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Le huis clos, nouvelle "maladie" du sport pro

Réservé cet été à la Ligue des champions de football, le huis clos s’étend désormais aux autres sports professionnels. Entre perte de légitimité du sportif et baisse de motivation, comment bien jouer devant des tribunes vides ?
DS 0163Un stade en fusion. Une bronca pas possible à chaque possession de l’équipe adverse. Des chants qui montent des tribunes et qui vous "mettent les poils". Un joueur au regard extatique qui se tourne vers les tribunes en se tapant le poing sur le cœur… Tout ça n’existe plus autour des terrains aujourd’hui. La faute à cet insupportable huis clos, mal nécessaire pour aller mieux, mais qui rend malade le sport professionnel en France.

"On joue pour jouer devant un stade plein"
"J’aime ça, les atmosphères qui se dégagent des matchs. J’en fais une force, je joue avec ça. Tout footballeur joue pour jouer dans un stade plein. Face à Monaco, s’il y a zéro spectateur, on ne gagne peut-être pas. Le football sans spectateur, c’est un crève-cœur", pointe le gardien du Stade Brestois Gautier Larsonneur.

À une semaine et demie de jouer un premier match à huis clos à La Rabine contre Perpignan, le pilier du Rugby Club de Vannes Blaise Dumas est tout aussi circonspect. "Ça nous chiffonne qu’il n’y ait pas notre public, c’est quand même notre 16e homme, qui sait nous pousser dans les moments durs pour nous et qui nous redonne le moral quand on a ces coups de mou".

Plus le héros qui entre dans l’arène
Ancien triathlète, préparateur mental pour l’équipe du Quimper Volley depuis sept saisons et pour celle de basket des Béliers de Kemper depuis cette année, Ronan Salaün détaille les conséquences imposées par le huis clos.

"Chaque sportif vit cette situation de façon différente, mais il y a quand même un aspect général que je peux ainsi résumer : sans public, le sport, qui est un très puissant secteur d’émotions, perd de son sens et le sportif sa légitimité car il n’assume plus son rôle de conducteur d’émotions, il n’est plus le héros qui entre dans l’arène pour faire plaisir à son public en jouant un rôle social important avec son environnement".

Baisse de motivation
Le corollaire immédiat, c’est la baisse de motivation. "J’ai clairement remarqué que la motivation était amenuisée chez les sportifs qui jouent à huis clos. Ils ne sont plus sublimés par leurs supporters et il n’y a plus de différence pour eux entre un match et un entraînement, voire une rencontre à l’extérieur", complète Ronan Salaün.

"Quand on voit le public arriver au fur et à mesure lors de l’échauffement, ça met en condition. Toute cette ambiance-là fait que tu te concentres pour offrir aux spectateurs un spectacle, ça motive forcément. C’est un inconvénient de n’avoir personne dans les tribunes, l’équipe à domicile peut moins se transcender", confirme la handballeuse du Brest BH Pauline Coatanéa. "Les joueuses ont besoin d’être portées, sublimées par des gens qui les soutiennent, l’ambiance fait partie d’une espèce de conditionnement chez les joueuses, même si elles sont professionnelles. Il y a un partage de l’émotion, c’est pour ça qu’on fait du sport", renchérit son entraîneur Laurent Bezeau.

Gautier Larsonneur a également remarqué que "l’aspect sensoriel joue beaucoup. Quand tu entends crier, applaudir, c’est important, ça met plus d’intensité".

Et sur un plan purement comptable, sans parler des recettes en moins et d’une perte sèche, une équipe qui se produit à domicile sans public aurait de moins bons résultats. "J’ai lu une étude sur le foot qui montre que les équipes à domicile à huis clos gagnent moins et produisent moins d’actions, moins de tirs cadrés moins de dribbles etc. Sans oublier le poids conscient ou inconscient des supporters sur le corps arbitral", livre Ronan Salaün.

Comment faire abstraction ?
Comment faire abstraction d’un tel contexte ? "Il faut se recentrer sur soi-même, s’accrocher à autre chose comme sa prestation personnelle et la cohésion collective", estime l’entraîneur du Quimper Volley Martin Hroch. Pour le premier match à huis clos que son équipe a disputé samedi dernier, il n’a d’ailleurs rien changé de particulier à la préparation de cette rencontre. "Ça n’a pas été dérangeant dans notre façon de jouer, mais c’est un élément à surveiller si ça le devient pour les joueuses".

Le rugbyman vannetais Blaise Dumas est raccord. "Pour notre match à huis clos du 19 novembre, on ne va pas changer notre mode de fonctionnement. Tout le monde sait ce qu’il a à faire sur un terrain. Ça reste particulier et ça fait bizarre mais ça ne change rien dans notre préparation. Il faut simplement se dire que c’est pour avoir des jours meilleurs avec nos supporters".

"Il faut être plus fort mentalement quand les supporters sont absents. Mais il n’y a rien de mieux qu’un public en feu pour faire basculer un match serré", avoue le basketteur des Béliers de Kemper Bathiste Tchouaffé.

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"J’aime ça, les atmosphères qui se dégagent des matchs. J’en fais une force, je joue avec ça. Tout footballeur joue pour jouer dans un stade plein. Face à Monaco, s’il y a zéro spectateur, on ne gagne peut-être pas. Le football sans spectateur, c’est un crève-cœur", pointe le gardien du Stade Brestois Gautier Larsonneur.

À une semaine et demie de jouer un premier match à huis clos à La Rabine contre Perpignan, le pilier du Rugby Club de Vannes Blaise Dumas est tout aussi circonspect. "Ça nous chiffonne qu’il n’y ait pas notre public, c’est quand même notre 16e homme, qui sait nous pousser dans les moments durs pour nous et qui nous redonne le moral quand on a ces coups de mou".

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Ancien triathlète, préparateur mental pour l’équipe du Quimper Volley depuis sept saisons et pour celle de basket des Béliers de Kemper depuis cette année, Ronan Salaün détaille les conséquences imposées par le huis clos.

"Chaque sportif vit cette situation de façon différente, mais il y a quand même un aspect général que je peux ainsi résumer : sans public, le sport, qui est un très puissant secteur d’émotions, perd de son sens et le sportif sa légitimité car il n’assume plus son rôle de conducteur d’émotions, il n’est plus le héros qui entre dans l’arène pour faire plaisir à son public en jouant un rôle social important avec son environnement".

Baisse de motivation
Le corollaire immédiat, c’est la baisse de motivation. "J’ai clairement remarqué que la motivation était amenuisée chez les sportifs qui jouent à huis clos. Ils ne sont plus sublimés par leurs supporters et il n’y a plus de différence pour eux entre un match et un entraînement, voire une rencontre à l’extérieur", complète Ronan Salaün.

"Quand on voit le public arriver au fur et à mesure lors de l’échauffement, ça met en condition. Toute cette ambiance-là fait que tu te concentres pour offrir aux spectateurs un spectacle, ça motive forcément. C’est un inconvénient de n’avoir personne dans les tribunes, l’équipe à domicile peut moins se transcender", confirme la handballeuse du Brest BH Pauline Coatanéa. "Les joueuses ont besoin d’être portées, sublimées par des gens qui les soutiennent, l’ambiance fait partie d’une espèce de conditionnement chez les joueuses, même si elles sont professionnelles. Il y a un partage de l’émotion, c’est pour ça qu’on fait du sport", renchérit son entraîneur Laurent Bezeau.

Gautier Larsonneur a également remarqué que "l’aspect sensoriel joue beaucoup. Quand tu entends crier, applaudir, c’est important, ça met plus d’intensité".

Et sur un plan purement comptable, sans parler des recettes en moins et d’une perte sèche, une équipe qui se produit à domicile sans public aurait de moins bons résultats. "J’ai lu une étude sur le foot qui montre que les équipes à domicile à huis clos gagnent moins et produisent moins d’actions, moins de tirs cadrés moins de dribbles etc. Sans oublier le poids conscient ou inconscient des supporters sur le corps arbitral", livre Ronan Salaün.

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Comment faire abstraction d’un tel contexte ? "Il faut se recentrer sur soi-même, s’accrocher à autre chose comme sa prestation personnelle et la cohésion collective", estime l’entraîneur du Quimper Volley Martin Hroch. Pour le premier match à huis clos que son équipe a disputé samedi dernier, il n’a d’ailleurs rien changé de particulier à la préparation de cette rencontre. "Ça n’a pas été dérangeant dans notre façon de jouer, mais c’est un élément à surveiller si ça le devient pour les joueuses".

Le rugbyman vannetais Blaise Dumas est raccord. "Pour notre match à huis clos du 19 novembre, on ne va pas changer notre mode de fonctionnement. Tout le monde sait ce qu’il a à faire sur un terrain. Ça reste particulier et ça fait bizarre mais ça ne change rien dans notre préparation. Il faut simplement se dire que c’est pour avoir des jours meilleurs avec nos supporters".

"Il faut être plus fort mentalement quand les supporters sont absents. Mais il n’y a rien de mieux qu’un public en feu pour faire basculer un match serré", avoue le basketteur des Béliers de Kemper Bathiste Tchouaffé.

S.G.S.B.

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