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Michel Sorin : c’est le bout du monde mais c’est tellement chaleureux.

Avec 121 matchs joués à Brest et 198 à Rennes, Michel Sorin en a joué des derbys bretons. Aujourd’hui responsable de la section féminine du Stade Rennais F.C., il replonge dans ses souvenirs.

ds 0655 

Michel, tu as joué au Brest Armorique de 86 à 89. Quels souvenirs en gardes-tu ?
Je ne connais plus personne là-bas mais c’est un club que je connais bien. Pour un joueur de foot qui aimait les rapports avec le public c’était un super club. La proximité était plus importante avec les supporters, c’était une autre époque. Ce n’est plus possible aujourd’hui avec toute la médiatisation qu’il y a autour des joueurs. C’étaient trois ans extraordinaires. L’ambiance était exceptionnelle dans le groupe.

Avec des grands du foot !
On avait la chance d’avoir de très bons joueurs. En 1986, on récupère le Brésilien Júlio César et José Luis Brown, champion du monde et capitaine de l’Argentine en 1986. L’année suivante, on a eu les Argentins Carlos Tapia et Jorge Higuaín, le papa de Gonzalo. Je jouais en défense centrale avec lui. Lors de ma dernière année, j’ai joué avec Roberto Cabañas, avec le show qu’il y a eu tout autour pour qu’il vienne, et Dragiša Binić, futur vainqueur de la coupe d’Europe avec l’Étoile Rouge de Belgrade. Beaucoup d’internationaux sont passés par Brest. C’est le bout du monde mais c’est tellement chaleureux. Attirer David Ginola qui vient du Sud, il fallait le faire. Je suis sûr qu’il parle du club en très bien. Avec François Yvinec, on avait un Président hors norme.

Quel est ton meilleur souvenir là-bas ?
La montée contre Strasbourg lors de ma dernière année. Je me rappelle du tour d’honneur. Incroyable ! Les gens nous portaient, j’ai fini en slip (rires). Dans le vestiaire, il y avait une superbe communion.

Comment a été perçu ton passage de Brest à Rennes ?
Cette année-là, ce qui est bizarre, c’est que les deux équipes jouaient la montée en première division. Rennes, troisième, jouait le deuxième de l’autre groupe, et nous, deuxièmes, on jouait le troisième. Si les deux équipes gagnaient, elles devaient se rencontrer au prochain tour. Mais j’avais signé depuis un mois au Stade Rennais, c’était particulier. J’en ai parlé avec le Président. Il savait que j’allais faire le maximum jusqu’au bout avec Brest. C’était quand même ambigu. Cependant, la question ne s’est pas posée car Rennes a perdu contre Nîmes. On a joué Nîmes et on a gagné les barrages. On a fini contre Strasbourg, les barrages ont duré une éternité. Je reprenais une semaine après avec le Stade Rennais. Raymond Keruzoré m’avait donné une semaine supplémentaire.

Et puis le Stade Rennais F.C. donc pendant six saisons…
C’est plein de souvenirs, des moments extraordinaires. J’ai fait beaucoup de choses ici. Joueur, entraîneur, recruteur, responsable de la section féminine… Et mes deux garçons ont joué pour le Stade. Le Stade Rennais F.C., c’est mon club.

Que t’évoque le derby ?
Il n’y a pas une grosse rivalité. Les deux clubs en ont surtout une avec la ville qui est entre les deux, Guingamp. Brest / Guingamp, c’est un gros derby. Pour le Stade Rennais, c’est plus avec Nantes quand même. Guingamp n’a pas un très grand vécu en première division comparé à Nantes. Je me souviens par contre d’un match contre Brest. Le stade était plein. On avait fait 2-2. Paul Le Guen avait frappé un coup-franc… la patate de Pencran. Un but phénoménal. C’était une grosse lutte, on bataillait pour la tête de la deuxième division. Il y avait une très belle ambiance.

Né en Mayenne mais fier d’avoir défendu les couleurs de clubs bretons…
On attend que Guingamp remonte et que Brest et Lorient fassent encore mieux. La Bretagne est une terre de football. Quand on voit Concarneau jouer les premiers rôles en National, c’est super.

Quand on a l’œil avisé du spécialiste, se laisse-t-on porter par les ambiances du Roazhon Park ?
Pas souvent c’est vrai. Mon plus beau match en termes d’ambiance, c’est contre Guingamp en 2009. Cette communion, cette ambiance, ça restera à vie. Ça donne des frissons. On regardait le match mais aussi tout ce qui se passait autour. Je me souviens de la folie dans le métro à Paris avant le match. On se croyait en Bretagne. Au Roazhon Park, j’ai tendance à avoir l’œil du professionnel mais cette année je me suis quand même régalé sur certains matchs.

Tu as gardé des attaches dans le Finistère ?
Oui avec des personnes de Plouescat. Depuis 30 ans, je suis un des parrains de l’association Muco 29 qui aide à la recherche contre la mucoviscidose. Je récupère des maillots de joueurs et ils les vendent. Ça a rapporté 100.000 euros l’année dernière, donnés à l’hôpital de Brest. Ils ont pu embaucher deux personnes qui travaillent sur cette maladie. C’est une très belle association. Je l’ai connue car ils organisent un tournoi débutants tous les ans et le Stade Rennais est toujours invité. Une année, le Président a accueilli les jeunes du Stade Rennais et Arthur, mon fils, en faisait partie. Plus tard, il a reçu mon autre fils Eliott. On a discuté et on est resté très amis. Je participe toujours à la recherche de maillots. Je connais pas mal de monde dans le football et c’est bien d’en faire profiter. C’est tout à fait normal. Beaucoup de joueurs le font aussi mais ne le disent pas, et c’est bien aussi.

Quel est ton pronostic pour dimanche ?
C’est compliqué à prédire. Un match n’est jamais joué d’avance et avec le Covid ce n’est pas simple. Ça change les préparations d’avant-match. Le Stade Rennais doit de toute façon jouer la coupe d’Europe tous les ans. Ils nous ont régalés par le passé et on a tous envie de voir ce qu’ils peuvent encore faire dans ces compétitions internationales, donc on a besoin de points. Le coup de mou que connaît le Stade Rennais est logique. Ce qu’ils ont fait il y a quelques semaines est exceptionnel. On ne peut pas toujours tenir à ce rythme.

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Michel, tu as joué au Brest Armorique de 86 à 89. Quels souvenirs en gardes-tu ?
Je ne connais plus personne là-bas mais c’est un club que je connais bien. Pour un joueur de foot qui aimait les rapports avec le public c’était un super club. La proximité était plus importante avec les supporters, c’était une autre époque. Ce n’est plus possible aujourd’hui avec toute la médiatisation qu’il y a autour des joueurs. C’étaient trois ans extraordinaires. L’ambiance était exceptionnelle dans le groupe.

Avec des grands du foot !
On avait la chance d’avoir de très bons joueurs. En 1986, on récupère le Brésilien Júlio César et José Luis Brown, champion du monde et capitaine de l’Argentine en 1986. L’année suivante, on a eu les Argentins Carlos Tapia et Jorge Higuaín, le papa de Gonzalo. Je jouais en défense centrale avec lui. Lors de ma dernière année, j’ai joué avec Roberto Cabañas, avec le show qu’il y a eu tout autour pour qu’il vienne, et Dragiša Binić, futur vainqueur de la coupe d’Europe avec l’Étoile Rouge de Belgrade. Beaucoup d’internationaux sont passés par Brest. C’est le bout du monde mais c’est tellement chaleureux. Attirer David Ginola qui vient du Sud, il fallait le faire. Je suis sûr qu’il parle du club en très bien. Avec François Yvinec, on avait un Président hors norme.

Quel est ton meilleur souvenir là-bas ?
La montée contre Strasbourg lors de ma dernière année. Je me rappelle du tour d’honneur. Incroyable ! Les gens nous portaient, j’ai fini en slip (rires). Dans le vestiaire, il y avait une superbe communion.

Comment a été perçu ton passage de Brest à Rennes ?
Cette année-là, ce qui est bizarre, c’est que les deux équipes jouaient la montée en première division. Rennes, troisième, jouait le deuxième de l’autre groupe, et nous, deuxièmes, on jouait le troisième. Si les deux équipes gagnaient, elles devaient se rencontrer au prochain tour. Mais j’avais signé depuis un mois au Stade Rennais, c’était particulier. J’en ai parlé avec le Président. Il savait que j’allais faire le maximum jusqu’au bout avec Brest. C’était quand même ambigu. Cependant, la question ne s’est pas posée car Rennes a perdu contre Nîmes. On a joué Nîmes et on a gagné les barrages. On a fini contre Strasbourg, les barrages ont duré une éternité. Je reprenais une semaine après avec le Stade Rennais. Raymond Keruzoré m’avait donné une semaine supplémentaire.

Et puis le Stade Rennais F.C. donc pendant six saisons…
C’est plein de souvenirs, des moments extraordinaires. J’ai fait beaucoup de choses ici. Joueur, entraîneur, recruteur, responsable de la section féminine… Et mes deux garçons ont joué pour le Stade. Le Stade Rennais F.C., c’est mon club.

Que t’évoque le derby ?
Il n’y a pas une grosse rivalité. Les deux clubs en ont surtout une avec la ville qui est entre les deux, Guingamp. Brest / Guingamp, c’est un gros derby. Pour le Stade Rennais, c’est plus avec Nantes quand même. Guingamp n’a pas un très grand vécu en première division comparé à Nantes. Je me souviens par contre d’un match contre Brest. Le stade était plein. On avait fait 2-2. Paul Le Guen avait frappé un coup-franc… la patate de Pencran. Un but phénoménal. C’était une grosse lutte, on bataillait pour la tête de la deuxième division. Il y avait une très belle ambiance.

Né en Mayenne mais fier d’avoir défendu les couleurs de clubs bretons…
On attend que Guingamp remonte et que Brest et Lorient fassent encore mieux. La Bretagne est une terre de football. Quand on voit Concarneau jouer les premiers rôles en National, c’est super.

Quand on a l’œil avisé du spécialiste, se laisse-t-on porter par les ambiances du Roazhon Park ?
Pas souvent c’est vrai. Mon plus beau match en termes d’ambiance, c’est contre Guingamp en 2009. Cette communion, cette ambiance, ça restera à vie. Ça donne des frissons. On regardait le match mais aussi tout ce qui se passait autour. Je me souviens de la folie dans le métro à Paris avant le match. On se croyait en Bretagne. Au Roazhon Park, j’ai tendance à avoir l’œil du professionnel mais cette année je me suis quand même régalé sur certains matchs.

Tu as gardé des attaches dans le Finistère ?
Oui avec des personnes de Plouescat. Depuis 30 ans, je suis un des parrains de l’association Muco 29 qui aide à la recherche contre la mucoviscidose. Je récupère des maillots de joueurs et ils les vendent. Ça a rapporté 100.000 euros l’année dernière, donnés à l’hôpital de Brest. Ils ont pu embaucher deux personnes qui travaillent sur cette maladie. C’est une très belle association. Je l’ai connue car ils organisent un tournoi débutants tous les ans et le Stade Rennais est toujours invité. Une année, le Président a accueilli les jeunes du Stade Rennais et Arthur, mon fils, en faisait partie. Plus tard, il a reçu mon autre fils Eliott. On a discuté et on est resté très amis. Je participe toujours à la recherche de maillots. Je connais pas mal de monde dans le football et c’est bien d’en faire profiter. C’est tout à fait normal. Beaucoup de joueurs le font aussi mais ne le disent pas, et c’est bien aussi.

Quel est ton pronostic pour dimanche ?
C’est compliqué à prédire. Un match n’est jamais joué d’avance et avec le Covid ce n’est pas simple. Ça change les préparations d’avant-match. Le Stade Rennais doit de toute façon jouer la coupe d’Europe tous les ans. Ils nous ont régalés par le passé et on a tous envie de voir ce qu’ils peuvent encore faire dans ces compétitions internationales, donc on a besoin de points. Le coup de mou que connaît le Stade Rennais est logique. Ce qu’ils ont fait il y a quelques semaines est exceptionnel. On ne peut pas toujours tenir à ce rythme.

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