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Un tarot et un verre de rouge la veille des matches

Formé au Stade Rennais, l’ex-milieu de terrain Fabien Lemoine (37 ans), qui a aussi joué six saisons à Saint-Étienne et cinq chez les Merlus, a mis un terme à sa carrière en 2023, et est resté vivre au bord de l’océan à côté de Lorient. Le Breton livre ses anecdotes et souvenirs de sa riche carrière en toute légèreté.

Un tarot et un verre de rouge la veille des matches

Ancien milieu de terrain du Stade Rennais, où il a été formé, de l’AS Saint-Étienne et du FC Lorient, Fabien Lemoine (37 ans) a pris sa retraite en 2023, après une dernière pige à Versailles (National). Aujourd’hui toujours installé à côté Lorient, le Breton ressort la boîte à souvenirs de sa riche carrière.

Quel est votre match le plus marquant ?

Mon premier en Ligue 1 avec Rennes, contre Marseille (13 janvier 2008, 3-1), cela reste quelque chose de spécial. Avec Lorient, il y a un souvenir global avec la montée en Ligue 1 (2019-2020). Et si je dois retenir un match en particulier, c’est celui du maintien à Strasbourg lors de la dernière journée (1-1, mai 2021). On était revenu du fond cette année-là, on n’avait que 12 points à la trêve, et on fait une phase retour phénoménal.

Pagis, c’était la grande classe, Verratti, c’était un cauchemar, injouable le mec

Votre pire souvenir ?

La défaite en finale de Coupe de France avec Rennes (contre Guingamp, 1-2, mai 2009). C’est mon seul gros regret. L’autre, sur une saison complète, c’est la première année à Lorient (2017-2018), où on avait une équipe pour monter, mais les planètes ne se sont pas alignées. On avait fait une mauvaise saison par rapport à notre effectif. C’était une année gâchée.

Le coéquipier le plus fort que vous avez côtoyé ?

Mickaël Pagis. À ce moment-là, je démarrais à Rennes. Quand j’étais en galère, je lui mettais le ballon, et qu’on lui vise les genoux, la hanche, la poitrine, il arrivait à la conserver. Du coup, ton mauvais ballon ne passait pas pour une mauvaise passe auprès des gens (sourire). Je me suis régalé avec ce joueur. C’était simple, il fluidifiait le jeu. J’aime ce profil de joueur d’instinct. En confiance, c’était la grande classe.

Le joueur le plus fort que vous avez affronté ?

Dans ma zone, c’est Marco Verratti. Le mec était injouable, c’était impossible de lui prendre le ballon. Surtout au Parc des Princes, c’était un cauchemar. Ce n’était même pas un temps d’avance qu’il prenait sur toi, c’était plus que ça. C’était une vraie sangsue, il ne paniquait jamais, et il fallait faire le bon geste au bon moment pour espérer s’en sortir.

Un entraîneur marquant ?

Christophe Galtier, forcément, j’ai fait six ans avec lui à Saint-Étienne. Ensuite, Guy Lacombe, qui m’a lancé à Rennes, alors qu’il y avait de la concurrence devant moi. Il a eu le cran alors qu’il y avait des Didot, Cheyrou. C’était couillu.

Le joueur le plus drôle ?

Umut Bozok. Quand on était lancé tous les deux, on n’arrivait pas à s’arrêter. On était dans le même délire.

Galtier, je ne l’avais jamais vu comme ça. La cafetière avait volé dans le vestiaire

Votre plus grosse prise de bec ?

Ce n’est pas forcément moi, mais plutôt une altercation entre l’équipe et l’entraîneur. Lors d’un Auxerre - Saint-Étienne (février 2012, 0-0), Christophe Galtier avait pété un plomb à la mi-temps. Il ne ressentait pas d’envie sur le terrain. C’est surtout les attaquants et les milieux qui avaient dû prendre dans la tronche. C’était très tendu. Je ne l’avais jamais vu comme ça. Tout volait sur la table, notamment la cafetière, et un joueur avait pris du café sur lui. Le café n’était pas chaud, ça allait (sourire).

Une anecdote marquante ?

À Saint-Étienne, on avait un rituel la veille des matches, on prenait un verre de rouge en jouant au tarot, avec Jérémy Clément, Loic Perrin, Laurent Batlles, Jean-Pascal Mignot. Un jour, on s’était fait griller à cause du bouchon qui était resté dans la poubelle. On était pourtant précautionneux… Et on avait gagné le lendemain à Dijon, donc ça marchait bien, on faisait souvent des bons matches. Mais ce jour-là, on avait pris une soufflante. Il faut dire que certains avaient aussi mangé McDo, il y avait des paquets de bonbons, tout était étalé sur la table. Donc hygiène de vie catastrophique…

Un rituel d’avant-match ?

Je n’en ai pas vraiment, si ce n’est que je jouais avec les quatre-cinq mêmes caleçons dans la saison.

Votre plus grosse fête d’après-match ?

Au retour de Strasbourg après le maintien avec Lorient, c’était très bien. Même si le trajet retour casse un peu l’ambiance. Mais je vais retenir l’après victoire en Coupe de la Ligue avec Saint-Étienne (contre Rennes en 2013), dans l’avion et à l’aéroport, il n’y avait plus de filtres. Il n’y a plus de président, de coach, de joueurs, tout le monde tutoyait tout le monde, c’était spécial. On se permettait des choses, certains avaient pris le micro dans l’avion. En rentrant à Saint-Étienne, on avait fini vers 9 heures du matin.

J’avais fait ma photo officielle à Évian, avant de rejoindre Saint-Étienne le lendemain

Le club où vous avez failli signer ?

Il y en a deux : Lorient en 2016, un an avant mon arrivée, mais Saint-Étienne ne m’avait pas lâché. Et celui où j’aurais vraiment dû signer, c’est Évian, en prêt, l’année où je signe à Saint-Etienne (2011). J’étais à Évian, au club, j’avais fait ma photo officielle avec le maillot, numéro 12, j’avais dîné avec le coach Casoni, le président et Pascal Dupraz, le directeur sportif. J’avais fait ma visite médicale le dimanche, et je devais signer le lundi matin. En sachant ça, Saint-Étienne, qui m’appréciait, était passé à l’action dans la nuit de dimanche à lundi. Je n’avais pas dormi de la nuit, j’étais en négociations avec les Verts jusqu’à 7 heures du matin. Dans la foulée, j’ai pris la direction de Saint-Étienne pour signer. Evian n’était pas content, c’était compréhensible, mais c’était un rêve de jouer à Saint-Étienne.

La chose que vous appréciez le plus depuis que vous avez quitté le monde du foot ?

D’avoir des week-ends ! Et encore, si j’avais pu jouer jusqu’à 60 ans, je l’aurais fait parce que j’adorais trop ça. Mais c’est sûrement mon vendredi soir que j’apprécie le plus, parce qu’on peut recevoir des amis, et j’adore la convivialité. On peut prendre un verre de vin, c’est agréable.

Votre coin préféré en Bretagne ?

Chez nous, ici (à côté de Lorient). J’adore le petit port de Lomener (Ploemeur). Il y a plein de choses, tu peux boire un café, un verre à n’importe quelle heure. Le soir, il y a un peu d’ambiance, des groupes de musique, etc. C’est un endroit bien vivant.

Sa vie aujourd’hui
Fabien Lemoine réside toujours dans une commune côtière à côté de Lorient. « Je suis sur un projet de reconversion, qui n’est pas dans le foot », assure-t-il. L’ancien milieu s’adonne également « au padel, je fais quelques tournois. Je gère aussi la location d’une maison sur Ploemeur. Je m’occupe des sorties, du ménage, du travail de conciergerie. Cela me prend pas mal de temps. »

Fabien Lemoine en bref
Parcours professionnel : Stade Rennais (2007-2011), AS Saint-Étienne (2011-2017), FC Lorient (2017-2022), Versailles (2022-2023). 519 matches pros, dont 30 de Coupes d’Europe.

Palmarès : Coupe de la Ligue (2013), championnat de Ligue 2 (2020).

1 sélection en équipe de France Espoirs (2008)

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Un tarot et un verre de rouge la veille des matches

Ancien milieu de terrain du Stade Rennais, où il a été formé, de l’AS Saint-Étienne et du FC Lorient, Fabien Lemoine (37 ans) a pris sa retraite en 2023, après une dernière pige à Versailles (National). Aujourd’hui toujours installé à côté Lorient, le Breton ressort la boîte à souvenirs de sa riche carrière.

Quel est votre match le plus marquant ?

Mon premier en Ligue 1 avec Rennes, contre Marseille (13 janvier 2008, 3-1), cela reste quelque chose de spécial. Avec Lorient, il y a un souvenir global avec la montée en Ligue 1 (2019-2020). Et si je dois retenir un match en particulier, c’est celui du maintien à Strasbourg lors de la dernière journée (1-1, mai 2021). On était revenu du fond cette année-là, on n’avait que 12 points à la trêve, et on fait une phase retour phénoménal.

Pagis, c’était la grande classe, Verratti, c’était un cauchemar, injouable le mec

Votre pire souvenir ?

La défaite en finale de Coupe de France avec Rennes (contre Guingamp, 1-2, mai 2009). C’est mon seul gros regret. L’autre, sur une saison complète, c’est la première année à Lorient (2017-2018), où on avait une équipe pour monter, mais les planètes ne se sont pas alignées. On avait fait une mauvaise saison par rapport à notre effectif. C’était une année gâchée.

Le coéquipier le plus fort que vous avez côtoyé ?

Mickaël Pagis. À ce moment-là, je démarrais à Rennes. Quand j’étais en galère, je lui mettais le ballon, et qu’on lui vise les genoux, la hanche, la poitrine, il arrivait à la conserver. Du coup, ton mauvais ballon ne passait pas pour une mauvaise passe auprès des gens (sourire). Je me suis régalé avec ce joueur. C’était simple, il fluidifiait le jeu. J’aime ce profil de joueur d’instinct. En confiance, c’était la grande classe.

Le joueur le plus fort que vous avez affronté ?

Dans ma zone, c’est Marco Verratti. Le mec était injouable, c’était impossible de lui prendre le ballon. Surtout au Parc des Princes, c’était un cauchemar. Ce n’était même pas un temps d’avance qu’il prenait sur toi, c’était plus que ça. C’était une vraie sangsue, il ne paniquait jamais, et il fallait faire le bon geste au bon moment pour espérer s’en sortir.

Un entraîneur marquant ?

Christophe Galtier, forcément, j’ai fait six ans avec lui à Saint-Étienne. Ensuite, Guy Lacombe, qui m’a lancé à Rennes, alors qu’il y avait de la concurrence devant moi. Il a eu le cran alors qu’il y avait des Didot, Cheyrou. C’était couillu.

Le joueur le plus drôle ?

Umut Bozok. Quand on était lancé tous les deux, on n’arrivait pas à s’arrêter. On était dans le même délire.

Galtier, je ne l’avais jamais vu comme ça. La cafetière avait volé dans le vestiaire

Votre plus grosse prise de bec ?

Ce n’est pas forcément moi, mais plutôt une altercation entre l’équipe et l’entraîneur. Lors d’un Auxerre - Saint-Étienne (février 2012, 0-0), Christophe Galtier avait pété un plomb à la mi-temps. Il ne ressentait pas d’envie sur le terrain. C’est surtout les attaquants et les milieux qui avaient dû prendre dans la tronche. C’était très tendu. Je ne l’avais jamais vu comme ça. Tout volait sur la table, notamment la cafetière, et un joueur avait pris du café sur lui. Le café n’était pas chaud, ça allait (sourire).

Une anecdote marquante ?

À Saint-Étienne, on avait un rituel la veille des matches, on prenait un verre de rouge en jouant au tarot, avec Jérémy Clément, Loic Perrin, Laurent Batlles, Jean-Pascal Mignot. Un jour, on s’était fait griller à cause du bouchon qui était resté dans la poubelle. On était pourtant précautionneux… Et on avait gagné le lendemain à Dijon, donc ça marchait bien, on faisait souvent des bons matches. Mais ce jour-là, on avait pris une soufflante. Il faut dire que certains avaient aussi mangé McDo, il y avait des paquets de bonbons, tout était étalé sur la table. Donc hygiène de vie catastrophique…

Un rituel d’avant-match ?

Je n’en ai pas vraiment, si ce n’est que je jouais avec les quatre-cinq mêmes caleçons dans la saison.

Votre plus grosse fête d’après-match ?

Au retour de Strasbourg après le maintien avec Lorient, c’était très bien. Même si le trajet retour casse un peu l’ambiance. Mais je vais retenir l’après victoire en Coupe de la Ligue avec Saint-Étienne (contre Rennes en 2013), dans l’avion et à l’aéroport, il n’y avait plus de filtres. Il n’y a plus de président, de coach, de joueurs, tout le monde tutoyait tout le monde, c’était spécial. On se permettait des choses, certains avaient pris le micro dans l’avion. En rentrant à Saint-Étienne, on avait fini vers 9 heures du matin.

J’avais fait ma photo officielle à Évian, avant de rejoindre Saint-Étienne le lendemain

Le club où vous avez failli signer ?

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La chose que vous appréciez le plus depuis que vous avez quitté le monde du foot ?

D’avoir des week-ends ! Et encore, si j’avais pu jouer jusqu’à 60 ans, je l’aurais fait parce que j’adorais trop ça. Mais c’est sûrement mon vendredi soir que j’apprécie le plus, parce qu’on peut recevoir des amis, et j’adore la convivialité. On peut prendre un verre de vin, c’est agréable.

Votre coin préféré en Bretagne ?

Chez nous, ici (à côté de Lorient). J’adore le petit port de Lomener (Ploemeur). Il y a plein de choses, tu peux boire un café, un verre à n’importe quelle heure. Le soir, il y a un peu d’ambiance, des groupes de musique, etc. C’est un endroit bien vivant.

Sa vie aujourd’hui
Fabien Lemoine réside toujours dans une commune côtière à côté de Lorient. « Je suis sur un projet de reconversion, qui n’est pas dans le foot », assure-t-il. L’ancien milieu s’adonne également « au padel, je fais quelques tournois. Je gère aussi la location d’une maison sur Ploemeur. Je m’occupe des sorties, du ménage, du travail de conciergerie. Cela me prend pas mal de temps. »

Fabien Lemoine en bref
Parcours professionnel : Stade Rennais (2007-2011), AS Saint-Étienne (2011-2017), FC Lorient (2017-2022), Versailles (2022-2023). 519 matches pros, dont 30 de Coupes d’Europe.

Palmarès : Coupe de la Ligue (2013), championnat de Ligue 2 (2020).

1 sélection en équipe de France Espoirs (2008)

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