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Frederic Massara danse avec sa double culture

Frederic Massara, le nouveau directeur sportif du Stade Rennais à la double nationalité et aux racines mélangées, a partagé sa vie entre l’Italie et la France. Un joyeux brouillon de cultures qui a façonné une personnalité plus surprenante et volubile qu’il n’y paraît.

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Sur son passeport, les deux pays sont inscrits côte à côte. Dans sa trajectoire de vie, ses racines, ses repères, ses sentiments, jusqu’à son mode de pensée, il semble encore plus difficile de les séparer.

Chez Frederic Massara, né à Turin il y a 55 ans, la France (pays de sa mère) et l’Italie (pays de son père) se mélangent dans un joyeux brouillon de cultures.

Il est question entre autres de comédies françaises, de foot, et même de la Joconde, lui qui avait arpenté chaque recoin du musée du Louvre où sa maman travaillait. "Le foot n’était pas sa passion, sourit le nouveau directeur sportif du Stade Rennais, elle poussait davantage sur les études, cela a toujours été un sujet de grandes batailles familiales…"

Se sent-il plus italien, ou plus français ? "Un peu les deux ! Je suis très italien parce que j’y ai vécu, mais la France, c’était la maison… Quand j’étais petit on parlait français, j’ai fait l’école française à Turin, j’ai passé un bac B (anciennement économique et social) en France à Chambéry, je passais tous les étés chez mes grands-parents près de Perpignan, puis chez ma mère à Paris ou dans la famille à Nice… Le fait de me sentir français, à l’aise avec ce pays, m’a conforté dans mon choix quand l’opportunité de Rennes s’est présentée. C’est une expérience internationale sur le plan professionnel qui m’intéressait beaucoup, dans un contexte très familier. Donc c’était une occasion que je ne pouvais pas laisser passer."

Platini, comme un témoin de ce drôle de mariage
Il paraît que Frederic Massara et son allure austère, cravate soigneusement posée, préfèrent esquiver les médias plutôt que de s’épancher auprès d’eux.

Il y a donc la posture, la façade. Et tout ce qu’il peut donner à voir en interne, ou quand il reçoit, comme ce fut le cas pour Ouest-France ce jeudi 12 septembre au centre d’entraînement du Stade Rennais : passionné, chaleureux, blagueur, volubile, amateur d’anecdotes et de digressions, il a parlé longtemps, sans garde-fou, avec les mains aussi forcément. L’art du contre-pied à l’italienne. Ou à la française, c’est selon.

Massara est comme un pont posé entre deux rives, ou plutôt une chaîne de montagnes. Il y a toujours dansé joyeusement, avec Platini comme un témoin de ce drôle de mariage.

Au début des années 80, il était un enfant du centre de formation du Torino, l’ennemi juré de la Juventus où la légende française était le roi. "On avait un prof de physique passionné de foot qui avait organisé une rencontre avec lui à l’école française. Platini, c’était l’adversaire, mais c’était Platini !"

Massara avait mille questions à lui poser, sur le jeu, les coups francs, les penalties qu’il semblait mieux tirer quand il visait à gauche…

Quelques semaines plus tard, il avait hésité à lui demander son maillot un soir de derby où il était ramasseur de balles : comme le Torino avait fini par gagner 3-2 après avoir été mené 2-0, il avait finalement préféré fêter la victoire. "À l’époque, en tant que joueur du centre de formation du Toro, j’avais l’abonnement pour voir les matches, mais bizarrement aussi ceux de la Juve. Durant ces années-là, je suis allé voir tous les matches de la Juve, pour voir Platini..."

Imprégné de foot français dès son plus jeune âge
Massara fut "un joueur moyen" en Italie, un ailier plutôt rapide. Il aura quand même connu une saison en Serie A avec Pescara, la saison où Jean-Pierre Papin avait signé à l’AC Milan.

Le foot français l’a toujours imprégné. "L’été, le championnat de France reprenait toujours avant celui d’Italie dans les années 80, je le suivais comme un jeune passionné de foot qui avait faim de ballon, même si à l’époque ce n’était pas simple de voir des images à la télé ! Et quand je rentrais en Italie, j’achetais toutes les revues sur le foot français."

Il dit qu’il le considère toujours "comme une source de talents uniques", et se souvient du premier joueur qu’il avait recruté, à son premier poste de directeur sportif du côté de l’AS Rome : un certain Clément Grenier, avant que le milieu ne rebondisse à Guingamp et Rennes. "J’ai eu l’occasion de signer beaucoup de joueurs français dans ma carrière, cela a toujours été le championnat prioritaire."

Massara fut aussi entraîneur-assistant à Benevento ou Pescara. Il a collaboré avec Monchi à Rome, Maldini à Milan, Walter Sabatini durant douze années.

Le mythique dirigeant italien a façonné une partie de ses préceptes de directeur sportif. "C’est un modèle qui m’a beaucoup inspiré. Il m’a appris à être très scrupuleux dans le travail, et très présent au quotidien… Dans ce métier, il faut être capable de gérer toutes les situations avant qu’elles ne deviennent un problème. La gestion du quotidien est plus importante que celle du marché des transferts pour faire en sorte que les résultats suivent. Tous les joueurs doivent avoir la possibilité d’exprimer leur talent, de le lier aux autres, pour qu’une dynamique se crée. Et ce n’est pas qu’une question de valeur de joueur…"

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Sur son passeport, les deux pays sont inscrits côte à côte. Dans sa trajectoire de vie, ses racines, ses repères, ses sentiments, jusqu’à son mode de pensée, il semble encore plus difficile de les séparer.

Chez Frederic Massara, né à Turin il y a 55 ans, la France (pays de sa mère) et l’Italie (pays de son père) se mélangent dans un joyeux brouillon de cultures.

Il est question entre autres de comédies françaises, de foot, et même de la Joconde, lui qui avait arpenté chaque recoin du musée du Louvre où sa maman travaillait. "Le foot n’était pas sa passion, sourit le nouveau directeur sportif du Stade Rennais, elle poussait davantage sur les études, cela a toujours été un sujet de grandes batailles familiales…"

Se sent-il plus italien, ou plus français ? "Un peu les deux ! Je suis très italien parce que j’y ai vécu, mais la France, c’était la maison… Quand j’étais petit on parlait français, j’ai fait l’école française à Turin, j’ai passé un bac B (anciennement économique et social) en France à Chambéry, je passais tous les étés chez mes grands-parents près de Perpignan, puis chez ma mère à Paris ou dans la famille à Nice… Le fait de me sentir français, à l’aise avec ce pays, m’a conforté dans mon choix quand l’opportunité de Rennes s’est présentée. C’est une expérience internationale sur le plan professionnel qui m’intéressait beaucoup, dans un contexte très familier. Donc c’était une occasion que je ne pouvais pas laisser passer."

Platini, comme un témoin de ce drôle de mariage
Il paraît que Frederic Massara et son allure austère, cravate soigneusement posée, préfèrent esquiver les médias plutôt que de s’épancher auprès d’eux.

Il y a donc la posture, la façade. Et tout ce qu’il peut donner à voir en interne, ou quand il reçoit, comme ce fut le cas pour Ouest-France ce jeudi 12 septembre au centre d’entraînement du Stade Rennais : passionné, chaleureux, blagueur, volubile, amateur d’anecdotes et de digressions, il a parlé longtemps, sans garde-fou, avec les mains aussi forcément. L’art du contre-pied à l’italienne. Ou à la française, c’est selon.

Massara est comme un pont posé entre deux rives, ou plutôt une chaîne de montagnes. Il y a toujours dansé joyeusement, avec Platini comme un témoin de ce drôle de mariage.

Au début des années 80, il était un enfant du centre de formation du Torino, l’ennemi juré de la Juventus où la légende française était le roi. "On avait un prof de physique passionné de foot qui avait organisé une rencontre avec lui à l’école française. Platini, c’était l’adversaire, mais c’était Platini !"

Massara avait mille questions à lui poser, sur le jeu, les coups francs, les penalties qu’il semblait mieux tirer quand il visait à gauche…

Quelques semaines plus tard, il avait hésité à lui demander son maillot un soir de derby où il était ramasseur de balles : comme le Torino avait fini par gagner 3-2 après avoir été mené 2-0, il avait finalement préféré fêter la victoire. "À l’époque, en tant que joueur du centre de formation du Toro, j’avais l’abonnement pour voir les matches, mais bizarrement aussi ceux de la Juve. Durant ces années-là, je suis allé voir tous les matches de la Juve, pour voir Platini..."

Imprégné de foot français dès son plus jeune âge
Massara fut "un joueur moyen" en Italie, un ailier plutôt rapide. Il aura quand même connu une saison en Serie A avec Pescara, la saison où Jean-Pierre Papin avait signé à l’AC Milan.

Le foot français l’a toujours imprégné. "L’été, le championnat de France reprenait toujours avant celui d’Italie dans les années 80, je le suivais comme un jeune passionné de foot qui avait faim de ballon, même si à l’époque ce n’était pas simple de voir des images à la télé ! Et quand je rentrais en Italie, j’achetais toutes les revues sur le foot français."

Il dit qu’il le considère toujours "comme une source de talents uniques", et se souvient du premier joueur qu’il avait recruté, à son premier poste de directeur sportif du côté de l’AS Rome : un certain Clément Grenier, avant que le milieu ne rebondisse à Guingamp et Rennes. "J’ai eu l’occasion de signer beaucoup de joueurs français dans ma carrière, cela a toujours été le championnat prioritaire."

Massara fut aussi entraîneur-assistant à Benevento ou Pescara. Il a collaboré avec Monchi à Rome, Maldini à Milan, Walter Sabatini durant douze années.

Le mythique dirigeant italien a façonné une partie de ses préceptes de directeur sportif. "C’est un modèle qui m’a beaucoup inspiré. Il m’a appris à être très scrupuleux dans le travail, et très présent au quotidien… Dans ce métier, il faut être capable de gérer toutes les situations avant qu’elles ne deviennent un problème. La gestion du quotidien est plus importante que celle du marché des transferts pour faire en sorte que les résultats suivent. Tous les joueurs doivent avoir la possibilité d’exprimer leur talent, de le lier aux autres, pour qu’une dynamique se crée. Et ce n’est pas qu’une question de valeur de joueur…"

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