Le Stade Rennais a joué un rôle moteur dans la signature d’une tribune avec six autres clubs de Ligue 1 pour appeler les pouvoirs publics à une réforme rapide du football français. Les dirigeants du club breton ont justifié mercredi leur prise de position face à la crise qui frappe le championnat.
Déjà à l'initiative avec trois autres clubs de Ligue 1 (Lens, Marseille et le Havre) il y a un mois d'une tribune exigeant une refonte totale de la gouvernance du foot professionnel, le Stade Rennais a récidivé ce mercredi en compagnie cette fois de six clubs (Paris FC, Marseille, Lyon, Lens, Le Havre, Metz) en demandant à nouveau "une réforme urgente" et en appelant à l'intervention rapide de l'Assemblée nationale et du gouvernement.
En marge d'une conférence de presse pour fêter les 125 ans du club, les dirigeants rennais ont justifié cette nouvelle mobilisation car "il faut accélérer" déclare Guillaume Cerutti le président du Conseil d'administration et représentant de la famille Pinault. "Il y a une proposition de loi qui a été votée au Sénat. On pousse le gouvernement à l'inscrire rapidement à l'Assemblée pour que cette proposition devienne une loi et permette de passer d'une LFP qui est une association à une LFP qui deviendrait une société de clubs.
Avant de préciser: "Cela permettrait de professionnaliser l'approche de certains sujets comme les droits TV, de se donner de la durée dans la stratégie qu'on met en œuvre et de rebâtir de la valeur pour la diffusion audiovisuelle du championnat de Ligue 1."
Pourquoi Rennes a quitté son habituelle discrétion
Longtemps assez discret sur ces questions institutionnelles, le Stade Rennais a donc ces dernières semaines décidé de hausser le ton alors que le club breton, grâce à son actionnaire fait partie des clubs forts de la Ligue 1 encore plus en cette période de crise financière.
"Rennes est un club qui par son histoire, par son impact et ses résultats, a vocation à faire partie de ce groupe de clubs qui porte la voix de la Ligue 1 pour changer les choses", a encore détaillé Guillaume Cerutti. "C'est un souhait manifesté par la famille Pinault au-delà des intérêts égoïstes du Stade Rennais mais pour l'avenir du foot français."
"On s'est exprimé et on continuera de s'exprimer et de parler aux autorités."
Les clubs sont des acteurs importants au plan économique et au plan social et ils doivent être soutenus pour ça
Pour Arnaud Pouille, le président du Stade Rennais, représentant du club à la LFP, la situation "n'avance pas assez vite" et nécessite donc une véritable refonte du système.
"On voit qu'au niveau national, il y a un mouvement un peu de suspension des choses. Il y a eu un rapport, une enquête sénatoriale, une proposition de loi. Maintenant, on voudrait que ça avance un peu plus vite mais on voit bien qu'au niveau politique, on ne reste que du foot. On a tous vu sur l'adoption d'un budget en fin d'année dernière, il y a eu un décalage", a ainsi jugé le patron du club breton. "Il faut l'accepter mais ça n'empêche que la décision du club, de son propriétaire et de tous ses dirigeants, c'est d'essayer d'agir et d'essayer de sensibiliser. On est un club acteur pour faire bouger les choses car on ne peut pas passer de quasi 800 millions d'euros de droits TV à 150 millions en continuant à juste faire la comptabilité".
Intégralité des matchs, déplacement du multiplex...à quoi pourrait ressembler la programmation de la Ligue 1 la saison prochaine?
Et Guillaume Cerutti de conclure: "L'idée de cette tribune, c'est de montrer que les clubs sont des acteurs importants au plan économique et au plan social et qu'ils doivent être soutenus pour ça au-delà de la performance sportive qu'on veut tous. Ce sont des entreprises qui génèrent de la valeur pour tout le monde qui sont au cœur de la passion et de l'activité de beaucoup de gens. Donc il faut faire le maximum. On a bon espoir d'y arriver et de faire bouger les lignes".





