L' accord de distribution de la chaîne Téléfoot et de co-diffusion de la Ligue des champions permet à Mediapro de ne pas régler de droits pour la Coupe d'Europe... Mais lui rapporte aussi très peu d'argent cette saison.
Mediapro n'a pas réglé le groupe Altice pour avoir le droit de co-diffuser, cette saison, la Ligue des champions et de la Ligue Europa. Mais cela n'a rien à voir avec le gel des paiements des droits de la Ligue 1 et de la Ligue 2 que le groupe audiovisuel sino-espagnol inflige depuis octobre dernier à la Ligue de football professionnel (LFP), espérant obtenir via une procédure de conciliation auprès du tribunal de Commerce, un rabais sur le montant de la facture due pour cette saison (830 M€).
Cette fois, Jaume Roures, le patron du groupe, ne fait que respecter le contrat conclu en juillet dernier avec le groupe Altice, la maison-mère de SFR et de RMC Sport. En effet, selon nos informations, Altice n'a pas réclamé d'argent à Mediapro pour partager la diffusion de ses compétitions européennes, qu'il règle 350 M€ par saison à l'UEFA pour la période 2018-2021. Le groupe de Patrick Drahi a trouvé une autre formule...
En juillet dernier, lors de la signature du contrat de quatre ans, Mediapro - qui lançait sa chaîne Téléfoot un mois plus tard - devait à la fois enrichir sa grille en semaine pour compléter son offre Ligue 1-Ligue 2 du week-end (huit matches par journée de chaque Championnat), et débloquer un premier accord de distribution avec un opérateur pour appâter le chaland et inciter les autres (Bouygues, Free, Orange) à suivre... D'autant que les discussions avec Canal+ étaient au point mort et qu'on s'inquiétait déjà de leur rentabilité et de leur visibilité.
environ 200 000 abonnés à Téléfoot viendraient de SFR
Il a alors été décidé que pour la première saison, l'opérateur SFR ne réglerait aucun minimum garanti à Mediapro et, surtout, récupérerait l'intégralité du montant des abonnements à l'offre couplée RMC Sport-Téléfoot générés lors de cette première année de collaboration avec le nouvel acteur. En contrepartie, Mediapro a obtenu cette précieuse co-diffusion de la Ligue des champions et de la Ligue Europa nécessaire pour booster son lancement et la campagne promotionnelle l'accompagnant.
Mais, problème pour Mediapro, environ 200 000 des 600 000 abonnés à Téléfoot annoncés par la chaîne aujourd'hui proviendraient de SFR. Et en large majorité de la fameuse offre couplée que SFR a logiquement mise en avant sur son site et dans ses campagnes de pub en la bradant, à la rentrée, à 19,90 € par mois. Des ventes flash à ce tarif étaient d'ailleurs encore organisées ces dernières semaines. Si les chiffres n'emballent ni l'opérateur ni Mediapro, qui s'attendaient tous deux à mieux, environ un tiers du parc d'abonnés à Téléfoot proviendrait donc de SFR, soit pratiquement autant de revenus potentiels qui n'entreraient pas dans les caisses de Mediapro depuis son lancement.
Une raison supplémentaire pour réclamer une ristourne auprès de la LFP sur le premier exercice. À compter de la saison prochaine, Altice ne détenant plus les droits de la Ligue des champions et de la Ligue Europa, l'accord prévoit en effet cette fois un système de partage de revenus classique entre l'opérateur et le diffuseur. SFR devra alors rétrocéder à Mediapro un important pourcentage du revenu de chaque abonnement généré par son biais. Mais ce second pan de l'accord s'activera seulement à l'été 2021... Mediapro sera-t-il toujours présent sur le marché français à ce moment-là ?
Avec le non-respect par Mediapro de l'échéance due au 5 décembre, après celle d'octobre (172,3 millions d'euros) déjà impayée par le diffuseur espagnol, le manque à gagner pour la Ligue de football professionnel (LFP) approche les 350 millions d'euros... Certes, les clubs ont reçu une avance en octobre pour compenser leurs manques en droits TV, via un emprunt de la Ligue. Mais il faudra rembourser ce prêt dès le mois de février 2021, selon l'échéancier validé en assemblée générale.
Avez-vous l’impression de revivre chaque fois le même match ?
A ceux qui l’accusaient de s’être couché devant Vincent Bolloré, patron du groupe Canal+, en ne signant pas le communiqué réalisé par les journalistes et consultants de la chaîne cryptée suite au limogeage express de Sébastien Thoen, Stéphane Guy a prouvé qu’il était un esprit libre et capable de frapper encore plus fort. Et c’est en direct à l’antenne de Canal+ que le journaliste a montré qu’il avait le courage d’assumer sa position. Alors que Montpellier et le Paris Saint-Germain s’apprêtaient à donner le coup d’envoi de la seconde période du match de samedi soir, le journaliste a mis les pieds dans le plat, avec à ses côtés Habib Beye, qui a lui signé le fameux communiqué de soutient au comique viré pour avoir fait un sketch avec Julien Cazarre se moquant de Pascal Praud et l’Heure des Pros. Une émission de Cnews, autre chaîne de Vincent Bolloré.
Le foot français en mal de trésorerie. Réunis jeudi en assemblée générale après le non-paiement des droits TV par Mediapro, les clubs de L1 craignent de vivre "à crédit", entre incertitudes sur la capacité de la Ligue à emprunter et possibles reports de salaires. Avec le non-respect de l’échéance due au 5 décembre, après celle d’octobre (172,3 M €) déjà impayée par le diffuseur espagnol, le manque à gagner pour la Ligue de football professionnel (LFP) approche les 350 millions d’euros…
Les deux entreprises sont en place ! Après l’annonce du non-paiement de Mediapro des droits TV (172,3 M€ le 5 octobre et 172 M€ le 5 décembre) de la Ligue 1 et de la Ligue 2, la LFP a rapidement fait le tour du marché pour sonder les autres diffuseurs. Deux entreprises ont pris les devants : Canal+ et BeIn Sports. Longtemps ennemis, les deux chaînes sont aujourd’hui liées par un contrat de distribution et détiennent 80% de l’offre sportive en France.
Les dirigeants de la Ligue de Football Professionnel et des clubs de Ligue 1 et Ligue 2 ont entouré en rouge la date du vendredi 5 décembre, puisque c’est ce jour-là que Marc Sénéchal, conciliateur nommé par le tribunal de commerce de Nanterre doit rendre le fruit de son travail concernant le dossier Mediapro. Et à 48 heures de ce rendez-vous, rien n’indique qu’entre le détenteur de l’essentiel des droits TV de la L1 et de la L2 jusqu’en 2024 et la LFP un accord amiable est possible, sachant que Jaume Roures n’a pas payé l’échéance d’octobre et qu’il ne paiera pas celle de décembre. Tandis que Vincent Labrune se débat pour trouver une solution permettant d’aider financièrement les clubs, aucune fumée blanche n’est visible du côté de Nanterre.
Interrogé par sur RMC/BFM TV sur le fait de savoir quand les spectateurs allaient pouvoir revenir dans les stades dans le cadre des championnats professionnels, le Premier ministre Jean Castex a répondu : "C'est un sujet qui est en cours de discussion, pas avant le 15 décembre, c'est sûr".
Les clubs professionnels français guettent l'affaire de près. D'ici ce samedi, Mediapro, le diffuseur principal de la Ligue 1 (8 matches sur 10), devra payer son échéance de décembre, fixée à environ 162 millions d'euros. Au regard de la tendance actuelle, le groupe sino-espagnol ne semble pas parti pour payer la LFP, qui n'a toujours pas reçu l'échéance d'octobre, soit 172 millions d'euros. Mais selon L'Equipe, la Ligue pourrait cette fois-ci se voir refuser un nouvel emprunt bancaire.
La nouvelle est tombée ce lundi après que Serhou Guirassy a passé des examens approfondis suite à sa blessure à Strasbourg.
Il va falloir encore patienter pour revoir les Rennais gagner une belle victoire en Ligue 1 ! Contre Strasbourg, ce vendredi soir, les Rouge et Noir ont décroché un nul, après avoir été menés durant soixante minutes. Mais que ce fut dur pour revenir au score ! ” Je suis déçu de notre première période, très déçu même, en tout cas des 35 dernières minutes du premier acte. On avait bien entamé la rencontre et puis on a arrêté au bout de dix minutes. On a arrêté de jouer sur la largeur, d’aller créer de la supériorité numérique sur les côtés. On n’a plus gagné de duel. On a été en retard dans beaucoup de domaines. Ça a été trop insuffisant”, a expliqué Julien Stéphan, le coach rennais.
Tic tac, les jours passent et la procédure de conciliation entamée par Mediapro et la Ligue de football professionnel arrive bientôt à son terme. Marc Sénéchal, le conciliateur nommé par la justice, avait prévu de proposer une issue à la crise avant le 4 décembre. Mais les choses ne s'arrangent pas vraiment, comme nous vous le relayions hier. Si Mediapro a choisi d'attaquer Canal Plus en justice pour « abus de position dominante », le groupe sino-espagnol se retrouve démuni face à sa stratégie risquée.
La semaine prochaine, le groupe sino-espagnol devrait ignorer l’échéance de paiement du 5 décembre, et mettre ainsi en grande difficulté financière les clubs professionnels. Il faut dire que le plan de Téléfoot a totalement échoué puisque, comme révélé par le journal L’Equipe, la chaîne ne compte que 480.000 abonnés, bien loin du chiffre nécessaire afin d’atteindre un équilibre financier. De plus, le spécialiste Anthony Alyce dévoile sur le site Eco Foot que l’objectif de Téléfoot était de revendre une partie de ses droits à Canal + et BeInSports afin de rentrer dans les clous financièrement. Problème : le diffuseur historique du foot français et la chaîne qatarie ont refusé de collaborer avec Mediapro.
Dans l'impossibilité de trouver un terrain d'entente, le groupe de Jaume Roures a donc déposé une assignation à l'encontre de Canal + auprès du tribunal de commerce de Paris, comme l'a signalé une dépêche de l'AFP ce jeudi. Il demande des dommages et intérêts aux titres d' "abus de position dominante" et de "pratiques abusives et déloyales" .


