Dure à battre, plus soudée, plus compétitrice, plus stable… L’équipe du Stade Rennais a trouvé dans sa mécanique de groupe, totalement refondé depuis un an, les ingrédients qui lui permettent de compter 30 points à mi-parcours du championnat de Ligue 1. Pour Habib Beye et son staff, il s’agit de faire perdurer la dynamique.
Ils ne font pas tout bien, ont toujours quelques trous d’air, certaines failles. Mais ils s’accrochent, et sont ensemble. Au-delà de la technique, de la tactique ou du jeu, l’éthique de travail du groupe du Stade Rennais est probablement l’un des facteurs clés pour cerner le chemin qui a mené le club à la 6e place de Ligue 1 à mi-parcours.
Il en fallait, surtout quand l’affaire menaçait de partir en vrille à l’automne, quand les doutes s’étaient invités dans une partie du vestiaire autour d’un Habib Beye tout proche d’être licencié, pour éviter l’implosion. Depuis le début de saison, et malgré les difficultés qu’on a connues, on montre un très bon état d’esprit dans ce groupe, résumait Mahdi Camara après le succès à Lille (2-0) samedi dernier. Une sentence un peu tarte à la crème, mais qui corrobore la plupart des retours internes ces derniers mois.
Dans le foot, la dynamique d’un groupe naît d’abord des résultats, mais ceux-ci sont la conséquence des ingrédients que les joueurs sont prêts à mettre à travers un objectif commun. C’est ce qui avait manqué au SRFC d’avant, éparpillé, sans réelle envie d’avancer ensemble. Il faut surtout garder cette rigueur, cette culture tactique, de travail, qui nous fait sentir plus costaud, même si ce n’est pas toujours beau, confiait fin décembre dans nos colonnes le directeur sportif Loïc Désiré . On a une équipe qui s’arrache et vit bien, s’entraîne toujours très fort, et j’aime voir cette image du Stade Rennais. »
Une colonne vertébrale qui montre l’exemple
Reformé de A à Z depuis un an, refrancisé avec des joueurs plus expérimentés connaissant la L1, condensé aussi, le groupe rennais a développé ses aptitudes d’équipe dure à battre (seulement trois revers en dix-huit matches) à partir de la création progressive d’une vraie colonne vertébrale, portée disparue auparavant.
L’axe Samba - Jacquet - Rongier - Embolo ressemble à un ciment. Il a stabilisé l’ensemble, dans une forme de leadership impulsé par la performance et l’esprit de compétition. Samba, Jacquet, Rongier rassurent, et l’ex Marseillais a les codes du bon capitaine. L’attitude toujours positive d’Embolo, le grand frère, déteint aussi sur l’ensemble. La connivence entre lui, Lepaul et Meïté, dans un secteur offensif où ils sont trois à postuler pour deux places, n’est pas feinte non plus. Elle est un bon exemple d’émulation.
Aujourd’hui, parce que les résultats sont là, il est plus facile aussi pour Habib Beye d’imposer ses vues et ses choix à son vestiaire, et d’espérer que chacun se tire la bourre. On est toujours resté dans la même méthodologie, mais on a renforcé nos idées, à travers nos choix aussi, sur ce qu’on voulait ici au club, et que l’on ne voulait plus en termes d’état d’esprit, d’implication, disait l’entraîneur avant Noël. On sait pourquoi on obtient ces résultats, l’exigence que l’on pose est très importante, et je n’étais pas satisfait du dynamisme montré en fin de match à Lille, où on aurait pu être puni, avait-il rajouté samedi dernier. Le groupe le sait, et j’apprécie qu’il soit exigeant avec lui-même, qu’il accepte aussi les choix qui sont faits. Tout le monde pousse dans le bon sens.
La semaine dernière, le coach avait rappelé que son propre sort l’été prochain serait lié à l’accomplissement de l’objectif, lui qui dispose d’une clause de prolongation jusqu’en 2027 uniquement en cas de qualification européenne. Comme s’il voulait aussi souligner qu’il ne se soustrait pas à l’exigence imposée. Faire en sorte que perdure ce cercle vertueux sera évidemment le plus difficile, mais Rennes semble au moins avoir trouvé une base pour pouvoir mieux digérer les potentiels prochains couacs.





