les entraînements, les matches, mais tout ce qu’il y avait autour et qui prenait de plus en plus d’importance, toute cette exposition, cela ne me plaisait pas. Ce n’était pas moi. Je suis quelqu’un de discret, pudique. Aujourd’hui, je suis très bien dans ma vie.

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Le contact avec le ballon ne vous a pas manqué ?

Non. Pourtant, quand j’étais gamin ou pro, il était indispensable, particulier. Mais je crois que j’ai compensé avec le tennis. C’est là que je suis allé chercher le plaisir et les sensations, tout en gardant la forme.

La plupart des footballeurs disent ressentir un vide juste après leur carrière…

Je peux le comprendre. Moi j’ai basculé tout de suite vers une nouvelle organisation avec ma famille. Au foot, on doit respecter des horaires, mais avec les enfants aussi. Et je suis bien dans ce cadre. (Il réfléchit) Ma fin de carrière, je l’ai très bien vécue. Je suis revenu à ce que je suis, je maîtrise les choses. Quitter le monde du foot m’a fait beaucoup de bien.

"Je regarde très peu de matches"

Avez-vous été tenté de poursuivre ailleurs, après votre dernière expérience à Dijon ?

J’ai eu des sollicitations pendant six mois, un an. Je continuais à m’entretenir car je n’avais pas fermé la porte. Finalement, les différents contacts n’ont pas abouti. Le cheminement a été naturel vers ma nouvelle vie.

Continuer de jouer au niveau amateur était une possibilité ?

Là aussi, j’ai été sollicité par quelques clubs du coin, comme Concarneau, ou des équipes de moindre niveau. Mais je craignais de ne plus prendre de plaisir à un niveau inférieur, notamment sur le plan technique. S’il y a plus de frustration que de plaisir, cela n’a pas d’intérêt pour moi. Et puis… j’ai beaucoup donné pour le foot, pendant toute ma vie. Quand on a été au bout, il faut savoir passer à autre chose. Il n’y a pas que ça dans la vie.

Vous avez toujours aimé parler de foot. Avez-vous été sollicité pour être consultant TV ?

Oui. Pour l’instant, je n’ai pas franchi le pas. Mais je ne ferme pas la porte. On verra.

Quel est votre rapport au foot aujourd’hui ?

Je regarde très peu de matches depuis que j’ai arrêté. J’ai toujours préféré jouer, être acteur, que spectateur. Je regarde néanmoins quelques rencontres de Ligue des champions avec mes copains d’enfance, pour partager un bon moment mais aussi parce que cette compétition a une atmosphère spéciale. Je suis aussi l’actualité des clubs que j’apprécie et par lesquels je suis passé : Lorient, Rennes, Milan, Bordeaux, Lyon, Dijon.

Vous rendez-vous encore au stade ?

Pendant des années, non. Mais là, mon fils commence à être passionné et demandeur. Alors je l’accompagne. Nous sommes allés voir deux fois Lorient cette saison. Et je compte l’emmener de temps en temps au Roazhon Park, à Rennes, quand on en aura l’occasion.

Le Stade Rennais, c’est un club qui vous est resté cher ?

Forcément, j’y ai été formé. Si j’ai pu faire carrière, c’est grâce à la formation rennaise, à mes équipiers, mes éducateurs. J’y ai vécu beaucoup de beaux moments. Depuis plusieurs années, le club me fait bonne impression. L’équipe est plaisante, cherche à jouer au ballon, il y a de bons joueurs. Là, elle est dans une passe un peu plus difficile mais cela arrive à tous les clubs, c’est normal.

"À Bordeaux, on sentait tous le même foot"

Le summum de votre carrière reste les Girondins de Bordeaux ?

Oui. Deux saisons très intenses (2008-2010, un titre de champion de France en 2009), avec beaucoup de plaisir, de bonheur, de réussite, d’épanouissement avec les autres joueurs. Il n’y avait pas de stars, mais des garçons intelligents, matures, avec une vraie réflexion sur le jeu. Cela s’est aussi très bien passé avec le coach et son staff (Laurent Blanc, Jean-Louis Gasset, etc.). On sentait tous le même foot. Il y avait vraiment une harmonie, aussi avec le public et la ville. J’habitais dans le centre, j’ai senti l’engouement monter. C’était hyper positif. Je mesure ma chance, car je suis conscient que c’est rare de vivre cela dans une carrière.

Des équipes, joueurs, entraîneurs vous ont récemment plu ?

J’aime bien le City de Guardiola, mais je préférais le Barça de son époque. Avec Xavi et Iniesta, deux joueurs que j’adorais, qui respiraient l’humilité, le partage, le fair-play, le respect des équipiers, de l’adversaire, de l’arbitrage… Un peu dans le même registre, j’ai toujours aimé Modric. Ce sont des joueurs qui se dépassent pour faire plaisir à leurs équipiers. C’est devenu plus rare. Je suis sensible à cela.

Avez-vous encore des amis dans le foot ?

Oui. Jérémy Toulalan, Benoît Costil, Étienne Didot, Arnaud Le Lan, Jimmy Briand… Jimmy est venu la semaine dernière à la maison car il était de passage à Lorient. On ne se voit pas tous les jours, chacun est pris dans son quotidien. Mais on s’apprécie beaucoup.

Devenir entraîneur, intégrer un staff, cela vous dirait ?

S’il y a des opportunités quand mes enfants auront grandi, pourquoi pas. Il faudra un contexte favorable, des gens avec qui je partage des mêmes valeurs et une même sensibilité foot. Dirigeant ? Non, moi ce serait le terrain et la transmission.

Si votre fils montre des aptitudes, vous l’encouragerez vers le haut niveau ?

Je le laisserai libre de ce qu’il a envie de faire. S’il aime ça, tant mieux, je pourrai lui donner quelques conseils. Mais il est encore jeune pour se projeter. Qu’il s’amuse déjà avec ses copains, garde son insouciance et on verra plus tard. Le plaisir doit rester la base du foot.

Votre autre grande passion est le tennis. D’où vous vient-elle ?

Foot comme tennis sont des sports qui me procurent du plaisir, une notion primordiale. Depuis tout petit, j’ai toujours été attiré par les balles et les ballons : le rapport à la sphère, la maîtriser, se sentir en harmonie avec elle, le côté esthétique… J’aimais aussi le ping-pong, le basket, le hand, mais je me suis orienté vers le foot et le tennis, car mon père en faisait.

Ce sont deux sports très différents ?

Oui, mais complémentaires. Faire du tennis pendant les coupures, c’est très intéressant pour un footballeur, et vice versa. Au niveau de la coordination, la motricité, l’anticipation, le placement par rapport à la balle, la notion de trajectoire… Le tennis est un sport complet, qui sollicite le haut et le bas du corps.

"À 12 ans, il a fallu faire un choix"

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Tant que je pouvais, j’ai pratiqué les deux. J’avais des semaines bien chargées. Tous les jours, entraînement de foot ou de tennis, match de foot le samedi, match de tennis le dimanche… À 12 ans, il a fallu faire un choix. Soit je rentrais au centre de préformation de foot de Ploufragan, soit au pôle de Poitiers au tennis.

Et ?

La dimension collective du foot a pesé. Mes amis d’enfance, ils viennent plus du foot. Partager le ballon avec mes potes, cela m’a poussé vers le foot. Au tennis, on est souvent tout seul. Et puis les places sont chères. Il y a très peu d’élus et il paraît que cela devient plus difficile quand on est au-delà de la 150e place mondiale. Je pense que c’est plus facile de réussir dans le foot.

Aimez-vous regarder le tennis ?

Foot comme tennis, c’est surtout le plaisir de jouer. Mais j’aime bien regarder Roland-Garros. Je m’y suis rendu souvent quand j’étais en activité, j’ai même assisté à des finales. D’une façon générale, le sport, je préfère le voir en vrai qu’à la télé. Et si possible assez proche du terrain, à la même hauteur que les joueurs. On se rend alors compte de la difficulté, des effets, de la vitesse, de la force de frappe, de la qualité de déplacements, des impacts, du bruit, de l’anticipation. À la télé ou en haut d’un stade, tout a l’air facile et simple.

"La simplicité, le fair-play, la classe et l’esthétique de Federer"

Vos idoles dans le tennis ?

Federer pour sa simplicité, son fair-play, sa classe, mais aussi le côté esthétique, fluide. Mon père et moi, on a toujours été attiré par le fait de bien faire les choses, mais que ce soit aussi esthétique et agréable.

Et Nadal ?

C’est moins mon style, mais au fil du temps, je l’ai de plus en plus aimé, lui aussi pour son exemplarité, et une autre forme de classe. C’est un exemple important pour les jeunes, très fair-play dans la victoire comme dans la défaite.

Vous auriez pu jouer contre lui à l’Open Super 12 d’Auray, en 1998…

Oui. Je crois que Nadal avait gagné le tournoi et moi, seul Breton issu des qualifications, j’avais été éliminé au premier tour. C’était juste avant que j’arrête le tennis pour me consacrer au foot.

"Aucun regret d’avoir choisi le foot"

Vous jouez au niveau régional aujourd’hui (R1). Cela vous plaît ?

Oui, c’est le championnat par équipes, j’aime la dimension collective. Chacun se dépouille pour apporter des points à l’équipe.

Vos adversaires ne sont pas trop intimidés ?

Je pense que cela a pu arriver, mais une fois que le match commence, c’est oublié, chacun fait de son mieux. C’est très sympa.

Pensez-vous que vous auriez pu faire carrière dans le tennis ?

Je ne sais pas. D’après plusieurs proches, j’avais plus d’aptitudes pour le tennis que pour le foot quand j’étais jeune. Est-ce vraiment révélateur ? Chacun évolue à son rythme. C’est difficile à dire.

Vous auriez aimé ?

Je ne me suis jamais posé la question. J’ai choisi le foot à l’instinct, pour la dimension collective et humaine, et je n’ai aucun regret.

Reprendrez-vous un jour une activité professionnelle ? Votre père (Christian) vous verrait bien prof de tennis…

Oui, il m’en a parlé. Je ne ferme la porte à rien. Et si je devais faire quelque chose, ce serait de toute façon en rapport avec le foot ou le tennis. Mais pour le moment, la priorité est complètement ma famille.

S.G.S.B.

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